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	<title>le blog de chondre &#187; Souvenirs</title>
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		<title>L&#8217;analyse de mon moi intérieur</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Aug 2011 15:02:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a presque dix ans de cela, je me suis lancé dans une drôle d&#8217;aventure, la grande aventure du moi intérieur, une psychanalyse. Je me rendais alors trois fois par semaine chez mon analyste. Le rituel était le même. Je le saluais, m&#8217;allongeais sur un lit très confortable et commençais à lui parler de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>Il y a presque dix ans de cela, je me suis lancé dans une drôle d&#8217;aventure, la grande aventure du moi intérieur, une psychanalyse. Je me rendais alors trois fois par semaine chez mon analyste. Le rituel était le même. Je le saluais, m&#8217;allongeais sur un lit très confortable et commençais à lui parler de tout et de n&#8217;importe quoi. Il était situé derrière moi. Je ne sentais jamais sa présence, simplement sa respiration, de légers mouvements, quelques signes d&#8217;approbations. La pièce était triste et sombre. Parfois, lorsque j&#8217;étais fatigué, mes paupières devenaient terriblement lourdes et il m&#8217;est souvent arrivé de m&#8217;endormir quelques minutes. Il ne me parlait quasiment jamais, je faisais tout le travail. C&#8217;est le principe de l&#8217;analyse. Au bout de trente minutes, je me levais et déposais en liquide soixante euros. Acquérir un appartement ou une analyse, il faut toujours choisir.<span id="more-2182"></span></p>
<p>J&#8217;ai rapidement été lassé par ces rendez-vous. Comme de tout. Cependant, se débarrasser d&#8217;un analyste n&#8217;est pas chose aisée car il trouve toujours un argument qui fait mouche. Je me suis longtemps préparé à mettre fin à notre relation, mais chaque fois, comme s&#8217;il le sentait, il ouvrait des portes et me donnait accès à des pièces jusque-là inexplorées. Je parlais beaucoup de mes parents, de mes relations professionnelles et de mon couple. Un soir, j&#8217;ai abordé le thème des troubles obsessionnels compulsifs. Je lui ai notamment confié qu&#8217;il m&#8217;arrivait fréquemment de compter les lignes blanches sur la route ou encore les mots des sous-titres d&#8217;un film en langue étrangère. Il fallait toujours que la somme soit égale à un chiffre pair. Il a astucieusement fait le rapprochement entre la quête du pair et la quête du père qui avait toujours été absent de ma vie. Étant épuisé par nos nombreuses rencontres, je lui ai lâchement envoyé une lettre lui notifiant ainsi notre séparation définitive.</p>
<p>Plus récemment, j&#8217;ai ressenti le besoin de me confier à une personne neutre. Sur les conseils de mon généraliste, j&#8217;ai pris contact avec un médecin psychanalyste, et ai recommencé le travail. Ce n&#8217;est pas vraiment une analyse. Je lui fais face et nous parlons de ma vie une fois par semaine. Cette personne est très maternelle, rassurante et très douce. Elle a conservé un fort accent espagnol. Son cabinet est convivial, confortable et chaleureux. Une odeur de fleur d&#8217;oranger flotte dans la pièce. Elle vient toujours à ma rencontre dans la salle d&#8217;attente. J&#8217;attends toujours qu&#8217;elle prenne place dans son fauteuil avant de m&#8217;asseoir. J’initie toujours la conversation, et lui demande de ses nouvelles, comme si elle était ma patiente. Cela la fait rire. La faire rire me fait rire en retour.</p>
<p>Contrairement à ma première expérience, mon interlocutrice est partiale, dynamique, présente, et me donne son avis. Je lui parle de mon couple, bien entendu, mais également de mes amis dont J (ai-je déjà dit que J était beau, cultivé, intelligent et attentionné). Elle m&#8217;a même appris à prononcer son prénom imprononçable. Il y a quelques jours, je suis revenu sur mon enfance. Je lui ai raconté que j&#8217;avais été très tôt indépendant par obligations. Chose peut-être impensable aujourd’hui, il m&#8217;arrivait de prendre le métro seul lorsque j&#8217;avais huit ou neuf ans. Ma mère rentrant du travail peu avant minuit, je devais m’organiser entre l’heure du gouter et celle du coucher. Je devais participer au ménage que nous formions avec ma mère : courses, lavage, séchage, repassage, repas. Tout cela était bien naturel car nous n’étions que deux.</p>
<p>Seulement voila. Je fais partie de ceux qui nécessitent d’être vivement secoués pour travailler, même encore maintenant. Si je travaille généralement très vite et très bien (une touche de prétention ne fait jamais de mal), j’arrive difficilement à me concentrer et à me mettre au travail. C’est comme ça. J’ai ainsi vécu sur mes acquis jusqu’en sixième. Cinquième : redoublée ; quatrième, médiocre ; orientation évitée de justesse en troisième ; seconde curieusement sans problème ; première S désastreuse ; Baccalauréat D raté. Lorsque je rentrais à la maison, je commençais par jouer avec mes Legos, puis avec ma console de jeux jusqu’à l’heure du diner. J’allumais la télévision et m’endormais sur le canapé avant de ramper comme une limace jusqu’à mon lit. Les devoirs étaient reportés au lendemain, toujours au lendemain.</p>
<p>L’effet fut double. Je suis rapidement devenu un élève médiocre. Pas crétin, juste médiocre. Laisser un enfant seul lui permet également de gérer son alimentation, un désastre pour un adolescent au tropisme plus que certain pour le sucre et les corps gras. Tout comme les abeilles, mon corps s’est transformé, au point d’être plus qu’en surpoids. Le serpent se mord la queue. Un enfant médiocre, timide et gros fréquente moins d’amis, se retrouve de plus en plus seul et compense le vide affectif par la nourriture. Les parents ne voient généralement rien, surtout s’ils font partie d’une génération ou formes et embonpoint sont associés à bonne santé. J’ai toutefois évité l’affreux appareil dentaire.</p>
<p>Restons positifs. Tout cela ne m’a pas empêché de me mettre bien plus tard intensivement au sport et d’être le plus diplômé de mon quartier. Je suis alors, chance aidant, tombé dans l’excès inverse.</p>
<p>J’ai raconté cette histoire à ma nouvelle amie du lundi soir. Tout comme mon premier analyste, elle a fait mouche en me disant que finalement, je tentais d’offrir à Snooze toute l’attention et l’équilibre que je n’avais pas reçus lorsque j’étais un enfant. Oui, Snooze n’a jamais eu à se préoccuper du quotidien en passant directement de chez ses parents, où il était nourri, logé et blanchi, à chez moi. Oui, j’avais très certainement trop materné Snooze car j’ai toujours pensé qu’il était bien plus fragile que moi. Oui, au bout de vingt années de vie en commun Snooze ne peut que m’associer au quotidien.</p>
<p>Le serpent se mord une nouvelle fois la queue :)</p>

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		<title>Retour sur la période bleue (la complainte du progrès)</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Jul 2011 20:51:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>

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		<description><![CDATA[Je me souviens très précisément de la fin des années soixante-dix. Ma mère avait plaqué mon père après avoir eu la preuve de son infidélité. Il lui a fallu trouver le courage de quitter le confort d&#8217;une vie bourgeoise provinciale pour recommencer sa vie à zéro à Paris. Je me souviens qu&#8217;elle n&#8217;avait emporté qu&#8217;une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>Je me souviens très précisément de la fin des années soixante-dix. Ma mère avait plaqué mon père après avoir eu la preuve de son infidélité. Il lui a fallu trouver le courage de quitter le confort d&#8217;une vie bourgeoise provinciale pour recommencer sa vie à zéro à Paris. Je me souviens qu&#8217;elle n&#8217;avait emporté qu&#8217;une vilaine valise en faux cuir rouge toute râpée et un ours en peluche. Nous avions débarqué dans un petit studio au septième étage d&#8217;un bâtiment situé non loin des Buttes-Chaumont. Nous avions obtenu ce logement car mon arrière-grand-père avait été l&#8217;architecte de l&#8217;immeuble. Curieuse coïncidence, l&#8217;appartement était situé sous la petite tour qu&#8217;il s&#8217;était fait construire et qui lui servait de bureau. L&#8217;endroit était magique. Il s&#8217;agissait d&#8217;une petite pièce presque uniquement constituée de baies vitrées et qui permettait d&#8217;avoir une vue imprenable sur tous les toits de Paris. Nous en avions l&#8217;usufruit et j&#8217;en avais fait mon refuge secret. <span id="more-2143"></span></p>
<p>Quelques mois plus tard, nous avons hérité d&#8217;un trois pièces situé un étage plus bas. L&#8217;appartement me semblait immense car nous n&#8217;avions pas les moyens de le meubler. Je me souviens d&#8217;un matelas déposé sur le sol d&#8217;une des chambres. Il n&#8217;y avait pas de salle de bains et nous nous lavions dans la cuisine. Nous n&#8217;avions pas de machine à laver le linge, ni de tourne-disque, encore moins la télévision. Il fallait à l&#8217;époque attendre plus d&#8217;un an avant que les PTT n&#8217;installent le téléphone. Le matériel n&#8217;avait pas d&#8217;importance. Ma mère avait un emploi, j&#8217;étais scolarisé dans une école catholique privée et nous mangions à notre faim. Côté loisirs, ils se résumaient aux classiques, aux livres des bibliothèques rose et verte, aux vieux albums trimestriels cartonnés du journal de Mickey ou encore aux numéros de la revue Historia que ma mère dévorait tous les soirs. Le père Noël m&#8217;avait apporté un télescope que j&#8217;avais installé dans ma tour. Je passais des heures à tenter d&#8217;observer les étoiles masquées par les lumières parisiennes.</p>
