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	<title>le blog de chondre &#187; Souvenirs</title>
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	<description>Groovy Shaggy Wizz</description>
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		<title>L&#8217;abandon</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Sep 2010 09:09:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On peut certainement appeler cela le destin. Je suis né au tout début des années soixante-dix à l&#8217;hôpital Boucicaut. Mes parents se sont mariés certainement par convention sociale, sans s&#8217;aimer plus que cela. Il m&#8217;ont conçu, vraisemblablement par accident cinq ans après leur union. Je n&#8217;ai jamais pensé être un enfant désiré. Ni par ma [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>On peut certainement appeler cela le destin. Je suis né au tout début des années soixante-dix à l&#8217;hôpital Boucicaut. Mes parents se sont mariés certainement par convention sociale, sans s&#8217;aimer plus que cela. Il m&#8217;ont conçu, vraisemblablement par accident cinq ans après leur union. Je n&#8217;ai jamais pensé être un enfant désiré. Ni par ma mère qui a déclenché une dépression du post-partum après avoir accouché, ni par mon père, adolescent attardé qui ne pensait qu&#8217;à la tromper. Le petit Alexandre que j&#8217;étais commençait donc les premiers jours de sa vie dans un univers très incertain. Maman s&#8217;est vite aperçue qu&#8217;elle était trompée, au sens propre comme au sens figuré. L&#8217;élément déclencheur a été une boucle d&#8217;oreille ne lui appartenant pas retrouvée dans le lit conjugal. Le ver était dans le fruit, la pomme commençait à pourrir, il fallait qu&#8217;elle préserve son fils et tente de sauver les meubles de sa vie.</p>
<p>J&#8217;ai donc été exporté pour de fausses raisons médicales en Auvergne chez ma grand-mère maternelle. Le coup était double: (i) ma grand-mère venait de perdre son mari et se retrouvait donc seule, et (ii) cet éloignement me permettait d&#8217;être loin des scènes de ménages quotidiennes qui détruisaient le couple que formaient encore mes parents. Je me suis donc rapidement retrouvé dans un milieu qui ne correspondait pas forcement à celle d&#8217;un enfant de deux ou trois ans. J&#8217;ai rapidement appris à m&#8217;occuper, à jouer seul, sans forcement avoir l&#8217;envie ou le besoin de communiquer avec des enfants de mon âge. J&#8217;étais entouré en permanence par des retraités, un peu isolé dans un grand bocal rempli de formol.</p>
<p>Ma mère a fini par quitter mon père. Elle a décidé un soir de sortir du placard une vilaine valise en matière synthétique, y a déposé le strict nécessaire ainsi qu&#8217;un ours en peluche rouge, puis s&#8217;est installée dans une chambre de bonne louée dans l&#8217;urgence tout près des Buttes Chaumont. Elle connaissait bien le propriétaire car mon arrière grand-père avait été l&#8217;architecte de l&#8217;immeuble au début du siècle. Je suis vite venu la rejoindre. Je me souviens encore d&#8217;une grande pièce vide, d&#8217;un matelas posé sur le parquet sombre, et de cette valise ouverte contre le mur. Une place m&#8217;avait été trouvée à l&#8217;école catholique du quartier. Maman repartait de zéro, un enfant à charge, à l&#8217;aube de ses quarante ans.</p>
<p>Jusqu&#8217;à ce départ, nous n&#8217;avions jamais eu de problèmes d&#8217;argent. Ma mère avait bien heureusement facilement trouvé un poste d&#8217;infirmière à l&#8217;hôpital Tenon. Il fallait toutefois payer une nourrice. La seule solution était donc de faire les deux huit. Maman travaillait donc à l&#8217;assistance publique le jour, puis quittait son travail pour enchaîner des gardes dans une clinique privée. Elle venait ensuite me chercher chez la nourrice avec un grand plaid bleu en laine. J&#8217;étais endormi depuis longtemps. Je me retrouvais le matin dans mon lit. Elle était déjà réveillée. Tout était prêt pour partir à l&#8217;école. Elle était également prête à partir à l&#8217;hôpital. Je me souviens encore du parfum qu&#8217;elle portait, &laquo;&nbsp;Ho Hang&nbsp;&raquo; de Balanciaga. Il m&#8217;arrive parfois de sentir cette putain d&#8217;odeur. Elle m&#8217;écœure et me rend toujours triste car elle symbolisera toujours un instant de séparation et d&#8217;abandon.</p>
<p>J&#8217;ai moi aussi commencé à refaire ma vie à Paris. J&#8217;ai commencé à me faire quelques amis, mais suis toujours resté très solitaire. Je vivais dans une sorte de paradoxe. Je détestais les cris, l&#8217;agitation, la promiscuité, mais jalousais à la fois mes amis qui évoluaient au sein de grandes familles très vivantes. Le soir, une nounou venait me chercher à la sortie de l&#8217;école. Je faisais mes devoirs puis jouais seul dans ma chambre. J&#8217;ai ensuite vite grandi et un équilibre s&#8217;est instauré entre ma mère et moi. Peu de temps après mes dix ans, je me suis pris en charge. Je me déplaçais seul à Paris, je faisais les courses, cuisinais, lavais, repassais mes affaires et travaillais seul. J&#8217;ai toujours eu peur de représenter un fardeau pour ma mère et tentais un maximum de lui simplifier la vie.</p>
<p>J&#8217;ai commencé à avoir de vrais amis au lycée. Un nombre vraiment très limité. Ils se sont vite substitués à ma non famille. Notre relation s&#8217;est étiolée pour des raisons diverses et variées lorsque nous sommes entrés à la Faculté. Nous vivions chacun des expériences différentes et commencions à évoluer dans des univers diamétralement opposés. J&#8217;ai de mon côté découvert de nouveaux amis, amis qui se sont révélés être essentiels et qui ont rapidement pris la place de ma non famille. Je les ai aimés et les aime toujours d&#8217;amour. Peut-être plus fort encore. Delphine, Eric, Kristell, Cécile et bien entendu Snooze, devenu depuis mon cher et tendre mari. Nous nous connaissons et nous aimons depuis maintenant vingt ans. La vie est belle mais ironique. Les couples se font et se défont, les enfants naissent, les opportunités professionnelles pimentent nos existences, nous sommes en mouvance permanente. </p>
<p>La première à quitter Paris fut Kristell. Delphine à suivi le mouvement en partant pour Clermont. Je me souviens avoir fondu en larmes comme jamais le jour de son départ. Eric à coupé les ponts du jour au lendemain sans la moindre explication. Cécile est partie s&#8217;installer à Bordeaux depuis deux mois. Lors de notre dernière rencontre, j&#8217;ai croisé très furtivement ses yeux humides. J&#8217;avais tellement envie de la serrer de façon irraisonnée entre mes bras, de tenter de la convaincre de ne pas partir, de ne pas me laisser, qu&#8217;elle faisait une connerie, que j&#8217;avais besoin d&#8217;elle et que je l&#8217;aimais. </p>
<p>J&#8217;ai maintenant confirmation que la vie n&#8217;est qu&#8217;une boucle merdique, qui tourne et qui tourne sans cesse, et qu&#8217;il faut décidément être à la fois égoïste, vigilant et vraiment très résistant pour supporter ses cruelles rotations.</p>
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		<title>La libellule est en moi</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Aug 2010 23:01:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>
		<category><![CDATA[40]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>J&#8217;ai quitté mon très cher laboratoire de recherche en mars 2000 pour officiellement me concentrer sur la rédaction de ma thèse. Entre temps, on me proposait un poste que je ne pouvais refuser. J&#8217;ai donc intégré mon agence en juin 2000. Telle une belle au bois dormant, la finalisation de mon doctorat a été mise en veille pendant trois longues années. En septembre, une partie de la <a href="http://www.chondre.com/2008/10/28/les-copains-d%e2%80%99abord/">daske </a>Company s&#8217;est retrouvée pour la dernière fois dans l&#8217;immonde cité balnéaire de Santa Ponça aux Baléares. Nous profitions pour la dernière fois du grand appartement de <a href="http://www.chondre.com/2005/08/04/moustic-mous-eric/">Mous </a>qui donnait sur la baie. Quelques mois plus tard, je passais un week-end vraiment sympathique en Suède en compagnie de Snooze. Ce week-end représente également le dernier contact avec mon père. Cela fait dix ans qu&#8217;il est mort pour moi. <span id="more-1965"></span></p>
<p>La fine équipe de la daske Company s&#8217;est pourtant brièvement retrouvée pour les funérailles du papa de Moustic, puis pour un week-end New-yorkais en mai 2001, week-end qui a définitivement scellé nos différences. Je commençais de mon coté une traversée du désert professionnelle, victime de harcèlements divers et (a)variés de la part de ma supérieure hiérarchique. Snooze, Absinthe et moi-même nous sommes envolés pour les <a href="http://www.chondre.com/2006/01/21/breve-rencontre-i/">Seychelles </a>en décembre de la même année, pour finalement y retourner douze mois plus tard en compagnie de Cécilou et de Vicky. En avril 2002, je m&#8217;envolais seul pour New-York, ma mère n&#8217;ayant pas vérifié la validité du passeport de ma grand-mère. Je découvrais alors le nouveau visage de la ville.</p>
