Snooze et moi-même avons célébré nos dix-huit ans de vie commune lors de notre récent séjour à Montréal. Dix-huit ans, l’âge de la majorité. Il y a dix-huit ans, j’ai osé embrasser Snooze pour la première fois. Depuis ce mois d’octobre du siècle dernier, nous avons tout d’abord vécu au jour le jour, inconscients. Au tout début de notre relation, nous vivions heureux mais cachés, de nos familles respectives mais également de l’ensemble de nos proches. Snooze, en meilleur ami, venait souvent dormir à la maison. Tout cela était bien naturel. De mon côté, j’adorais le retrouver en fin de semaine chez ses parents. Je me suis ensuite installé dans un premier appartement, rapidement transformé en nid douillet. Snooze m’a ensuite rejoint, sept années après le début de notre vie de couple. Nous vivions alors une période de grandes turbulences. J’ai alors fait de nombreuses concessions, mineures et majeures, la première étant de faire mon coming-out. Lire la suite du billet
Tout comme feu Patrick Poivre d’Arvor, je me suis fixé une date butoir pour mettre fin à ce blog: le jour ou je serai enfin capable d’écrire un billet clair et concis sur le temps qui passe et sur la mort. Seulement voilà, la tache n’est vraiment pas facile. Et merde. Lire la suite du billet
Je manque très certainement d’humour, mais la façon dont la société dépeint l’homosexualité ne m’amuse pas forcément.
Deux écoles s’affrontent. Dans un monde idéal, l’homosexualité n’est plus vécue comme une tare, un handicap ou un quelconque vice. La sexualité fait naturellement partie de l’individu, tout le monde se mélange et vit au pays des Bisounours. C’est la société idéale, telle que celle mise en scène dans la série « Brothers ansd siters », série décrivant les turpitudes d’une famille riche, blanche, Californienne et citadine. Un des fils est gay. Et alors? On le voit rencontrer ses compagnons, tomber amoureux, rouler des patins, tout comme les autres membres de la famille, sans aucune distinction. Le pédé est normal, vit une vie normale, n’évolue pas en circuit fermé, a un travail normal, et des amis normaux. On peut parler dans ce cas bien précis de discrimination positive car la condition homosexuelle y est banalisée voire idéalisée. Et c’est tant mieux. Lire la suite du billet
Je me suis toujours demandé si ma famille avait eu une influence sur ma sexualité. Etant issu d’un foyer monoparental, toutes les conditions étaient réunies pour faire de moi un dangereux délinquant. Ainsi, d’après certaines études, les jeunes issus de foyers monoparentaux sont plus souvent obèses, consomment plus et plus tôt de l’alcool, fument plus, cèdent plus facilement aux drogues illicites, associent plus souvent les substances psychoactives (alcool/tabac/cannabis), sont en échec scolaire, ont une propension à la dépression, font des tentatives de suicides, sont plus violents et cerise sur le gâteau baisouillent comme des lapins myxomateux en changeant fréquemment de partenaire. En résumé, Vénus était en Mars et les planètes contre moi: Mesrine n’était qu’une grosse tafiole comparé au monstre que j’allais devenir: un gentil pédé qui se mouche en disant toujours bonjour à la dame. Lire la suite du billet
Ô la belle vie
Sans amour
Sans soucis
Sans problème.
Hum la belle vie
On est seul
On est libre
Et l’on s’aime. Lire la suite du billet
…Je suis issu d’un peuple qui ne veut plus souffrir (purée, jamais je n’aurais pensé citer du Tonton David sur ce blog).