<p>La télévision a fait tardivement son apparition dans notre foyer. Je me souviens d&#8217;un appareil blanc futuriste en forme de bulbe qui diffusait des images en noir et blanc de mauvaise qualité. C&#8217;était l&#8217;époque de Récré A2, de l&#8217;ile aux enfants, des jeux de vingt heures et des speakerines potiches qui s’adressaient à leurs jeunes amis téléspectateurs. Le téléphone est enfin arrivé. Un numéro à sept chiffres nous a été attribué. Il fallait composer le 16 pour appeler Paris et le 19 pour la province. Quelques semaines après son installation, l&#8217;hôpital de Clermont nous a contacté pour nous annoncer la mort de mon grand-père maternel. Nous sommes rapidement descendus rejoindre ma grand-mère en Corrèze. Le réseau du chemin de fer était dense et des michelines desservaient régulièrement Bort-les-Orgues. Nous prenions le métro jusqu&#8217;à la Gare d&#8217;Austerlitz. Je me souviens encore de certaines rames composées de wagons en bois dont les portes s&#8217;ouvraient régulièrement en marche. Il y avait également deux classes et il était possible de fumer dans les stations. Une fois arrivés en gare, nous empruntions un train vert à compartiments. Les banquettes étaient transformables en couchettes et les murs étaient décorées de vieilles photographies en noir et blanc qui représentaient les plus belles régions du pays. Les billets étaient en carton dur, et aussi grands qu&#8217;un ticket de métro, de couleur jaune à l&#8217;époque.</p>
<p>C&#8217;était également l&#8217;époque des visiteurs du mercredi et des émissions pour la jeunesse tous les mercredis après-midis. La première chaîne diffusait un dessin animé nommé la bataille des planètes. Il y avait des robots. Moi qui n&#8217;étais jamais sorti de France, j&#8217;étais persuadé que plus tard nous allions tous voyager dans l&#8217;espace et que des robots de forme humaine allaient nous assister au quotidien. La société changeait petit à petit. Curieusement, plus le progrès affranchissait les familles des tâches les plus laborieuses, plus la vie était dure et compliquée. Mais je ne m&#8217;en rendais pas compte car j&#8217;étais encore un enfant très naïf. Nous avions toujours notre vieille télévision en noir et blanc, pas de four à micro-ondes ni de chaîne hi-fi. Le compact disc n&#8217;était pas encore inventé. Une amie de ma mère m&#8217;avait offert une platine me permettant d&#8217;écouter des disques vinyles que j&#8217;allais acheter, lorsque j&#8217;avais assez économisé, chez le disquaire de la rue de Belleville. Je me souviens encore avoir dépensé quarante francs pour un disque de Jean-Michel Jarre que j&#8217;écoutais en boucle.</p>
<p>Ma mère m&#8217;a offert un rubik’s cube en juin 1981. J&#8217;ai passé l&#8217;été à tenter de réaliser des combinaisons. Les premières consoles portables Nintendo &laquo;&nbsp;Game and Watch&nbsp;&raquo; ont ensuite fait leur apparition. J&#8217;étais très fier d&#8217;en posséder une. Juste avant de m&#8217;annoncer que ma mère souhaitait divorcer, mon père m&#8217;a offert un Videopack Philips pour Noël. Il s&#8217;agissait d&#8217;une étrange console de jeux, sobre, assez primaire. Après avoir vu le film &laquo;&nbsp;War games&nbsp;&raquo; et la série &laquo;&nbsp;Les petits génies&nbsp;&raquo;, je rêvais de contrôler le monde de ma chambre. Certains de mes amis possédaient déjà un ZX80 Sinclair ou un Oric Atmos. Ces ordinateurs étaient malheureusement incompatibles avec notre vieux téléviseur sans prise péritel. Il m&#8217;a fallu attendre 1984 pour acquérir un Amstrad. Je ne m&#8217;en servais pas pour inventer un quelconque programme mais uniquement pour jouer. Il fallait insérer une cassette standard à droite du clavier et attendre un long moment ponctué d&#8217;immondes boing boing pour charger l&#8217;application. La télévision couleur, sans télécommande, est arrivée la même année que Canal plus. Nous ne nous sommes jamais abonnés.</p>
<p>Les années ont rapidement défilé. Collège, Lycée, faculté. Curieusement, internet a rapidement fait partie de ma vie car, étant doctorant à l&#8217;INSERM, notre équipe a rapidement appris à maitriser cet outil, et surtout nous ne pouvions déjà plus nous en passer. Je me suis abonné à Compuserve en 1996. La société proposait trois heures de connexion bas débit pour moins de cent cinquante francs par mois. Lorsque Netscape 2 se lançait, un compteur permettait de suivre sa consommation. J&#8217;ai rapidement ouvert un compte sur Geocities et créé ma première page internet. J&#8217;avais passé des heures à inventer un GIF animé pour souhaiter la bienvenue à mes hypothétiques visiteurs. Comme j&#8217;étais fier de ma réalisation. Internet était alors comme le minitel, mais en plus ludique et interactif.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, même mes toilettes sont connectées à internet. Des télévisions sont présentes dans toutes les pièces de la maison. Réfrigérateur américain, plaques à induction, consoles de jeux, ordinateurs portables, téléphones, Kindle, lecteur blue ray, chaîne Hi-Fi, vidéoprojecteur, mon appartement dégueule de merdes qui ne me servent à rien, sinon à me rappeler que la vie était certainement plus simple avant. Ou pas.</p>
<p>Au moins, je n&#8217;étais pas cocu. Ah Gudule, viens m&#8217;embrasser, et je te donnerai&#8230;</p>
<p>Un frigidaire,<br />
un joli scooter,<br />
un atomixer,<br />
Et du Dunlopillo.</p>
<p>Une cuisinière, avec un four en verre,<br />
Des tas de couverts et des pelles à gâteau.</p>
<p>Une tourniquette pour faire la vinaigrette,<br />
Un bel aérateur pour bouffer les odeurs,<br />
Des draps qui chauffent,<br />
Un pistolet à gaufres,<br />
Un avion pour deux,</p>
<p>Et nous serons heureux.</p>

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		<title>Concessions on a Dance Floor</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Nov 2010 19:57:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>
		<category><![CDATA[anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage Gay]]></category>
		<category><![CDATA[PACS]]></category>
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		<description><![CDATA[Snooze et moi-même avons célébré nos dix-huit ans de vie commune lors de notre récent séjour à Montréal. Dix-huit ans, l&#8217;âge de la majorité. Il y a dix-huit ans, j&#8217;ai osé embrasser Snooze pour la première fois. Depuis ce mois d&#8217;octobre du siècle dernier, nous avons tout d&#8217;abord vécu au jour le jour, inconscients. Au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p><img src="http://www.chondre.com/images/0811101.jpg" alt="" align="left" />Snooze et moi-même avons célébré nos dix-huit ans de vie commune lors de notre récent séjour à Montréal. Dix-huit ans, l&#8217;âge de la majorité. Il y a dix-huit ans, j&#8217;ai osé embrasser Snooze pour la première fois. Depuis ce mois d&#8217;octobre du siècle dernier, nous avons tout d&#8217;abord vécu au jour le jour, inconscients. Au tout début de notre relation, nous vivions heureux mais cachés, de nos familles respectives mais également de l&#8217;ensemble de nos proches. Snooze, en meilleur ami, venait souvent dormir à la maison. Tout cela était bien naturel. De mon côté, j&#8217;adorais le retrouver en fin de semaine chez ses parents. Je me suis ensuite installé dans un premier appartement, rapidement transformé en nid douillet. Snooze m&#8217;a ensuite rejoint, sept années après le début de notre vie de couple. Nous vivions alors une période de grandes turbulences. J&#8217;ai alors fait de nombreuses concessions, mineures et majeures, la première étant de faire mon coming-out. <span id="more-2056"></span></p>
<p><img src="http://www.chondre.com/images/0811102.jpg" alt="" align="right" />L&#8217;expérience fut très douloureuse. J&#8217;ai pour la première fois compris que la vie d&#8217;homosexuel était très injuste. Plus particulièrement la vie d&#8217;homosexuel sans frère, soeur, oncle, tante et enfant de divorcés. Si ma mère a tout d&#8217;abord semblé accepter ma situation, elle s&#8217;est rapidement transformée en furie, rejetant violemment mon compagnon en me forçant de facto à mettre de la distance avec elle. Car à l&#8217;époque, seul mon couple était ma priorité. De son côté, ma génitrice considérait avoir un enfant anormal, pervers, ingrat, et surtout incapable de lui donner la chance d&#8217;être grand-mère. Ambiance guerre froide.</p>
<p><img src="http://www.chondre.com/images/0811103.jpg" alt="" align="left" />Je me suis éloigné un temps de ma petite famille afin de dédramatiser la situation. Je gardais une relation cordiale, sans plus. Les rares fois où ma mère me rendait visite, j&#8217;effaçais toute(s) trace(s) de mon compagnon. Officiellement, je vivais seul, et Snooze séjournais toujours chez ses parents, là-bas là-bas dans la forêt, forêt. Un événement inattendu rapprocha toutefois mon mari et ma douce maman quelques années plus tard: J&#8217;ai été hospitalisé suite à une vilaine hernie discale. Telles deux pleureuses, les deux personnes qui comptaient le plus pour moi étaient à mon chevet. Petit à petit, l&#8217;oiseau a fait son nid et les morceaux du vase se sont recollés. Snooze a lui aussi fait son coming-out. L&#8217;expérience fut plus que positive. J&#8217;ai rapidement été adopté et considéré comme n&#8217;importe quel enfant de la famille.</p>
