Rencontre (2)

Ceci n’est pas un blog

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Tout a commencé il y a plus d’un an et demi. Snooze prenait alors quotidiennement le temps de consulter certaines pages internet. Toujours en fin de soirée. Le même rituel. Il consultait les blogs de Matoo et de Ghost in the web. Je ne m’étais jamais penché sur ces fameux blogs. Cela n’avait pas beaucoup d’intérêt. Snooze à vite réussi à me convaincre et je me suis mis à lire moi aussi Matoo. Tout y passait ou presque. Une critique de livre, de film, d’exposition. Un passage de sa vie. Ses amis, ses amours, ses emmerdes. J’étais sur le cul. Lire la suite du billet

Numéro 75

Opéra, Rencontre Pas de Commentaire »

J’ai testé ce matin l’achat de billet pour Rigoletto le jour de l’ouverture de la vente et je n’ai pas été déçu, ou presque. Je me suis pointé vers 8h45 devant les portes de l’opéra. A ma grande surprise, il y avait déjà une foule assez importante devant les portes. Une personne m’a demandé si j’avais un ticket. L’organisation était parfaite. Des tickets officieux étaient fabriqués et distribués sur place par les premiers arrivés. J’étais le numéro 75. Lire la suite du billet

Sexy babies

Ailleurs, Go West, Rencontre Pas de Commentaire »

On peut vraiment croiser n’importe qui dans les supermarchés de San Francisco. Ainsi, Snooze et moi-même faisions gentiment nos courses au rayon surgelés du Safeway de Market Street quand deux délicieuses jeunes filles nous ont abordé. Sabrina (la blonde) s’était cassé un talon au rayon charcuterie. Elle avait presque autant de classe que la belle Tritinh Wanseng. Lire la suite du billet

L’hôpital

L'important, c'est la santé, Rencontre Pas de Commentaire »

Changement de saison, changement d’humeur, changement de thème. Visible après avoir purgé le caché.

Je pense très souvent à cette période.

J’avais demandé à changer de service après une dizaine de jours passés en psychiatrie. Un mois. Je devais rester un long mois dans ce service. Juillet allait être très long. Le personnel soignant semblait encore plus atteint que les patients. Je n’étais pas rassuré. Une nuit, ils avaient trouvé drôle de m’enfermer dans une chambre capitonnée les mains attachées par de vraies menottes à un lit. C’était le bizutage obligatoire.
Toutes les chambres n’étaient pas fermées. Certains malades erraient dans les couloirs. Je me souviens d’une patiente en particulier. Elle avait toujours un walkman dans sa poche. Elle écoutait en permanence l’aigle noir. Je me souviens également d’une petite grand-mère. Elle semblait très fragile. Soudain, elle a commencé à tout balancer dans sa chambre. Nous étions quatre sur elle et avions grand peine à la maîtriser. Il fallait être vigilant en permanence. Et ne jamais s’attacher aux malades.
Je me souviens également d’une salle réservée aux passeurs de drogue. Elle était remplie de sud-américains. Ils remplissaient des préservatifs avec de la cocaïne, fabriquaient de petites boulettes qu’ils avalaient. Ils pouvaient en avaler des dizaines. Si le préservatif lâchait, ils mourraient. Ceux qui étaient dans notre service avaient tous été dénoncés. Ils restaient le temps de chier leur drogue. Un mec était payé pour compter les boulettes.

Ce monde était trop dur pour moi. Je n’avais pas une carapace assez épaisse pour rester trop longtemps dans ce milieu. Je regrette cette capitulation. La psychiatrie est un domaine captivant.

J’ai donc atterri au bloc de chirurgie cardiaque le mois suivant. Travaillant de nuit, il n’y avait que des interventions d’urgence. Les nuits de transplantation de cœur ou cœur-poumons étaient rudes. Le personnel du bloc prenait soin de moi. Parfois, le chirurgien me demandait de m’approcher. Il m’expliquait ce qu’il faisait. Pas à pas. C’était passionnant. Lorsqu’il n’y avait pas de greffe, je remontais en réanimation cardiaque. Le personnel était jeune. J’ai vite appris que travailler dans un tel service était usant. Nous étions tous complices. Nous passions la nuit à courir. Nous devions faire des tours de garde interminables. Lorsqu’un tour se terminait, nous devions en recommencer un nouveau. Nous prenions grand soin des malades. Cette phrase peut paraître stupide lorsque l’on travaille dans un hôpital. Pourtant, prendre soin des patients, ce n’est pas seulement les soigner physiquement. C’est également les écouter, être attentif, les faire rire, les rassurer. Leur montrer que quelqu’un veille sur eux et qu’ils ne sont pas seuls. Simplement.

