Mon amitié avec Jérôme revient de loin. Snooze s’était une nouvelle fois lié avec un connard fini à la faculté de pharmacie. Je sortais avec lui depuis quelques années et il venait d’annoncer son homosexualité à nos amis proches. Jérôme venait de rentrer dans son cercle d’amis et il ne m’aimait pas car il souhaitait avoir une relation presque exclusive avec Snooze. De mon côté, je ne l’aimais pas non plus car il collait d’un peu trop près mon doudou. J’ai même pensé un moment qu’il y avait hippopotame sous caillou, mais j’ai vite découvert que plus hétérosexuel que Jérôme, cela n’existait pas. Le clash s’est vite produit. Nous nous sommes mis sur la gueule et ne nous sommes pas parlés pendant plus de quatre ans. Lire la suite du billet
J’ai quitté le domicile familial à l’âge de vingt sept ans. Je n’ai pas pu m’émanciper plus tôt pour des raisons purement financières. Ayant entrepris de suivre un cursus long sans possibilité de travailler parallèlement, mes seuls revenus étaient ceux gagnés lors des vacances universitaires estivales. Je travaillais pendant deux mois de nuit à l’hôpital de la pitié salpêtrière. Un salaire servait à financer mes vacances, l’autre à tenir pendant le reste de l’année. Les étrennes, fêtes et anniversaire étaient considérées comme bonus. De son côté, Snooze pouvait aisément faire des passes en officine le week-end. Il avait la chance d’avoir un travail régulier lui permettant de se former et n’empiétant pas trop sur ses loisirs. J’ai donc attendu le début de mon doctorat pour penser à m’installer. J’ai économisé pendant toute une année et suis tombé par hasard sur mon petit nid d’amour. Le quartier était sympathique et le loyer très abordable. Lire la suite du billet
J’ai une passion pour les films asiatiques et pour la Chine. C’est donc avec un double plaisir que je me suis rendu dans mon cinéma préféré assister à une projection de Still Life de Jia Zhang Ke, film ayant obtenu le lion d’or lors du dernier festival international du cinéma de Venise. L’action se passe en amont du barrage des Trois Gorges, à environ un millier de kilomètres à l’ouest de Shanghai. San Ming (Zhao Tao) débarque à Fengje. Il est à la recherche de sa femme et de sa fille et ne possède qu’une adresse écrite sur un vieux morceau de papier. Sa femme s’est enfuie seize ans auparavant. Il l’avait alors acheté 5000 Yuans (environ 500 Euros). Il demande son chemin à un motard qui l’amène sur une rive. Le quartier qu’il recherche a été englouti suite à la construction du barrage des Trois Gorges. Il va pourtant tenter par tous les moyens de les retrouver. Lire la suite du billet
Quel est l’imbecile qui a propagé la rumeur affirmant que les classes d’Allemand première langue étaient les meilleures? On m’a exporté par la faute de ce couillon deux fois par an en Allemagne pendant toute ma scolarité. A l’époque, on parlait encore de République Fédérale d’Allemagne. Manque de chance, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher avec les études en général et avec la langue de Goethe en particulier. J’étais en pleine période Ugly Betty et je passais plus de temps à m’empiffrer et à rêver au fond de la salle qu’à apprendre mes déclinaisons. J’ai donc eu la joie de redoubler ma 5ème (oui, je sais, c’est franchement la honte
). Je faisais le désespoir de mes professeurs qui pensaient très sérieusement à m’orienter vers un BTS charcuterie. J’ai eu très chaud aux fesses. Lire la suite du billet
Nous sommes restés dans notre appartement de longues années pour de nombreuses raisons. C’était avant tout notre chez-nous même si nous n’en étions pas propriétaire. Nous nous y sentions bien. Nous avions déplacé des cloisons, crée de nouvelles pièces, habillé et décoré selon nos goûts. Mais la raison principale était avant tout la possibilité de jouir d’une grande cour rarement fréquentée par les autres locataires. Au fil des années, j’ai investi une bonne partie de l’espace, au grand dam de Madame Lopes qui voyait d’un mauvais œil ce squat végétal. Lire la suite du billet
