Je me souviens parfaitement du jour où j’ai fait mon coming-out. Je suis sorti du placard en deux temps. J’ai tout d’abord appelé tous mes amis un après midi, un à un. La tâche n’était pas si facile que cela car Snooze et moi faisions partie d’un groupe vraiment très soudé. J’avais ainsi peur qu’ils ne comprennent pas pourquoi nous leur avions caché la vérité pendant presque sept années. Je ne comprenais pas moi-même comment nous avions pu en arriver là. J’avais certainement honte de ce que j’étais, et ne m’assumais certainement pas encore. Lire la suite du billet
C’est un nouveau marronnier. Celui-ci dure depuis vraiment très longtemps, quelques jours avant l’accident d’iceberg qui causa le naufrage du Titanic. Depuis le 15 février 1912 exactement, date à laquelle naquit ma grand-mère. J’ai une relation très particulière avec elle car elle a commencé à m’élever le jour ou mes parents ont décidé de jouer la « Guerre des Roses ». Elle m’a appris à lire et à écrire, m’a accompagné dans ma scolarité, et m’a fait visiter les quatre coins du pays. Je pense lui avoir permis de passer le douloureux cap causé par la disparition de mon grand-père. Je me suis inconsciemment substitué à lui et lui ai permis en retour d’avoir une vie plus active. Elle a toujours été présente, dans les bons et les mauvais moments. A maintenant quatre vingt dix sept ans, elle continue à vivre seule en Corrèze. Elle met un point d’honneur à faire sa marche quotidienne, passe ses soirées à lire pour entretenir sa mémoire et laisse peu de personnes s’occuper de son jardin. Elle a cependant arrêté le vélo il y a quelques années, pour notre plus grand soulagement. En fin d’hiver, elle loue un appartement sur la Côte d’Azur pour se refaire une santé. Lire la suite du billet
J’ai tout d’abord pensé à consacrer un billet au nouveau papier toilette Lotus, appelé fort justement Just One. Imaginez ainsi un rouleau moelleux constitué de feuilles douces, résistantes, épaisses, au fort joli motif et plus grandes que les feuilles standard. Grâce à une zone centrale très épaisse et absorbante, ce papier est un condensé de tous les conforts dans une seule feuille. Ainsi, juste une feuille peut suffire pour une petite commission. Cerise sur le gâteau, ce papier ne bouche pas les toilettes. Et je m’y connais en oua-ouas qui débordent. A éviter toutefois après avoir mangé indien, en pleine gastro-entérite ou suite à la prise une pilule d’Alli.
J’ai également pensé à écrire une bafouille sur cette charmante entreprise qu’est Gü (un grand merci à l’Abbé Deguerry et à sa Carlita de m’avoir fait découvrir le fameux Cheesecake Chocolat Vanille), et notamment sur les délicieux heisse schokolade soufflés qui participent dangereusement au développement du cancer du cul en Europe de l’Ouest depuis quelques années. Je me suis finalement décidé pour tout autre chose: Aborder le sujet de la-nouvelle-copine-qui-s’assume-à-la-mode: Roger Karoutchi. Lire la suite du billet
Cela va faire seize ans que je partage ma vie avec mon nain de mari. Quarante-quatre ans en années Matoo. Nous nous chamaillons toujours au sujet de cette date. S’il est persuadé que notre d day était un 10 octobre, je reste convaincu qu’il s’agissait d’un 13. Nous n’avons jamais fait de plan sur la comète. Il était à l’époque mon meilleur ami, il l’est resté et est devenu mon meilleur amant. En même temps, il m’est impossible de comparer avec quelqu’un d’autre car il reste l’unique homme de ma vie. Je me considère donc comme quatre fois chanceux: (i) mon mari est fidèle, (ii) il est unique, (iii), notre histoire dure depuis l’antiquité et (iv) je n’ai jamais eu à ramer pour trouver ma moitié ni fréquenter réseau quequette ou j-ai-le-feu-au-derrière.com. Mais si tout semble idyllique sur le papier, notre vie n’a jamais été un long fleuve tranquille. Lire la suite du billet
J’ai l’impression de revenir de très loin avec ma mère. Notre relation privilégiée a connu des hauts et des bas. Plus de hauts que de bas car nous avons été habitués à nous soutenir mutuellement, le bas ne correspondant qu’à la période suivant ma sortie du placard. Il a fallu ainsi près de dix années pour que tout se normalise entre elle, moi, et surtout Snooze. Nous essayons de brasser continuellement nos familles respectives. De son côté, tout est assez simple. Ses parents ont plutôt bien accueilli l’annonce de son homosexualité. Ils ont même été rassurés car le savoir en couple avec moi était pour eux synonyme de stabilité. Ses parents n’ont jamais fait de distinction entre enfants naturels, belle-soeur ou beau-fils. La famille est grande, tout le monde se mélange, c’est la fête à la maison. Ma mère a longtemps fait sa diva en refusant poliment les invitations de la famille Snooze. Puis j’ai réussi à la convaincre de les inviter. Je me souviens encore de cette première soirée qui fut catastrophique. Ma mère a pris de haut mes beaux-parents et le père de Snooze n’a pas arrêté de gaffer en parlant de notre couple et de notre appartement, alors que ma mère ne savait même pas que nous habitions ensemble. Chaque fois qu’elle passait à la maison, j’effaçais toute trace de mon chéri pour deux petites heures. J’étais alors parfaitement rodé, je savais quoi planquer, et seules quelques minutes étaient nécessaires pour transformer notre appartement en appartement de célibataire. Parfum, brosse à dent, photographies, objets divers, serviette de toilette, quelques vêtements: tout finissait dans un tiroir dédié aux effets personnels de mon mari. La divine Poupette* aurait appelé ça vivre en backstreet. Lire la suite du billet
S’il y a une chose que la plupart des gens normaux (i.e. hétérosexuels) ont du mal à assimiler, c’est bien le rituel du coming-out, rituel que l’on peut aisément traduire par la sortie du placard d’un(e) pédégouine. Cette épreuve peut paraitre étrange pour le quidam lambda, tout simplement parce qu’une personne hétérosexuelle n’a pas à annoncer ses préférences sexuelles, préférences considérées par la société comme normales, naturelles, non déviantes et saines (le côté obscur n’étant formé que par des satanistes sodomites partouzeurs). J’ai mis beaucoup de temps à franchir le pas, comptant principalement sur la lucidité et la lassitude de mes proches. J’étais ainsi persuadé qu’un jour ou l’autre, mon environnement se rendrait compte que j’avais un tropisme pour les garçons et m’éviterait d’avoir à annoncer mon homosexualité et à crier à la terre entière que j’aimais la bite. Mon malheur n’en à jamais été un car j’ai immédiatement trouvé chaussure à mon pied et sans véritablement chercher. Snooze et moi-même avons commencé à être les meilleurs amis du monde et nous nous sommes naturellement rapprochés. Nous nous sommes ainsi cachés pendant presque sept longues années, au nez et à la barbe de nos amis qui ne se doutaient pas une seconde que nous étions plus proches qu’il n’y semblait. Nous vivions alors une belle histoire et ne la partagions avec personne. Lire la suite du billet