La fin du mois d’août approchait. Je devais quitter l’hôpital et mes nouveaux compères. Yan, mon meilleur ami de l’époque, et sa sœur Nathalie, m’avaient invité à passer quelques jours dans leur maison située sur l’île d’Oléron. L’endroit était idéal pour se reposer après ces deux mois intenses. Nathalie était venue avec sa fille, Clémence. Elle commençait à parler. Elle ne pouvait pas prononcer mon prénom. Alexandre était décidément un prénom trop compliqué. Trop de « xe » et de « re ». Il fallait qu’elle y arrive. Alechandle, échandle, chondle. Au bout de quelques jours, je m’appelais chondre. C’était bien plus pratique.

Le tourbillon de la vie

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Je passe quotidiennement plus d’une heure dans les transports en commun. Il m’arrive souvent de lire un bouquin ou le journal. C’est mon activité préférée avant d’aller travailler. Cela me permet de m’échapper et de me mettre de bonne humeur avant de retrouver une activité professionnelle parfois stressante. Il est parfois déchirant de quitter un univers ou l’on se sent en totale sécurité pour rejoindre les aléas de la vraie vie.
Lorsque je me déplace en métro ou en bus, je passe également beaucoup de temps à dévisager les gens qui m’entourent. C’est très compliqué à expliquer. C’est encore plus compliqué à écrire. J’observe les visages, je les décortique. Je retrouve des regards, des formes, des bouilles ovales à la Wallace, des houppettes à la Tintin. Chaque indice est bon à prendre. Un geste vif, un baiser furtif, un clin d’œil, un tatouage, une bague, un parfum entêtant, une odeur de cigarette ou même d’accordéon rance. Mon esprit semble flotter. Je commence à inventer des histoires. Je rêve tout éveillé.
Ces personnes qui me font face partagent ma vie pendant seulement quelques secondes. Elles ne le savent pas. Je les vole à leur propre existence. Ces individus vivent de leur côté, seuls, dans leur propre univers et ne se doutent pas une seconde que je leur invente une nouvelle vie. Je vampirise. Tout est indolore.
Les humeurs des voyageurs changent selon la période de l’année. Les voyageurs sont plus calmes et moins nombreux en été. Les visages bronzés semblent apaisés et rajeunis. Les Parisiens se mélangent aux nombreux touristes et autres promeneurs. On se bouscule, on s’excuse, on se sourit, on demande son chemin, on rate sa station, on commence à râler.
En plein hiver lorsque le froid est bien installé, les gens se ressemblent tous. Ils n’ont pas le temps de se dévêtir et restent emmitouflés comme s’ils se préparaient à un trek au Népal. Les cheveux dépassent des bonnets ou des chapeaux. Les traits sont tirés. Seuls les yeux semblent laisser transparaître l’âme du voyageur.

Hier, j’ai dévisagé une femme. Sa peau était aussi noire que l’ébène. Elle avait les traits fins. Ses yeux étaient verts. Elle était très belle. Mes yeux ne pouvaient pas s’écarter de son magnifique visage. Elle a rapidement laissé sa place à une autre femme, tout de cuir vêtue. Elle ressemblait à curieusement à Barbarella. Elle s’est installée face à moi, a posé sa paire de gants sur ses genoux. Elle fixait elle aussi une autre personne située derrière moi tout en écoutant de la musique. Ces deux personnes ne m’avaient pas remarqué. Nous avions pourtant vécu une histoire commune pendant quelques minutes. On s’est connu, on s’est reconnu, on s’est perdu de vue. Chacun est retourné dans son propre monde, en attendant de faire d’autres rencontres, jour après jour.

Merci Kozlika.

