juin 05
Ce n’était finalement qu’un déménagement. C’était en fait la première fois que je quittais mon chez moi. Lorsque je me suis installé la première fois dans le douzième arrondissement, les choses étaient différentes. Je débarquais directement du cocon maternel et ne n’avais rien en ma possession. Tout juste le contenu d’un coffre de voiture. J’avais économisé pendant toute une année pour tout flinguer un samedi matin chez Ikea. Je vivais alors dans l’appartement modèle de 28 mètres carrés. Nous avions passé tout un week-end à monter les meubles avec les fameuses clefs fournies dans les cartons. Nous avions les doigts tout gonflés à force de visser et de dévisser ces fichus Legos grandeur nature. Je me souviens de cette première soirée passée dans mon premier nid d’amour. Lire la suite du billet
mai 21
Mon amitié avec Jérôme revient de loin. Snooze s’était une nouvelle fois lié avec un connard fini à la faculté de pharmacie. Je sortais avec lui depuis quelques années et il venait d’annoncer son homosexualité à nos amis proches. Jérôme venait de rentrer dans son cercle d’amis et il ne m’aimait pas car il souhaitait avoir une relation presque exclusive avec Snooze. De mon côté, je ne l’aimais pas non plus car il collait d’un peu trop près mon doudou. J’ai même pensé un moment qu’il y avait hippopotame sous caillou, mais j’ai vite découvert que plus hétérosexuel que Jérôme, cela n’existait pas. Le clash s’est vite produit. Nous nous sommes mis sur la gueule et ne nous sommes pas parlés pendant plus de quatre ans. Lire la suite du billet
mai 18
J’ai quitté le domicile familial à l’âge de vingt sept ans. Je n’ai pas pu m’émanciper plus tôt pour des raisons purement financières. Ayant entrepris de suivre un cursus long sans possibilité de travailler parallèlement, mes seuls revenus étaient ceux gagnés lors des vacances universitaires estivales. Je travaillais pendant deux mois de nuit à l’hôpital de la pitié salpêtrière. Un salaire servait à financer mes vacances, l’autre à tenir pendant le reste de l’année. Les étrennes, fêtes et anniversaire étaient considérées comme bonus. De son côté, Snooze pouvait aisément faire des passes en officine le week-end. Il avait la chance d’avoir un travail régulier lui permettant de se former et n’empiétant pas trop sur ses loisirs. J’ai donc attendu le début de mon doctorat pour penser à m’installer. J’ai économisé pendant toute une année et suis tombé par hasard sur mon petit nid d’amour. Le quartier était sympathique et le loyer très abordable. Lire la suite du billet
mai 16
J’ai une passion pour les films asiatiques et pour la Chine. C’est donc avec un double plaisir que je me suis rendu dans mon cinéma préféré assister à une projection de Still Life de Jia Zhang Ke, film ayant obtenu le lion d’or lors du dernier festival international du cinéma de Venise. L’action se passe en amont du barrage des Trois Gorges, à environ un millier de kilomètres à l’ouest de Shanghai. San Ming (Zhao Tao) débarque à Fengje. Il est à la recherche de sa femme et de sa fille et ne possède qu’une adresse écrite sur un vieux morceau de papier. Sa femme s’est enfuie seize ans auparavant. Il l’avait alors acheté 5000 Yuans (environ 500 Euros). Il demande son chemin à un motard qui l’amène sur une rive. Le quartier qu’il recherche a été englouti suite à la construction du barrage des Trois Gorges. Il va pourtant tenter par tous les moyens de les retrouver. Lire la suite du billet
mai 11
Quel est l’imbecile qui a propagé la rumeur affirmant que les classes d’Allemand première langue étaient les meilleures? On m’a exporté par la faute de ce couillon deux fois par an en Allemagne pendant toute ma scolarité. A l’époque, on parlait encore de République Fédérale d’Allemagne. Manque de chance, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher avec les études en général et avec la langue de Goethe en particulier. J’étais en pleine période Ugly Betty et je passais plus de temps à m’empiffrer et à rêver au fond de la salle qu’à apprendre mes déclinaisons. J’ai donc eu la joie de redoubler ma 5ème (oui, je sais, c’est franchement la honte
). Je faisais le désespoir de mes professeurs qui pensaient très sérieusement à m’orienter vers un BTS charcuterie. J’ai eu très chaud aux fesses. Lire la suite du billet
mai 09
