La trilogie de la déviance. C’est un peu comme la trilogie des desserts, mais sans les desserts. Ou la guerre des étoiles, sans les étoiles

Fiel 16 Commentaires »

Premier billet: Retour de boomerang

Si je me suis bien réveillé le jour de mes trente-cinq ans en prenant conscience que j’étais une vieille peau en état de décrépitude intense, je ne me suis jamais réveillé un matin en ayant choisi ma sexualité entre deux rêves.

« Tiens, ce matin, il fait beau, et j’aime dorénavant la bite ne me suis-je jamais dit in petto en moi-même ».

Les opposants au mariage pour tous (plus généralement les homophobes, une personne défilant afin d’interdire l’égalité des droits aux juifs serait naturellement taxée d’antisémite) pensent que les homosexuels ont fait un choix. Non, tout comme les hétérosexuels ne choisissent pas d’être hétérosexuels, on ne devient pas homosexuel. Il était malheureusement évident que proposer un texte de loi relatif au mariage pour tous et à l’adoption allait stigmatiser une attention toute particulière sur notre communauté. Qu’il est triste de voir comment la démocratie ou nous vivons peut radicalement se transformer, et montrer un visage peu jovial. France, pays des libertés et des droits de l’homme. Liberté, égalité, fraternité. Tout cela est faux.

Honte. Pas un jour sans recevoir un message d’incompréhension envoyé par un ami vivant à l’étranger. Honte. Personne ne comprend comment, au vingt-et-unième siècle, des individus peuvent encore manifester pour refuser l’égalité des droits. Honte. Qui peut comprendre comment ces manifestants peuvent autant transpirer haine, ignorance et intolérance. Bêtise, en choisissant un porte-parole aussi vulgaire et caricatural. Bêtise de la droite dite républicaine en attisant le feu de la haine. Bêtise en pensant ne pas être manipulé(s) par l’extrême droite. Bêtise enfin en mettant en première ligne des manifestations de jeunes enfants, en hommage peut-être à un certain type de jeunesses si populaires dans le passé.

Mais revenons aux manifestations. De nombreux clichés ont été publiés par la presse ces dernières semaines. Tous mettent en avant de joyeux bambins, symboles d’innocence et de pureté. Focus sur les participants:

A, Joseph: Joseph ne se souvient pas qu’il peut s’asseoir à l’avant des bus depuis peu, et que la plupart des individus avec qui il manifeste le méprise. Joseph est noir, et a bien heureusement les mêmes droits que n’importe quel individu français. Il peut se marier, avoir des enfants et en adopter. Juger Joseph pour sa couleur est répréhensible. Joseph n’a pas compris que la loi ne lui retirera pas des droits, mais permettra à d’autres d’avoir les mêmes que lui. Joseph est bien naïf. Joseph ne comprend pas qu’il sera peut-être la cible de la prochaine manifestation organisée par ses nouveaux amis militants.

B, Louise: Louise n’admet pas que la science puisse aider à concevoir un enfant. D’après ses parents, un enfant, c’est le fruit de l’union d’un papa et d’une maman. L’aide à la procréation reste un non-sens. Dans quinze ans, Louise se rendra compte que les spermatozoïdes de son époux sont peu vigoureux et qu’elle ne pourra jamais avoir d’enfant sans aide médicale. Elle consultera un spécialiste qui recommandera à son couple d’opter pour un don de sperme associé à une fécondation in vitro. Louise sera heureuse de donner la vie, de façon peu naturelle.

C, Marc. Marc est une honteuse qui s’ignore. Issu d’une famille ultra-catholique et conservatrice, Marc a toujours entendu que les homosexuels étaient des pervers. Son père reste le plus virulent. Il faut brûler ces pédérastes qui sont la honte de notre société. Marc ne comprend pas ce qui lui arrive. Il commence à être attiré par les garçons, mais refuse de voir la vérité en face. Il souhaite participer à la manifestation pour prouver à ses parents et se prouver peut-être qu’il est un bon hétérosexuel. Dans une dizaine d’années, on retrouvera Marc en train de sucer des bites dans un bordel du Marais.

D, Alice: Alice participe à la manifestation avec son papa et sa maman. Alice aura deux garçons jumeaux, tous pédés. Alice comprendra alors que la sexualité n’a rien à voir avec l’éducation. Ses deux enfants refuseront tout contact avec leurs grands-parents.