Wir lernen Deutsch

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Rolf und Gisela ping-pong spielen. C’est la première phrase d’allemand apprise à l’école. Et peut-être la seule retenue. En lisant les billets de Juju (sa Bavière, son bordel “d’amour”), j’ai repensé à mes expeditions en Allemagne.
Maman m’avait persuadé de choisir allemand en première langue en sixième. D’après ce que l’on disait, les classes d’allemand étaient bien meilleures. Avant de rentrer au cours Bossuet, nous avions acheté un livre d’apprentissage. « L’allemand en 90 jours et en 90 leçons ». J’ai commencé à me faire chier et à me perdre dans les déclinaisons dès les premiers cours.

J’ai ensuite passé deux années horribles. J’étais une véritable bite dans la langue de Goethe. Une bite tellement grosse que j’ai redoublé ma 5ème. La honte.
Ma mère a commencé à paniquer. Une amie lui avait parlé de l‘association culturelle franco-allemande pour la jeunesse. Cette association proposait des cours et des stages en Allemagne. On parlait de la République Fédérale d’Allemagne à l’époque.
J’ai donc été exporté dans le Schleswig-Holstein, près de Kiel, en août 1983 (patrie des zolies vaches blanches tachées de noir et du hareng). La ville s’appelait Bordesholm. Je ne me souviens plus du nom de la famille. J’ai véritablement adoré le style de vie. Les gens vivaient dans de grandes maisons. La région était magnifique, les gens charmants. Le matin, nous allions à l’école avec nos correspondants. L’après-midi, nous nagions dans le lac qui bordait la ville ou visitions les environs. C’était la première fois que je passais des vacances seul, sans mes parents. C’était la liberté.

L’expérience ayant été concluante, je me suis donc retrouvé dans la Sarre à Merzig lors des vacances de Pâques de l’année suivante. J’ai été accueilli dans la famille Schommer. La famille était catholique pratiquante. Herr Schommer était une sorte de sous-préfet affilié à la CDU. Frau Schommer était mère au foyer. Ils avaient deux enfants. Michael avait un an de plus que moi. Christian était le plus petit. Il avait une bouille de poupon. Cette famille était vraiment charmante. J’ai beaucoup appris en leur compagnie. Nous nous sommes liés d’amitié. Je me souviens des repas. Nous débutions toujours les repas par le bénédicité. Ils souhaitaient toujours que je le récite en français. Je ne savais pas trop quoi dire et je racontais souvent un maximum de conneries.
Je me souviens que Michael avait un « Oric Atmos ». C’était le super ordinateur de l’époque, après le « ZX Sinclair ». On pouvait programmer en basic. Il suffisait de relier la bête au téléviseur via la prise péritel. Je ne pouvais pas en avoir un à Paris car nous n’avions qu’une vieille télévision pourrie en noir et blanc sans prise péritel au cul. Je me souviens des après-midi passés devant la ZDF, l’ARD et RTL plus.

L’été suivant, j’ai encore changé de région et ai atterri près de Cologne chez des Ténardiers, à Hennef Gestingen. Mère et père psychopathes. 14 enfants adoptés. Tous plus ou moins débiles. Tous des connards. Nous dormions dans un dortoir. Cela sentait toujours la pisse. Ils avaient pris 3 français en même temps. Nous étions donc 17 mômes dans la baraque. Je n’ai jamais mangé une seule fois à table. Il fallait préparer sa bouffe et remonter manger dans la chambre sur son lit. Un rejeton encore plus taré que les autres travaillait dans un hôpital. Il devait être agent hospitalier. Il ramenait tout plein de trucs de l’hosto. Il nous avait emmené une fois. Il fallait pénétrer dans le local à ordures et récupérer le plus de conneries possible. Nous sommes sortis avec des sacs remplis de grosses seringues et avec un nombre considérable d’instruments venant de l’espace. Nous avons tout nettoyé une fois à la maison. C’était chouette, nous avions de nouveaux jouets. On pouvait s’arroser avec les grosses seringues de 50 ml. Cool. Quand j’y repense, j’en ai froid dans le dos. Follie ! Follie ! comme le dirait cette bonne vieille Violetta. Les normes sanitaires de l’époque n’étaient franchement pas les mêmes que celles d’aujourd’hui. Les instruments tranchants n’étaient pas déposés dans des récipients spécifiques. Se rendre en Allemagne pour quinze jours et revenir plombé par une hépatite, le HIV, ou n’importe quel virus ou sale bactérie. Trop fort.
J’ai finalement passé 15 jours avec des français et n’ai pas fait beaucoup de progrès en teuton cet été là. J’ai appelé à l’aide maman qui a débarqué au bout de 10 jours. Elle avait pris une chambre dans un hôtel près de la maison. Nous avons passé 5 jours ensemble à visiter la région.