<p><center><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=9,0,0,0" width="400" height="266" id="dewplayer" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="dewslider.swf?img=http://www.chondre.com/diapos/1.jpg,http://www.chondre.com/diapos/2.jpg,http://www.chondre.com/diapos/3.jpg,http://www.chondre.com/diapos/4.jpg,http://www.chondre.com/diapos/5.jpg,http://www.chondre.com/diapos/6.jpg,http://www.chondre.com/diapos/7.jpg,http://www.chondre.com/diapos/8.jpg&amp;randomstart=1&amp;transition=fade&amp;speed=20&amp;timer=5&amp;showbuttons=1" /><param name="quality" value="high" /><embed src="http://www.chondre.com/diapos/dewslider.swf?img=http://www.chondre.com/diapos/1.jpg,http://www.chondre.com/diapos/2.jpg,http://www.chondre.com/diapos/3.jpg,http://www.chondre.com/diapos/4.jpg,http://www.chondre.com/diapos/5.jpg,http://www.chondre.com/diapos/6.jpg,http://www.chondre.com/diapos/7.jpg,http://www.chondre.com/diapos/8.jpg&amp;randomstart=1&amp;transition=fade&amp;speed=20&amp;timer=5&amp;showbuttons=1" quality="high" width="400" height="266" name="dewplayer" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer"></embed></object></center><br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/blanc.jpg" alt="" /></center><br />
Deux mille trois marqua véritablement un tournant dans ma vie de mécréant. Je suis resté alité pendant deux mois suite aux complications d&#8217;une hernie discale et me suis juré <em>in petto </em>en moi-même de ne plus avoir à affronter cette fichue douleur de l&#8217;espace de la mort qui tue. Les règles du jeu étaient très claires: Je devais faire quotidiennement du sport et stabiliser mon poids pour compenser la perte de précieux amortisseurs vertébraux naturels. Cerise sur le gâteau, j&#8217;ai enfin terminé l&#8217;écriture de ma thèse, <a href="http://www.chondre.com/2005/12/08/le-plus-beau-jour-de-ma-vie/">soutenu </a>devant famille et amis, et surtout beaucoup pleuré lorsque le jury a annoncé que j&#8217;étais enfin docteur. J&#8217;ai été plus loin en décidant du jour au lendemain de stopper mon addiction à la cigarette, quelques jours avant de m&#8217;envoler pour la douce ville de Montréal ou je commençais à avoir mes habitudes. Je me suis également refait faire les <a href="http://www.chondre.com/2006/03/02/les-dents-de-la-merde/">ratiches</a>, mais c&#8217;est une autre histoire.</p>
<p><center><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=9,0,0,0" width="400" height="266" id="dewplayer" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="dewslider.swf?img=http://www.chondre.com/diapos/9.jpg,http://www.chondre.com/diapos/10.jpg,http://www.chondre.com/diapos/11.jpg,http://www.chondre.com/diapos/12.jpg,http://www.chondre.com/diapos/13.jpg,http://www.chondre.com/diapos/14.jpg,http://www.chondre.com/diapos/15.jpg,http://www.chondre.com/diapos/16.jpg&amp;randomstart=1&amp;transition=fade&amp;speed=20&amp;timer=5&amp;showbuttons=1" /><param name="quality" value="high" /><embed src="http://www.chondre.com/diapos/dewslider.swf?img=http://www.chondre.com/diapos/9.jpg,http://www.chondre.com/diapos/10.jpg,http://www.chondre.com/diapos/11.jpg,http://www.chondre.com/diapos/12.jpg,http://www.chondre.com/diapos/13.jpg,http://www.chondre.com/diapos/14.jpg,http://www.chondre.com/diapos/15.jpg,http://www.chondre.com/diapos/16.jpg&amp;randomstart=1&amp;transition=fade&amp;speed=20&amp;timer=5&amp;showbuttons=1" quality="high" width="400" height="266" name="dewplayer" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer"></embed></object></center><br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/blanc.jpg" alt="" /></center></p>
<p>J&#8217;ai changé de poste en 2004 et suis retourné à New-York en compagnie de ma mère puis au Québec pendant la période d&#8217;Halloween avec Absinthe et Cécilou . J&#8217;ai ensuite commencé mes nombreux déplacements à <a href="http://www.chondre.com/2008/05/07/swinging-london/">Londres</a>. Soixante, soixante-dix depuis le début du millénaire? Deux-mille cinq fut l&#8217;année de la découverte: Prague, Budapest, <a href="http://www.chondre.com/2005/06/18/that%e2%80%99s-hot/">Pékin</a>, Istanbul, Bruxelles, <a href="http://www.chondre.com/2005/11/11/je-me-suis-tape-un-boudin-sur-le-port-de-sf/">San Francisco</a>. Très bon cru côté voyages. Je me suis également lancé pour le meilleur et pour le pire dans la grande aventure du blog et du cyberespace en mars 2005. <a href="http://www.chondre.com/2006/06/30/la-concession-francaise-et-le-fake-market/">Shanghai </a>à succédé à Pékin en juin 2006, suivi d&#8217;un tour de la <a href="http://www.chondre.com/2006/12/15/l%e2%80%99autoroute-95-la-chambre-a-partouze-et-le-diet-pepsi-a-la-fraise/">Floride </a>quelques mois plus tard. Mes <a href="http://www.chondre.com/2006/09/30/j%e2%80%99en-ai-marre-d%e2%80%99avoir-un-spoutnik-qui-fait-bip-bip-dans-la-tete/">algies </a>vasculaires de la face ont enfin été diagnostiquées en cette fin d’année. Mais le plus bel événement de l&#8217;année fut sans nul doute la naissance de <a href="http://www.chondre.com/2007/01/26/lou/">Lou</a>, ma filleule.</p>
<p>Baisse de régime en 2007, uniquement due à l&#8217;<a href="http://www.chondre.com/2008/06/23/placement-de-famille/">achat </a>de notre appartement atypique et plein de charme situé à deux pas du Canal Saint-Martin. Deux mille sept marque également mes quinze ans de vie en couple, pour le meilleur et pour le pire, mon retour à l&#8217;Université, et un court séjour à <a href="http://www.chondre.com/2007/06/22/ach-munich/">Munich</a>.</p>
<p>Je suis retourné avec ma mère à <a href="http://www.chondre.com/2008/03/19/free-tibet-free-beijing/">Pékin </a>en plein hiver 2008. Après la canicule en 2006, le froid sibérien. Je me suis également amusé à valider un nouveau Master, ai découvert la douce ville de <a href="http://www.chondre.com/2008/06/04/abercrombie-cest-vraiment-tres-pede/">Chicago</a>, celle de <a href="http://www.chondre.com/2008/05/26/et-viva-espana/">Barcelone</a>, suis retourné à Innsbruck et à <a href="http://www.chondre.com/2008/12/15/ca-cest-palace/">Madrid</a> et ai failli crever de peur en faisant mon premier <a href="http://www.chondre.com/2008/10/02/le-jour-ou-mes-fesses-se-sont-transformees-en-castagnettes/">saut à l&#8217;élastique</a>.</p>
<p><center><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=9,0,0,0" width="400" height="266" id="dewplayer" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="dewslider.swf?img=http://www.chondre.com/diapos/17.jpg,http://www.chondre.com/diapos/18.jpg,http://www.chondre.com/diapos/19.jpg,http://www.chondre.com/diapos/20.jpg,http://www.chondre.com/diapos/21.jpg,http://www.chondre.com/diapos/22.jpg,http://www.chondre.com/diapos/23.jpg,http://www.chondre.com/diapos/24.jpg,http://www.chondre.com/diapos/25.jpg,http://www.chondre.com/diapos/26.jpg&amp;randomstart=1&amp;transition=fade&amp;speed=20&amp;timer=5&amp;showbuttons=1" /><param name="quality" value="high" /><embed src="http://www.chondre.com/diapos/dewslider.swf?img=http://www.chondre.com/diapos/17.jpg,http://www.chondre.com/diapos/18.jpg,http://www.chondre.com/diapos/19.jpg,http://www.chondre.com/diapos/20.jpg,http://www.chondre.com/diapos/21.jpg,http://www.chondre.com/diapos/22.jpg,http://www.chondre.com/diapos/23.jpg,http://www.chondre.com/diapos/24.jpg,http://www.chondre.com/diapos/25.jpg,http://www.chondre.com/diapos/26.jpg&amp;randomstart=1&amp;transition=fade&amp;speed=20&amp;timer=5&amp;showbuttons=1" quality="high" width="400" height="266" name="dewplayer" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer"></embed></object></center><br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/blanc.jpg" alt="" /></center><br />
L&#8217;année suivante, je me suis envolé pour <a href="http://www.chondre.com/2009/06/01/nous-sommes-tous-la-pour-lui-regler-son-compte-a-ce-gros-batard/">Orlando</a>, <a href="http://www.chondre.com/2009/05/18/lunique-objet-de-mon-ressentiment/">Rome</a>, <a href="http://www.chondre.com/2009/07/15/ich-bin-ein-berliner/">Berlin</a>, mais surtout pour l&#8217;<a href="http://www.chondre.com/2009/08/21/comment-maigrir-de-3-kilos-par-semaine-tres-facilement/">Inde</a>, pour assister au Mariage de François. Je ne pense qu&#8217;à y retourner depuis. Fin décembre, je me suis décidé à me faire <a href="http://www.chondre.com/2009/12/22/idee-un-peu-a-la-con-the-hangover/">percer </a>le bide.<br />