E, Isabelle: Le papa d’isabelle, François, a convaincu sa petite famille de manifester contre le mariage pour tous. Tout cela est une question de morale. François trompe sa femme depuis des années. Il ne supporte plus le physique de son épouse depuis son troisième accouchement. D’après lui, elle ne fait plus d’efforts, son ventre est flasque, ses seins tombent. Le soir, il passe son temps sur internet et y rencontre de nombreuses femmes, bien plus jeunes que lui. François est devenu un adepte des plans cul sans lendemain.

F, Jeanne: Jeanne adore participer au Téléthon. D’après ses parents, les thérapies géniques et cellulaires sont l’avenir. Des centaines de malades pourront bientôt être guéris de maladies génétiques aujourd’hui.

G, Marie : Marie sera violée par son cousin germain dans quelques années: Sa famille étant farouchement opposée à l’avortement, Marie gardera son enfant. A seize ans, être une mère enfant ne sera pas chose facile. Elle devra sacrifier ses études et se contentera de petits boulots. Elle ne rencontrera jamais un compagnon et finira vieille fille, abandonnée par toute sa famille.

H, Luc : Luc arbore fièrement une pancarte indiquant qu’il est le fruit d’un papa et d’une maman. Luc ne sait pas que son papa n’est pas son papa. En revanche, il ressemble beaucoup à tonton Philippe. Luc deviendra alcoolique en l’apprenant.

Le père de Chondre aura un fils pédé. Issu d’une famille bourgeoise et conservatrice, Henri a commencé par voter RPR, puis Front National. La mère de Henri, déjà sympathisante des croix de feu dans les années 30, lui a toujours inculqué la haine/peur de la différence. Henri n’a plus aucun contact avec son fils depuis presque quinze années. Henri a pleuré le jour où le compagnon de son fils lui a annoncé son homosexualité.

Tout se paye un jour.

Mamie, tu es plus forte que Marion Cotillard dans Batman

Groovy, Shaggy, Wizz 25 Commentaires »

Toujours le même coup de pied aux fesses pour descendre en Corrèze. Impossible d’y échapper cette année, ma mère et ma grand-mère se retrouvaient seules, coincées entre deux troupeaux de vaches. Je m’apprêtais à jouer au Père-Noël, ma valise chargée de cadeaux. J’avais même décidé d’ajouter une touche de gaité, en me parant de mes plus jolis t-shirts « Sesame Street ». Toujours le même rituel, près de huit heures de train et de car pour enfin arriver à Bort-les-Orgues. Parfait pour une veille de Noël. Lire la suite du billet

Christmess

L'important, c'est la santé 20 Commentaires »

Je suis maintenant convaincu que Dieu existe, et plus particulièrement le purgatoire. Il était temps.

Je suis toujours resté très attaché à ma grand-mère. Certainement parce qu’elle m’a élevé depuis ma plus tendre enfance. Si je suis un gros con, je le lui dois. Les années ont passé, elle restait toujours la même pour moi. Quatre-vingt, quatre vingt dix, quatre vingt quinze ans. Elle prenait toujours soin de moi, terminant toutes nos conversations téléphoniques par un « je t’aime, sois prudent ». La voir vieillir seule, sans le moindre problème, restait la normalité. Elle faisait partie des meubles, des très vieux meubles. Lire la suite du billet

Avant j’étais moche

Groovy, Shaggy, Wizz 17 Commentaires »

Je le suis toujours, mais un peu moins.

Tout comme le chantait autrefois Isabelle A, j’ai touché le fond de la piscine, mais sans mon pull marine.

J’ai subi un léger coup de calcaire il y a maintenant deux ans. Je me suis alors rendu compte que j’étais incapable de résoudre plusieurs problèmes à la fois. J’étais défectueux. En panne. Il fallait que je remonte la pente, et rapidement. J’ai donc pris rendez-vous avec le premier généraliste trouvé dans l’annuaire. Je lui ai alors expliqué que je ne pouvais plus dormir et que j’étais angoissé en permanence. Cette angoisse été associée à une douleur à la fois physique et morale. J’ai rapidement choisi la facilité: une pilule blanche pour le stress, un cachet rose pour l’angoisse, et un autre pour l’insomnie. J’ai également repris une vilaine habitude, celle de fumer, même de façon très modérée. Après avoir rompu avec la cigarette il y a près de dix ans, je m’étais pourtant juré ne ne plus y toucher. Comme quoi. Lire la suite du billet

In the sky with diamonds

Souvenirs 10 Commentaires »

