J’ai fait un rêve ce week-end. J’errais dans les rues d’un petit village bourguignon. J’étais transparent. Personne ne pouvait me voir. Je me suis approché du grand portail en bois de notre maison. Mon père était dans le jardin. Il avait vieilli et regardait dans ma direction. Il semblait triste et fatigué. J’ai soudain été pris de violents maux de tête. Mon escapade provinciale nocturne m’a déclenché une migraine. Je me suis réveillé, ai planté une aiguille dans la cuisse pour calmer la douleur et me suis rendormi comme un bébé. Lire la suite du billet
Comme le dit le dicton sud-coréen, en avril, « passe ton temps à célébrer les cerisiers en fleur et pense à fertiliser ton jasmin si tu ne veux pas le voir crever en mai ou voir les chinois débarquer à Séoul». Après trois années passées à bloguer, voici déjà un an que nous avons acquis notre appartement à deux pas du canal Saint-Martin. La peur irrationnelle de nous retrouver à la rue m’avait alors poussée à forcer Snooze à acheter un appartement coute que coute. Quinze jours après avoir contacté une agence et visité seulement deux appartements, nous signions un compromis de vente. J’avais eu le coup de cœur pour cet appartement et je ne souhaitais pas qu’il nous passe sous le nez. Nous sommes alors entrés dans la spirale anxiogène que chaque propriétaire connait un jour : Peur de quitter son ancien logement, peur de se faire arnaquer par une bande de blaireaux (agence, vendeur,courtier), peur de prendre un crédit sur un nombre indécent d’années, fatigue intense, insomnies, être étouffé par les démarches administratives, devoir penser à tout. Toutes ces petites contrariétés étaient partiellement compensées par l’excitation du déménagement et par la possibilité de recréer un nouveau petit nid douillet rien qu’à nous. Il fallait trouver un entrepreneur sérieux et faire de nombreux devis. Nous savions exactement ce que nous souhaitions et nous laissions deux mois pour tout terminer. Lire la suite du billet
Le terme marronnier désigne généralement un article d’importance assez limitée consacré à un événement récurent. La plupart du temps les sujets traités sont assez fédérateurs, à l’instar de la rentrée des classes, des fêtes de fin d’année, du premier avril ou de la saint-Valentin. Le meilleur endroit pour en trouver est certainement le journal de treize heures présenté par Jean-Pierre Pernaut tous les jours de la semaine. Il est également possible d’en lire de nombreux sur les blogs. D’ailleurs, ce billet en est la parfaite illustration. Lire la suite du billet
J’ai mis de nombreuses années à connaître Paris. Je suis né dans le quinzième arrondissement et ai vécu ma petite enfance près de la rue d’Alésia. Mon père possédait un cabinet à Saint-Maure et ma mère travaillait à l’hôpital Broussais. Après une brève et laborieuse escapade en province, nous nous sommes installés dans les hauteurs du dix-neuvième arrondissement, avenue Simon Bolivar. L’appartement était magique. Nous avions une vue imprenable sur les toits de la capitale, du Sacré-Coeur au cimetière du Père Lachaise. Deux cents degrés de zinc, de tuiles, de cheminées et de monuments. C’est en rentrant au collège que j’ai commencé à m’affranchir de mon quartier. J’étais élève dans une école catholique de la rue de Chabrol, près de l’église Saint-Vincent de Paul. Le quartier était populaire. Le soir, nous parcourions souvent les petites rues situées entre Poissonnière et les grands boulevards. Lire la suite du billet
Certains se souviennent peut-être d’une série télévisée diffusée au début des années 90 sur Canal Jimmy racontant les mésaventures amoureuses d’un new-yorkais quarantenaire ayant passé toute son enfance devant son poste de télévision. Oui, Martin Tupper avait pratiquement été élevé par le petit écran. L’originalité de la série était justement de faire massivement références à d’autres séries d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Chaque fois que Martin (qui était vraiment chaud du cul) était face à une situation difficile, il se remémorait des scènes de vieilles séries Z qui sentaient pour la plupart la naphtaline. Lire la suite du billet