Je me souviens parfaitement du premier jour ou j’ai rencontré Snooze. Nous étions dans un amphithéâtre à la faculté de pharmacie et nous nous sommes engueulés. Un vrai connard. J’étais assis juste derrière lui. Céciloo se trouvait juste à côté de moi. J’ai tout de suite compris qu’il était pédé. Mon gaydar était déjà activé. De mon côté, je n’étais pas encore certain de ma sexualité, même si je me rassurais sortais avec Anne-Claire. Nous avons petit à petit formé un petit groupe et passions plus de temps à traîner dans le jardin du Luxembourg qu’en cours. C’était vraiment la belle vie, même si ces premières années passées à l’université furent vraiment très stressantes. Le temps a passé. J’ai fini par embrasser Snooze. Il m’a repoussé. J’étais tout gêné. C’était la première fois que je faisais un truc comme ça. Quelques mois plus tard, nous nous sommes embrassés de nouveau et avons dormi pour la première fois ensemble. C’était le 13 octobre 1992. Il y a donc moins de 42 ans (42 ans, c’est l’âge de Fcrank). Lire la suite du billet
Monsieur Da Silva a installé une arme de destruction massive dans la cuisine
Fiel, Groovy, Shaggy, Wizz, Souvenirs 6 Commentaires »
C’est enfin la dernière ligne droite. Les déménageurs ont apporté les cartons, les travaux ont débuté dans notre nouvel appartement et les tractations sont en bonne voie avec notre futur ex-propriétaire. Etant un très mauvais négociateur et ayant une sainte horreur de parler argent, je n’avais pas envisagé de discuter d’une éventuelle reprise. Nous avions décidé de partir. C’était notre choix et il était difficilement concevable que notre propriétaire nous donne une prime de départ. J’y suis donc allé au bluff. J’ai proposé une somme indécente importante pour la reprise de la salle de bains et les autres installations que nous avions réalisé dans l’appartement. En gros c’était : Soit vous acceptez, soit nous mettons tout en vente sur eBay. Il n’a même pas cherché à discuter avec nous et a accepté notre proposition sans rechigner. Il a même souhaité nous racheter notre cuisine. Ce fut véritablement la bonne surprise du mois. Certainement la seule. Lire la suite du billet
Et bien voila. Cela fait déjà deux ans que j’ai ouvert ce blog. Et tout cela grâce à Snooze qui se connectait régulièrement sur les blogs de Matoo et de « Ghost in the Web ». Je connaissais très peu les blogs. Mon site internet végétait depuis des années et je cherchais à le rendre plus interactif. Le blog était donc l’outil idéal. J’ai mis beaucoup de temps à me lancer dans cette aventure. Il fallait tout d’abord trouver la bonne plateforme. Je suis tout d’abord passé par Blogger. J’ai ensuite installé WordPress sur un compte free.
Il fallait trouver un nom au blog. Certains amis proches m’appelaient Chondre (prononcer avec un cheu comme dans choucroute ou cheval, pas comme le cheu de mitochondrie). Ce surnom idiot provient de la bouche d’une petite fille qui n’arrivait pas à prononcer mon prénom. Alexandre s’est petit à petit transformé en Chandre, puis en Chondre. Plus pratique à prononcer mais franchement, quel surnom à la con. Ce blog aurait pu se nommer traces et trajets, chroniques d’un trentenaire ordinaire, è ben trovato ou la première fois que j’ouvre un blog avec un surnom à chier. Mais comme le disait ma tante Ursuline (encore elle), ce n’est pas une fois qu’on a fait dans les draps qu’il faut serrer les fesses. Lire la suite du billet
La prochaine fois que tu auras un coup de mou, il est hors de question que nous achetions un Jet privé. Voici ce que Snooze m’a dit en sortant de chez notre nouveau gentil banquier, juste après avoir signé un crédit de vingt longues années. Aucun risque, lui ai-je répondu. Nous sommes devenus de pauvres propriétaires pendant les deux prochaines décennies.
Plus sérieusement et avec un peu de recul, cette baisse de régime m’a permis de faire le point et surtout permis de faire des pas de géant en prenant beaucoup d’initiatives et en donnant à ma vie de nouveaux objectifs. Crise de trentenaire, premier bilan, je n’en sais rien. Ce que je sais maintenant, c’est que j’ai mille projets en tête qu’il me tarde de réaliser. Lire la suite du billet
Ce matin je me suis réveillé avec une envie de vomir.