J&#8217;ai largement entamé mon capital CO2 en 2010 en voyageant à <a href="http://www.chondre.com/2010/02/17/la-concierge-est-dans-lescalier/">Lisbonne</a>, Innsbruck, <a href="http://www.chondre.com/2010/03/17/roam/">Rome</a>, <a href="http://www.chondre.com/2010/06/08/chicago-cest-beau-le-cherry-coke-zero-cest-bon-et-abercrombie-cest-totally-has-been/">Chicago</a>, et <a href="http://www.chondre.com/2010/04/22/tout-est-bon-dans-le-japon/">Tokyo </a>en avril dernier en Compagnie d&#8217;AbFab et de Pascalou. Je me suis également amusé à poser pour le calendrier de Virgile. Si la libellule est en moi, la truie l&#8217;est également.<br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/blanc.jpg" alt="" /></center><br />
Aujourd&#8217;hui, je descends à <a href="http://www.chondre.com/2007/08/15/jacques-chirac-et-le-saint-prepuce/">Bort les Orgues</a> au cœur de la Corrèze <em>via </em>Clermont Ferrand en train corail. Je vais y retrouver ma mère et ma grand-mère, le jour de mes quarante ans. J&#8217;avais une irrésistible envie de me retrouver en famille à l&#8217;endroit où j&#8217;ai passé une partie de ma petite enfance. Mon cocon à moi. Quarante ans. Il y a peu, une personne de quarante ans me semblait si vieille. Et pourtant, bien curieusement, je ne me suis jamais aussi bien porté, moralement et physiquement. Il y a donc tromperie sur la marchandise. Oui, j&#8217;ai une chouette de vie. Je ne demande bien évidement pas le remboursement.</p>
<p>Vivement les cinquante balais.</p>
<p><center><object type="application/x-shockwave-flash" data="http://www.chondre.com/music/dewplayer.swf" width="200" height="20" id="dewplayer" name="dewplayer"><param name="wmode" value="transparent" /><param name="movie" value="dewplayer.swf" /><param name="flashvars" value="mp3=http://www.chondre.com/music/foreveryoung.mp3" /></object></center><br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/blanc.jpg" alt="" /></center><br />
Aujourd’hui je peux donc le crier haut et fort, je suis vieux et je vous encule, avec mon look de libellule.  <img class="lmbbox_smileys_img" src="http://www.chondre.com/wp-content/plugins/lmbbox-smileys/smileys/tb/dunce.gif" alt=":dunce_tb:" /><br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/blanc.jpg" alt="" /></center></p>
]]></content:encoded>
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		<title>No Future</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jun 2010 18:14:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je suis tombé par hasard il y a quelques jours sur le film &#171;&#160;Explorers&#160;&#187;. Certes, le film a énormément vieilli. La pellicule sent maintenant le pipi, on devine le scénario un peu bâclé et la mise en scène approximative. Cependant, A l&#8217;époque de sa sortie il y a maintenant vingt cinq ans (ô râge, ô [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>Je suis tombé par hasard il y a quelques jours sur le film &laquo;&nbsp;Explorers&nbsp;&raquo;. Certes, le film a énormément vieilli. La pellicule sent maintenant le pipi, on devine le scénario un peu bâclé et la mise en scène approximative. Cependant, A l&#8217;époque de sa sortie il y a maintenant vingt cinq ans (ô râge, ô désespoir, ô vieillesse ennemie), Joe Dante surfait sur la vague des teen movies fantastiques qui pullulaient comme les mites dans mon placard à nourriture. L&#8217;intrigue est basique: Un groupe de trois pré adolescents arrive à produire une jolie bulle bleue qui leur permet de faire décoller un objet volant presque identifié construit à partir d&#8217;immondices trouvés chez un ferrailleur, et de rentrer en contact avec des extra-terrestres vraiment très sympathiques. Il faut dire que petit génie de la bande disposait d&#8217;une véritable arme de destruction massive: un Apple IIC pourvu d&#8217;un processeur à 1,4 Mhz et de 128 Ko de RAM. Dingue tout ça.  <span id="more-1928"></span></p>
<p>Je me souviens également d&#8217;un autre film, &laquo;&nbsp;War Games&nbsp;&raquo;, où un autre ado est à deux doigts de déclencher la troisième guerre mondiale après avoir infiltré le système informatique militaire des Etats-Unis. Il y avait aussi à la même époque une série vraiment sympathique qui était diffusée sur Antenne 2 et qui mettait en scène des petits génie de l&#8217;informatique (&laquo;&nbsp;Les petits génies&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Whiz Kids&nbsp;&raquo;) qui se transformaient en Sherlock Holmes via leurs modems. Je n&#8217;ai raté aucun épisode. </p>
<p>J&#8217;étais moi aussi persuadé que j&#8217;allais devenir un petit génie. Tout était très simple. Si si. Il suffisait de vivre en banlieue de grande ville dans une grande maison avec jardin, de circuler à bicyclette, de porter au poignet une montre calculatrice et des baskets blanches à scratch aux pieds, d&#8217;avoir un garage bourré de fils électriques et de câbles, plusieurs écrans, des tas de machines capables de faire bip bip, des petites lumières rouges un peu partout, un clavier gigantesque, des parents peu présents, deux ou trois amis et surtout un combiné téléphonique. Pour se connecter au réseau, il suffisait de déposer le combiné sur un engin qui faisait tout plein de bruits bizarres comparables aux sons rigolos qui sortaient des ordinateurs au tout début d&#8217;internet (type touuu-tiiii-touuu zboing zboing crrrr). </p>
<p>La partie était un peu biaisée car j&#8217;habitais dans un appartement parisien, au sixième étage (avec vue sur la tour Eiffel, oui Madame), et si mes parents étaient peu présents (inexistants), j&#8217;étais bien loin d&#8217;avoir le matériel adéquat. Il faut dire que l&#8217;informatique me faisait vraiment fantasmer. J&#8217;étais un peu un geek avant l&#8217;heure: surpoids, peau grasse à problèmes, dentition approximative, très peu d&#8217;amis, et le nez toujours fixé sur un écran. Avoir un ordinateur était le rêve ultime. Deux machines me faisaient rêver: le ZX81 ( Commercialisé par Sinclair, et l&#8217;Oric Atmos (1 MHZ, 64 Ko de RAM) avec ses grosses touches rouges sur les côtés. Pas de chance. La télévision était considérée comme une machine barbare et il était hors de question que nous investissions dans un écran doté d&#8217;une prise péritel, prise indispensable pour connecter les bestioles. </p>
<p>A l&#8217;époque, tout le monde était excité par les ordinateurs. Or-di-na-teurs (on ne parlait pas vraiment d&#8217;informatique). Les or-di-na-teurs permettaient de tout faire. En théorie peut-être, en pratique certainement pas. Les politiciens souhaitaient même former tous les élèves en équipant massivement les écoles via le fabuleux plan informatique pour tous. le bonus était sensé être double en permettant notamment à Thomson, société étatique, de fourguer de vieux MO5 un peu pourraves. Il arriva ce qu&#8217;il devait arriver. Les enseignants n&#8217;étaient pas formés, les machines étaient obsolètes et le BASIC était chiant à mourir: un échec programmé. Sans compter sur l&#8217;arrivée du Minitel qui a flingué sans le vouloir ce fameux programme. Il était ainsi plus facile et concret de taper un 3615 code CUM que des pages de langage(s) très barbare(s).</p>
<p>Moi, je m&#8217;en moquais. J&#8217;avais facilement convaincu mes parents d&#8217;investir dans un Amstrad CPC 464 couleur doté d&#8217;un synthétiseur vocal (avec un vilain accent anglais) et d&#8217;un crayon optique. Je passais des heures à charger des cassettes et à recopier des lignes de programmation qui ne fonctionnaient jamais sans jamais rien comprendre, mais j&#8217;étais le roi du pétrole. Mon clavier fisher Price et mon écran tout naze me permettaient de rêver tout éveillé. Tout comme dans Explorers, War Games ou même Blade Runner, j&#8217;étais bien persuadé que le futur allait être formidable. Les voitures allaient voler, les ordinateurs et les robots allaient être indispensables, nous allions vivre dans des tours sans fin et faire du tourisme dans l&#8217;espace. Sans compter sur la construction de gigantesques villes sous-marines et la vitesse des avions qui permettraient de relier Paris à New-York en moins d&#8217;une heure. L&#8217;An 2000 était encore très loin pour l&#8217;enfant que j&#8217;étais, mais je pensais que tout allait être différent, en bien mieux. Forcement. </p>
<p>Lundi dernier, je suis descendu à Bort-les-Orgues, en Corrèze, pour rendre visite à ma grand-mère. J&#8217;ai mis huit longues heures porte à porte. En vingt ans, la SNCF a rationalisé son réseau. Les trains sont bien plus rares, presque inexistants, les gares ont été fermées, les wagons remplacés par des cars. Les principaux employeurs ont fermé boutique et la population a été divisée par deux. Les touristes se font de plus en plus rares. La plupart des habitants sont des retraités, tous les magasins ferment. Le flux de la Dordogne est toujours régulé par le barage. On ne capte toujours que trois chaînes de télévision à cause des montagnes. On circule toujours en voiture, à moto ou à vélo. A la maison, nous faisons toujours des siestes sous le cerisier et entendons toujours les cloches des vaches qui broutent l&#8217;herbe du pré voisin. Ma grand-mère n&#8217;a pas souscrit d&#8217;abonnement à Internet. Nous nous informons principalement en achetant &laquo;&nbsp;la Montagne&nbsp;&raquo; et un journal national le matin en faisant les courses. </p>
