Comme d’habitudeuh

Groovy, Shaggy, Wizz 28 Commentaires »

Je me lève (j’ai mal dormi et suis vraiment très heureux de quitter la couette de bonne heure)
Et je te bouscule (pas franchement car tu dors de l’autre coté du lit)
Tu ne te réveilles pas (car tu as joué jusqu’à au moins deux heures du matin)
Comme d’habitude

Sur toi (le nain est tout mignon quand il dort)
Je remonte le drap (tous les matins)
J’ai peur que tu aies froid
Comme d’habitude

Ma main
Caresse tes cheveux (euh, ton crâne presque rasé)
Presque malgré moi
Comme d’habitude

Mais toi
Tu me tournes le dos (tu ronfles comme un porcinet)
Comme d’habitude

Alors
Je m’habille très vite (en vingt petites minutes)
Je sors de la chambre (sans faire de bruit)
Comme d’habitude

Tout seul
Je bois mon café (euh, juste mon actimel à la fraise)
Je suis en retard (je n’ai pas d’horaire mais adore partir à la fraiche)
Comme d’habitude

Sans bruit (juste le temps de te faire un bisou sur le bout du nez)
Je quitte la maison (en n’oubliant pas de descendre les poubelles)
Tout est gris dehors (et je retrouve ma bicyclette)
Comme d’habitude

Snooze est persuadé que la première fois que j’ai mis ma langue dans sa bouche était un seize octobre. Je pense qu’il se trompe et qu’il s’agissait plutôt d’un treize. Qu’importe. Cela fait maintenant dix sept ans que nous sommes en couple, pour le meilleur et pour le pire. Toujours pas pacsés, toujours pas mariés, toujours sans enfant. Nos amis proches savent que nous passons notre temps à nous chamailler. Ils savent également qu’il nous est difficile de nous passer l’un de l’autre. Nous avons étudié ensemble, nous avons presque les mêmes amis, nous habitons ensemble et nous travaillons ensemble. Si tout se passe bien, nous risquons également de finir dans le même caveau. Snooze est le seul et unique garçon avec qui j’ai eu une relation. Tout cela parait dingue, mais je n’ai couché qu’avec un seul homme dans ma vie. Que tout soit clair, partenaire unique ne signifie pas manque d’expérience, bien au contraire. Voir mes amis butiner me semble donc follement exotique. A l’inverse, je conçois parfaitement que ma situation personnelle puisse paraitre fort peu commune et tienne du miracle. Et des cierges, j’en ai beaucoup consommé. Des grands, des larges et des longs.

Tout n’a pas été rose dans notre relation. Il a souhaité y mettre fin à un moment où j’étais encore dans le placard. Il me veut plus démonstratif, aimerait me prendre la main dans la rue ou même m’embrasser. De mon côté, je suis toujours distant. Je n’aime pas spécialement le contact ni m’afficher. Qu’il soit un homme ne change rien au problème. Je ne suis pas un adepte de la soupe de langues gourmande et baveuse en public et ne vais certainement pas changer aujourd’hui. Il aime constamment sortir et être entouré d’amis gays. Je n’ai pas sa résistance, danse comme une truie et n’ai pas un tropisme particulier pour les bars. Ne buvant pas la moindre goutte d’alcool, me taper un nième Coca-Cola light dans un environnement pas spécialement glamour ne m’excite pas plus que cela. J’adore le titiller en lui disant que je déteste être entouré de clones rasés qui se reniflent le cul en buvant de la bière tiède dans les mêmes établissements glauques. Cette réflexion le met hors de lui. J’ai également pensé à arrêter notre relation, les quelques rares fois où j’avais l’impression de porter trop de choses sur mes épaules, sans aucun soutien de sa part. Snooze agit en enfant, et il me faut très souvent prendre la barre en bon père de famille. Gérer seul le quotidien et le matériel m’épuise parfois. Ces périodes de doute(s) me semblent très normales, et mêmes saines, après presque deux décennies passées en commun.