Tous les ans à Pâques, je retournais chez Frau und Herr Schommer. Les étés, je changeais de famille. Je suis donc passé par Aachen, Hannover, Hamburg ou Bremen. J’ai rencontré à chaque fois des gens délicieux (bah, excepté à Hennef). J’étais passionné par l’Allemagne et sa culture. Je passais tous les mercredis après-midi dans les locaux de l’association pour y prendre des cours. Je partais même au ski dans le Tyrol.

Figure 1 : Impacts de Chondre en territoires germanophones (1983-1990)

Viva Germania

NDLR : Les étoiles rouges n’indiquent pas les bases militaires américaines mais les lieux de mes différents séjours entre 1983 et 1990.

En rentrant à la fac, je n’ai plus pratiqué cette belle langue. J’ai véritablement appris l’anglais en matant MTV et la BBC, et surtout en débarquant à l’INSERM ou la langue officielle du laboratoire était celle de Shakespeare. Nous parlions tous avec un accent universel. Il y avait des Indiens, des Israéliens, Brésiliens, Chinois, Allemands, Italiens. L’ambiance était formidable. Un véritable espace de tolérance et d’apprentissage.

Aujourd’hui, lorsque je souhaite m’adresser à un collègue allemand, je lui parle en anglais. C’est vraiment très con. Je comprends encore grossièrement, mais je suis plus capable d’écrire ou de parler un seul mot en allemand.

Es ist wirklich sehr traurig. Ich will wieder deutsch sprechen!

Je crois que je vais aller à la recherche de mon vieux bouquin d’allemand et retrouver mes vieux copains Rolf et Gisela.

Naked cow-boy (suite et fin)

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Ouhaaa trop fort. Le naked cow boy a un site internet. On peut même le trouver en compagnie des jumelles Olsen. Je suis trop fier d’avoir rencontré une telle vedette sur Time Square.
Un livre de prières est également à la disposition des visiteurs. Avec un peu de chance, il passera bientôt par la France.

A la demande générale (enfin, à ma demande), voici deux nouvelles photographies du cow-boy le plus viril de l’ouest. Quel homme!

yeah manyeah man

New-York New-York

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Je me souviens de ce mois d’octobre 2001. Nous avions prévu d’emmener ma grand-mère à New-York pour ses 90 ans. Elle s’était laisser convaincre. Sans peine. On lui avait proposé d’émigrer aux Etats-Unis dans les années vingt. Elle était pupille de la nation. Son papa s’était fait flinguer dans le dos par un anglais qui l’avait confondu avec un allemand quelques jours avant la fin de la guerre en 1918. Pas de bol. Elle avait toujours eu envie de mettre un pied à NY.
Nous sommes arrivés face aux guichets d’enregistrement. Un policier a vérifié nos passeports. Maman ne s’était pas assurée que le passeport de mamie allait se périmer pendant notre séjour. Elle ne pouvait pas partir. Ma maman m’a alors demandé de partir et de venir les chercher le lendemain à Kennedy Airport. Cela ne devait pas poser de problème pour refaire un passeport en urgence.

Ben si, justement.

Mamie avait un passeport émis en province et il fallait un minimum de 15 jours pour en émettre un nouveau.

J’ai flippé pendant tout le trajet. J’étais assis à côté d’une hystérique. Le lexomoule ne faisait pas d’effet. Nous étions en période de bonne grosse psychose et il restait encore de nombreuses tours à shooter. Je suis resté seul pendant une semaine à cloper comme un pompier et à bouffer de bonnes grosses merdes dégoulinantes de graisse. J’en ai également profité pour me balader dans des endroits inouïs que je ne connaissais pas. J’ai notamment fait la connaissance du « naked cow-boy ». Un gars qui chantait comme une truie mais qui en avait vraiment plein le slip.