<p>Mais oui, l&#8217;iPhone 4 est maintenant disponible et Nathalie Kosciusko-Morizet est en charge de l&#8217;économie numérique. Nous sommes sauvés. Je ne sais vraiment pas à quoi rêvent les enfants d&#8217;aujourd&#8217;hui (et si tout comme nous à l&#8217;époque ils rêvent d&#8217;un autre monde), mais je suis prêt à parier qu&#8217;ils sont bien loin d&#8217;imaginer que la vie ne sera pas vraiment différente de celle d&#8217;aujourd&#8217;hui d&#8217;ici vingt petites années. C&#8217;est tout le mal que je leur souhaite, car pour moi, tout est bien différent. La vie semble bien plus dure, agressive et compliquée qu&#8217;au siècle dernier.</p>
<p>Mais ce n&#8217;est qu&#8217;une remarque à la con, d&#8217;un vieux con très très con.</p>
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		<title>Vieille peau</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Jun 2010 22:08:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai parlé pour la dernière fois à mon père il y a tout juste dix ans. J&#8217;étais vraiment très fier de lui annoncer que mon premier jour de travail s&#8217;était bien passé. Ce n&#8217;était pas un jour comme les autres. J&#8217;avais un vrai travail, rémunéré, sérieux. Mon géniteur commençait vraiment à s&#8217;impatienter. Son bon à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>J&#8217;ai parlé pour la dernière fois à mon père il y a tout juste dix ans. J&#8217;étais vraiment très fier de lui annoncer que mon premier jour de travail s&#8217;était bien passé. Ce n&#8217;était pas un jour comme les autres. J&#8217;avais un vrai travail, rémunéré, sérieux. Mon géniteur commençait vraiment à s&#8217;impatienter. Son bon à rien de fils était décidément incapable de subvenir à ses propres besoins. Cela faisait déjà quatre années qu&#8217;il n&#8217;envoyait plus de pension alimentaire. Dix ans après avoir passé mon bac, il était temps que je m&#8217;installe. Je me souviens encore de sa voix, assez douce, et des principaux traits de son physique. Un peu plus petit que moi, blond, sans le moindre cheveu blanc. Son ventre rebondi trahissait cependant son goût immodéré pour la bonne chair. <span id="more-1915"></span></p>
<p>Quelques jours avant de m&#8217;envoler pour Chicago, je suis tombé sur une boîte contenant de vieille photographies cornées. De format carré, perlées et légèrement jaunies, elle avaient été prises par la mère de mon père avec son appareil Kodak alors que je séjournais dans notre maison bourguignonne, probablement pour les fêtes de fin d&#8217;année suivant mes cinq ans. D&#8217;autres photographies avaient été prises chez ma grand-mère maternelle, quelques mois plus tard. Je semblais vraiment heureux et fier d&#8217;être en compagnie de mon papa. Clodo, le chien que j&#8217;avais adopté, était également présent. Nous évoluions alors dans les années soixante-dix, et la vie était radicalement différente. Outre les pantalons et cravates à motifs et formes improbables, l&#8217;existence semblait plus douce, moins agressive. Les moyens de communications étaient limités, le temps semblait filer plus lentement, on se satisfaisait globalement de peu, et faire tourner une mappemonde pouvait m&#8217;occuper des heures entières. Mais peut-être a-t-on l&#8217;habitude d&#8217;enjoliver le passé un peu lointain et de n&#8217;en garder que le meilleur.</p>
<p><center><img src="http://www.chondre.com/images/0206101.jpg" alt="" /></center><br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/0206102.jpg" alt="" /></center></p>
<p>J&#8217;ai curieusement toujours été impressionné par mon père. Discret, sans véritable loisir, il passait la plupart de son temps à travailler. Il était vraiment fier de me montrer ses carnets de rendez-vous, remplis du matin au soir et du lundi au samedi. Son seul luxe était les deux petites heures qu&#8217;il consacrait à sa sieste dominicale. Tout le monde savait alors qu&#8217;il était très risqué de le déranger. Je l&#8217;ai toujours connu vieux, sérieux. Il me parlais parfois de son adolescence. Tout cela me semblait si loin, presque de la préhistoire. Lorsque ces photographies ont été prises, il devait avoir trente trois ou trente quatre ans. Il travaillait depuis de nombreuses années, avait un enfant de cinq ans et venait de se séparer de sa femme. Oui, j&#8217;avais l&#8217;impression que l&#8217;adulte qui se tenait près de moi était vraiment très vieux. Même si sa vie était chaotique, il avait vécu.</p>
<p><center><img src="http://www.chondre.com/images/0206103.jpg" alt="" /></center><br />
<center><img src="http://www.chondre.com/images/0206104.jpg" alt="" /></center></p>
<p>Il arrive un jour ou la vie bascule brutalement. C&#8217;est irreversible. Avant, l&#8217;individu évolue dans une douce inconscience anesthesiante. Tout est simple, tout semble facile, les parents sont présents et forment une barrière plus ou moins perméable contre les aléas de la vie. L&#8217;enfant reste enfant. Le schéma est simple et classique. Un jour, l&#8217;enfant se rend compte qu&#8217;il doit s&#8217;occuper à son tour de ses parents. Rien a voir avec une quelconque dette morale. C&#8217;est la vie et la vie est ainsi faite. Ce moment peut arriver précocement, ou plus tardivement. Tout dépend des épreuves que l&#8217;enfant a eu à subir. Mon père a rapidement basculé dans cette seconde phase de l&#8217;existence. Oui, je l&#8217;ai toujours trouvé vieux, moralement et physiquement. Je suis maintenant plus âgé qu&#8217;il ne l&#8217;était sur ces vieilles photographies. Même si moi aussi j&#8217;ai franchi l&#8217;âge de raison depuis peu, je n&#8217;arrive toujours pas à m&#8217;imaginer aussi vieux qu&#8217;il me paraissait alors.</p>
<p><center><img src="http://www.chondre.com/images/0206105.jpg" alt="" /></center></p>
<p>Certainement parce que j&#8217;ai l&#8217;impression de ne pas avoir fait grand chose de ma vie. Je me lève, je me rends au travail, je m&#8217;alimente, et je rejoins Morphée. Le reste n&#8217;est que cosmétique. Je n&#8217;ai aucune véritable responsabilité, sinon celle de veiller quotidiennement sur ma propre existence, celle de ma famille et par ricochet sur celle de Snooze qui semble le plus souvent vivre sur une planète bien lointaine de la mienne. Pas d&#8217;enfant à aimer, pas de chat à nourrir, pas de chien à sortir. Je vis au jour le jour, j&#8217;apprécie le bon, je tente de gérer le moins bon. Je m&#8217;évade en voyageant, en lisant, en faisant du sport, en me plongeant dans le travail ou en faisant de belles rencontres. Le plus ironique dans l&#8217;histoire est que je ne me suis jamais aussi senti bien physiquement dans ma peau, et qu&#8217;il faudrait me payer très cher pour retourner dix ou vingt années en arrière. Je suis finalement chanceux. </p>
<p>Maintenant vieux, mais toujours chanceux. Chanceux de ne pas porter les horribles cravates que mon père portait il y a une trentaine d&#8217;année.</p>
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		<title>Ça sent la guimauve, c’est écœurant.</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Dec 2009 11:48:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Noël a toujours été pour moi un mélange de joie et de tristesse. Mes parents s&#8217;étant rapidement séparés pour le meilleur et le meilleur, cette période a toujours été tendue comme un string. Je ne m&#8217;en suis curieusement jamais aperçu sur le moment. Ce n&#8217;est qu&#8217;en me penchant sur le passé que j&#8217;arrive à relier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>Noël a toujours été pour moi un mélange de joie et de tristesse. Mes parents s&#8217;étant rapidement séparés pour le meilleur et le meilleur, cette période a toujours été tendue comme un string. Je ne m&#8217;en suis curieusement jamais aperçu sur le moment. Ce n&#8217;est qu&#8217;en me penchant sur le passé que j&#8217;arrive à relier certains signes ou événements. Je me rends alors compte que j&#8217;étais très loin d&#8217;évoluer au pays des Bisounours. Même si mes parents ne s&#8217;entendaient pas, ils respectaient cependant la  trêve des confiseurs. La famille faisait tout pour m&#8217;anesthésier. C’était un peu cela la magie de Noël.</p>
<p>Mes premiers souvenirs sont liés à cette période de l&#8217;année. Des bruits, ceux du crépitement des pas dans la neige ou ceux, plus imaginaires, du père Noël descendant par la cheminée et déposant mes cadeaux autour du sapin. Des odeurs, celui du parfum de ma maman, des plats mijotant dans la cuisine, du sapin, de la cheminée, de tabac froid le matin au réveil. Du goût, celui des escargots en praliné, des fondants en sucre, des petits Jésus rose* ou jaunes, des boules de sapin en chocolat, du pain d&#8217;épice. Des couleurs, celles des décorations, des guirlandes électriques, des vitrines des grands magasins.</p>