Je confiais récemment à -Nico- que j’avais l’impression d’être entouré de personnes bien plus avancées dans la vie et bien plus matures que je ne pouvais l’être à leur âge. Beaucoup ont moins de trente ans et sont déjà solidement installés. Ils ne sont plus étudiants, vivent en couple, ont des enfants ou possèdent leur appartement. Encore aujourd’hui, je n’ai pas l’impression d’avoir les obligations qu’un adulte devrait normalement avoir. Certainement parce que ma vie est un long fleuve tranquille. Certainement parce que j’ai eu la chance de faire les bonnes rencontres au bon moment. Certainement parce que, encore aujourd’hui, je ne suis qu’un étudiant attardé qui s’amuse d’un rien et passe son temps à chahuter avec ses amis ou ses camarades de travail. Lire la suite du billet
Le bonheur, c’est simple comme un coup de fil. Mes amis, collègues et connaissances ne cessent de le répéter. Il est quasiment impossible de me joindre en composant le numéro de mon téléphone portable. C’est un objet que je suis capable d’oublier pendant des semaines. Lorsque je l’allume, la messagerie est souvent saturée. Certains pensent que je les filtre et me font la gueule, d’autres m’appellent sur ma ligne professionnelle et tombent sur Nadine, mon assistante de l’espace. Ceux qui me connaissent bien patientent jusqu’à la fin de journée et composent le numéro de téléphone de notre appartement et sont certains de tomber sur moi. Lire la suite du billet
J’ai toujours eu beaucoup d’appréhension à pénétrer dans la période des fêtes de fin d’année. Ma situation d’enfant unique gravitant dans un foyer monoparental y était certainement pour quelque chose. Mes parents étant également enfants uniques, les réunions familiales transpirant le bonheur et la joie de vivre autour du sapin relevaient donc du pur fantasme. Le 24 décembre signifiait soupe à l’oignon et messe de minuit. C’est donc avec beaucoup de curiosité que j’observais les familles de mes amis de l’époque s’agiter fébrilement à transformer leurs appartements ou maisons en refuge du père Noël. Une curiosité teintée d’envie car moi aussi je rêvais d’un dîner autour d’une grande table, d’une montagne de cadeaux près de la cheminée, d’une maison verte et rouge, d’embrassades et de câlins. Le seul moment d’évasion se résumait à la diffusion des visiteurs de Noël l’après-midi sur la première chaîne. Je me souviens encore du générique chanté par marie Myriam, mais également de Pierre et Marc Jolivet et des deux marionnettes Sibor et Bora. Ultime fantaisie tolérée, j’avais le droit de décorer les carreaux de la fenêtre de ma chambre avec du blanc d’Espagne. C’était vraiment la fête. Lire la suite du billet
Je n’ai pas spécialement envie de m’étendre sur mes états d’âme, mais force est de constater que je navigue en période trouble depuis quelques jours. Bilan de fin d’année, bilan de trentenaire ou bilan de pré-déprime hivernale, je n’en sais rien. Je sais par contre que mon activité professionnelle est de plus en plus prenante et que je suis de moins en moins certain d’avoir les épaules assez solides pour tout supporter. Il y a toujours eu une émulation positive dans mon unité. Rien à voir avec un quelconque léchage de cul ou l’aiguisage d’un dentier acéré. Non. Juste une envie d’apprendre, d’être confronté à différentes missions, d’interagir avec de nombreux interlocuteurs et surtout d’éviter la monotonie dans le travail. Il y a aussi l’envie d’être écouté, d’être suivi, de peser dans la balance. Mais surtout, à l’heure où l’on parle de travailler plus pour gagner plus, mon domaine d’activité à un petit quelque chose en plus, l’éthique. Cela me plait bien de penser ça. Lorsque j’observe ce qui se fait parfois dans le milieu, j’ai parfois envie de vomir. Lire la suite du billet
Les vieux et moi (ou comment je vais gagner l’élection de Miss France Samedi soir)
Souvenirs 23 Commentaires »Je tiens avant tout à préciser que ce billet ne sera pas consacré à mes nombreuses partouzes sadomasochistes dominicales avec des nonagénaires incontinents sous pilule bleue. Lire la suite du billet











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