Je me demande s’il ne bossait pas pour Ramon. Je vais poser la question à Tritinh.

et hop

Muriel

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C’était il y a quelques années. Muriel nous avait invité à son anniversaire. Muriel est la sœur de Moustic. Elle sortait encore une fois d’une crise. Nous pensions qu’elle était sur la bonne voie. Pas de la guérison. Ce n’était pas possible. Elle était en permanence sous camisole chimique. Ses grands parents lui avaient acheté ce bel appartement dans le 9ème arrondissement. Elle ne souhaitait pas être seule et le partageait avec une colocataire. Quelques mois auparavant elle avait ramené une bande de mecs du café du coin. Pendant qu’un type la pelotait sur son lit après l’avoir fait boire, les autres vidaient l’appartement. La colocataire s’était enfermée dans sa chambre. Elle a quitté l’appartement le lendemain. Affolée.

Muriel avait l’habitude d’appeler à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Si le téléphone sonnait à 4h du matin, c’était Mumu. Elle n’appelait pas suite à un problème. Elle appelait juste pour me raconter sa journée. L’argent n’avait pas de valeur pour elle. Elle était capable de claquer 20.000 balles en petites culottes. On lui avait récemment retiré son chéquier et sa carte de crédit. Qu’importe. Elle mentait et parvenait a soutirer de l’argent à n’importe qui. Sa famille avait beaucoup de moyens et elle le savait.

Le jour de son anniversaire, tous les poivrots du quartier se mêlaient à la famille et aux amis. L’appartement sentait le gros rouge qui tache. Moustic était dépité. Il ne le montrait pas. Nous avions tous l’habitude. Ils avaient organisé une grande loterie. Chacun tirait un papier au hasard. On pouvait gagner des boites de conserve de foie gras ou de confit de canard. Nous ne nous sommes pas attardés.

Le jour de l’enterrement de son père, Muriel était hystérique. Elle n’avait plus de parents. Elle était désormais orpheline, tout comme ses deux frères. Sa maman s’était suicidée lorsqu’elle était petite. Elle ne s’en était jamais remise. Elle passait entre les gens, le sourire aux lèvres. Elle était heureuse de présenter son nouvel ami, rencontré à l’hôpital quelques semaines plus tôt. Elle s’est soudain présentée devant sa grand-mère.

«Grand-mère, voici H. Je l’aime et nous allons bientôt nous fiancer ! ».

H semblait aussi dépressif que Muriel. Il était aussi vif qu’une huître mais il avait l’air gentil. Nous avons bien failli voir sa grand-mère défaillir. Deux morts dans la journée, c’était moyen.
H s’est cependant révélé être apaisant pour Muriel. J’ai cru comprendre qu’ils souhaitaient réellement se marier. Je n’ai plus de nouvelles de Muriel depuis que son connard de frère a rompu avec nous.

Cela n’a rien à voir mais j’ai lancé aujourd’hui une recherche internet sur ma Kathleen. Et d’après mes lectures, la Kathleen serait une bonne grosse salope de chez salope. Même po déçu.

L’école (II)

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J’étais dans le métro. Nous étions en septembre 1981. J’avais passé près de deux mois en Espagne chez François. C’était le jour de la rentrée. Maman et moi avions pris la ligne 11. Il fallait changer à République puis prendre la ligne 5 en direction d’Eglise de Pantin pour rejoindre la Gare de l’est. Je m’étais fait tirer les oreilles. J’avais deux ongles sales. Il fallait faire bonne impression. Ce n’était vraiment pas admissible.
Nous sommes finalement arrivés rue de Chabrol, devant le Cours Bossuet. J’allais y passer de très longues années jusqu’au Bac. Il y avait beaucoup de monde. L’école était très grande, bien plus grande que Saint-Jean Baptiste. Il fallait longer un long et étroit chemin bordé d’arbres pour arriver devant l’école. Il y avait un joli jardin au milieu. Tous les enfants étaient réunis devant le bâtiment principal. J’ai entendu mon nom. J’étais affecté en 6ème Mauve. C’était comme à l’armée. Je n’avais pas envie de parler. J’étais très timide. Je ne me souviens pas du nom de mes camarades, sauf de celui de Bénédicte. Elle m’avait donné un cochon d’inde. C’était mon premier animal de compagnie. Je n’ai pas aimé la 6ème Mauve. Je n’avais plus de repère. Le soir, je prenais le métro ou le 26 pour rentrer à la maison. Je n’avais plus de nourrice. Maman rentrait de l’hôpital vers 23h30. J’étais endormi depuis très longtemps.

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