Snooze et moi-même avons célébré nos dix-huit ans de vie commune lors de notre récent séjour à Montréal. Dix-huit ans, l’âge de la majorité. Il y a dix-huit ans, j’ai osé embrasser Snooze pour la première fois. Depuis ce mois d’octobre du siècle dernier, nous avons tout d’abord vécu au jour le jour, inconscients. Au tout début de notre relation, nous vivions heureux mais cachés, de nos familles respectives mais également de l’ensemble de nos proches. Snooze, en meilleur ami, venait souvent dormir à la maison. Tout cela était bien naturel. De mon côté, j’adorais le retrouver en fin de semaine chez ses parents. Je me suis ensuite installé dans un premier appartement, rapidement transformé en nid douillet. Snooze m’a ensuite rejoint, sept années après le début de notre vie de couple. Nous vivions alors une période de grandes turbulences. J’ai alors fait de nombreuses concessions, mineures et majeures, la première étant de faire mon coming-out. Lire la suite du billet
Je me lève (j’ai mal dormi et suis vraiment très heureux de quitter la couette de bonne heure)
Et je te bouscule (pas franchement car tu dors de l’autre coté du lit)
Tu ne te réveilles pas (car tu as joué jusqu’à au moins deux heures du matin)
Comme d’habitude
Sur toi (le nain est tout mignon quand il dort)
Je remonte le drap (tous les matins)
J’ai peur que tu aies froid
Comme d’habitude
Ma main
Caresse tes cheveux (euh, ton crâne presque rasé)
Presque malgré moi
Comme d’habitude
Mais toi
Tu me tournes le dos (tu ronfles comme un porcinet)
Comme d’habitude
Alors
Je m’habille très vite (en vingt petites minutes)
Je sors de la chambre (sans faire de bruit)
Comme d’habitude
Tout seul
Je bois mon café (euh, juste mon actimel à la fraise)
Je suis en retard (je n’ai pas d’horaire mais adore partir à la fraiche)
Comme d’habitude
Sans bruit (juste le temps de te faire un bisou sur le bout du nez)
Je quitte la maison (en n’oubliant pas de descendre les poubelles)
Tout est gris dehors (et je retrouve ma bicyclette)
Comme d’habitude
Snooze est persuadé que la première fois que j’ai mis ma langue dans sa bouche était un seize octobre. Je pense qu’il se trompe et qu’il s’agissait plutôt d’un treize. Qu’importe. Cela fait maintenant dix sept ans que nous sommes en couple, pour le meilleur et pour le pire. Toujours pas pacsés, toujours pas mariés, toujours sans enfant. Nos amis proches savent que nous passons notre temps à nous chamailler. Ils savent également qu’il nous est difficile de nous passer l’un de l’autre. Nous avons étudié ensemble, nous avons presque les mêmes amis, nous habitons ensemble et nous travaillons ensemble. Si tout se passe bien, nous risquons également de finir dans le même caveau. Snooze est le seul et unique garçon avec qui j’ai eu une relation. Tout cela parait dingue, mais je n’ai couché qu’avec un seul homme dans ma vie. Que tout soit clair, partenaire unique ne signifie pas manque d’expérience, bien au contraire. Voir mes amis butiner me semble donc follement exotique. A l’inverse, je conçois parfaitement que ma situation personnelle puisse paraitre fort peu commune et tienne du miracle. Et des cierges, j’en ai beaucoup consommé. Des grands, des larges et des longs.
Tout n’a pas été rose dans notre relation. Il a souhaité y mettre fin à un moment où j’étais encore dans le placard. Il me veut plus démonstratif, aimerait me prendre la main dans la rue ou même m’embrasser. De mon côté, je suis toujours distant. Je n’aime pas spécialement le contact ni m’afficher. Qu’il soit un homme ne change rien au problème. Je ne suis pas un adepte de la soupe de langues gourmande et baveuse en public et ne vais certainement pas changer aujourd’hui. Il aime constamment sortir et être entouré d’amis gays. Je n’ai pas sa résistance, danse comme une truie et n’ai pas un tropisme particulier pour les bars. Ne buvant pas la moindre goutte d’alcool, me taper un nième Coca-Cola light dans un environnement pas spécialement glamour ne m’excite pas plus que cela. J’adore le titiller en lui disant que je déteste être entouré de clones rasés qui se reniflent le cul en buvant de la bière tiède dans les mêmes établissements glauques. Cette réflexion le met hors de lui. J’ai également pensé à arrêter notre relation, les quelques rares fois où j’avais l’impression de porter trop de choses sur mes épaules, sans aucun soutien de sa part. Snooze agit en enfant, et il me faut très souvent prendre la barre en bon père de famille. Gérer seul le quotidien et le matériel m’épuise parfois. Ces périodes de doute(s) me semblent très normales, et mêmes saines, après presque deux décennies passées en commun.
