Il ya certains jours ou je ferais mieux de rester au lit et de ne pas sortir de notre appartement. J’avais cette idée en tête depuis quelques temps. J’avais envie de le faire car je pensais que l’acte était réversible. Cela faisait même partie de la petite liste des choses un peu crétines que je souhaitais réaliser avant mes quarante ans, comme un saut à l’élastique, un voyage au Japon, la traversée de la Chine en train, me marier ou avoir un enfant. Je pensais que j’aurais alors l’impression d’être un grand rebelle, et de contraster ainsi avec ma tête de premier de la classe. Je me suis donc rendu chez Abraxas (dont le slogan est « ça fait mal, mais c’est bien fait ») dimanche en fin d’après-midi, ai eu un peu peur de tomber comme une tapette et faire un malaise vagal (même si très à la mode cette année), mais suis finalement sorti de la boutique rassuré en compagnie de Snooze. Lire la suite du billet
C’est en fin de repas pantagruélique organisé par ma douce maman que nous sommes revenus sur le passé, et plus particulièrement sur les douces années de mariage de mes parents. Ma mère a toujours été une jolie dinde naïve qui a rapidement été charmée et conduite devant l’autel pour le meilleur et pour le pire. Cinq années plus tard, elle est tombée enceinte, et tadaaah, je débarquais en braillant, non pas entouré d’un âne et d’un bœuf, mais de vieilles infirmières proches de la retraite à la maternité de l’hôpital Boucicaut. Quelques mois après ma naissance, maman Chondre s’est aperçue que mon père passait son temps libre à la cocufier avec une hôtesse de l’air, puis avec l’une de ses collègues de travail (feu ma future belle-mère, que son âme repose en paix). Lire la suite du billet
Dans un squat qu’ils occupent dans le dixième arrondissement de Paris depuis le début de l’hiver, Rodolfo et Marcello tentent de survivre du mieux qu’ils le peuvent. Il fait vraiment très froid et EDF vient de leur couper tout accès à l’électricité. Rodolfo sacrifie sans remord le dernier de ses manuscrits pour alimenter le gros bidon qui fait office de radiateur, car la chaleur des bougies chipées dans l’église voisine ne suffit plus à les chauffer. Leurs amis Colline et Schaunard débarquent par surprise avec un sac rempli de provisions, mais également quelques Euros glanés dans le métro. La vie est vraiment très dure. Il faut dire qu’ils espéraient vraiment que les choses changent il y a quelques années. Ils ont pourtant travaillé plus, mais ont été licenciés après le rachat de leur entreprise. La crise est ensuite passée par là. Seul Rodolfo semble s’en sortir en faisant quelques piges par-ci par-là. Lire la suite du billet
Tout comme feu Patrick Poivre d’Arvor, je me suis fixé une date butoir pour mettre fin à ce blog: le jour ou je serai enfin capable d’écrire un billet clair et concis sur le temps qui passe et sur la mort. Seulement voilà, la tache n’est vraiment pas facile. Et merde. Lire la suite du billet
…oui fan jusqu’au bout des seins.