Il y a bien longtemps de cela, en 1991, mon meilleur ami de l’époque m’a proposé d’adopter un chat. Sa mère l’avait trouvé sur un bord de route. Il n’avait alors pas plus d’un mois. Sa famille d’accueil l’avait nommé Phobos pour deux raisons: (i) mon ami était dingue d’astronomie et (ii) le petit chat était plus que caractériel. J’ai bien évidement accepté la proposition avant d’en parler à ma mère. La messe était dite. Un chat n’était pas le bienvenu. Ma grand-mère me répétait même qu’elle ne remettrait plus jamais les pieds à la maison si un félin y séjournait. Je la comprenais. Pendant la guerre, son chat avait attrapé le typhus, était devenu fou et avait tenté de la défigurer en lui sautant au visage. Le sujet était donc clôt. Cependant, le petit-fils que j’étais était égoïste et ne pensait qu’à sa pomme. J’avais accepté sans demander l’avis de mon entourage, sans vraiment comprendre ce qu’impliquait l’adoption d’un chaton abandonné et non sevré. Dans mon imagination, un chat était tel que l’animal décrit dans les publicités Sheba. Une peluche toute bleue aux yeux dorés qui se frotte juste avant de recevoir sa pâtée, une douce machine à ronrons et à câlins. Oui et non. Lire la suite du billet

Comment éviter la moue de truite

Groovy, Shaggy, Wizz 7 Commentaires »

Dingue comme ma vie était saine il y a encore un an. Je consacrais cinq heures à développer de façon non harmonieuse cuisses et cul en m’acharnant à me rendre à vélo au bureau, je ne pouvais me passer d’aller courir tous les deux jours, et faire quelques longueurs en fin de semaine. Côté alimentation, même si le week-end restait synonyme de relâche, la semaine était plus qu’austère: légumes à l’eau, céréales, aucune sauce ni friture, pas une goute d’alcool. En résumé, mon colon était aussi bio qu’un produit Naturalia, exception faite des trois litres de Pepsi Max quotidiens qui participaient à la fois au décapage intense de mon estomac, mais également à la destruction de tout agent potentiellement pathogène. Depuis une quinzaine de mois, c’est plutôt la fête du slip dans la cuisine. Bobonne en a ras-le-pompon de cuisiner et gave le congélateur de pizza set autres spécialités à base de pâte feuilletée. Ainsi, si mon cul est toujours aussi épanoui, le reste commence à bien se développer, en un peu plus flasque toutefois. Lire la suite du billet

Montréal, Sherbrooke, et le Café de Flore

Groovy, Shaggy, Wizz 19 Commentaires »

Comme le temps passe. Dingue tout ça.

Ma vie professionnelle a été bouleversée. J’ai obtenu le poste que je souhaitais en devenant un manager de moins de cinquante ans. J’apprends à gérer situations et conflits. Je me rends deux fois par mois à Londres et commence à connaitre la ville dans ses moindres recoins. Je m’envole, je m’évade, j’oublie la terne vie parisienne. Le beurre et l’argent du beurre d’après le dicton. Lire la suite du billet

L’analyse de mon moi intérieur

Souvenirs 19 Commentaires »

Il y a presque dix ans de cela, je me suis lancé dans une drôle d’aventure, la grande aventure du moi intérieur, une psychanalyse. Je me rendais alors trois fois par semaine chez mon analyste. Le rituel était le même. Je le saluais, m’allongeais sur un lit très confortable et commençais à lui parler de tout et de n’importe quoi. Il était situé derrière moi. Je ne sentais jamais sa présence, simplement sa respiration, de légers mouvements, quelques signes d’approbations. La pièce était triste et sombre. Parfois, lorsque j’étais fatigué, mes paupières devenaient terriblement lourdes et il m’est souvent arrivé de m’endormir quelques minutes. Il ne me parlait quasiment jamais, je faisais tout le travail. C’est le principe de l’analyse. Au bout de trente minutes, je me levais et déposais en liquide soixante euros. Acquérir un appartement ou une analyse, il faut toujours choisir. Lire la suite du billet

Si twitter avait existé à l’époque de Dynasty

Vu, lu, entendu 6 Commentaires »

Ah l’été. Le temps du repos. Le temps de combler le gouffre culturel causé par des mois d’activité intense, de stress et de fatigue. J’ai choisi cette année la crème de la crème en tombant par le plus grand des hasards sur une série télévisée américaine qui a bercé mon enfance. Bien mieux qu’Amour, Gloire et Beauté », plus bling bling que « Dirty Sexy Money », plus haletant que « 24 heures chrono », plus torride que « Pause café »: le fabuleux, l’inénarrable, le fantastique, l’inégalé « Dynasty ». Lire la suite du billet

Loup y es-tu?