<p>Je me souviens parfaitement du Noël de mes cinq ans. Je le passais en Corrèze. Ma grand-mère avait acheté un affreux sapin en plastique. Nous avions sorti les santons et la crèche du grenier. Le jardin était couvert de neige. Je n&#8217;avais bien évidement pas réussi à veiller jusqu&#8217;à minuit. Le matin du 25 décembre, des cadeaux m&#8217;attendaient près de la fenêtre du salon. Le père Noël m&#8217;avait gâté. Il avait déposé une jolie montre Lip. Ma première montre. Je me souviens également d&#8217;une usine miniature, et d&#8217;une grosse Matriochka, certainement un cadeau de mon oncle Russe. Je me souviens également du Noël suivant. Mon père avait passé le réveillon en notre compagnie à Paris. J&#8217;avais encore été très gâté. Le lendemain, nous sommes partis chez ses parents en Bourgogne. Le père Noël était également passé par la maison car des cadeaux m&#8217;attendaient sous la cheminée en briques. Je me souviens d’un Télécran, d&#8217;un Spirographe et d’un Monopoly.</p>
<p>Quand j&#8217;étais petit, Noël commençait à la fin du mois de novembre. Le début des hostilités était déclenché par la publication des catalogues de jouets par les grands magasins. Je passais alors des heures à les feuilleter, même si, <em>in fine</em>, j&#8217;étais toujours attiré par la même chose: des Lego, encore des Lego, toujours des Lego. Des Lego jusqu&#8217;à écœurement. J&#8217;ai rarement fait des infidélités à cette marque, ma chambre étant tapissée de briques et de plaques en plastique. Une année pourtant, j&#8217;ai souhaité recevoir la navette spatiale Ulysse 31. Une folie. Un peu plus tard, les fameux &laquo;&nbsp;Game and Watch&nbsp;&raquo; Nintendo ont fait leur apparition. Qui ne rêvait pas de se voir offrir les fameux jeux doubles écrans « Donkey Kong »? Arrivèrent ensuite les premiers ordinateurs. Sinclair, Oric, Amstrad. Les cassettes puis les disquettes de jeux ont alors vite remplacé les jouets plus traditionnels sous le sapin.</p>
<p>Noël était également signe de décoration de notre appartement. La première étape était de se rendre chez le marchand de couleurs et d&#8217;acheter du blanc d&#8217;Espagne. Cette poudre magique me permettait de dessiner des sapins et autres affreux motifs sur les carreaux des fenêtres (merci maman pour ta tolérance et ta patience). La seconde était de choisir un joli sapin, puis de le décorer. Enfin, nous sortions la crèche et cachions le petit Jésus dans une boite à bonbons jusqu&#8217;au 25 décembre au matin. La touche finale était la réalisation de la couronne que nous accrochions sur la porte d’entrée.</p>
<p>Un autre facteur différenciait cette période du reste de l’année: J’avais le droit de regarder, presque à volonté, la télévision. Ma mère n’a jamais considéré cet obscur objet du désir comme primordial. Nous avons longtemps conservé une vieille télévision toute pourrie en noir et blanc. J’avais uniquement le droit de regarder &laquo;&nbsp;Récré A2&#8243; et le dessin animé sur FR3 juste avant 20 heures. Pendant les fêtes de fin d’année, tout était différent. Je me gorgeais de films et d’émissions. Je ne ratais jamais un numéro des visiteurs de Noël, tout en me gavant de sucreries et de crottes en chocolat.</p>
<p>Tous ces souvenirs sentent bon les épices et le sucre. Mon enfance a été très douce.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, je suis devenu l&#8217;adulte de la famille et je dois naturellement prendre soin de mes proches. Nous organisons depuis quelques années le réveillon à la maison. Je passe beaucoup de temps à cuisiner. Lorsque ma mère et ma grand-mère arrivent, tout est prêt. L&#8217;appartement est décoré et des cadeaux sont disposés au pied du sapin. Elles ne s&#8217;occupent de rien. [Attention, passage au mode guimauve dégoulinant] Je souhaite juste qu&#8217;elles se sentent bien et soient heureuses. Nous formons une toute petite famille, mais nous sommes très complices et nous nous aimons sincèrement et profondément. C&#8217;est encore ça la magie de Noël. Chez nous, c&#8217;est maintenant toute l&#8217;année.</p>
<p>Noël est maintenant passé, une nouvelle année arrive. Tic tac, tic tac, tic tac.</p>
<p>J’ai des projets plein la tête. Je suis heureux. J’ai encore beaucoup de chance.</p>
<p>Deux mille dix sera encore plus belle que deux mille neuf, j’en suis persuadé.</p>
<p>Très belle année 2010.  <img class="lmbbox_smileys_img" src="http://www.chondre.com/wp-content/plugins/lmbbox-smileys/smileys/tb/happy.gif" alt=":happy_tb:" /></p>
<p>*<em>Rose ne s’accorde pas</em>.</p>
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		<title>La machine à remonter le temps</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Dec 2009 16:48:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>
		<category><![CDATA[Divorce]]></category>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est en fin de repas pantagruélique organisé par ma douce maman que nous sommes revenus sur le passé, et plus particulièrement sur les douces années de mariage de mes parents. Ma mère a toujours été une jolie dinde naïve qui a rapidement été charmée et conduite devant l&#8217;autel pour le meilleur et pour le pire. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>C&#8217;est en fin de repas pantagruélique organisé par ma douce maman que nous sommes revenus sur le passé, et plus particulièrement sur les douces années de mariage de mes parents. Ma mère a toujours été une jolie dinde naïve qui a rapidement été charmée et conduite devant l&#8217;autel pour le meilleur et pour le pire. Cinq années plus tard, elle est tombée enceinte, et tadaaah, je débarquais en braillant, non pas entouré d&#8217;un âne et d&#8217;un bœuf, mais de vieilles infirmières proches de la retraite à la maternité de l&#8217;hôpital Boucicaut. Quelques mois après ma naissance, maman Chondre s&#8217;est aperçue que mon père passait son temps libre à la cocufier avec une hôtesse de l&#8217;air, puis avec l&#8217;une de ses collègues de travail (feu ma future belle-mère, que son âme repose en paix).<span id="more-1662"></span></p>
<p>Action, réaction. Le syndrome Linda de Souza s&#8217;est emparé d&#8217;elle. Non, elle n’a pas été subitement atteinte d’hirsutisme. Elle a juste choisi sa plus belle valise en cuir rouge, et a quitté le domicile conjugal, emportant sous l&#8217;autre bras son fils, larguant <em>de facto</em> mon père, ses maitresses et sa belle famille un peu toxique. Repartant de zéro, elle a rapidement été obligée de se construire une nouvelle vie, en faisant notamment retaper notre vielle maison auvergnate, construire une autre maison proche de la première pour ses parents, et en acquérant son appartement parisien. Mon père et ma mère ont fini par mettre définitivement fin à leur union en 1987, presque quinze années après leur séparation effective. </p>
<p>Pourquoi avoir attendu aussi longtemps? Mystère et boule de gomme.</p>
<p>Nous avons feuilleté ensemble les albums de famille, encore stockés dans un grand carton tout poussiéreux. Les photographies ressemblaient à des tranches de gruyère, ma mère ayant systématiquement décapité mon père. Nous avons même retrouvé par hasard entre deux albums une copie de l&#8217;acte de vente de l&#8217;appartement parisien. Je n&#8217;ai pu résister à l&#8217;envie de le feuilleter, et me suis rapidement aperçu que mon père figurait sur le contrat. Ma mère ne s&#8217;était jamais rendu compte de ce petit détail et pensait être pleinement propriétaire de son bien. </p>
<p>Que nenni, je venais d&#8217;ouvrir la boite de Pandore. Pan dans les dents.</p>
<p>Ma mère a naturellement pris rendez-vous avec le notaire en charge de la séparation des biens. Il lui a confirmé qu&#8217;elle s&#8217;était mariée un mois avant l&#8217;établissement de la loi régissant la communauté réduite aux acquêts. Avant cette date, le mari était considéré comme le seigneur et maître de la communauté. Lui seul avait ainsi le pouvoir d&#8217;administrer les biens communs et d&#8217;en disposer. La femme n&#8217;était qu&#8217;une conne sans cervelle et ne bénéficiait que de quelques mesurettes de protection (toi femme faire manger et ménage, reproduction, courses). Mon père a donc naturellement été invité à signer l&#8217;acte de vente de l&#8217;appartement, même s&#8217;il seule ma mère en était l’acquéreur. Cerise sur le gâteau, la vente a été réalisée quelques mois avant le divorce. </p>
<p>On appelle cela un très mauvais timing. Vraiment très mauvais.</p>