Snooze est profondément gentil et toujours disponible pour ses amis. Il prend toujours de leurs nouvelles, est attentif, disponible et s’inquiète souvent pour eux. J’aime lui rappeler qu’il se comporte différemment avec moi. Rien à voir avec une quelconque jalousie. Il sait tout simplement que presque tout est acquis avec son mari. Je fais partie des meubles, il le sait et parfois en abuse inconsciemment. Tout cela participe curieusement à son charme. Il vit de cette façon et je m’adapte très rapidement et surtout facilement. Son caractère est inconstant. Parfois en manque de tendresse, je le retrouve très câlin, un peu comme un enfant qui souhaite qu’on le serre très fort dans ses bras. Souvent ronchon et râleur, je le laisse parler sans trop l’écouter. Plus il s’emporte, plus je parle calmement. J’ai pris l’habitude d’être totalement imperméable à ses variations d’humeur. Ma façon à moi de me protéger un peu. Même si nous vivons constamment ensemble, nous avons eu l’intelligence de rester très indépendants. Je ne reste pas avec lui par dépit ou par habitude. Je reste avec lui parce que je l’aime, le respecte, et surtout parce que je ne peux concevoir de vivre avec quelqu’un d’autre. J’aime sa petite bouille, ses petites mains, son caractère de merde. Je l’ai dans la peau, je le connais par cœur, peut facilement anticiper ses attentes et la réciproque est vraie. C’est un avantage incontestable. Je sais également que je dois prendre soin de lui. C’est comme ça.
Demain matin, tout comme ce matin, Je me lèverai, je le bousculerai, il ne se réveillera pas.
Je suis bien persuadé que ce rituel n’est pas près de s’arrêter. C’est peut-être cela le bonheur?
Attention, billet marshmallow, âmes sensibles, s’abstenir. 
La Toune est passé à la maison il y a quelques jours. A la base hétérosexuel, le bougre est tombé amoureux de Marc lors d’un récent séjour au ski, notamment en compagnie de mon mari et de Frédéric. Il se souvenait avec une pointe de nostalgie des premiers jours de romance. L’exploit était double car il était passé du côté obscur de la force et avait charmé Marc, militaire de carrière. Snooze lui rappelait à quel point ils se cherchaient et que leur couple était une évidence. Ils vivent maintenant dans le même appartement. Même topo pour Nono. Après avoir longtemps cherché le compagnon idéal, il semble être tombé sur la perle rare. Tout comme la Toune et sa Générale, Tout comme Snooze et moi, l’un semble être câlin, l’autre un peu moins. Chacun a les qualités de ses défauts, le tout s’équilibrant parfaitement. Lire la suite du billet
Je souhaiterais revenir sur le billet publié il y a une semaine, billet consacré à mon bonheur conjugal, en y apportant quelques modifications mineures. Je souhaiterais particulièrement m’étendre sur le côté belle au bois dormant de mon mari qui me broie les parties molles et intimes en permanence depuis plus d’une décennie. Snooze fait ainsi partie de la caste bénie des médecins pharmaciens vétérinaires qui a pour obligation d’écrire et de présenter une thèse d’exercice pour valider son diplôme. Un pharmacien sans thèse reste donc un vulgaire pharmacien et non un docteur en pharmacie. Tout est dans la nuance. Ses responsabilités peuvent être limitées et son salaire stagner. Cela fait donc plus de dix longues années que mon chéri a quitté la faculté, dix longues années que ma feignasse de mari refuse de se mettre à bosser le soir et valider son diplôme. Dix longues années qu’il cultive les escarres fessiers et les durillons en s’atrophiant le cerveau devant ses consoles. Car d’après lui, l’argent n’a pas d’importance, il suffit juste d’être heureux, aimé et épanoui dans la vie. Mon cul, oui. Moi, je veux un mari blindé de thunes ou pas de mari du tout. Je veux qu’il m’offre des bijoux et des robes Dior. Lire la suite du billet
Je n’ai jamais compris ni pourquoi ni comment mon couple durait depuis aussi longtemps. Certes, je suis un homme unique, intelligent, formidable, cultivé, riche (intérieurement), sensible, beau, modeste et reste un dieu au plumard. Certes, sans moi, mon mari ne serait rien et pataugerait encore dans la fange. Je crois avant tout que nous avons beaucoup de chance d’être tombés l’un sur l’autre. Notre association est donc avant tout le fruit du hasard. De l’eau a coulé sous les ponts depuis ce mois d’octobre 1992, date à laquelle nous nous sommes embrassés pour la première fois. Nous avons commencé par sortir ensemble quelques mois après notre arrivée à la faculté. Nous ne nous sommes installés officiellement que cinq ans plus tard. Plus précisément, Snooze a commencé à squatter mon appartement d’étudiant, et nous avons vécu pendant plus de quatre ans dans un tout petit appartement que nous avions transformé en nid d’amour. Tout n’était qu’organisation, c’était une question de survie. Nous avions une chambre qui faisait office de bureau, de bibliothèque, de salle à manger et de salon. J’avais transformé ma cuisine en pièce à vivre. Nous nous sentions vraiment très bien et n’avons que très tardivement souhaité modifier nos habitudes. Car il fallait bien s’entendre et se comprendre pour vivre dans une telle promiscuité. Lire la suite du billet
Ô la belle vie
Sans amour
Sans soucis
Sans problème.
Hum la belle vie
On est seul
On est libre
Et l’on s’aime. Lire la suite du billet