Espace, frontière de l’infini vers lequel voyage notre vaisseau spatial. Sa mission: Explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d’autres civilisations, et au mépris du danger, reculer l’impossible. Musique du générique. Tudu dududududu, dududu, dududududu. Spok à l’inter. Téléportation. Zou. Lire la suite du billet
Pourquoi j’irai me faire vacciner contre la grippe A H1N1
L'important, c'est la santé 44 Commentaires »…et aussi quelques notions d’immunologie, une touche de clinique et quelques petits conseils de lecture. Bref, du bon sens. Car oui, on entend et lit tout et n’importe quoi sur la vaccination et sur la grippe A de la mort qui tue. Surtout n’importe quoi, principalement véhiculé par des individus qui ne s’y connaissent pas forcement, ni en vaccination, ni plus généralement en sciences. On peut appeler cela au mieux de la diarrhée journalistique, au pire de la connerie en barre pour faire de l’audience. Lire la suite du billet
Snooze mériterait une médaille pour partager sa couche avec la mienne (je parle bien entendu de lit et non pas d’un truc blanc, épais et moelleux qui peut sentir au mieux le pipi rance ou le caca tiède). Etant à la fois insomniaque, victime de maux de tête et somnambule, je passe mes nuits à lire, à surfer sur internet, à écouter des podcasts ou à consulter les sites de télévision de rattrapage. Je m’endors comme un vieux papichou vers 22h00, un filet de bave coulant du côté gauche de ma bouche et finissant sur l’épaule droite de mon mari, enfin vers minuit jusqu’au lit conjugal. A partir de cette heure, ma nuit est morcelée: quarante minutes de sommeil pour vingt minutes éveillé, et cela jusqu’à 6h30, heure à laquelle je prends une douche ou un bain avant d’enfourcher mon vélo magique et partir pour une contrée provinciale un peu hostile (située juste après le périphérique parisien, au nord). Lire la suite du billet
Mes parents et grands parents m’ont élevé dans la pure (et noble) tradition du « mouche ton nez et dit bonjour à la dame ». Mes géniteurs ont ainsi tenté de m’inculquer les règles les plus basiques du savoir vivre et de la politesse. Tenir la porte, dire bonjour, dire merci, s’il vous plait et sourire. Ne pas mettre mes coudes sur la table, mettre les couverts et aider à débarrasser. Obéir aux règles les plus élémentaires, respecter les autres, ne pas élever la voix, et ne surtout pas se plaindre. J’ai longtemps considéré qu’une telle éducation était un handicap car à trop respecter les autres, un individu lambda est rapidement considéré comme faible par la société, et donc mécaniquement très peu considéré. Lire la suite du billet
Contrairement à ce qu’ils peuvent penser, je ne me suis pas amusé à truithonner mes derniers invités. Je cherchais depuis longtemps comment combiner Bannofee, Tiramisu et crème brûlée sans que le dessert reste sur l’estomac et soit assez gras pour lubrifier l’ensemble du tube digestif, voire responsable d’une diarrhée graisseuse. Je m’étais déjà amusé à reproduire le fameux Bannofee Gü il y a quelques mois, et étais encore tout retourné par le Tiramisu dégusté lors de notre dernier week-end à Rome. La recette est la suivante. Lire la suite du billet
Il suffit de rechercher le mot « régime » sur un moteur de recherche pour tomber sur une myriade de sites internet qui proposent tous des méthodes simples permettant de perdre très rapidement du poids. Ainsi Phytolabel commercialise-t-il des patchs miraculeux qui agissent sur les fesses, la taille, les hanches et le ventre, quelque soit l’âge ou le sexe de l’utilisateur. D’après la société, le principe est très simple: Chaque patch contient une quantité déterminée de molécules brûleuses de graisse. Ces molécules minceurs cent pour cent naturelles sont obtenues après extraction et concentration de substances actives de différentes plantes rares soigneusement sélectionnées. Mais la palme revient sans aucun doute à l’institut Dulac qui promet une perte de poids miraculeuse allant jusqu’à 30 kilos. C’est le fameux régime 5K2S (cinq kilos, deux semaines), un régime 100% naturel, 100% efficace, sans contre-indication, sans suivi particulier. La cure 60 jours est vendue près de 50 euros. Il y a également les vrais faux blogs, à l’instar de celui de Francine qui explique comment elle a perdu 15 kilos en moins de deux mois, photographies avant-après à l’appui. Dingue tout ça. La jolie blonde a juste consommé des probiotiques purificateurs de colon et brûleurs de graisse. Une animation en 3 D montre même comment mieux faire caca et se purger ainsi le fion. Dommage qu’aucun son ne soit associé au petit film. Lire la suite du billet
Je me lève (j’ai mal dormi et suis vraiment très heureux de quitter la couette de bonne heure)
Et je te bouscule (pas franchement car tu dors de l’autre coté du lit)
Tu ne te réveilles pas (car tu as joué jusqu’à au moins deux heures du matin)