<p>Autre facteur aggravant: suite à diverses négligences, le partage des biens n&#8217;a jamais été finalisé, alors que le divorce a été prononcé il y a plus de vingt ans. Mon père se retrouve donc légalement l&#8217;heureux copropriétaire d&#8217;un trois pièces à Paris et d&#8217;une maison en Corrèze, sans jamais avoir sorti le moindre kopeck. De son côté, mon père s&#8217;est arrangé à acquérir ses deux cabinets quelques mois avant son mariage. Sa maison a été héritée de ses parents et les travaux d&#8217;agrandissement ont été réglés par ma belle mère. Ma mère n&#8217;a donc aucune monnaie d&#8217;échange. Un peu bétassou pour le coup.</p>
<p>C&#8217;est donc la fête du slip côté maternel depuis quelques semaines. Sans douter que l’issue soit <em>in fine </em>favorable à ma mère, il faut à nouveau engager avocats et notaires pour détricoter leur histoire, sans pouvoir être certain que mon père ne lui mette pas des bâtons dans les roues.</p>
<p>Il est finalement bon d&#8217;être considéré par la République Française comme sous-citoyen en ayant tous les devoirs, mais pas forcement les mêmes droits que son voisin de pallier, et être interdit de vrai mariage. Dès le début d&#8217;une union, le gentil pédé sait dès le départ qu&#8217;il va en chier en cas de rupture ou d&#8217;issue plus fatale. Même si PACS, le survivant doit verser à l&#8217;État 50% de l&#8217;héritage perçu. Si je claque demain, Snooze devra donc vendre un rein, un morceau de foie et une cornée pour continuer à vivre dans notre appartement. Je souhaite donc vivement et bien profondément remercier l&#8217;ensemble des législateurs.</p>
<p>Tiens, et si en ces temps d&#8217;identité nationale nous ouvrions le débat sur les droits et les devoirs des pédégouines?</p>
<p>Oui, je veux un grand mariage en blanc, avec une robe choucroutée et une immense pièce montée.  <img class="lmbbox_smileys_img" src="http://www.chondre.com/wp-content/plugins/lmbbox-smileys/smileys/tb/devil2.gif" alt=":devil2_tb:" /></p>
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		<title>L&#8217;été meurtrier</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Apr 2009 17:17:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je devais avoir cinq ou six ans et passais quelques jours chez ma grand-tante à la ferme. Nous avions prévu de manger du lapin et n&#8217;avions qu&#8217;à nous servir dans le clapier. Ma grand-tante me proposa de l&#8217;accompagner et de choisir le plus gros. Je n&#8217;avais pas vraiment compris que le joli lapin dodu que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p><img src="http://www.chondre.com/images/0604091.jpg" alt="" align="left" />Je devais avoir cinq ou six ans et passais quelques jours chez ma grand-tante à la ferme. Nous avions prévu de manger du lapin et n&#8217;avions qu&#8217;à nous servir dans le clapier. Ma grand-tante me proposa de l&#8217;accompagner et de choisir le plus gros. Je n&#8217;avais pas vraiment compris que le joli lapin dodu que j&#8217;allai choisir allait se retrouver dans mon assiette quelques heures plus tard. Elle le prit par les oreilles et lui explosa la tête avec un gros rouleau à pâtisserie. Elle sortit dehors, lui planta un crochet dans le cou  et lui arracha d&#8217;un coup sec l&#8217;ensemble de sa fourrure. Je venais brutalement de me rendre compte que je vivais chez l&#8217;Antéchrist, et accessoirement que la viande que je mangeais depuis des années faisait de moi un cruel assassin. <span id="more-966"></span></p>
<p><img src="http://www.chondre.com/images/0604092.jpg" alt="" align="right" />En refermant le clapier, elle s&#8217;aperçut qu&#8217;une lapine avait accouché. N&#8217;ayant pas la place nécessaire pour élever une nouvelle portée, elle décida de prendre les bébés lapins et de les jeter aux poules cruelles, vicieuses et affamées qui se battaient pour déchiqueter et se partager ces innocentes victimes. Toutes sauf un adorable petit lapin que je décidais de cacher dans ma poche avant de quitter le lieu du crime. Quelques jours plus tard, je rejoignais mes grands-parents paternels en bourgogne pour passer le reste de mes vacances. J&#8217;emportais avec moi mon nouvel animal de compagnie, un ravissant petit lapinou chou chou tout noir. Ma grand mère lui refusa l&#8217;accès à notre maison, et me força à lui construire une cage de fortune dans la vieille maison située au fond du jardin, maison que nous n&#8217;habitions pas. L&#8217;endroit était toutefois idéal. Mon lapin allait avoir à sa disposition des dizaines de mètres carres de verdure. Trop chanceux le pimpin.</p>
<p><img src="http://www.chondre.com/images/0604093.jpg" alt="" align="left" />Quelques jours après mon arrivée, le gentil voisin débarqua dans le jardin avec un gros cochon tout rose. Gruik! Gruik!<br />
Il souhaitait me montrer comment on préparait du boudin. Cela tombait vraiment bien, j&#8217;adorais le boudin aux pommes et au cidre que ma grand-mère me préparait. En quelques petites secondes, il sortit un grand couteau de son sac et trancha d&#8217;un coup la gorge du cochon qui hurla à la mort. Le sang atterrissait par généreuses giclés dans une grand cocotte pas très propre et un peu rouillée. Les cris s&#8217;accentuaient, le cochon se débattait encore et se vidait devant mes yeux. J&#8217;ai commencé à crier plus fort que lui. J&#8217;étais paniqué. J&#8217;allais être le suivant. La situation faisait rire le voisin. Je me suis naturellement précipité en direction des toilettes pour rendre le copieux petit-déjeuner que je venais d&#8217;ingurgiter.</p>
<p><img src="http://www.chondre.com/images/0604094.jpg" alt="" align="right" />J&#8217;avais heureusement un nouvel ami pour me réconforter. Plus pour très longtemps. La cage construite pour le lapin n&#8217;était pas vraiment solide. Un matin, un excès de gourmandise l&#8217;a poussé à s&#8217;échapper et a consommer du trèfle frais recouvert de rosée. Tout comme les ruminants (le lapin a longtemps été considéré comme un ruminant, voir lévitique), l&#8217;ingestion de trèfle ou de luzerne humide est responsable d&#8217;un trouble connu sous le nom de météorisation ou d&#8217;empansement. Les bestiaux deviennent quelques fois tellement enflés qu&#8217;ils peuvent en mourrir. La façon la plus rapide et efficace de les sauver est de planter une grosse aiguille dans leur estomac pour les faire rapidement dégonfler. Une autre méthode consiste à leur faire avaler une solution d&#8217;ammoniaque. Le lapin n&#8217;ayant pas une peau aussi résistante que le cuir d&#8217;une vache, mon lapinou chéri a explosé devant moi. Ses entrailles fumantes étaient répandues tout autour. Cet été fut décidément merdique et un peu gores.</p>
<p>Je n&#8217;ai mangé ni lapin, ni cochon pendant des années.</p>
<p>J&#8217;ai profondément haï ma vilaine grand-mère paternelle. </p>
<p>Elle est morte écrasée par une voiture quelques mois plus tard, juste avant d&#8217;avoir pu nous rapporter le gros gâteau qu&#8217;elle était partie nous chercher à la pâtisserie voisine un dimanche midi. Ses boyaux n&#8217;étaient toutefois pas répandus sur la chaussée  <img class="lmbbox_smileys_img" src="http://www.chondre.com/wp-content/plugins/lmbbox-smileys/smileys/tb/bye.gif" alt=":bye_tb:" /></p>
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		<title>Les copains d’abord</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Jan 2009 20:09:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>
		<category><![CDATA[Copains d'Avant]]></category>
		<category><![CDATA[Ecole]]></category>
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		<description><![CDATA[(Ou la roue tourne, parfois) A chaque période de ma vie correspond un groupe d’amis. J’étais très proche de François au primaire. Ses parents faisaient partie de cette vague d’immigrés espagnols arrivés en France dans les années soixante-dix. Mes parents l’avaient presque adopté. Nous passions nos vacances ensemble. Durant l’année scolaire, il descendait avec moi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p><em>(Ou la roue tourne, parfois)</em></p>
<p>A chaque période de ma vie correspond un groupe d’amis. J’étais très proche de François au primaire. Ses parents faisaient partie de cette vague d’immigrés espagnols arrivés en France dans les années soixante-dix. Mes parents l’avaient presque adopté. Nous passions nos vacances ensemble. Durant l’année scolaire, il descendait avec moi dans nos maisons de Bourgogne ou de Corrèze. L’été, il m’arrivait de passer plusieurs semaines avec sa famille dans un village perdu en Galicie. Je ne parlais pas un mot d’espagnol, mais les enfants se comprenant généralement très vite, je restais rarement dans mon coin et était très rapidement intégré. Nous formions un groupe de quatre ou cinq amis depuis le cours préparatoire. Habitant le même quartier, nous étions généralement toujours fourrés les uns chez les autres. Notre école n’assurant que les études primaires, nous avons naturellement été dispersés aux quatre coins de Paris à l’entrée en sixième. <span id="more-759"></span></p>