<p><img src="http://www.chondre.com/images/0811104.jpg" alt="" align="right" />Nous avons ensuite agrandi notre appartement puis acheté un nouveau chez-nous près du Canal Saint-Martin il y a un peu plus de trois ans. Toujours pas pacsés, toujours pas mariés, notre union n&#8217;est toujours pas officiellement reconnue. Nous vivons ensemble, travaillons ensemble, voyageons ensemble et avons presque les mêmes amis. Sur le papier, les conditions sont idéales pour que notre couple explose. Et pourtant, chacun a su prendre ses distances, un peu trop parfois à mon goût. Il m&#8217;arrive de ne pas voir Snooze de la semaine, juste parce que mon mari a une vie sociale et amicale que je n&#8217;accepte pas forcement, mais également à cause de certains déplacements professionnels que je ne refuse jamais.</p>
<p><img src="http://www.chondre.com/images/0811105.jpg" alt="" align="left" />J&#8217;ai longtemps été persuadé que nous allions vivre le reste de notre vie ensemble. J&#8217;adore raconter à Snooze qu&#8217;un jour il me retrouvera tout sec et froid un matin en se réveillant. Les années passant, certains événements aidants, je me suis aperçu que je ne vivais pas dans un pays rose et sucré et qu&#8217;il fallait être très vigilant en ne considérant jamais rien comme acquis. Surtout pas une vie de couple. Je suis depuis peu bien moins naïf, et suis de plus en plus persuadé qu&#8217;avoir un plan B reste une question de survie pour tout individu. Oui, j&#8217;espère vivre encore 18 ans de bonheur avec Snooze. Mais il faut savoir parfois être égoïste et surtout se protéger pour pouvoir vivre pleinement de petits instants de bonheur. La vie de couple n&#8217;est qu&#8217;une question de juste équilibre, de respect, de confiance et de concessions diverses et variées. Rien n&#8217;est gratuit, ni facile, et tout se paye. Je crois être chanceux en ayant rencontré la bonne personne au bon moment. Je reste persuadé de mon côté qu&#8217;il est, reste et restera ma moitié. </p>
<p>Je l&#8217;aime très fort, je ne peux pas m&#8217;en passer, il le sait, c&#8217;est certainement mon point faible.  <img class="lmbbox_smileys_img" src="http://www.chondre.com/wp-content/plugins/lmbbox-smileys/smileys/tb/thumbup.gif" alt=":thumbup_tb:" /></p>
<p>Les contes pour enfant n&#8217;affirment-ils pas qu&#8217;ils vécurent heureux et eurent beaucoup d&#8217;enfant? </p>
<p>Je ne crois malheureusement plus aux contes de fées. Plus systématiquement.  <img class="lmbbox_smileys_img" src="http://www.chondre.com/wp-content/plugins/lmbbox-smileys/smileys/tb/dunce.gif" alt=":dunce_tb:" /></p>

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		<title>Moustic et Mary (happy few)</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Sep 2010 18:26:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Ménage à trois]]></category>
		<category><![CDATA[Mous]]></category>
		<category><![CDATA[Tromperie]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;ai rencontré Eric lorsque Snooze a redoublé sa seconde année de Pharmacie. Nous ne sommes pas immédiatement liés d&#8217;amitié car il appartenait à un autre groupe de joyeux étudiants. L&#8217;atmosphère est étrange lorsqu&#8217;on se retrouve en deuxième année de pharmacie ou de médecine. On est un peu le roi du monde car la plupart des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>J&#8217;ai rencontré Eric lorsque Snooze a redoublé sa seconde année de Pharmacie. Nous ne sommes pas immédiatement liés d&#8217;amitié car il appartenait à un autre groupe de joyeux étudiants. L&#8217;atmosphère est étrange lorsqu&#8217;on se retrouve en deuxième année de pharmacie ou de médecine. On est un peu le roi du monde car la plupart des incertitudes liées à l&#8217;avenir professionnel s&#8217;estompent. Au pire, on se destine à vendre des couches en officine et à gagner un paquet de blé, au mieux on rentre au service marketing d&#8217;une grande firme et on gagne un plus gros paquet de blé. Les études sont longues et dures, mais on termine toujours un diplôme en poche. On passe également de nombreuses heures à traîner dans les locaux des associations sponsorisées par la faculté ou à la cafétéria. Un doux mélange entre Hélène et les garçons, Oui Oui et le monde des Bisounous.<span id="more-2020"></span></p>
<p>Eric, Mous ou Moustic pour les intimes était à part pour plusieurs raisons. Tout comme ces immondes rubans attachés au plafond des vieilles baraques campagnardes, Mous attirait toutes les filles autour de lui. Même s&#8217;il n&#8217;a jamais été mon genre, je lui ai toujours trouvé beaucoup de charme: grand, élancé, de magnifiques yeux bleus, beaucoup d&#8217;humour, une pointe de timidité et de mystère, la proie idéale. Contrairement à moi qui vivait encore chez ma mère, il était très indépendant pour son âge. Il faut dire qu&#8217;il était issu d&#8217;une famille assez bourgeoise qui lui permettait de mener un train de vie bien éloigné du mien. Il n&#8217;avait même pas vingt ans et était déjà propriétaire de son appartement à Paris. L&#8217;indépendance n&#8217;était pas que financière. Il avait passé la plupart de ses études chez des jésuites, son père l&#8217;ayant placé en pension juste après le décès de sa mère. On avait l&#8217;impression qu&#8217;il s&#8217;éloignait un peu de ce père qui avait refait sa vie et qui venait d&#8217;avoir un bébé prénommé Alexandre. Il ne parlais jamais de sa mère et très peu de son papa.</p>
<p>Son oncle et sa soeur étaient cependant très présents, pour différentes raisons. Le frère de sa mère était (et est toujours) pharmacien et vivait ouvertement son homosexualité. Il partageait sa vie avec un autre pharmacien et avaient monté l&#8217;une des pharmacies les plus grandes et prospères de Paris. Mous évoluait donc dans une atmosphère vraiment très gay friendly, à un moment ou je vivais dans un placard sombre et très étroit avec Snooze. Eric représente beaucoup pour moi car il est la première personne à qui j&#8217;ai révélé mon homosexualité et ma relation avec Snooze. J&#8217;ai longtemps été persuadé que tout comme moi il aimait la bite. Nous ne l&#8217;avions jamais vu avec une copine. Sa soeur Muriel était également très présente. Elle était maniaco-dépressive et se faisait souvent interner. La disparition de sa maman avait certainement été un immense traumatisme. Contrairement à Mous qui tel une tombe restait de marbre sur son récent passé, Mumu se confiait très largement. Son oncle et son frère veillaient sur elle comme deux anges gardiens. Nous étions également très présents.</p>
<p>Moustic est rentré petit à petit dans notre vie. Nous avons presque vécu Sept jours sur sept pendant plusieurs années. Vacances, études, amis, familles. Nous veillions les uns sur les autres. Cette période représente certainement la plus belle et la plus douce de ma vie, même si une partie de moi vivait dans le mensonge car Snooze et moi même n&#8217;avions parlé de notre couple qu&#8217;à Eric. Nous vivions peut-être caché mais ô putain comme nous étions heureux. Snooze venait me retrouver en cachette dans mon lit, je faisais la même chose chez ses parents. Tout était prétexte pour se faire des petits bisous en douce, dans le coin d&#8217;une cuisine ou au fond d&#8217;un jardin.</p>
<p>Quelques années plus tard, Mous a rencontré Mary. Nous n&#8217;avions pas tout de suite pigé qu&#8217;il y avait plus entre eux car Mary était officiellement la petite ami de Stéphane, un pharmacien qui évoluait dans une promotion supérieure. Mais non, nous avions une poutre dans l&#8217;oeil, ils sortaient bien ensemble. Seul bémol, Mary aimait toujours Stéphane. Nous étions tous peiné/surpris par la situation sauf Snooze qui a toujours considéré qu&#8217;il était possible d&#8217;aimer sincèrement deux personnes à la fois. Mary est petit à petit entré dans notre vie. Je pense que je ne lui ai jamais donné sa chance, tout simplement parce que je voyais mon ami, mon très cher ami Mous, profondément blessé, meurtri, malheureux et impuissant lorsque Mary l&#8217;abandonnait pour retrouver l&#8217;autre, Stéphane. Je pense qu&#8217;il n&#8217;a jamais souhaité avoir une véritable discussion de fond avec elle de peur de la perdre. En revenant en arrière, je suis maintenant qu&#8217;il a tout fait pour la garder et vivre avec elle, de façon exclusive.</p>
<p>Car ce ménage à trois n&#8217;était pas viable. Aucune association de ce type n&#8217;est viable car il y a forcement au minimum une double victime dans ce trio. Eric était bien évidement victime et bourreau car il n&#8217;était finalement que l&#8217;amant de Mary, le seul à véritablement plaindre étant Stéphane. Mais il aimait profondément Mary. Nous avons pensé un moment que Mary avait définitivement fait son choix lorsqu&#8217;elle s&#8217;est installée dans un grand appartement avec Mous. Mais non, elle n&#8217;hésitait pas à sortir ou partir en vacances avec Stéphane qui avait in fine pris le rôle de l&#8217;amant. Mous n&#8217;en parlait pas mais chaque fois que Mary le quittait, Mous était rongé  la fois par l&#8217;amour et par la tristesse. Il devait de sentir lui aussi abandonné, mais en bonne tête de con, il n&#8217;en parlait jamais et gardait tout cela comme un sale cancer au fond de ses tripes. La dernière fois que nous les avons vus ensemble était à l&#8217;occasion de l&#8217;enterrement du papa d&#8217;Eric. Il venait de perdre son dernier parent et se retrouvait aux bras d&#8217;une compagne honnête dans son infidélité.</p>