Comme d’habitude
Sur toi (le nain est tout mignon quand il dort)
Je remonte le drap (tous les matins)
J’ai peur que tu aies froid
Comme d’habitude
Ma main
Caresse tes cheveux (euh, ton crâne presque rasé)
Presque malgré moi
Comme d’habitude
Mais toi
Tu me tournes le dos (tu ronfles comme un porcinet)
Comme d’habitude
Alors
Je m’habille très vite (en vingt petites minutes)
Je sors de la chambre (sans faire de bruit)
Comme d’habitude
Tout seul
Je bois mon café (euh, juste mon actimel à la fraise)
Je suis en retard (je n’ai pas d’horaire mais adore partir à la fraiche)
Comme d’habitude
Sans bruit (juste le temps de te faire un bisou sur le bout du nez)
Je quitte la maison (en n’oubliant pas de descendre les poubelles)
Tout est gris dehors (et je retrouve ma bicyclette)
Comme d’habitude
Snooze est persuadé que la première fois que j’ai mis ma langue dans sa bouche était un seize octobre. Je pense qu’il se trompe et qu’il s’agissait plutôt d’un treize. Qu’importe. Cela fait maintenant dix sept ans que nous sommes en couple, pour le meilleur et pour le pire. Toujours pas pacsés, toujours pas mariés, toujours sans enfant. Nos amis proches savent que nous passons notre temps à nous chamailler. Ils savent également qu’il nous est difficile de nous passer l’un de l’autre. Nous avons étudié ensemble, nous avons presque les mêmes amis, nous habitons ensemble et nous travaillons ensemble. Si tout se passe bien, nous risquons également de finir dans le même caveau. Snooze est le seul et unique garçon avec qui j’ai eu une relation. Tout cela parait dingue, mais je n’ai couché qu’avec un seul homme dans ma vie. Que tout soit clair, partenaire unique ne signifie pas manque d’expérience, bien au contraire. Voir mes amis butiner me semble donc follement exotique. A l’inverse, je conçois parfaitement que ma situation personnelle puisse paraitre fort peu commune et tienne du miracle. Et des cierges, j’en ai beaucoup consommé. Des grands, des larges et des longs.
Tout n’a pas été rose dans notre relation. Il a souhaité y mettre fin à un moment où j’étais encore dans le placard. Il me veut plus démonstratif, aimerait me prendre la main dans la rue ou même m’embrasser. De mon côté, je suis toujours distant. Je n’aime pas spécialement le contact ni m’afficher. Qu’il soit un homme ne change rien au problème. Je ne suis pas un adepte de la soupe de langues gourmande et baveuse en public et ne vais certainement pas changer aujourd’hui. Il aime constamment sortir et être entouré d’amis gays. Je n’ai pas sa résistance, danse comme une truie et n’ai pas un tropisme particulier pour les bars. Ne buvant pas la moindre goutte d’alcool, me taper un nième Coca-Cola light dans un environnement pas spécialement glamour ne m’excite pas plus que cela. J’adore le titiller en lui disant que je déteste être entouré de clones rasés qui se reniflent le cul en buvant de la bière tiède dans les mêmes établissements glauques. Cette réflexion le met hors de lui. J’ai également pensé à arrêter notre relation, les quelques rares fois où j’avais l’impression de porter trop de choses sur mes épaules, sans aucun soutien de sa part. Snooze agit en enfant, et il me faut très souvent prendre la barre en bon père de famille. Gérer seul le quotidien et le matériel m’épuise parfois. Ces périodes de doute(s) me semblent très normales, et mêmes saines, après presque deux décennies passées en commun.
Snooze est profondément gentil et toujours disponible pour ses amis. Il prend toujours de leurs nouvelles, est attentif, disponible et s’inquiète souvent pour eux. J’aime lui rappeler qu’il se comporte différemment avec moi. Rien à voir avec une quelconque jalousie. Il sait tout simplement que presque tout est acquis avec son mari. Je fais partie des meubles, il le sait et parfois en abuse inconsciemment. Tout cela participe curieusement à son charme. Il vit de cette façon et je m’adapte très rapidement et surtout facilement. Son caractère est inconstant. Parfois en manque de tendresse, je le retrouve très câlin, un peu comme un enfant qui souhaite qu’on le serre très fort dans ses bras. Souvent ronchon et râleur, je le laisse parler sans trop l’écouter. Plus il s’emporte, plus je parle calmement. J’ai pris l’habitude d’être totalement imperméable à ses variations d’humeur. Ma façon à moi de me protéger un peu. Même si nous vivons constamment ensemble, nous avons eu l’intelligence de rester très indépendants. Je ne reste pas avec lui par dépit ou par habitude. Je reste avec lui parce que je l’aime, le respecte, et surtout parce que je ne peux concevoir de vivre avec quelqu’un d’autre. J’aime sa petite bouille, ses petites mains, son caractère de merde. Je l’ai dans la peau, je le connais par cœur, peut facilement anticiper ses attentes et la réciproque est vraie. C’est un avantage incontestable. Je sais également que je dois prendre soin de lui. C’est comme ça.