J’ai pensé à mon père toute la nuit. Encore une maudite insomnie. Je me suis réveillé le cœur rempli de dégoût, de pitié et de colère.
Plus le temps passe, plus je me rends compte qu’il est certainement responsable d’une partie de mes problèmes existentiels. Cela peut faire sourire. Ne pas s’accepter physiquement, intellectuellement ou moralement parce que votre référent vous a rabaissé pendant des années. Lire la suite du billet
J’ai emménagé le 31 octobre 1998 dans mon petit appartement situé sur le boulevard de Picpus. J’avais économisé une année entière pour pouvoir m’installer correctement. J’avais quasiment pensé à tout. J’étais en deuxième année de thèse et mon allocation de recherche allait enfin pouvoir me permettre de m’émanciper. Lire la suite du billet
Longtemps je me suis couché de bonne heure.
L'important, c'est la santé, Souvenirs 27 Commentaires »
Cette phrase me correspond parfaitement. Je me lève à l’aube, suis plutôt hyperactif le matin et mes paupières commencent à être lourdes peu après le dîner. Je suis d’une humeur de chien si par malheur je me réveille après 10h00 le week-end. J’ai ainsi l’impression d’avoir connement gâché ma matinée.
Du côté de chez Snooze, c’est tout l’inverse. Il ne se couche généralement pas avant 2h00 du matin. Lorsque je pars travailler, j’appuie tout doucement sur son nez comme pour arrêter la sonnerie du réveil (son surnom vient de là), lui fais un petit bisou et lui dis : Lire la suite du billet
Il y a une sorte d’émulation dans mon agence. C’est à celui qui arrivera le plus tôt, qui repartira le plus tard, ou celui qui écrira le plus de rapport. Chose nouvelle depuis l’année dernière, c’est également à celui qui aura le plus de diplômes en quantité, mais pas forcément en qualité. Je suis donc bien naturellement rentré dans l’engrenage. Mon Boss m’avait initialement proposé de faire un master, mais je n’ai pas eu la force de m’engager dans cette aventure. J’ai choisi une voie plus douce. En apparence seulement. Un diplôme universitaire supposé m’aider au quotidien. Snooze et Nono l’avaient déjà passé et obtenu brillamment pour Nono, en septembre pour Snooze. Je dois rendre mes devoirs tous les vendredis soir. Cependant, mes plans tournent au vinaigre. Je pensais qu’en travaillant un minimum je pouvais facilement obtenir ce fameux « sésame ». Je dois malheureusement passer de nombreuses heures en semaine et le week-end à m’arracher les cheveux et pester contre moi-même. Lire la suite du billet
Quand j’étais petit, les vacances se déroulaient très simplement.
Je partais chez mon père à la Toussaint, une semaine lors des fêtes de fin d’année, pendant les vacances de février et un mois en été. Je suivais toujours le même rituel. Je prenais le train de 18h53 en direction de Dijon le vendredi soir. J’arrivais à Tonnerre deux heures plus tard. Mon père était toujours en retard. Je m’asseyais sur ma valise et j’observais les voyageurs, les embrassades, les départs de taxis. Je me retrouvais toujours le dernier. Mon père arrivait finalement. Il sortait de la voiture, m’embrassait et déposait ma valise dans le coffre. Il fallait encore parcourir une vingtaine de kilomètres avant d’arriver à la maison, non loin de Noyers sur Serein. Lire la suite du billet
Cette histoire remonte à l’été 1991. Je devais rester près de deux longs mois dans ce service de psychiatrie. Cela ne m’enchantait guère. Je me souviens parfaitement de mon arrivée. Il faisait nuit, la chaleur était étouffante. Il y avait des barreaux aux fenêtres et il fallait sonner pour pénétrer à l’intérieur du bâtiment. Face à l’entrée, un vieil escalier se dressait devant les visiteurs. La rampe était prolongée par un grillage pour éviter toute tentative de suicide. Lire la suite du billet