Lorsqu’on n’est pas un homme, hétérosexuel, français, blanc, de confession chrétienne, jeune et en bonne santé, on appartient par définition à une minorité. Ma minorité à moi, c’est ma sexualité. Je fais partie de la minorité homosexuelle, celle qui passe sont temps à forniquer dans des caves humides aux sols recouvertes de sciure, vêtus de combinaisons improbables en latex ou en cuir, qui se bourre le pif de cocaïne, le gosier d’alcool fort ou de pilules qui font rire et qui adore tailler des pipes dans les bosquets. Je n’invente rien. Ces mots sortent de la bouche d’une ancienne collègue apparemment très à l’écoute des sujets de société contemporains, et surtout en accord avec l’époque dans laquelle elle pense vivre. Lire la suite du billet
Cela va faire seize ans que je partage ma vie avec mon nain de mari. Quarante-quatre ans en années Matoo. Nous nous chamaillons toujours au sujet de cette date. S’il est persuadé que notre d day était un 10 octobre, je reste convaincu qu’il s’agissait d’un 13. Nous n’avons jamais fait de plan sur la comète. Il était à l’époque mon meilleur ami, il l’est resté et est devenu mon meilleur amant. En même temps, il m’est impossible de comparer avec quelqu’un d’autre car il reste l’unique homme de ma vie. Je me considère donc comme quatre fois chanceux: (i) mon mari est fidèle, (ii) il est unique, (iii), notre histoire dure depuis l’antiquité et (iv) je n’ai jamais eu à ramer pour trouver ma moitié ni fréquenter réseau quequette ou j-ai-le-feu-au-derrière.com. Mais si tout semble idyllique sur le papier, notre vie n’a jamais été un long fleuve tranquille. Lire la suite du billet
…sort toujours de la bouche des enfants.
J’ai toujours adoré participer aux réunion familiales de la famille Snooze. Les dîners étaient toujours synonymes d’aventure, d’action et de surprise. N’ayant ni famille, ni amis et m’appelant Rémy, me retrouver au sein d’une tribu qui se tacle et se chamaille en permanence m’a toujours ravi. Il faut dire qu’à la douce l’époque où je vivais encore chez ma mère et ou la seule grande folie du repas était de renverser le sel sur la nappe, être cerné par Snooze, son frère Julien et sa soeur Absinthe ne pouvait être qu’exotique. Il faut dire que lorsque j’ai connu Snooze, Absinthe franchissait le cap difficile de l’adolescence et s’en prenait fréquemment (et à juste titre) à son frère cadet, que Snooze profitait de l’occasion pour en rajouter une couche, le tout sous les yeux de parents d’un calme olympien qui, habitués à la situation, n’y prenaient même pas attention. Lire la suite du billet
Contrairement à ce que pense l’humoriste Siné, les pédés ne sont pas que des gousses ou des fiottes qui clament à tue-tête leur fierté d’en être en écoutant Madonna, Sheila ou Dalida, musique de chiottes probablement dû au fait que c’est l’un de leur lieu de plaisir préféré. Contrairement aux amibes, les pédés sont des organismes pluricellulaires sans flagelle ou pseudopode, non stériles, dotés d’un cerveau, de quatre membres et d’une quequette, organismes développés également dotés du droit de vote et soumis au régime fiscal français. Loin de moi l’envie d’énumérer une nouvelle fois les lois discriminantes et humiliantes de l’apartheid social dans lequel nous vivons au quotidien, des clichés archaïques véhiculés sur les suceurs de bite(s), les brouteuses de minou(s) ou sur l’amalgame répugnant pédé-pédophile. Non, pas cette fois. Lire la suite du billet
J’ai l’impression de revenir de très loin avec ma mère. Notre relation privilégiée a connu des hauts et des bas. Plus de hauts que de bas car nous avons été habitués à nous soutenir mutuellement, le bas ne correspondant qu’à la période suivant ma sortie du placard. Il a fallu ainsi près de dix années pour que tout se normalise entre elle, moi, et surtout Snooze. Nous essayons de brasser continuellement nos familles respectives. De son côté, tout est assez simple. Ses parents ont plutôt bien accueilli l’annonce de son homosexualité. Ils ont même été rassurés car le savoir en couple avec moi était pour eux synonyme de stabilité. Ses parents