Snooze est profondément gentil et toujours disponible pour ses amis. Il prend toujours de leurs nouvelles, est attentif, disponible et s’inquiète souvent pour eux. J’aime lui rappeler qu’il se comporte différemment avec moi. Rien à voir avec une quelconque jalousie. Il sait tout simplement que presque tout est acquis avec son mari. Je fais partie des meubles, il le sait et parfois en abuse inconsciemment. Tout cela participe curieusement à son charme. Il vit de cette façon et je m’adapte très rapidement et surtout facilement. Son caractère est inconstant. Parfois en manque de tendresse, je le retrouve très câlin, un peu comme un enfant qui souhaite qu’on le serre très fort dans ses bras. Souvent ronchon et râleur, je le laisse parler sans trop l’écouter. Plus il s’emporte, plus je parle calmement. J’ai pris l’habitude d’être totalement imperméable à ses variations d’humeur. Ma façon à moi de me protéger un peu. Même si nous vivons constamment ensemble, nous avons eu l’intelligence de rester très indépendants. Je ne reste pas avec lui par dépit ou par habitude. Je reste avec lui parce que je l’aime, le respecte, et surtout parce que je ne peux concevoir de vivre avec quelqu’un d’autre. J’aime sa petite bouille, ses petites mains, son caractère de merde. Je l’ai dans la peau, je le connais par cœur, peut facilement anticiper ses attentes et la réciproque est vraie. C’est un avantage incontestable. Je sais également que je dois prendre soin de lui. C’est comme ça.

Demain matin, tout comme ce matin, Je me lèverai, je le bousculerai, il ne se réveillera pas.

Je suis bien persuadé que ce rituel n’est pas près de s’arrêter. C’est peut-être cela le bonheur?

Touché, coulé

Groovy, Shaggy, Wizz 26 Commentaires »

Quand j’étais encore heureux, c’est à dire lorsque j’habitais dans mon appartement du douzième arrondissement, je pouvais me balader à poil à n’importe quelle heure du jour et de la nuit car aucun voisin habitait face à mon appartement. Je vivais au rez-de-chaussée et profitais d’une cour que j’avais aménagée en petit jardin. Ainsi, seul mes arbustes, mes rosiers et mes plants de tomates pouvaient me reluquer. Je vivais nu, d’amour et d’eau fraîche et mon existence était paradisiaque. Je vis rue Lucien Sampaix depuis plus de deux ans, et tente de m’habituer à la fichue promiscuité entre mon chez moi et les appartements qui y font face. Une petite quinzaine de mètres nous séparent. Nous pouvons donc aisément suivre au jour le jour la vie de nos voisins, et cela bien malgré nous. Point d’orgies, de plan exhibitionnistes ou de scènes olé olé. Juste des tranches de vie classiques. Nous nous y sommes habitués petit à petit. Un peu comme si nous bénéficions d’un cinéma en plein air permanent et gratuit. Tout ça entre l’académie des 9 et un jeu de morpion géant. Lire la suite du billet

Exclusif : Chondre et Snooze nus dans Union Magazine après un régime Alli

Vu, lu, entendu 18 Commentaires »

Voici l’exemple même de titre racoleur que les rédactions de certains quotidiens nationaux n’hésitent plus à utiliser pour augmenter l’audience des sites internet associés aux versions papiers, et ainsi vendre plus chers les bandeaux publicitaires. Le 10 juin dernier, le Monde (un euro et quarante centimes, vingt-huit pages, dont cinq de publicité) titrait que le téléphone portable pourrait augmenter le risque de cancer après dix ans. D’après le journal, une étude internationale sur l’usage du téléphone portable (étude Interphone), dont les résultats sont attendus depuis longtemps, pourrait confirmer la possibilité d’un léger accroissement du risque de certains cancers chez les utilisateurs depuis plus de dix ans. Une épidémiologiste aurait indiqué que les différentes enquêtes ne faisaient pas apparaître d’effet notable quand l’exposition était inférieure à une durée de dix ans, mais au-delà « il pourrait y avoir quelque chose au niveau neurinome (tumeur d’un nerf), gliome (tumeur du système nerveux central) et dans une moindre mesure glande parotide (la plus importante des glandes salivaires) ». Lire la suite du billet

Allo Docteur?