<p>L’arrivée au collège fut une transition importante. Je ne me rendais plus dans une école située à quelques mètres de notre appartement, mais je devais prendre les transports en commun seul comme un grand pour me rendre chaque jour dans un établissement situé non loin de la gare de l’Est. Le directeur de mon ancienne école l’avait chaudement recommandé à ma mère, qui ne souhaitait toujours pas confier l’éducation de la chair de sa chair à l’école publique. Le collège était catholique, sous contrat, et permettait même de préparer la confirmation et la profession de foi (Dieu que j&#8217;étais sexy en Aube). L’uniforme n’était plus obligatoire (nous étions dans les années 80) mais la directrice souhaitait harmoniser les tenues en obligeant chaque élève à revêtir en permanence une blouse blanche. Je me suis rapidement fait un nouveau groupe d’amis. C’était la fête du slip car nous arrivions à un âge ou les nounous n’étaient plus nécessaires. Cerise sur le gâteau, ma mère rentrait tard dans la soirée, me laissant ainsi tout le loisir de trainer avant de retrouver le domicile familial. Préadolescence oblige, j’ai commencé à me transformer en bambin œdémateux à cette époque, me retrouvant <em>de facto</em> membre du groupe des gros, têtes de turc à lunettes cul de bouteille et fagotés comme des pouilleux. Les séances de piscine du lundi après-midi étaient humiliantes. Rien à faire. Le chocolat et le beurre étaient mes amis et je les aimais. Le gras est parfois réconfortant.</p>
<p>Pchouit. Le lycée à été l’occasion de dégonfler partiellement. Mon adolescence à été très tardive (entre 20 ans et maintenant), les boutons d’acné aussi. Cette période fut une nouvelle fois l’occasion de faire de nouvelles connaissances. Nous avons formé un groupe de quatre amis jusqu’en terminale. Nous tranchions avec le reste de la classe, certainement plus adulte et mature que nous. Même si j’enviais une bonne partie de mes camarades qui restaient très populaires et faisaient généralement la pluie et le beau temps en classe, je les méprisais de me mépriser. La plupart était bien gaulée, ils avaient tous une petite amie, étaient sportifs et plus ou moins brillants. Ils sortaient dans des bars à la mode, organisaient des soirées, s’exprimaient comme des adultes, picolaient et fumaient des cigarettes et des trucs qui font rire. J’aurais donné n’importe quoi pour leur ressembler physiquement et avoir autant d’aisance. Le contraste était saisissant, entre leur virilité naissante et mon allure de poupon. Je n’avais même pas l’occasion de les épater par mes résultats scolaires, car je faisais partie des derniers de la classe, trop rêveur et pas assez motivé pour me construire un dossier en béton armé juste avant de passer le bac, bac que j’ai naturellement raté raz-la moule aux rattrapages, devenant ainsi la honte de la famille. On mettra cela sur l’absence de maturité. Ma seconde terminale fut formidable. Je n’ai jamais eu à travailler, ai obtenu des notes indécentes tout en passant mes soirées à sortir avec mon nouvel ami du moment. Il possédait une voiture rien qu’à lui, et m’a fait découvrir ce qu’était la vie parisienne, moi qui n’étais finalement jamais sorti de mon quartier. Premières clopes, premières soirées, premiers patins, premières amours. L’année se termina en beauté avec le bac en poche, un premier job d’été passionnant, une petite amie inscrite en médecine, et des débuts à la faculté de pharmacie.</p>
<p>J’ai rapidement retrouvé un nouveau groupe d’amis à la faculté, groupe que je n’ai jamais quitté. C&#8217;est ma nouvelle grande famille. Je vis depuis avec Snooze, suis parrain de la fille de Cécilou, et me retrouve toujours avec plaisir en compagnie d’une dizaine d’amis très proches et soudés. Nous avons globalement tous réussi notre vie privée et professionnelle. Sans compter sur la troupe de doux dingues rencontrée à l&#8217;INSERM, mes amis de chez Bonum et la joyeuse troupe de pédéchouchous habitant à quelques minutes de chez nous. J’ai également retrouvé <em>via</em> un site communautaire l’un de mes amis de lycée qui est devenu enseignant après son doctorat. J’ai également découvert qu’un autre ami avait réalisé son rêve d’enfant en participant à une longue mission scientifique en Terre Adélie. Je suis donc très fier de mon parcours et des leurs. L’important n’est-il finalement pas l’instant présent et la satisfaction de s’en être finalement bien sorti dans la vie, même si tout ne fait que commencer. Je me sens bien <em>in</em> et <em>ex petto</em>. Si ce n&#8217;est pas le bonheur, cela y ressemble.</p>
<p>J’avoue cependant avoir de petites <strike>d&#8217;énormes</strike> érections (voire être sujet à de légers orgasmes) lorsque d’anciens camarades de classe (maintenant trentenaires) ayant passé leur scolarité à me chier dessus tentent de me contacter via « Facebook » ou « Copains d’avant ». Je me rends le plus souvent compte que mes anciens amis ont le crâne bien dégarnis, l’air triste et fané, sont bedonnants, déjà divorcés, employés précairement, et surtout assez seuls et désespérés pour contacter des has been dans mon genre. Ma réponse est donc invariablement la même. Je leur indique que la période de ma vie à laquelle ils font référence est loin d’être inoubliable, et que je ne me souvenais pas d’une quelconque amitié ou complicité entre nous. Je ne suis pas rancunier, mais je suis loin d&#8217;être amnésique.</p>
<p>Un peu pute mais tellement bon. J&#8217;en souillerais presque ma jolie culotte Moncler de les voir dans un tel état de décrépitude morale et physique.</p>
<p>Je ne reçois généralement par de courrier électronique en retour. Étrange, non ?  <img class="lmbbox_smileys_img" src="http://www.chondre.com/wp-content/plugins/lmbbox-smileys/smileys/tb/bye.gif" alt=":bye_tb:" /></p>
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		<title>Le cocon</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Jan 2009 21:31:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>
		<category><![CDATA[Cocon]]></category>
		<category><![CDATA[Décoration]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai toujours ressenti le besoin de me sentir rassuré. Certainement parce que j’ai rapidement eu à prendre ma vie en main et vivre de façon très indépendante. Tout cela est très contradictoire, car j’ai quitté le domicile familial à vingt-sept ans, toujours étudiant, et pour des années encore. Ma mère et moi n’avions cependant pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p>J’ai toujours ressenti le besoin de me sentir rassuré. Certainement parce que j’ai rapidement eu à prendre ma vie en main et vivre de façon très indépendante. Tout cela est très contradictoire, car j’ai quitté le domicile familial à vingt-sept ans, toujours étudiant, et pour des années encore. Ma mère et moi n’avions cependant pas les mêmes horaires, ni les mêmes habitudes et ne nous croisions que très rarement. Chacun gérait sa vie de son côté. Ma chambre restait mon territoire. Je l&#8217;avais transformée en pièce de villégiature. Douillette, confortable, chaleureuse et cosy. Je comprends pourquoi je reste si casanier aujourd&#8217;hui encore. Pourquoi quitter un endroit où l&#8217;on se sent bien et en sécurité? Un peu con, non? <span id="more-720"></span></p>
<p>Quelques années après avoir mis les pieds à la faculté, nous avons pris possessions d’un local et en avons fait notre quartier général. Il s’agissait du labo photo. Une pièce était consacrée au développement et au tirage des clichés. L’autre, servant initialement de sas, était bien plus conviviale. Nous y avions installé un canapé convertible, une cafetière, une chaîne hi fi et l’avions décorée avec les moyens du bord. Nous séchions souvent les cours et passions des heures enfermés dans le local. Il nous arrivait même d&#8217;y dormir. Nos vêtements sentaient la cigarette et les produits chimiques. Nous étions heureux comme des coqs en pâte. Petit à petit, nous avons découragé les autres amateurs de photographie. Ce local était notre nouveau chez-nous. Nous nous y retrouvions le matin avant d&#8217;assister aux cours, y déjeunions et y finissions la journée. Nous étions cinq et ne nous séparions que pour mieux nous retrouver en soirée ou le week-end, chez l&#8217;un ou chez l&#8217;autre. Ces courtes années furent certainement mes plus belles, même si mon avenir restait à l&#8217;époque plus qu&#8217;incertain. Il n&#8217;existe décidément rien de mieux que l&#8217;insouciance estudiantine. Cependant, tout à une fin et il m&#8217;a fallu quitter amis et quartier latin pour rejoindre un autre milieu, tout aussi chaleureux.</p>