<p>Quelques mois plus tard, après un délicieux week-end passé en sa compagnie à New-York, il a coupé les ponts. Je n&#8217;ai jamais compris pourquoi il a souhaité tirer un trait sur son passé et notre amitié très profonde, juste comme cela, d&#8217;un claquement de doigts. Une deuxième forme d&#8217;abandon. Je comprends maintenant qu&#8217;il a souhaité couper la branche pourrie de l&#8217;arbre de sa vie et que nous y étions forcement associés. Même si nous le supportions, étions vigoureusement contre la double vie de Mary et étions toujours là pour lui, nous étions d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre associés à sa tristesse et à son malheur. Il a rencontré une autre femme, est devenu son mari, est devenu papa à son tour d&#8217;une petite fille, et a finalement rejoint son oncle au sein de la pharmacie familiale. </p>
<p>Même si je ne le vois plus, je prends régulièrement de ses nouvelles. Je sais maintenant qu&#8217;il est heureux et je suis à mon tour heureux pour lui. Maintenant je le sais, même si j&#8217;en ai été la victime, il a fait le meilleur des choix. Il s&#8217;est protégé, s&#8217;est reconstruit et semble maintenant serein. </p>

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		<title>L&#8217;abandon</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Sep 2010 09:09:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Abandon]]></category>
		<category><![CDATA[amis]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Divorce]]></category>
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		<description><![CDATA[On peut certainement appeler cela le destin. Je suis né au tout début des années soixante-dix à l&#8217;hôpital Boucicaut. Mes parents se sont mariés certainement par convention sociale, sans s&#8217;aimer plus que cela. Il m&#8217;ont conçu, vraisemblablement par accident cinq ans après leur union. Je n&#8217;ai jamais pensé être un enfant désiré. Ni par ma [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>On peut certainement appeler cela le destin. Je suis né au tout début des années soixante-dix à l&#8217;hôpital Boucicaut. Mes parents se sont mariés certainement par convention sociale, sans s&#8217;aimer plus que cela. Il m&#8217;ont conçu, vraisemblablement par accident cinq ans après leur union. Je n&#8217;ai jamais pensé être un enfant désiré. Ni par ma mère qui a déclenché une dépression du post-partum après avoir accouché, ni par mon père, adolescent attardé qui ne pensait qu&#8217;à la tromper. Le petit Alexandre que j&#8217;étais commençait donc les premiers jours de sa vie dans un univers très incertain. Maman s&#8217;est vite aperçue qu&#8217;elle était trompée, au sens propre comme au sens figuré. L&#8217;élément déclencheur a été une boucle d&#8217;oreille ne lui appartenant pas retrouvée dans le lit conjugal. Le ver était dans le fruit, la pomme commençait à pourrir, il fallait qu&#8217;elle préserve son fils et tente de sauver les meubles de sa vie.<span id="more-2017"></span></p>
<p>J&#8217;ai donc été exporté pour de fausses raisons médicales en Auvergne chez ma grand-mère maternelle. Le coup était double: (i) ma grand-mère venait de perdre son mari et se retrouvait donc seule, et (ii) cet éloignement me permettait d&#8217;être loin des scènes de ménages quotidiennes qui détruisaient le couple que formaient encore mes parents. Je me suis donc rapidement retrouvé dans un milieu qui ne correspondait pas forcement à celle d&#8217;un enfant de deux ou trois ans. J&#8217;ai rapidement appris à m&#8217;occuper, à jouer seul, sans forcement avoir l&#8217;envie ou le besoin de communiquer avec des enfants de mon âge. J&#8217;étais entouré en permanence par des retraités, un peu isolé dans un grand bocal rempli de formol.</p>
<p>Ma mère a fini par quitter mon père. Elle a décidé un soir de sortir du placard une vilaine valise en matière synthétique, y a déposé le strict nécessaire ainsi qu&#8217;un ours en peluche rouge, puis s&#8217;est installée dans une chambre de bonne louée dans l&#8217;urgence tout près des Buttes Chaumont. Elle connaissait bien le propriétaire car mon arrière grand-père avait été l&#8217;architecte de l&#8217;immeuble au début du siècle. Je suis vite venu la rejoindre. Je me souviens encore d&#8217;une grande pièce vide, d&#8217;un matelas posé sur le parquet sombre, et de cette valise ouverte contre le mur. Une place m&#8217;avait été trouvée à l&#8217;école catholique du quartier. Maman repartait de zéro, un enfant à charge, à l&#8217;aube de ses quarante ans.</p>
<p>Jusqu&#8217;à ce départ, nous n&#8217;avions jamais eu de problèmes d&#8217;argent. Ma mère avait bien heureusement facilement trouvé un poste d&#8217;infirmière à l&#8217;hôpital Tenon. Il fallait toutefois payer une nourrice. La seule solution était donc de faire les deux huit. Maman travaillait donc à l&#8217;assistance publique le jour, puis quittait son travail pour enchaîner des gardes dans une clinique privée. Elle venait ensuite me chercher chez la nourrice avec un grand plaid bleu en laine. J&#8217;étais endormi depuis longtemps. Je me retrouvais le matin dans mon lit. Elle était déjà réveillée. Tout était prêt pour partir à l&#8217;école. Elle était également prête à partir à l&#8217;hôpital. Je me souviens encore du parfum qu&#8217;elle portait, &laquo;&nbsp;Ho Hang&nbsp;&raquo; de Balanciaga. Il m&#8217;arrive parfois de sentir cette putain d&#8217;odeur. Elle m&#8217;écœure et me rend toujours triste car elle symbolisera toujours un instant de séparation et d&#8217;abandon.</p>
<p>J&#8217;ai moi aussi commencé à refaire ma vie à Paris. J&#8217;ai commencé à me faire quelques amis, mais suis toujours resté très solitaire. Je vivais dans une sorte de paradoxe. Je détestais les cris, l&#8217;agitation, la promiscuité, mais jalousais à la fois mes amis qui évoluaient au sein de grandes familles très vivantes. Le soir, une nounou venait me chercher à la sortie de l&#8217;école. Je faisais mes devoirs puis jouais seul dans ma chambre. J&#8217;ai ensuite vite grandi et un équilibre s&#8217;est instauré entre ma mère et moi. Peu de temps après mes dix ans, je me suis pris en charge. Je me déplaçais seul à Paris, je faisais les courses, cuisinais, lavais, repassais mes affaires et travaillais seul. J&#8217;ai toujours eu peur de représenter un fardeau pour ma mère et tentais un maximum de lui simplifier la vie.</p>
<p>J&#8217;ai commencé à avoir de vrais amis au lycée. Un nombre vraiment très limité. Ils se sont vite substitués à ma non famille. Notre relation s&#8217;est étiolée pour des raisons diverses et variées lorsque nous sommes entrés à la Faculté. Nous vivions chacun des expériences différentes et commencions à évoluer dans des univers diamétralement opposés. J&#8217;ai de mon côté découvert de nouveaux amis, amis qui se sont révélés être essentiels et qui ont rapidement pris la place de ma non famille. Je les ai aimés et les aime toujours d&#8217;amour. Peut-être plus fort encore. Delphine, Eric, Kristell, Cécile et bien entendu Snooze, devenu depuis mon cher et tendre mari. Nous nous connaissons et nous aimons depuis maintenant vingt ans. La vie est belle mais ironique. Les couples se font et se défont, les enfants naissent, les opportunités professionnelles pimentent nos existences, nous sommes en mouvance permanente. </p>
<p>La première à quitter Paris fut Kristell. Delphine à suivi le mouvement en partant pour Clermont. Je me souviens avoir fondu en larmes comme jamais le jour de son départ. Eric à coupé les ponts du jour au lendemain sans la moindre explication. Cécile est partie s&#8217;installer à Bordeaux depuis deux mois. Lors de notre dernière rencontre, j&#8217;ai croisé très furtivement ses yeux humides. J&#8217;avais tellement envie de la serrer de façon irraisonnée entre mes bras, de tenter de la convaincre de ne pas partir, de ne pas me laisser, qu&#8217;elle faisait une connerie, que j&#8217;avais besoin d&#8217;elle et que je l&#8217;aimais. </p>
<p>J&#8217;ai maintenant confirmation que la vie n&#8217;est qu&#8217;une boucle merdique, qui tourne et qui tourne sans cesse, et qu&#8217;il faut décidément être à la fois égoïste, vigilant et vraiment très résistant pour supporter ses cruelles rotations.</p>

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		<title>La libellule est en moi</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Aug 2010 23:01:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>
		<category><![CDATA[40]]></category>
		<category><![CDATA[anniversaire]]></category>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai quitté mon très cher laboratoire de recherche en mars 2000 pour officiellement me concentrer sur la rédaction de ma thèse. Entre temps, on me proposait un poste que je ne pouvais refuser. J&#8217;ai donc intégré mon agence en juin 2000. Telle une belle au bois dormant, la finalisation de mon doctorat a été mise [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>J&#8217;ai quitté mon très cher laboratoire de recherche en mars 2000 pour officiellement me concentrer sur la rédaction de ma thèse. Entre temps, on me proposait un poste que je ne pouvais refuser. J&#8217;ai donc intégré mon agence en juin 2000. Telle une belle au bois dormant, la finalisation de mon doctorat a été mise en veille pendant trois longues années. En septembre, une partie de la <a href="http://www.chondre.com/2008/10/28/les-copains-d%e2%80%99abord/">daske </a>Company s&#8217;est retrouvée pour la dernière fois dans l&#8217;immonde cité balnéaire de Santa Ponça aux Baléares. Nous profitions pour la dernière fois du grand appartement de <a href="http://www.chondre.com/2005/08/04/moustic-mous-eric/">Mous </a>qui donnait sur la baie. Quelques mois plus tard, je passais un week-end vraiment sympathique en Suède en compagnie de Snooze. Ce week-end représente également le dernier contact avec mon père. Cela fait dix ans qu&#8217;il est mort pour moi. <span id="more-1965"></span></p>