L'important, c'est la santé 17 Commentaires »

Je tombe de plus en plus souvent sur des appels provenant de personnes désespérées. Je n’aime pas cet exercice car je ne me considère pas forcement qualifié ou préparé. Ce genre d’entretient laisse toujours des traces. Ces personnes sont atteintes de maladies incurables ou connaissent dans leur entourage proche des personnes atteintes de telles maladies. La démarche est courageuse et la quête d’information est douloureuse. Elles pensent le plus souvent que le médecin traitant cache des données importantes ou demandent un simple conseil. Le traitement est-il efficace, cet effet secondaire est-il normal, combien de temps devrais-je prendre ces gélules, je supporte de plus en plus difficilement les perfusions. Je tombe plus rarement sur des patients traités pour une maladie à mauvais pronostic. On leur a assigné une thérapie, parfois lourde, difficilement tolérable, parfois même palliative. Ces personnes n’envisagent jamais une issue fatale. Elles vivent dans le propre monde et pensent que la médecine actuelle est capable de tout guérir, qu’il suffit d’une ablation ou d’une cure médicamenteuse pour répondre à tous les problèmes de santé. C’est rarement le cas. Le chemin est souvent plus tortueux. Lire la suite du billet

Un autre Marronnier

Souvenirs 32 Commentaires »

Comme le dit le dicton sud-coréen, en avril, « passe ton temps à célébrer les cerisiers en fleur et pense à fertiliser ton jasmin si tu ne veux pas le voir crever en mai ou voir les chinois débarquer à Séoul». Après trois années passées à bloguer, voici déjà un an que nous avons acquis notre appartement à deux pas du canal Saint-Martin. La peur irrationnelle de nous retrouver à la rue m’avait alors poussée à forcer Snooze à acheter un appartement coute que coute. Quinze jours après avoir contacté une agence et visité seulement deux appartements, nous signions un compromis de vente. J’avais eu le coup de cœur pour cet appartement et je ne souhaitais pas qu’il nous passe sous le nez. Nous sommes alors entrés dans la spirale anxiogène que chaque propriétaire connait un jour : Peur de quitter son ancien logement, peur de se faire arnaquer par une bande de blaireaux (agence, vendeur,courtier), peur de prendre un crédit sur un nombre indécent d’années, fatigue intense, insomnies, être étouffé par les démarches administratives, devoir penser à tout. Toutes ces petites contrariétés étaient partiellement compensées par l’excitation du déménagement et par la possibilité de recréer un nouveau petit nid douillet rien qu’à nous. Il fallait trouver un entrepreneur sérieux et faire de nombreux devis. Nous savions exactement ce que nous souhaitions et nous laissions deux mois pour tout terminer. Lire la suite du billet

Après Chirac, Chondre en prison

Groovy, Shaggy, Wizz 23 Commentaires »

Je ne fais hélas pas partie de ces chanceux qui ont eu le flair de faire leurs achats de Noël sur les sites marchands en ligne. C’est donc un Chondre résigné et accessoirement de très mauvais poil qui a fait une timide tentative samedi dernier en plein centre de Paris. Le consommateur malin évitera une séance de palpé roulé dans les transports en commun et préférera emprunter un Vélib. Si la bicyclette est effectivement bonne pour le cul et la planète, il est difficile de s’en débarrasser car des dizaines de petits futés ont eu la même idée et penser trouver une borne Vélib libre à proximité des grands magasins est difficilement envisageable. Lire la suite du billet

Halloween après l’heure (ou comment chier dans son froc en lisant un billet et merde le titre va encore être super long)

L'important, c'est la santé 21 Commentaires »

Après le mélanome, le sperme et avant l’herpès pour faire plaisir à Petit Lu, le Docteur Chondre va encore jouer au donneur de leçon(s) et aborder le sujet de la cigarette, directement responsable de la mort de plus de 60 000 personnes dans notre beau pays qui compte environ 15 millions de consommateurs de tabac. En fumant un paquet quotidien, le gentil fumeur multiplie par trois le risque de faire une crise cardiaque. Si le fumeur est une fumeuse qui prend la pilule, ce risque est multiplié par dix. Le risque de faire une attaque cérébrale est lui multiplié par vingt. Yatta! Lire la suite du billet

Noces de Porcelaine

Souvenirs Pas de Commentaire »

Mille neuf cent quatre vingt douze. J’ai toujours adoré les chiffres et les chiffres pairs en particulier. Cette année m’a particulièrement marqué. Rien à voir avec l’anniversaire de la découverte de l’Amérique, le procès du sang contaminé ou l’ouverture de Disneyland Paris. Non, rien à voir. Sans être dégoulinant de nostalgie, cette année fut un tournant dans ma vie. Je me souviens encore du groupe d’amis avec lequel je passais la plupart de mon temps à la Faculté. Lire la suite du billet

Theme Groovy Shaggy Wizz version 2.0 par T2 apres bidouillage extremement extreme de GlossyBlue
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