Groovy, Shaggy, Wizz 28 Commentaires »

Loup: nom masculin (variante dialectale de l’ancien français leu, du latin lupus)

Mammifère (canidé) carnivore sauvage, très voisin du chien. (Nom scientifique Canis lupus ; la femelle est la louve, les jeunes des louveteaux.)
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Retour sur la période bleue (la complainte du progrès)

Souvenirs 20 Commentaires »

Je me souviens très précisément de la fin des années soixante-dix. Ma mère avait plaqué mon père après avoir eu la preuve de son infidélité. Il lui a fallu trouver le courage de quitter le confort d’une vie bourgeoise provinciale pour recommencer sa vie à zéro à Paris. Je me souviens qu’elle n’avait emporté qu’une vilaine valise en faux cuir rouge toute râpée et un ours en peluche. Nous avions débarqué dans un petit studio au septième étage d’un bâtiment situé non loin des Buttes-Chaumont. Nous avions obtenu ce logement car mon arrière-grand-père avait été l’architecte de l’immeuble. Curieuse coïncidence, l’appartement était situé sous la petite tour qu’il s’était fait construire et qui lui servait de bureau. L’endroit était magique. Il s’agissait d’une petite pièce presque uniquement constituée de baies vitrées et qui permettait d’avoir une vue imprenable sur tous les toits de Paris. Nous en avions l’usufruit et j’en avais fait mon refuge secret. Lire la suite du billet

Un mariage et deux enterrements

Groovy, Shaggy, Wizz 14 Commentaires »

C’est en s’arrêtant ponctuellement de publier régulièrement que l’on s’aperçoit ô combien on était drogué par le blog, un peu comme un joggeur passionné qui culpabilise le jour où il ne part pas courir. Si les premiers temps sont étranges, on s’habitue relativement vite et l’on perd progressivement l’appel du clavier. Certains tics demeurent toutefois. Je stock toujours ainsi quantité de documents pour en faire des billets, je pense toujours rédiger une bafouille lorsque je suis amusé, attendri, en colère ou choqué, je continue à prendre plaisir à photographier des absurdités avec mon lapin en peluche ou à compiler les recettes de cuisines les plus improbables.

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I love drug

L'important, c'est la santé 12 Commentaires »

Je tente depuis quelques semaines d’écrire un billet consacré aux médicaments.

Difficile d’avoir un avis neutre lorsque l’on baigne dans le milieu du matin au soir.

Il y a quelques mois, la France découvrait avec effroi qu’un médicament pouvait être responsable de l’apparition d’effets indésirables pouvant être fatals, qu’un principe dit actif pouvait être délivré sans ordonnance, prescrit par un médecin peu regardant, ou encore conseillé à un patient qui n’en a finalement pas besoin. Beaucoup découvraient l’existence de ce fameux médicament en « or » dont on ne doit pas prononcer le nom sous peine de se voir maudit pendant sept générations. Les victimes se comptaient par centaines.
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Chat Roulette, téléchat, chabada, cha cha cha

L'important, c'est la santé 26 Commentaires »

Il y a quelques années j’écrivais un billet consacré à mon chat phobos. J’expliquais alors que ma mère avait fait un transfert affectif, entre son fils qui venait de quitter le doux nid familial et ce vieux chat qui partageait notre existence depuis plus de quinze ans. Je décrivais notre complicité et écrivais que je m’habituais déjà à son absence, anticipant son départ, un mélange d’anthropomorphisme et de gâtisme. Cela fait maintenant vingt ans que cette petite boule de poils est arrivée dans ma vie. Pour le meilleur et pour le pire. Lire la suite du billet

Kama Sutra synthétique

Groovy, Shaggy, Wizz 12 Commentaires »

A toutes les filles que j’ai aimé avant, qui sont devenues femmes maintenant, à leur volcan de larmes, à leur torrent de charme, mais surtout à tout ceux qui ont tout comme moi une vie sexuelle aussi plate qu’un encéphalogramme de zombie, je leur propose de prendre le taureau par les cornes (han) et de se ressaisir en achetant les biens culturels suivant. Que nenni, point de magazines de charme(s) et autres vidéos olé olé érotico-tantriques. Des livres, des disques et du chocolats, moyens simples et efficaces pour atteindre la paix et la tranquillité promises du Shangri-la (qui n’est pas seulement le nom d’un restaurant sino-thai-vietnamo-nippon situé au croisement du boulevard de Belleville et de la rue du Faubourg du temple). Lire la suite du billet

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