<p>La fine équipe de la daske Company s&#8217;est pourtant brièvement retrouvée pour les funérailles du papa de Moustic, puis pour un week-end New-yorkais en mai 2001, week-end qui a définitivement scellé nos différences. Je commençais de mon coté une traversée du désert professionnelle, victime de harcèlements divers et (a)variés de la part de ma supérieure hiérarchique. Snooze, Absinthe et moi-même nous sommes envolés pour les <a href="http://www.chondre.com/2006/01/21/breve-rencontre-i/">Seychelles </a>en décembre de la même année, pour finalement y retourner douze mois plus tard en compagnie de Cécilou et de Vicky. En avril 2002, je m&#8217;envolais seul pour New-York, ma mère n&#8217;ayant pas vérifié la validité du passeport de ma grand-mère. Je découvrais alors le nouveau visage de la ville.</p>
<p><center><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=9,0,0,0" width="400" height="266" id="dewplayer" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="dewslider.swf?img=http://www.chondre.com/diapos/1.jpg,http://www.chondre.com/diapos/2.jpg,http://www.chondre.com/diapos/3.jpg,http://www.chondre.com/diapos/4.jpg,http://www.chondre.com/diapos/5.jpg,http://www.chondre.com/diapos/6.jpg,http://www.chondre.com/diapos/7.jpg,http://www.chondre.com/diapos/8.jpg&amp;randomstart=1&amp;transition=fade&amp;speed=20&amp;timer=5&amp;showbuttons=1" /><param name="quality" value="high" /><embed src="http://www.chondre.com/diapos/dewslider.swf?img=http://www.chondre.com/diapos/1.jpg,http://www.chondre.com/diapos/2.jpg,http://www.chondre.com/diapos/3.jpg,http://www.chondre.com/diapos/4.jpg,http://www.chondre.com/diapos/5.jpg,http://www.chondre.com/diapos/6.jpg,http://www.chondre.com/diapos/7.jpg,http://www.chondre.com/diapos/8.jpg&amp;randomstart=1&amp;transition=fade&amp;speed=20&amp;timer=5&amp;showbuttons=1" quality="high" width="400" height="266" name="dewplayer" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer"></embed></object></center><br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/blanc.jpg" alt="" /></center><br />
Deux mille trois marqua véritablement un tournant dans ma vie de mécréant. Je suis resté alité pendant deux mois suite aux complications d&#8217;une hernie discale et me suis juré <em>in petto </em>en moi-même de ne plus avoir à affronter cette fichue douleur de l&#8217;espace de la mort qui tue. Les règles du jeu étaient très claires: Je devais faire quotidiennement du sport et stabiliser mon poids pour compenser la perte de précieux amortisseurs vertébraux naturels. Cerise sur le gâteau, j&#8217;ai enfin terminé l&#8217;écriture de ma thèse, <a href="http://www.chondre.com/2005/12/08/le-plus-beau-jour-de-ma-vie/">soutenu </a>devant famille et amis, et surtout beaucoup pleuré lorsque le jury a annoncé que j&#8217;étais enfin docteur. J&#8217;ai été plus loin en décidant du jour au lendemain de stopper mon addiction à la cigarette, quelques jours avant de m&#8217;envoler pour la douce ville de Montréal ou je commençais à avoir mes habitudes. Je me suis également refait faire les <a href="http://www.chondre.com/2006/03/02/les-dents-de-la-merde/">ratiches</a>, mais c&#8217;est une autre histoire.</p>
<p><center><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=9,0,0,0" width="400" height="266" id="dewplayer" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="dewslider.swf?img=http://www.chondre.com/diapos/9.jpg,http://www.chondre.com/diapos/10.jpg,http://www.chondre.com/diapos/11.jpg,http://www.chondre.com/diapos/12.jpg,http://www.chondre.com/diapos/13.jpg,http://www.chondre.com/diapos/14.jpg,http://www.chondre.com/diapos/15.jpg,http://www.chondre.com/diapos/16.jpg&amp;randomstart=1&amp;transition=fade&amp;speed=20&amp;timer=5&amp;showbuttons=1" /><param name="quality" value="high" /><embed src="http://www.chondre.com/diapos/dewslider.swf?img=http://www.chondre.com/diapos/9.jpg,http://www.chondre.com/diapos/10.jpg,http://www.chondre.com/diapos/11.jpg,http://www.chondre.com/diapos/12.jpg,http://www.chondre.com/diapos/13.jpg,http://www.chondre.com/diapos/14.jpg,http://www.chondre.com/diapos/15.jpg,http://www.chondre.com/diapos/16.jpg&amp;randomstart=1&amp;transition=fade&amp;speed=20&amp;timer=5&amp;showbuttons=1" quality="high" width="400" height="266" name="dewplayer" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer"></embed></object></center><br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/blanc.jpg" alt="" /></center></p>
<p>J&#8217;ai changé de poste en 2004 et suis retourné à New-York en compagnie de ma mère puis au Québec pendant la période d&#8217;Halloween avec Absinthe et Cécilou . J&#8217;ai ensuite commencé mes nombreux déplacements à <a href="http://www.chondre.com/2008/05/07/swinging-london/">Londres</a>. Soixante, soixante-dix depuis le début du millénaire? Deux-mille cinq fut l&#8217;année de la découverte: Prague, Budapest, <a href="http://www.chondre.com/2005/06/18/that%e2%80%99s-hot/">Pékin</a>, Istanbul, Bruxelles, <a href="http://www.chondre.com/2005/11/11/je-me-suis-tape-un-boudin-sur-le-port-de-sf/">San Francisco</a>. Très bon cru côté voyages. Je me suis également lancé pour le meilleur et pour le pire dans la grande aventure du blog et du cyberespace en mars 2005. <a href="http://www.chondre.com/2006/06/30/la-concession-francaise-et-le-fake-market/">Shanghai </a>à succédé à Pékin en juin 2006, suivi d&#8217;un tour de la <a href="http://www.chondre.com/2006/12/15/l%e2%80%99autoroute-95-la-chambre-a-partouze-et-le-diet-pepsi-a-la-fraise/">Floride </a>quelques mois plus tard. Mes <a href="http://www.chondre.com/2006/09/30/j%e2%80%99en-ai-marre-d%e2%80%99avoir-un-spoutnik-qui-fait-bip-bip-dans-la-tete/">algies </a>vasculaires de la face ont enfin été diagnostiquées en cette fin d’année. Mais le plus bel événement de l&#8217;année fut sans nul doute la naissance de <a href="http://www.chondre.com/2007/01/26/lou/">Lou</a>, ma filleule.</p>
<p>Baisse de régime en 2007, uniquement due à l&#8217;<a href="http://www.chondre.com/2008/06/23/placement-de-famille/">achat </a>de notre appartement atypique et plein de charme situé à deux pas du Canal Saint-Martin. Deux mille sept marque également mes quinze ans de vie en couple, pour le meilleur et pour le pire, mon retour à l&#8217;Université, et un court séjour à <a href="http://www.chondre.com/2007/06/22/ach-munich/">Munich</a>.</p>
<p>Je suis retourné avec ma mère à <a href="http://www.chondre.com/2008/03/19/free-tibet-free-beijing/">Pékin </a>en plein hiver 2008. Après la canicule en 2006, le froid sibérien. Je me suis également amusé à valider un nouveau Master, ai découvert la douce ville de <a href="http://www.chondre.com/2008/06/04/abercrombie-cest-vraiment-tres-pede/">Chicago</a>, celle de <a href="http://www.chondre.com/2008/05/26/et-viva-espana/">Barcelone</a>, suis retourné à Innsbruck et à <a href="http://www.chondre.com/2008/12/15/ca-cest-palace/">Madrid</a> et ai failli crever de peur en faisant mon premier <a href="http://www.chondre.com/2008/10/02/le-jour-ou-mes-fesses-se-sont-transformees-en-castagnettes/">saut à l&#8217;élastique</a>.</p>
<p><center><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=9,0,0,0" width="400" height="266" id="dewplayer" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="dewslider.swf?img=http://www.chondre.com/diapos/17.jpg,http://www.chondre.com/diapos/18.jpg,http://www.chondre.com/diapos/19.jpg,http://www.chondre.com/diapos/20.jpg,http://www.chondre.com/diapos/21.jpg,http://www.chondre.com/diapos/22.jpg,http://www.chondre.com/diapos/23.jpg,http://www.chondre.com/diapos/24.jpg,http://www.chondre.com/diapos/25.jpg,http://www.chondre.com/diapos/26.jpg&amp;randomstart=1&amp;transition=fade&amp;speed=20&amp;timer=5&amp;showbuttons=1" /><param name="quality" value="high" /><embed src="http://www.chondre.com/diapos/dewslider.swf?img=http://www.chondre.com/diapos/17.jpg,http://www.chondre.com/diapos/18.jpg,http://www.chondre.com/diapos/19.jpg,http://www.chondre.com/diapos/20.jpg,http://www.chondre.com/diapos/21.jpg,http://www.chondre.com/diapos/22.jpg,http://www.chondre.com/diapos/23.jpg,http://www.chondre.com/diapos/24.jpg,http://www.chondre.com/diapos/25.jpg,http://www.chondre.com/diapos/26.jpg&amp;randomstart=1&amp;transition=fade&amp;speed=20&amp;timer=5&amp;showbuttons=1" quality="high" width="400" height="266" name="dewplayer" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer"></embed></object></center><br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/blanc.jpg" alt="" /></center><br />
L&#8217;année suivante, je me suis envolé pour <a href="http://www.chondre.com/2009/06/01/nous-sommes-tous-la-pour-lui-regler-son-compte-a-ce-gros-batard/">Orlando</a>, <a href="http://www.chondre.com/2009/05/18/lunique-objet-de-mon-ressentiment/">Rome</a>, <a href="http://www.chondre.com/2009/07/15/ich-bin-ein-berliner/">Berlin</a>, mais surtout pour l&#8217;<a href="http://www.chondre.com/2009/08/21/comment-maigrir-de-3-kilos-par-semaine-tres-facilement/">Inde</a>, pour assister au Mariage de François. Je ne pense qu&#8217;à y retourner depuis. Fin décembre, je me suis décidé à me faire <a href="http://www.chondre.com/2009/12/22/idee-un-peu-a-la-con-the-hangover/">percer </a>le bide.<br />