<p>Lorsque j’ai débarqué à l’hôpital Broussais, il m’a rapidement fallu faire mon trou. Ma première année d’étudiant était très précaire. J’ai cependant vite été adopté par la grande famille que formait l’équipe, constituée d’étudiants venant des quatre coins du monde. Nous étions alors quatorze à nous partager trois Mac, deux adresses e-mail (oui oui, l&#8217;année 1996-1997 était encore la préhistoire du net, Netscape 2 et des modems qui faisaient tuuuuu tuuuuu zboing zboing crrrrr) et quatre bouts de paillasse. Notre laboratoire possédait une petite rotonde. J’y ai vite fait mon nid et dégoté un vieux Macintosh. Je partageais deux mètres d&#8217;un petit bureau avec un bulgare. Un peu plus tard, François et moi-même avions hérité d’un espace bien plus important. Nous avions un petit laboratoire et un bureau rien qu’à nous. Je me souviens avoir passé des jours à repeindre murs et placards (d&#8217;un délicieux vert Provence), installé du matériel rutilant et customisé notre bureau. La parenthèse dura quatre petites années. Mais il me fallait grandir et ne pas refuser la proposition que l&#8217;on m&#8217;avait faite. Deuxième rupture. Tout était à reconstruire.</p>
<p>Je fais partie de ces chanceux qui n&#8217;ont jamais eu à rechercher le moindre stage ou le moindre travail, mes souhaits ayant été exaucés avant même que je ne les formule. On appelle également cela de l&#8217;inconscience ou de la folie. J&#8217;ai toutefois difficilement vécu mes premiers mois chez Bonum. Il fallait que je fasse mes preuves et que je me tienne à carreau. La moindre excentricité était synonyme de perte de poste. Petit à petit, j&#8217;ai  rencontré les bonnes personnes aux bons moments. Les missions et les responsabilités ont évolué. On appelle cela avoir le cul bordé de nouilles. Je navigue dans un milieu peu hiérarchique qui m&#8217;offre une liberté incroyable. Je passe pour certains pour un doux dingue, pour d&#8217;autres pour un chieur. Mon grand patron me surnomme le pilon, en hommage à l&#8217;un de ses patients qui adorait se faire interner et décorait toujours sa chambre d&#8217;hôpital. Ma philosophie est la suivante: pourquoi travailler dans un milieu austère? Ne peut-on pas être à la fois farfelu et sérieux tout en restant crédible? Je passe plus de dix heures par jours dans mon bureau, bien plus qu&#8217;à la maison. Alors pourquoi ne pas me faire plaisir et évoluer dans un endroit gai (humour) et coloré? Un peu pédé tout ça. Et non, je ne travaille ni dans la mode, ni dans le spectacle.</p>
<p><center><img src="http://www.chondre.com/images/1501091.jpg" alt="" align="" /></center></p>
<p>Je me suis donc installé, petit à petit. Cadres, peluches géantes, tapis, photographies, lampes, fauteuils. Je suis libre et j&#8217;en profite. Je travaille dans un bureau Fisher Price et je m&#8217;y sens bien. </p>
<p>Assez bien pour ne plus avoir envie de rentrer chez moi en fin de journée. Snooze en est même effrayé et me fait souvent la morale. Je m&#8217;en tape le croupion sur la banquise jusqu&#8217;à faire des étincelles.  <img class="lmbbox_smileys_img" src="http://www.chondre.com/wp-content/plugins/lmbbox-smileys/smileys/tb/bye.gif" alt=":bye_tb:" /></p>
<p>Nous n&#8217;avons décidément pas les mêmes valeurs.</p>
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		<title>Les copains d’abord</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Oct 2008 13:25:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chondre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>
		<category><![CDATA[daske]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai toujours été très attaché à la notion de clan. A chaque période de ma vie, j’ai eu la chance d’être entouré d’un groupe d’amis fidèles. Je me souviens encore de François, Christian, Frédéric, Franck, Yan ou d’Anthony. Chacun de ces personnages était foncièrement différent. Ils ont tous contribué, d’une façon ou d’une autre, à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- no icon for 'Souvenirs' --><p><img src="http://www.chondre.com/images/2810081.jpg" alt="" align="left" />J’ai toujours été très attaché à la notion de clan. A chaque période de ma vie, j’ai eu la chance d’être entouré d’un groupe d’amis fidèles. Je me souviens encore de François, Christian, Frédéric, Franck, Yan ou d’Anthony. Chacun de ces personnages était foncièrement différent. Ils ont tous contribué, d’une façon ou d’une autre, à me construire et à forger mon caractère. Je les ai perdus de vue depuis longtemps, la vie écrémant l’entourage avec une facilité déconcertante. Je me souviens toujours avec beaucoup de nostalgie du <a href="http://www.chondre.com/2006/04/10/retour-sur-le-passe/">groupe</a> que nous formions à la Faculté. Ce groupe est toujours présent et compte beaucoup pour moi. Même si nous nous voyons tous un peu plus rarement, nous sommes capables de reprendre une conversation à l’endroit où nous l’avions laissé un an plus tôt. Rien n’est figé. Nous grandissons, nous rencontrons d’autres amis qui deviennent avec le temps des amis d’amis, notre carrière professionnelle évolue et/ou nous bâtissons une famille (dernière option réservée toutefois à la frange non déviante de la population). Des engueulades, des ruptures ou des disparitions viennent également pimenter l’existence. Une partie de mes indispensables, comme l’écrirait <a href="http://www.samantdi.net/dotclear/">Samantdi</a>, partage ma vie depuis une quinzaine d’années. Nous avons donc eu tout le temps d’apprendre à nous connaître et de nous apprivoiser mutuellement.  <span id="more-541"></span></p>
<p><img src="http://www.chondre.com/images/2810082.jpg" alt="" align="right" />Je me souviens parfaitement du jour ou Delphine nous a annoncé qu’elle partait s’installer à Clermont Ferrand. Elle rejoignait Nicolas et avait déjà trouvé un poste de pharmacien. Nous avons passé une dernière soirée en leur compagnie quelques jours avant son départ. Les adieux furent très douloureux. J’ai tout d’abord commencé par rougir. J’ai vite été submergé par l’émotion, un peu comme un môme sujet à un gros chagrin. Je n’ai pu m’empêcher de fondre en larmes, me transformant ainsi en une Miss France peu ragoutante recevant son diadème, option huitre dégoulinant des narines et regard de panda. Je ne pouvais me résoudre à l’idée de l’éloignement, même si j’étais le plus heureux des Alexandre. Elle s’installait avec quelqu’un de vraiment bien et elle était surtout épanouie. Kristel a également choisi l’option province pour se réfugier non loin de Béziers. <a href="http://www.chondre.com/2005/08/04/moustic-mous-eric/">Moustic</a> a disparu. De la daske company il ne reste donc plus sur Paris que le A et le S. Notre récent déménagement du boulevard de Picpus nous a également éloigné physiquement de Cécilou et sa petite famille, mais également <a href="http://www.chondre.com/2007/04/04/le-mystere-d%e2%80%99absinthe-76-ou-comment-se-faire-outer-en-beaute-en-trois-etapes/">d’Absinthe</a> et Blunt. La rupture a été très douloureuse, après avoir vécu des années en Ashram, les uns chez les autres. Nous sommes bien heureusement tombé dans un nid d’amis, coincés entre la rue Notre dame de Nazareth et l’hôpital Saint-Louis. Notre <a href="http://lestamaris.blogspot.com/">fils</a> chéri nous a même permis de rencontrer des personnages plus délicieux les uns que les autres.</p>
<p><img src="http://www.chondre.com/images/2810083.jpg" alt="" align="left" />Le temps réserve parfois de très belles surprises. La vie nous permet de croiser à nouveau des individus avec lesquels nous ne partagions pas spécialement d’atomes crochus. Ce fut le cas pour <a href="http://www.chondre.com/2007/05/21/trois-mariages-et-pas-denterrement/">Jérôme</a> qui était initialement un ami proche de Snooze. Nous n’avions malheureusement que des dégoûts en commun et nous étions, à l’époque, à deux doigts d’en venir aux mains. La vie de Snooze a été cauchemardesque pendant des années car il devait en permanence ménager la chèvre et le chou, et prévoir ses sorties en fonction, officiellement de ses amis, officieusement en fonction de son petit ami et de son ami. Il n’a jamais renoncé à nous réunir. Nous avons fini par nous réconcilier pour devenir les meilleurs amis du monde. Il fut même l’un des premier à connaître le lien qui m’unissait à Snooze. Son premier mariage fut l’occasion de retrouver Alexandre, un autre larron lui aussi rencontré à la Faculté de pharmacie. Jérôme épousait la funeste et glaciale Marjorie. Il a depuis divorcé (alléluia chakalakalaka boom), rencontré la charmante Agathe, l’a épousé et est devenu papa gâteau. Jérôme et Agathe se rajoutent à la liste des amis qui quittent Paris. Il a accepté un poste à Genève et nous conviait samedi dernier à fêter son départ. Crise financière, nouveau boulot ou fatigue, Jérôme semblait fatigué et ailleurs. Pas de larme (j’ai un peu grandi, si si). Jute un gros pincement au cœur et la promesse de vite se retrouver au pays du chocolat au lait, des montres et de l&#8217;argent sale.</p>
<p>A qui le tour maintenant ?</p>
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