Nous sommes restés dans notre appartement de longues années pour de nombreuses raisons. C’était avant tout notre chez-nous même si nous n’en étions pas propriétaire. Nous nous y sentions bien. Nous avions déplacé des cloisons, crée de nouvelles pièces, habillé et décoré selon nos goûts. Mais la raison principale était avant tout la possibilité de jouir d’une grande cour rarement fréquentée par les autres locataires. Au fil des années, j’ai investi une bonne partie de l’espace, au grand dam de Madame Lopes qui voyait d’un mauvais œil ce squat végétal. Lire la suite du billet
mai 04
Je me souviens parfaitement du premier jour ou j’ai rencontré Snooze. Nous étions dans un amphithéâtre à la faculté de pharmacie et nous nous sommes engueulés. Un vrai connard. J’étais assis juste derrière lui. Céciloo se trouvait juste à côté de moi. J’ai tout de suite compris qu’il était pédé. Mon gaydar était déjà activé. De mon côté, je n’étais pas encore certain de ma sexualité, même si je me rassurais sortais avec Anne-Claire. Nous avons petit à petit formé un petit groupe et passions plus de temps à traîner dans le jardin du Luxembourg qu’en cours. C’était vraiment la belle vie, même si ces premières années passées à l’université furent vraiment très stressantes. Le temps a passé. J’ai fini par embrasser Snooze. Il m’a repoussé. J’étais tout gêné. C’était la première fois que je faisais un truc comme ça. Quelques mois plus tard, nous nous sommes embrassés de nouveau et avons dormi pour la première fois ensemble. C’était le 13 octobre 1992. Il y a donc moins de 42 ans (42 ans, c’est l’âge de Fcrank). Lire la suite du billet
mai 02
C’est enfin la dernière ligne droite. Les déménageurs ont apporté les cartons, les travaux ont débuté dans notre nouvel appartement et les tractations sont en bonne voie avec notre futur ex-propriétaire. Etant un très mauvais négociateur et ayant une sainte horreur de parler argent, je n’avais pas envisagé de discuter d’une éventuelle reprise. Nous avions décidé de partir. C’était notre choix et il était difficilement concevable que notre propriétaire nous donne une prime de départ. J’y suis donc allé au bluff. J’ai proposé une somme indécente importante pour la reprise de la salle de bains et les autres installations que nous avions réalisé dans l’appartement. En gros c’était : Soit vous acceptez, soit nous mettons tout en vente sur eBay. Il n’a même pas cherché à discuter avec nous et a accepté notre proposition sans rechigner. Il a même souhaité nous racheter notre cuisine. Ce fut véritablement la bonne surprise du mois. Certainement la seule. Lire la suite du billet
avr 12
Et bien voila. Cela fait déjà deux ans que j’ai ouvert ce blog. Et tout cela grâce à Snooze qui se connectait régulièrement sur les blogs de Matoo et de « Ghost in the Web ». Je connaissais très peu les blogs. Mon site internet végétait depuis des années et je cherchais à le rendre plus interactif. Le blog était donc l’outil idéal. J’ai mis beaucoup de temps à me lancer dans cette aventure. Il fallait tout d’abord trouver la bonne plateforme. Je suis tout d’abord passé par Blogger. J’ai ensuite installé Wordpress sur un compte free.
Il fallait trouver un nom au blog. Certains amis proches m’appelaient Chondre (prononcer avec un cheu comme dans choucroute ou cheval, pas comme le cheu de mitochondrie). Ce surnom idiot provient de la bouche d’une petite fille qui n’arrivait pas à prononcer mon prénom. Alexandre s’est petit à petit transformé en Chandre, puis en Chondre. Plus pratique à prononcer mais franchement, quel surnom à la con. Ce blog aurait pu se nommer traces et trajets, chroniques d’un trentenaire ordinaire, è ben trovato ou la première fois que j’ouvre un blog avec un surnom à chier. Mais comme le disait ma tante Ursuline (encore elle), ce n’est pas une fois qu’on a fait dans les draps qu’il faut serrer les fesses. Lire la suite du billet
mar 30
La prochaine fois que tu auras un coup de mou, il est hors de question que nous achetions un Jet privé. Voici ce que Snooze m’a dit en sortant de chez notre nouveau gentil banquier, juste après avoir signé un crédit de vingt longues années. Aucun risque, lui ai-je répondu. Nous sommes devenus de pauvres propriétaires pendant les deux prochaines décennies.
Plus sérieusement et avec un peu de recul, cette baisse de régime m’a permis de faire le point et surtout permis de faire des pas de géant en prenant beaucoup d’initiatives et en donnant à ma vie de nouveaux objectifs. Crise de trentenaire, premier bilan, je n’en sais rien. Ce que je sais maintenant, c’est que j’ai mille projets en tête qu’il me tarde de réaliser. Lire la suite du billet