Touché, coulé

Groovy, Shaggy, Wizz 26 Commentaires »

Quand j’étais encore heureux, c’est à dire lorsque j’habitais dans mon appartement du douzième arrondissement, je pouvais me balader à poil à n’importe quelle heure du jour et de la nuit car aucun voisin habitait face à mon appartement. Je vivais au rez-de-chaussée et profitais d’une cour que j’avais aménagée en petit jardin. Ainsi, seul mes arbustes, mes rosiers et mes plants de tomates pouvaient me reluquer. Je vivais nu, d’amour et d’eau fraîche et mon existence était paradisiaque. Je vis rue Lucien Sampaix depuis plus de deux ans, et tente de m’habituer à la fichue promiscuité entre mon chez moi et les appartements qui y font face. Une petite quinzaine de mètres nous séparent. Nous pouvons donc aisément suivre au jour le jour la vie de nos voisins, et cela bien malgré nous. Point d’orgies, de plan exhibitionnistes ou de scènes olé olé. Juste des tranches de vie classiques. Nous nous y sommes habitués petit à petit. Un peu comme si nous bénéficions d’un cinéma en plein air permanent et gratuit. Tout ça entre l’académie des 9 et un jeu de morpion géant. Lire la suite du billet

L’ashram du canal

Groovy, Shaggy, Wizz 12 Commentaires »

Cela m’arrache la gueule de l’avouer, mais je commence à me sentir à l’aise et surtout à apprécier mon nouveau quartier. Le canal Saint-Martin se révèle être un lieu de villégiature très chaleureux et surtout très vivant. Les bobos parisiens, dont je fais fièrement partie, y trouvent leur bonheur au quotidien. Entre les épiceries bio, les boutiques de décorations, les cafés branchouilles et la multitude de magasins très commerce équitable, tout est réuni pour attirer et fidéliser cette population de consommateurs. Sans compter sur le charme de l’hôtel du nord, des écluses et des petits parcs, ou de la possibilité de pique-niquer le soir sur le bord des berges en été. Les amateurs de course à pied sont également gâtés. Le parcours longeant le canal entre République et la Villette est idéal pour se décrasser les poumons. Cerise sur le gâteau, la place de la République est desservie par de nombreuses lignes de métro et de bus, et seules dix petites minutes de marche sont nécessaires pour rejoindre le centre de Paris. Dans mon quartier, les femmes et les pédés sont des princesses, on ne paye pas d’impôts, tout le monde est heureux, on marche sur l’eau, les oiseaux étendent le linge et le soleil brille en permanence. Fin de l’encart sponsorisé par la mairie du dixième arrondissement. Lire la suite du billet

Super pouvoirs le retour

Groovy, Shaggy, Wizz 26 Commentaires »

Le quartier du canal Saint-Martin est toujours animé. Il regorge de bars et de petits restaurants très sympathiques. L’été, de nombreux piques-niques sont organisés le long des rives. Après s’être restaurés et surtout après avoir bien picolé, une bonne partie des gentils bobos imbibés se dirige vers la bouche de métro ou la station Vélib’ la plus proche et descendent la rue Lucien Sampaix, la rue des Vinaigriers ou la rue de Lancry. De nombreuses soirées sont également organisées dans notre rue. Dieu qu’il est délicieux de se retrouver à cinquante dans un trente mètres carrés, sentir le poney, s’imbiber d’éthanol et de fumée de cigarette, écouter de la musique expérimentale et vomir par la fenêtre jusqu’au bout de la nuit. Lire la suite du billet

Un autre Marronnier

Souvenirs 32 Commentaires »

Comme le dit le dicton sud-coréen, en avril, « passe ton temps à célébrer les cerisiers en fleur et pense à fertiliser ton jasmin si tu ne veux pas le voir crever en mai ou voir les chinois débarquer à Séoul». Après trois années passées à bloguer, voici déjà un an que nous avons acquis notre appartement à deux pas du canal Saint-Martin. La peur irrationnelle de nous retrouver à la rue m’avait alors poussée à forcer Snooze à acheter un appartement coute que coute. Quinze jours après avoir contacté une agence et visité seulement deux appartements, nous signions un compromis de vente. J’avais eu le coup de cœur pour cet appartement et je ne souhaitais pas qu’il nous passe sous le nez. Nous sommes alors entrés dans la spirale anxiogène que chaque propriétaire connait un jour : Peur de quitter son ancien logement, peur de se faire arnaquer par une bande de blaireaux (agence, vendeur,courtier), peur de prendre un crédit sur un nombre indécent d’années, fatigue intense, insomnies, être étouffé par les démarches administratives, devoir penser à tout. Toutes ces petites contrariétés étaient partiellement compensées par l’excitation du déménagement et par la possibilité de recréer un nouveau petit nid douillet rien qu’à nous. Il fallait trouver un entrepreneur sérieux et faire de nombreux devis. Nous savions exactement ce que nous souhaitions et nous laissions deux mois pour tout terminer. Lire la suite du billet

Poupée vaudou et potins

Ronchonnage 20 Commentaires »

Mon agence m’envoie de plus en plus fréquemment à Londres pour la représenter. Ceux qui me connaissent pourraient s’étouffer si j’abordais le sujet de ma timidité maladive. C’est pourtant bien le cas. J’ose difficilement aborder les gens et parler en publique est douloureux. Mon cœur bat rapidement, résonne et me coupe parfois la respiration. Je dois donc me concentrer, répéter longuement mes présentations et me préparer à toutes les questions possibles et imaginables. La veille, je mange léger et je me couche de très bonne heure. Je pense également à glisser dans la poche de mon costume un petit comprimé fantastique qui permet en cas de panique de réguler comme par magie le rythme cardiaque des nigauds trop émotifs. Je précise que ce médicament est légal et non importé des Pays-Bas ou d’un pays exotique. Lire la suite du billet

La frisée aux étrons

Groovy, Shaggy, Wizz 37 Commentaires »

S’il y a bien une chose qui me met hors de moi, c’est le blocage systématique de notre sortie d’immeuble par une voiture. Se garer dans le dixième arrondissement relève de l’exploit et le moindre petit bout de caniveau est squatté par une voiture ou une camionnette. La rue Lucien Sampaix ne déroge pas à la règle, et notre sortie d’immeuble encore moins. L’indélicat conducteur à la recherche d’une voie de garage déplacera ainsi les poubelles contre notre porte cochère et garera sans remord aucun son bolide, se tamponnant allégrement le coquillard de l’interdiction de stationner. Il est ainsi fortement conseillé de prendre des leçons de contorsionnisme (et éventuellement de s’arracher une ou deux côtes) pour rentrer chez soi et donc illusoire de penser garer sa voiture dans la cour. Lire la suite du billet

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