Demain matin, tout comme ce matin, Je me lèverai, je le bousculerai, il ne se réveillera pas.
Je suis bien persuadé que ce rituel n’est pas près de s’arrêter. C’est peut-être cela le bonheur?
J’ai toujours apporté une attention très particulière à ma chevelure, et cela depuis ma très tendre enfance. Le gène tafiole dominant s’est donc exprimé de façon très précoce. Mes parents auraient dû s’en rendre compte et m’éviter ainsi un coming-out assez douloureux. J’ai ainsi passé ma courte existence à alterner entre coupe très courte façon militaire et mèche au vent façon Cyril Lignac. Cependant, et contrairement au cuisinier télégénique, ma tignasse n’a jamais été grasse et les fameuses oreilles de Mickey ne se dessinent pas encore sur mon front. Je suis peut-être une vieille peau, mais une vieille peau chevelue qui assume totalement sa blonditude et sa touffe capillaire. En résumé, la salle de bain dégueule de shampoings, d’après shampoing, d’après-après-shampoings, d’eaux coiffantes et autres gels. Je suis un homme L’Oréal et j’en suis fier. Lire la suite du billet
Cela fait bien longtemps que je ne parle plus de ma vie privée sur ce blog. Même si j’ai très peu abordé le sujet, il m’est arrivé de me livrer dans quelques rares billets, directement ou entre les lignes. Le temps passant, certains proches et autres connaissances ont trouvé l’adresse de ce blog, participant involontairement à un processus de castration rédactionnel, ou plus simplement d’autocensure naturelle. Il est ainsi souvent plus facile de parler de soi face à des inconnus. Qu’importe. Le but initial n’a jamais été de me lamenter sur mes problèmes existentiels et de sombrer dans le pathos. L’exercice est casse-gueule, assez chiant à lire et déprimant à la longue. Je préfère avant tout publier des billets positifs, amusant, le tout sans jamais mentir ou travestir la réalité. J’évite ainsi de parler politique, religion, de ma vraie vie privée, de mes amis, ou même de mon travail, même si le clavier me démange très souvent. D’autres le font bien mieux que moi. Lire la suite du billet
Mite: Nom donné à divers insectes fourbes dont les chenilles rongent la laine, la fourrure, ou se logent dans les placards à nourriture et ruinent tout stock de farine, de café, thé ou gâteaux. Les larves peuvent ainsi vivre dans la luxure et l’opulence en se faisant péter la panse. Les mites ont souvent des antennes d’apparence duveteuse. A part quelques exceptions diurnes vivement colorées, la plupart sont nocturnes et ont des nuances brunes et ternes. Les mites sont fourbes. Elles attaquent la nuit leurs innocentes victimes. Le crétin de mâle est attiré par la garce de femelle grâce à un signal chimique, la phéromone, produite par les glandes de la femelle. Si elles semblent attirées par la lumière, c’est parce que le mouvement de l’aile située du côté frappé par la lumière est réduit, ce qui les oblige à tourner dans cette direction. En résumé, les mites représentent la pire des saloperies. Une horreur, un véritable film d’épouvante. Lire la suite du billet
Quand j’étais encore heureux, c’est à dire lorsque j’habitais dans mon appartement du douzième arrondissement, je pouvais me balader à poil à n’importe quelle heure du jour et de la nuit car aucun voisin habitait face à mon appartement. Je vivais au rez-de-chaussée et profitais d’une cour que j’avais aménagée en petit jardin. Ainsi, seul mes arbustes, mes rosiers et mes plants de tomates pouvaient me reluquer. Je vivais nu, d’amour et d’eau fraîche et mon existence était paradisiaque. Je vis rue Lucien Sampaix depuis plus de deux ans, et tente de m’habituer à la fichue promiscuité entre mon chez moi et les appartements qui y font face. Une petite quinzaine de mètres nous séparent. Nous pouvons donc aisément suivre au jour le jour la vie de nos voisins, et cela bien malgré nous. Point d’orgies, de plan exhibitionnistes ou de scènes olé olé. Juste des tranches de vie classiques. Nous nous y sommes habitués petit à petit. Un peu comme si nous bénéficions d’un cinéma en plein air permanent et gratuit. Tout ça entre l’académie des 9 et un jeu de morpion géant. Lire la suite du billet