J&#8217;ai largement entamé mon capital CO2 en 2010 en voyageant à <a href="http://www.chondre.com/2010/02/17/la-concierge-est-dans-lescalier/">Lisbonne</a>, Innsbruck, <a href="http://www.chondre.com/2010/03/17/roam/">Rome</a>, <a href="http://www.chondre.com/2010/06/08/chicago-cest-beau-le-cherry-coke-zero-cest-bon-et-abercrombie-cest-totally-has-been/">Chicago</a>, et <a href="http://www.chondre.com/2010/04/22/tout-est-bon-dans-le-japon/">Tokyo </a>en avril dernier en Compagnie d&#8217;AbFab et de Pascalou. Je me suis également amusé à poser pour le calendrier de Virgile. Si la libellule est en moi, la truie l&#8217;est également.<br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/blanc.jpg" alt="" /></center><br />
Aujourd&#8217;hui, je descends à <a href="http://www.chondre.com/2007/08/15/jacques-chirac-et-le-saint-prepuce/">Bort les Orgues</a> au cœur de la Corrèze <em>via </em>Clermont Ferrand en train corail. Je vais y retrouver ma mère et ma grand-mère, le jour de mes quarante ans. J&#8217;avais une irrésistible envie de me retrouver en famille à l&#8217;endroit où j&#8217;ai passé une partie de ma petite enfance. Mon cocon à moi. Quarante ans. Il y a peu, une personne de quarante ans me semblait si vieille. Et pourtant, bien curieusement, je ne me suis jamais aussi bien porté, moralement et physiquement. Il y a donc tromperie sur la marchandise. Oui, j&#8217;ai une chouette de vie. Je ne demande bien évidement pas le remboursement.</p>
<p>Vivement les cinquante balais.</p>
<p><center><object type="application/x-shockwave-flash" data="http://www.chondre.com/music/dewplayer.swf" width="200" height="20" id="dewplayer" name="dewplayer"><param name="wmode" value="transparent" /><param name="movie" value="dewplayer.swf" /><param name="flashvars" value="mp3=http://www.chondre.com/music/foreveryoung.mp3" /></object></center><br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/blanc.jpg" alt="" /></center><br />
Aujourd’hui je peux donc le crier haut et fort, je suis vieux et je vous encule, avec mon look de libellule.  <img class="lmbbox_smileys_img" src="http://www.chondre.com/wp-content/plugins/lmbbox-smileys/smileys/tb/dunce.gif" alt=":dunce_tb:" /><br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/blanc.jpg" alt="" /></center></p>

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		<title>No Future</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jun 2010 18:14:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>Je suis tombé par hasard il y a quelques jours sur le film &laquo;&nbsp;Explorers&nbsp;&raquo;. Certes, le film a énormément vieilli. La pellicule sent maintenant le pipi, on devine le scénario un peu bâclé et la mise en scène approximative. Cependant, A l&#8217;époque de sa sortie il y a maintenant vingt cinq ans (ô râge, ô désespoir, ô vieillesse ennemie), Joe Dante surfait sur la vague des teen movies fantastiques qui pullulaient comme les mites dans mon placard à nourriture. L&#8217;intrigue est basique: Un groupe de trois pré adolescents arrive à produire une jolie bulle bleue qui leur permet de faire décoller un objet volant presque identifié construit à partir d&#8217;immondices trouvés chez un ferrailleur, et de rentrer en contact avec des extra-terrestres vraiment très sympathiques. Il faut dire que petit génie de la bande disposait d&#8217;une véritable arme de destruction massive: un Apple IIC pourvu d&#8217;un processeur à 1,4 Mhz et de 128 Ko de RAM. Dingue tout ça.  <span id="more-1928"></span></p>
<p>Je me souviens également d&#8217;un autre film, &laquo;&nbsp;War Games&nbsp;&raquo;, où un autre ado est à deux doigts de déclencher la troisième guerre mondiale après avoir infiltré le système informatique militaire des Etats-Unis. Il y avait aussi à la même époque une série vraiment sympathique qui était diffusée sur Antenne 2 et qui mettait en scène des petits génie de l&#8217;informatique (&laquo;&nbsp;Les petits génies&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Whiz Kids&nbsp;&raquo;) qui se transformaient en Sherlock Holmes via leurs modems. Je n&#8217;ai raté aucun épisode. </p>
<p>J&#8217;étais moi aussi persuadé que j&#8217;allais devenir un petit génie. Tout était très simple. Si si. Il suffisait de vivre en banlieue de grande ville dans une grande maison avec jardin, de circuler à bicyclette, de porter au poignet une montre calculatrice et des baskets blanches à scratch aux pieds, d&#8217;avoir un garage bourré de fils électriques et de câbles, plusieurs écrans, des tas de machines capables de faire bip bip, des petites lumières rouges un peu partout, un clavier gigantesque, des parents peu présents, deux ou trois amis et surtout un combiné téléphonique. Pour se connecter au réseau, il suffisait de déposer le combiné sur un engin qui faisait tout plein de bruits bizarres comparables aux sons rigolos qui sortaient des ordinateurs au tout début d&#8217;internet (type touuu-tiiii-touuu zboing zboing crrrr). </p>
<p>La partie était un peu biaisée car j&#8217;habitais dans un appartement parisien, au sixième étage (avec vue sur la tour Eiffel, oui Madame), et si mes parents étaient peu présents (inexistants), j&#8217;étais bien loin d&#8217;avoir le matériel adéquat. Il faut dire que l&#8217;informatique me faisait vraiment fantasmer. J&#8217;étais un peu un geek avant l&#8217;heure: surpoids, peau grasse à problèmes, dentition approximative, très peu d&#8217;amis, et le nez toujours fixé sur un écran. Avoir un ordinateur était le rêve ultime. Deux machines me faisaient rêver: le ZX81 ( Commercialisé par Sinclair, et l&#8217;Oric Atmos (1 MHZ, 64 Ko de RAM) avec ses grosses touches rouges sur les côtés. Pas de chance. La télévision était considérée comme une machine barbare et il était hors de question que nous investissions dans un écran doté d&#8217;une prise péritel, prise indispensable pour connecter les bestioles. </p>
<p>A l&#8217;époque, tout le monde était excité par les ordinateurs. Or-di-na-teurs (on ne parlait pas vraiment d&#8217;informatique). Les or-di-na-teurs permettaient de tout faire. En théorie peut-être, en pratique certainement pas. Les politiciens souhaitaient même former tous les élèves en équipant massivement les écoles via le fabuleux plan informatique pour tous. le bonus était sensé être double en permettant notamment à Thomson, société étatique, de fourguer de vieux MO5 un peu pourraves. Il arriva ce qu&#8217;il devait arriver. Les enseignants n&#8217;étaient pas formés, les machines étaient obsolètes et le BASIC était chiant à mourir: un échec programmé. Sans compter sur l&#8217;arrivée du Minitel qui a flingué sans le vouloir ce fameux programme. Il était ainsi plus facile et concret de taper un 3615 code CUM que des pages de langage(s) très barbare(s).</p>
<p>Moi, je m&#8217;en moquais. J&#8217;avais facilement convaincu mes parents d&#8217;investir dans un Amstrad CPC 464 couleur doté d&#8217;un synthétiseur vocal (avec un vilain accent anglais) et d&#8217;un crayon optique. Je passais des heures à charger des cassettes et à recopier des lignes de programmation qui ne fonctionnaient jamais sans jamais rien comprendre, mais j&#8217;étais le roi du pétrole. Mon clavier fisher Price et mon écran tout naze me permettaient de rêver tout éveillé. Tout comme dans Explorers, War Games ou même Blade Runner, j&#8217;étais bien persuadé que le futur allait être formidable. Les voitures allaient voler, les ordinateurs et les robots allaient être indispensables, nous allions vivre dans des tours sans fin et faire du tourisme dans l&#8217;espace. Sans compter sur la construction de gigantesques villes sous-marines et la vitesse des avions qui permettraient de relier Paris à New-York en moins d&#8217;une heure. L&#8217;An 2000 était encore très loin pour l&#8217;enfant que j&#8217;étais, mais je pensais que tout allait être différent, en bien mieux. Forcement. </p>
<p>Lundi dernier, je suis descendu à Bort-les-Orgues, en Corrèze, pour rendre visite à ma grand-mère. J&#8217;ai mis huit longues heures porte à porte. En vingt ans, la SNCF a rationalisé son réseau. Les trains sont bien plus rares, presque inexistants, les gares ont été fermées, les wagons remplacés par des cars. Les principaux employeurs ont fermé boutique et la population a été divisée par deux. Les touristes se font de plus en plus rares. La plupart des habitants sont des retraités, tous les magasins ferment. Le flux de la Dordogne est toujours régulé par le barage. On ne capte toujours que trois chaînes de télévision à cause des montagnes. On circule toujours en voiture, à moto ou à vélo. A la maison, nous faisons toujours des siestes sous le cerisier et entendons toujours les cloches des vaches qui broutent l&#8217;herbe du pré voisin. Ma grand-mère n&#8217;a pas souscrit d&#8217;abonnement à Internet. Nous nous informons principalement en achetant &laquo;&nbsp;la Montagne&nbsp;&raquo; et un journal national le matin en faisant les courses. </p>
<p>Mais oui, l&#8217;iPhone 4 est maintenant disponible et Nathalie Kosciusko-Morizet est en charge de l&#8217;économie numérique. Nous sommes sauvés. Je ne sais vraiment pas à quoi rêvent les enfants d&#8217;aujourd&#8217;hui (et si tout comme nous à l&#8217;époque ils rêvent d&#8217;un autre monde), mais je suis prêt à parier qu&#8217;ils sont bien loin d&#8217;imaginer que la vie ne sera pas vraiment différente de celle d&#8217;aujourd&#8217;hui d&#8217;ici vingt petites années. C&#8217;est tout le mal que je leur souhaite, car pour moi, tout est bien différent. La vie semble bien plus dure, agressive et compliquée qu&#8217;au siècle dernier.</p>
