Je me suis certainement déjà attardé sur cette histoire lors d’un précédent billet, mais je trouve que c’est la façon la plus imagée et la plus simple pour parler du cancer. Lors d’un cours de biologie moléculaire il y a bien longtemps de cela, un enseignant tenta de nous dissuader de fumer en nous expliquant plus généralement que nous jouions à la roulette russe en grillant une cigarette. la vie était finalement très simple et l’organisme pouvait être comparé à un stand de fête foraine, le tabac étant représenté par un fusil à plomb, et la vie par les petits canards qui doivent être descendus pour gagner une horrible peluche hyperallergenique. Chaque fois que nous allumions une clope, nous tirions sur un canard. La vie étant particulièrement injuste, certains individus possédaient dès leur naissance mille canards, d’autres cinquante mille. Ainsi, à nombre comparable de cigarettes, certains développeraient un vilain cancer du poumon dès quarante ans, d’autres dès soixante, et enfin une infime partie de la population ne développerait jamais le moindre cancer. Et personne ne peut malheureusement prédire son capital canard. Lire la suite du billet
J’entends parler de cette potion magique miracle depuis quelques jours dans mon entreprise. Dans les couloirs, devant la machine à café, aux toilettes. C’est incroyable. Il parait qu’il est possible de perdre facilement du poids. Juste en buvant un produit lacté au goût chocolat. Candia a eu la bonne idée de distribuer des échantillons de son nouveau produit minceur à la sortie de certaines bouches de métro et compte sur le bouche à oreille pour propager la bonne parole. Mais si. Si si. La ménagère de moins de cinquante ans qui a le cancer de l’adipocyte localisé aux hanches, le trentenaire actif qui souhaite se débarrasser de ses petits bourrelets ou la quadragénaire au ventre qui pendouille et aux fesses molles sont les cibles de ce produit miracle contenant un principe actif exclusif et mystérieux, le Fabuless. C’est Fabuleux. Lire la suite du billet
Je me rends très rarement dans les magasins d’alimentation proposant des produits biologiques. Uniquement pour trouver des farines particulières, des trucs anti-ballonnement, des machins anti-acides ou des bidules un peu exotiques indispensables pour réaliser une recette trouvée dans le dernier numéro de Biba. Je suis toujours étonné par les tronches des clients, souvent verdâtres, sèches et peu épanouies. Côté choix, les étalages ressemblent à ceux de la République Démocratique Allemande peu avant la chute du mur. Je suis également étonné par le mélange des genres. Les flacons de lotions soulageant le cul qui gratte côtoient les graines de lin, les carottes ternes, le pain ou les produits de beauté du Docteur Douchka si chers à Frédéric. Mon magasin bio n’est certainement pas représentatif car il donne une image très austère de ce genre de produits. Lire la suite du billet
Quel est le point commun entre ta grand-mère, ton ancien prof de maths et ton chanteur préféré? Telle est la question posée sur le site consacré à l’horrible campagne de publicité qui passe actuellement en boucle sur les écrans télévisés. Le Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière (CNIEL) nous avait jusqu’ici habitué à des campagnes niaises (souvenez vous du slogan « les produits laitiers sont nos amis pour la vie lalalalala) ou branchée cul (ouhaa trop fort, Je me tape un camembert, j’ai une halène de fennec, ma copine la randonneuse est une grosse cochonne, elle astique frénétiquement les lèvres pulpeuses avec sa langue, un truc blanc sort de la bouche et je vais me la taper devant le réfrigérateur). Cette année, point de sous-entendus érotico-porno-cochons. En pleine période de flambée des prix, il faut faire prendre conscience au consommateur lambda que les produits laitiers sont bons pour la santé, et particulièrement la santé des os. La cible ratisse large, du jeune téléspectateur hypnotisé par des petits personnages qui gesticulent dans tous les sens, à la ménagère de plus de cinquante ans angoissée par sa future fracture du col du fémur. Lire la suite du billet




