Snooze et moi-même avons célébré nos dix-huit ans de vie commune lors de notre récent séjour à Montréal. Dix-huit ans, l’âge de la majorité. Il y a dix-huit ans, j’ai osé embrasser Snooze pour la première fois. Depuis ce mois d’octobre du siècle dernier, nous avons tout d’abord vécu au jour le jour, inconscients. Au tout début de notre relation, nous vivions heureux mais cachés, de nos familles respectives mais également de l’ensemble de nos proches. Snooze, en meilleur ami, venait souvent dormir à la maison. Tout cela était bien naturel. De mon côté, j’adorais le retrouver en fin de semaine chez ses parents. Je me suis ensuite installé dans un premier appartement, rapidement transformé en nid douillet. Snooze m’a ensuite rejoint, sept années après le début de notre vie de couple. Nous vivions alors une période de grandes turbulences. J’ai alors fait de nombreuses concessions, mineures et majeures, la première étant de faire mon coming-out. Lire la suite du billet
J’ai mis beaucoup de temps à mettre les pieds à Lisbonne. Certainement parce que d’autres destinations européennes me semblaient plus affriolantes. Nombre de mes amis s’y étaient pourtant rendus. Je me suis donc tardivement décidé à prendre un billet d’avion et à m’envoler pour la capitale portugaise le week-end dernier. C’est en feuilletant un guide touristique lors du vol que je me suis aperçu que je ne connaissais presque rien à l’histoire ou à la culture portugaise. Beaucoup semblent relier ce désamour et cette ignorance à la révolution des œillets et à l’arrivée massive d’immigrés en France. Oui, on réduit souvent bêtement le Portugal aux poils, au vin de Porto, au fado, à Linda de Suza et à sa valise en carton, aux concierges, aux poseurs de carrelage et enfin à la morue. Pour les poils, rien à redire. Pour le reste, c’est plus discutable. Lire la suite du billet
C’est en fin de repas pantagruélique organisé par ma douce maman que nous sommes revenus sur le passé, et plus particulièrement sur les douces années de mariage de mes parents. Ma mère a toujours été une jolie dinde naïve qui a rapidement été charmée et conduite devant l’autel pour le meilleur et pour le pire. Cinq années plus tard, elle est tombée enceinte, et tadaaah, je débarquais en braillant, non pas entouré d’un âne et d’un bœuf, mais de vieilles infirmières proches de la retraite à la maternité de l’hôpital Boucicaut. Quelques mois après ma naissance, maman Chondre s’est aperçue que mon père passait son temps libre à la cocufier avec une hôtesse de l’air, puis avec l’une de ses collègues de travail (feu ma future belle-mère, que son âme repose en paix). Lire la suite du billet
…Je suis issu d’un peuple qui ne veut plus souffrir (purée, jamais je n’aurais pensé citer du Tonton David sur ce blog).
Lorsqu’on n’est pas un homme, hétérosexuel, français, blanc, de confession chrétienne, jeune et en bonne santé, on appartient par définition à une minorité. Ma minorité à moi, c’est ma sexualité. Je fais partie de la minorité homosexuelle, celle qui passe sont temps à forniquer dans des caves humides aux sols recouvertes de sciure, vêtus de combinaisons improbables en latex ou en cuir, qui se bourre le pif de cocaïne, le gosier d’alcool fort ou de pilules qui font rire et qui adore tailler des pipes dans les bosquets. Je n’invente rien. Ces mots sortent de la bouche d’une ancienne collègue apparemment très à l’écoute des sujets de société contemporains, et surtout en accord avec l’époque dans laquelle elle pense vivre. Lire la suite du billet
Mille neuf cent quatre vingt douze. J’ai toujours adoré les chiffres et les chiffres pairs en particulier. Cette année m’a particulièrement marqué. Rien à voir avec l’anniversaire de la découverte de l’Amérique, le procès du sang contaminé ou l’ouverture de Disneyland Paris. Non, rien à voir. Sans être dégoulinant de nostalgie, cette année fut un tournant dans ma vie. Je me souviens encore du groupe d’amis avec lequel je passais la plupart de mon temps à la Faculté. Lire la suite du billet
Un peu de couleurs dans cette triste rentrée. Newsweek nous explique comment et pourquoi la bataille pour les droits des homosexuels est en train de se répandre dans le monde entier. La maturité du mouvement dans les pays occidentaux fait tâche d’huile. Amérique latine, Asie et Afrique ont encore beaucoup de chemin à parcourir pour rattraper des pays comme l’ Espagne, la Belgique ou les Pays-Bas. Plus proche de chez nous, l’ouverture semble malheureusement encore très timide chez nos amis Polonais ou Russes où gay pride rime le plus souvent avec brimade. Sans parler de la chasse au pédé en Jamaïque, ni des pressions politiques ou religieuses dans des pays démocrates comme le notre. Mention spéciale à notre président qui se permet un jour de faire la morale à Vladimir Poutine au sujet des lapidations de pédés à Moscou, et reçoit le lendemain le président polonais fasciste. Lire la suite du billet
Les week-ends passent et ne se ressemblent pas. Et c’est très bien comme ça. Frédéric et son frère Rémi nous ont conviés il y a dix jours à passer en leur compagnie et celle d’autres amis un week-end en Seine Maritime. Nous étions tous présents pour fêter leurs trente-cinq ans. Mis à part Nadine (pas ma secrétaire de nouveau en arrêt maladie mais la meilleure amie de Frédéric) et son compagnon, l’ambiance était très gaie. Les jumeaux avaient loué pour trois jours une maison située à quelques kilomètres de Dieppe. La bâtisse, de type normande, était chaleureuse et répartie sur trois niveaux. Une pièce remplie de jeux était aménagée pour les enfants. Cerise sur le gâteau, le propriétaire avait eu la bonne idée de transformer une petite annexe en véritable SPA, constitué d’un jacuzzi géant et d’un sauna. L’endroit idéal pour oublier les petits tracas du boulot et recharger ses batteries. C’est ce que nous avons fait en nous promenant sur la côte Normande, en nous reposant et en appréciant la gastronomie locale. Lire la suite du billet