<p>Mais ce n&#8217;est qu&#8217;une remarque à la con, d&#8217;un vieux con très très con.</p>

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		<title>Vieille peau</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Jun 2010 22:08:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Père]]></category>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai parlé pour la dernière fois à mon père il y a tout juste dix ans. J&#8217;étais vraiment très fier de lui annoncer que mon premier jour de travail s&#8217;était bien passé. Ce n&#8217;était pas un jour comme les autres. J&#8217;avais un vrai travail, rémunéré, sérieux. Mon géniteur commençait vraiment à s&#8217;impatienter. Son bon à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>J&#8217;ai parlé pour la dernière fois à mon père il y a tout juste dix ans. J&#8217;étais vraiment très fier de lui annoncer que mon premier jour de travail s&#8217;était bien passé. Ce n&#8217;était pas un jour comme les autres. J&#8217;avais un vrai travail, rémunéré, sérieux. Mon géniteur commençait vraiment à s&#8217;impatienter. Son bon à rien de fils était décidément incapable de subvenir à ses propres besoins. Cela faisait déjà quatre années qu&#8217;il n&#8217;envoyait plus de pension alimentaire. Dix ans après avoir passé mon bac, il était temps que je m&#8217;installe. Je me souviens encore de sa voix, assez douce, et des principaux traits de son physique. Un peu plus petit que moi, blond, sans le moindre cheveu blanc. Son ventre rebondi trahissait cependant son goût immodéré pour la bonne chair. <span id="more-1915"></span></p>
<p>Quelques jours avant de m&#8217;envoler pour Chicago, je suis tombé sur une boîte contenant de vieille photographies cornées. De format carré, perlées et légèrement jaunies, elle avaient été prises par la mère de mon père avec son appareil Kodak alors que je séjournais dans notre maison bourguignonne, probablement pour les fêtes de fin d&#8217;année suivant mes cinq ans. D&#8217;autres photographies avaient été prises chez ma grand-mère maternelle, quelques mois plus tard. Je semblais vraiment heureux et fier d&#8217;être en compagnie de mon papa. Clodo, le chien que j&#8217;avais adopté, était également présent. Nous évoluions alors dans les années soixante-dix, et la vie était radicalement différente. Outre les pantalons et cravates à motifs et formes improbables, l&#8217;existence semblait plus douce, moins agressive. Les moyens de communications étaient limités, le temps semblait filer plus lentement, on se satisfaisait globalement de peu, et faire tourner une mappemonde pouvait m&#8217;occuper des heures entières. Mais peut-être a-t-on l&#8217;habitude d&#8217;enjoliver le passé un peu lointain et de n&#8217;en garder que le meilleur.</p>
<p><center><img src="http://www.chondre.com/images/0206101.jpg" alt="" /></center><br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/0206102.jpg" alt="" /></center></p>
<p>J&#8217;ai curieusement toujours été impressionné par mon père. Discret, sans véritable loisir, il passait la plupart de son temps à travailler. Il était vraiment fier de me montrer ses carnets de rendez-vous, remplis du matin au soir et du lundi au samedi. Son seul luxe était les deux petites heures qu&#8217;il consacrait à sa sieste dominicale. Tout le monde savait alors qu&#8217;il était très risqué de le déranger. Je l&#8217;ai toujours connu vieux, sérieux. Il me parlais parfois de son adolescence. Tout cela me semblait si loin, presque de la préhistoire. Lorsque ces photographies ont été prises, il devait avoir trente trois ou trente quatre ans. Il travaillait depuis de nombreuses années, avait un enfant de cinq ans et venait de se séparer de sa femme. Oui, j&#8217;avais l&#8217;impression que l&#8217;adulte qui se tenait près de moi était vraiment très vieux. Même si sa vie était chaotique, il avait vécu.</p>
<p><center><img src="http://www.chondre.com/images/0206103.jpg" alt="" /></center><br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/0206104.jpg" alt="" /></center></p>
<p>Il arrive un jour ou la vie bascule brutalement. C&#8217;est irreversible. Avant, l&#8217;individu évolue dans une douce inconscience anesthesiante. Tout est simple, tout semble facile, les parents sont présents et forment une barrière plus ou moins perméable contre les aléas de la vie. L&#8217;enfant reste enfant. Le schéma est simple et classique. Un jour, l&#8217;enfant se rend compte qu&#8217;il doit s&#8217;occuper à son tour de ses parents. Rien a voir avec une quelconque dette morale. C&#8217;est la vie et la vie est ainsi faite. Ce moment peut arriver précocement, ou plus tardivement. Tout dépend des épreuves que l&#8217;enfant a eu à subir. Mon père a rapidement basculé dans cette seconde phase de l&#8217;existence. Oui, je l&#8217;ai toujours trouvé vieux, moralement et physiquement. Je suis maintenant plus âgé qu&#8217;il ne l&#8217;était sur ces vieilles photographies. Même si moi aussi j&#8217;ai franchi l&#8217;âge de raison depuis peu, je n&#8217;arrive toujours pas à m&#8217;imaginer aussi vieux qu&#8217;il me paraissait alors.</p>
<p><center><img src="http://www.chondre.com/images/0206105.jpg" alt="" /></center></p>
<p>Certainement parce que j&#8217;ai l&#8217;impression de ne pas avoir fait grand chose de ma vie. Je me lève, je me rends au travail, je m&#8217;alimente, et je rejoins Morphée. Le reste n&#8217;est que cosmétique. Je n&#8217;ai aucune véritable responsabilité, sinon celle de veiller quotidiennement sur ma propre existence, celle de ma famille et par ricochet sur celle de Snooze qui semble le plus souvent vivre sur une planète bien lointaine de la mienne. Pas d&#8217;enfant à aimer, pas de chat à nourrir, pas de chien à sortir. Je vis au jour le jour, j&#8217;apprécie le bon, je tente de gérer le moins bon. Je m&#8217;évade en voyageant, en lisant, en faisant du sport, en me plongeant dans le travail ou en faisant de belles rencontres. Le plus ironique dans l&#8217;histoire est que je ne me suis jamais aussi senti bien physiquement dans ma peau, et qu&#8217;il faudrait me payer très cher pour retourner dix ou vingt années en arrière. Je suis finalement chanceux. </p>
<p>Maintenant vieux, mais toujours chanceux. Chanceux de ne pas porter les horribles cravates que mon père portait il y a une trentaine d&#8217;année.</p>

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		<title>Ça sent la guimauve, c’est écœurant.</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Dec 2009 11:48:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Cadeaux]]></category>
		<category><![CDATA[Noël]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvel An]]></category>
		<category><![CDATA[Sapin]]></category>
		<category><![CDATA[Visiteurs de Noël]]></category>

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		<description><![CDATA[Noël a toujours été pour moi un mélange de joie et de tristesse. Mes parents s&#8217;étant rapidement séparés pour le meilleur et le meilleur, cette période a toujours été tendue comme un string. Je ne m&#8217;en suis curieusement jamais aperçu sur le moment. Ce n&#8217;est qu&#8217;en me penchant sur le passé que j&#8217;arrive à relier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>Noël a toujours été pour moi un mélange de joie et de tristesse. Mes parents s&#8217;étant rapidement séparés pour le meilleur et le meilleur, cette période a toujours été tendue comme un string. Je ne m&#8217;en suis curieusement jamais aperçu sur le moment. Ce n&#8217;est qu&#8217;en me penchant sur le passé que j&#8217;arrive à relier certains signes ou événements. Je me rends alors compte que j&#8217;étais très loin d&#8217;évoluer au pays des Bisounours. Même si mes parents ne s&#8217;entendaient pas, ils respectaient cependant la  trêve des confiseurs. La famille faisait tout pour m&#8217;anesthésier. C’était un peu cela la magie de Noël.</p>
<p>Mes premiers souvenirs sont liés à cette période de l&#8217;année. Des bruits, ceux du crépitement des pas dans la neige ou ceux, plus imaginaires, du père Noël descendant par la cheminée et déposant mes cadeaux autour du sapin. Des odeurs, celui du parfum de ma maman, des plats mijotant dans la cuisine, du sapin, de la cheminée, de tabac froid le matin au réveil. Du goût, celui des escargots en praliné, des fondants en sucre, des petits Jésus rose* ou jaunes, des boules de sapin en chocolat, du pain d&#8217;épice. Des couleurs, celles des décorations, des guirlandes électriques, des vitrines des grands magasins.</p>
<p>Je me souviens parfaitement du Noël de mes cinq ans. Je le passais en Corrèze. Ma grand-mère avait acheté un affreux sapin en plastique. Nous avions sorti les santons et la crèche du grenier. Le jardin était couvert de neige. Je n&#8217;avais bien évidement pas réussi à veiller jusqu&#8217;à minuit. Le matin du 25 décembre, des cadeaux m&#8217;attendaient près de la fenêtre du salon. Le père Noël m&#8217;avait gâté. Il avait déposé une jolie montre Lip. Ma première montre. Je me souviens également d&#8217;une usine miniature, et d&#8217;une grosse Matriochka, certainement un cadeau de mon oncle Russe. Je me souviens également du Noël suivant. Mon père avait passé le réveillon en notre compagnie à Paris. J&#8217;avais encore été très gâté. Le lendemain, nous sommes partis chez ses parents en Bourgogne. Le père Noël était également passé par la maison car des cadeaux m&#8217;attendaient sous la cheminée en briques. Je me souviens d’un Télécran, d&#8217;un Spirographe et d’un Monopoly.</p>