n’ont jamais fait de distinction entre enfants naturels, belle-soeur ou beau-fils. La famille est grande, tout le monde se mélange, c’est la fête à la maison. Ma mère a longtemps fait sa diva en refusant poliment les invitations de la famille Snooze. Puis j’ai réussi à la convaincre de les inviter. Je me souviens encore de cette première soirée qui fut catastrophique. Ma mère a pris de haut mes beaux-parents et le père de Snooze n’a pas arrêté de gaffer en parlant de notre couple et de notre appartement, alors que ma mère ne savait même pas que nous habitions ensemble. Chaque fois qu’elle passait à la maison, j’effaçais toute trace de mon chéri pour deux petites heures. J’étais alors parfaitement rodé, je savais quoi planquer, et seules quelques minutes étaient nécessaires pour transformer notre appartement en appartement de célibataire. Parfum, brosse à dent, photographies, objets divers, serviette de toilette, quelques vêtements: tout finissait dans un tiroir dédié aux effets personnels de mon mari. La divine Poupette* aurait appelé ça vivre en backstreet. Lire la suite du billet
S’il y a une chose que la plupart des gens normaux (i.e. hétérosexuels) ont du mal à assimiler, c’est bien le rituel du coming-out, rituel que l’on peut aisément traduire par la sortie du placard d’un(e) pédégouine. Cette épreuve peut paraitre étrange pour le quidam lambda, tout simplement parce qu’une personne hétérosexuelle n’a pas à annoncer ses préférences sexuelles, préférences considérées par la société comme normales, naturelles, non déviantes et saines (le côté obscur n’étant formé que par des satanistes sodomites partouzeurs). J’ai mis beaucoup de temps à franchir le pas, comptant principalement sur la lucidité et la lassitude de mes proches. J’étais ainsi persuadé qu’un jour ou l’autre, mon environnement se rendrait compte que j’avais un tropisme pour les garçons et m’éviterait d’avoir à annoncer mon homosexualité et à crier à la terre entière que j’aimais la bite. Mon malheur n’en à jamais été un car j’ai immédiatement trouvé chaussure à mon pied et sans véritablement chercher. Snooze et moi-même avons commencé à être les meilleurs amis du monde et nous nous sommes naturellement rapprochés. Nous nous sommes ainsi cachés pendant presque sept longues années, au nez et à la barbe de nos amis qui ne se doutaient pas une seconde que nous étions plus proches qu’il n’y semblait. Nous vivions alors une belle histoire et ne la partagions avec personne. Lire la suite du billet
Amis parents ou futurs parents, si vous redoutez que votre charmante petite fille ne se transforme en glouglouteuse de sypholo ou que votre petit garçon ait une préférence pour le bon gros weewee tout dur, vous avez raison. En cette période de Noël, restez vigilants lors de vos achats. Sachez que le jouet que votre enfant va découvrir sous le sapin dans quelques jours risque de conditionner sa vie sexuelle. Tout est scientifiquement prouvé par des spécialistes de la spécialité. Contrairement à un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, les jouets proposés de nos jours sont de plus en plus sexués, à l’inverse du bon vieux Télécran (le machin qui permettait de faire des dessins vraiment moches et de secouer en faisant tchik tchik pour les effacer) ou au Spirographe (le truc avec lequel un môme de trois ans au QI de poulet pouvait créer des formes géométriques hyper complexes étudiées par de nombreux mathématiciens chauves et nommées hypotrochoïdes). Lire la suite du billet
Oui, l’Etat Français considère toujours la population homosexuelle comme population à risque et ne permet donc pas à un gentil être humain ouvertement pédé ou gouine d’adopter un enfant. Oui, il faut toujours mentir et demander un agrément en célibataire pour espérer obtenir le précieux sésame et ainsi commencer un parcours du combattant qui ne se termine pas toujours bien. Oui, le système est hypocrite. Oui, il est dégueulasse de priver de maternité ou de paternité des individus homosexuels qui ne demandent qu’à aimer sincèrement et profondément un enfant. Lire la suite du billet