<p>Quand j&#8217;étais petit, Noël commençait à la fin du mois de novembre. Le début des hostilités était déclenché par la publication des catalogues de jouets par les grands magasins. Je passais alors des heures à les feuilleter, même si, <em>in fine</em>, j&#8217;étais toujours attiré par la même chose: des Lego, encore des Lego, toujours des Lego. Des Lego jusqu&#8217;à écœurement. J&#8217;ai rarement fait des infidélités à cette marque, ma chambre étant tapissée de briques et de plaques en plastique. Une année pourtant, j&#8217;ai souhaité recevoir la navette spatiale Ulysse 31. Une folie. Un peu plus tard, les fameux &laquo;&nbsp;Game and Watch&nbsp;&raquo; Nintendo ont fait leur apparition. Qui ne rêvait pas de se voir offrir les fameux jeux doubles écrans « Donkey Kong »? Arrivèrent ensuite les premiers ordinateurs. Sinclair, Oric, Amstrad. Les cassettes puis les disquettes de jeux ont alors vite remplacé les jouets plus traditionnels sous le sapin.</p>
<p>Noël était également signe de décoration de notre appartement. La première étape était de se rendre chez le marchand de couleurs et d&#8217;acheter du blanc d&#8217;Espagne. Cette poudre magique me permettait de dessiner des sapins et autres affreux motifs sur les carreaux des fenêtres (merci maman pour ta tolérance et ta patience). La seconde était de choisir un joli sapin, puis de le décorer. Enfin, nous sortions la crèche et cachions le petit Jésus dans une boite à bonbons jusqu&#8217;au 25 décembre au matin. La touche finale était la réalisation de la couronne que nous accrochions sur la porte d’entrée.</p>
<p>Un autre facteur différenciait cette période du reste de l’année: J’avais le droit de regarder, presque à volonté, la télévision. Ma mère n’a jamais considéré cet obscur objet du désir comme primordial. Nous avons longtemps conservé une vieille télévision toute pourrie en noir et blanc. J’avais uniquement le droit de regarder &laquo;&nbsp;Récré A2&#8243; et le dessin animé sur FR3 juste avant 20 heures. Pendant les fêtes de fin d’année, tout était différent. Je me gorgeais de films et d’émissions. Je ne ratais jamais un numéro des visiteurs de Noël, tout en me gavant de sucreries et de crottes en chocolat.</p>
<p>Tous ces souvenirs sentent bon les épices et le sucre. Mon enfance a été très douce.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, je suis devenu l&#8217;adulte de la famille et je dois naturellement prendre soin de mes proches. Nous organisons depuis quelques années le réveillon à la maison. Je passe beaucoup de temps à cuisiner. Lorsque ma mère et ma grand-mère arrivent, tout est prêt. L&#8217;appartement est décoré et des cadeaux sont disposés au pied du sapin. Elles ne s&#8217;occupent de rien. [Attention, passage au mode guimauve dégoulinant] Je souhaite juste qu&#8217;elles se sentent bien et soient heureuses. Nous formons une toute petite famille, mais nous sommes très complices et nous nous aimons sincèrement et profondément. C&#8217;est encore ça la magie de Noël. Chez nous, c&#8217;est maintenant toute l&#8217;année.</p>
<p>Noël est maintenant passé, une nouvelle année arrive. Tic tac, tic tac, tic tac.</p>
<p>J’ai des projets plein la tête. Je suis heureux. J’ai encore beaucoup de chance.</p>
<p>Deux mille dix sera encore plus belle que deux mille neuf, j’en suis persuadé.</p>
<p>Très belle année 2010.  <img class="lmbbox_smileys_img" src="http://www.chondre.com/wp-content/plugins/lmbbox-smileys/smileys/tb/happy.gif" alt=":happy_tb:" /></p>
<p>*<em>Rose ne s’accorde pas</em>.</p>

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		<title>La machine à remonter le temps</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Dec 2009 16:48:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>
		<category><![CDATA[Divorce]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage Gay]]></category>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est en fin de repas pantagruélique organisé par ma douce maman que nous sommes revenus sur le passé, et plus particulièrement sur les douces années de mariage de mes parents. Ma mère a toujours été une jolie dinde naïve qui a rapidement été charmée et conduite devant l&#8217;autel pour le meilleur et pour le pire. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>C&#8217;est en fin de repas pantagruélique organisé par ma douce maman que nous sommes revenus sur le passé, et plus particulièrement sur les douces années de mariage de mes parents. Ma mère a toujours été une jolie dinde naïve qui a rapidement été charmée et conduite devant l&#8217;autel pour le meilleur et pour le pire. Cinq années plus tard, elle est tombée enceinte, et tadaaah, je débarquais en braillant, non pas entouré d&#8217;un âne et d&#8217;un bœuf, mais de vieilles infirmières proches de la retraite à la maternité de l&#8217;hôpital Boucicaut. Quelques mois après ma naissance, maman Chondre s&#8217;est aperçue que mon père passait son temps libre à la cocufier avec une hôtesse de l&#8217;air, puis avec l&#8217;une de ses collègues de travail (feu ma future belle-mère, que son âme repose en paix).<span id="more-1662"></span></p>
<p>Action, réaction. Le syndrome Linda de Souza s&#8217;est emparé d&#8217;elle. Non, elle n’a pas été subitement atteinte d’hirsutisme. Elle a juste choisi sa plus belle valise en cuir rouge, et a quitté le domicile conjugal, emportant sous l&#8217;autre bras son fils, larguant <em>de facto</em> mon père, ses maitresses et sa belle famille un peu toxique. Repartant de zéro, elle a rapidement été obligée de se construire une nouvelle vie, en faisant notamment retaper notre vielle maison auvergnate, construire une autre maison proche de la première pour ses parents, et en acquérant son appartement parisien. Mon père et ma mère ont fini par mettre définitivement fin à leur union en 1987, presque quinze années après leur séparation effective. </p>
<p>Pourquoi avoir attendu aussi longtemps? Mystère et boule de gomme.</p>
<p>Nous avons feuilleté ensemble les albums de famille, encore stockés dans un grand carton tout poussiéreux. Les photographies ressemblaient à des tranches de gruyère, ma mère ayant systématiquement décapité mon père. Nous avons même retrouvé par hasard entre deux albums une copie de l&#8217;acte de vente de l&#8217;appartement parisien. Je n&#8217;ai pu résister à l&#8217;envie de le feuilleter, et me suis rapidement aperçu que mon père figurait sur le contrat. Ma mère ne s&#8217;était jamais rendu compte de ce petit détail et pensait être pleinement propriétaire de son bien. </p>
<p>Que nenni, je venais d&#8217;ouvrir la boite de Pandore. Pan dans les dents.</p>
<p>Ma mère a naturellement pris rendez-vous avec le notaire en charge de la séparation des biens. Il lui a confirmé qu&#8217;elle s&#8217;était mariée un mois avant l&#8217;établissement de la loi régissant la communauté réduite aux acquêts. Avant cette date, le mari était considéré comme le seigneur et maître de la communauté. Lui seul avait ainsi le pouvoir d&#8217;administrer les biens communs et d&#8217;en disposer. La femme n&#8217;était qu&#8217;une conne sans cervelle et ne bénéficiait que de quelques mesurettes de protection (toi femme faire manger et ménage, reproduction, courses). Mon père a donc naturellement été invité à signer l&#8217;acte de vente de l&#8217;appartement, même s&#8217;il seule ma mère en était l’acquéreur. Cerise sur le gâteau, la vente a été réalisée quelques mois avant le divorce. </p>
<p>On appelle cela un très mauvais timing. Vraiment très mauvais.</p>
<p>Autre facteur aggravant: suite à diverses négligences, le partage des biens n&#8217;a jamais été finalisé, alors que le divorce a été prononcé il y a plus de vingt ans. Mon père se retrouve donc légalement l&#8217;heureux copropriétaire d&#8217;un trois pièces à Paris et d&#8217;une maison en Corrèze, sans jamais avoir sorti le moindre kopeck. De son côté, mon père s&#8217;est arrangé à acquérir ses deux cabinets quelques mois avant son mariage. Sa maison a été héritée de ses parents et les travaux d&#8217;agrandissement ont été réglés par ma belle mère. Ma mère n&#8217;a donc aucune monnaie d&#8217;échange. Un peu bétassou pour le coup.</p>
<p>C&#8217;est donc la fête du slip côté maternel depuis quelques semaines. Sans douter que l’issue soit <em>in fine </em>favorable à ma mère, il faut à nouveau engager avocats et notaires pour détricoter leur histoire, sans pouvoir être certain que mon père ne lui mette pas des bâtons dans les roues.</p>
<p>Il est finalement bon d&#8217;être considéré par la République Française comme sous-citoyen en ayant tous les devoirs, mais pas forcement les mêmes droits que son voisin de pallier, et être interdit de vrai mariage. Dès le début d&#8217;une union, le gentil pédé sait dès le départ qu&#8217;il va en chier en cas de rupture ou d&#8217;issue plus fatale. Même si PACS, le survivant doit verser à l&#8217;État 50% de l&#8217;héritage perçu. Si je claque demain, Snooze devra donc vendre un rein, un morceau de foie et une cornée pour continuer à vivre dans notre appartement. Je souhaite donc vivement et bien profondément remercier l&#8217;ensemble des législateurs.</p>
<p>Tiens, et si en ces temps d&#8217;identité nationale nous ouvrions le débat sur les droits et les devoirs des pédégouines?</p>
<p>Oui, je veux un grand mariage en blanc, avec une robe choucroutée et une immense pièce montée.  <img class="lmbbox_smileys_img" src="http://www.chondre.com/wp-content/plugins/lmbbox-smileys/smileys/tb/devil2.gif" alt=":devil2_tb:" /></p>

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