Mon mari adoré a soutenu sa thèse. J’ai donc enfin la chance de partager ma vie avec un docteur qui ne va pas tarder à reprendre sa vie de patachon. Il faut dire que depuis le début de l’année, Snooze s’est brutalement assagi. Terminées les sorties en semaine (exception faite de la pause radio/Homomicro du lundi soir), les virées entre potes, les soirées passées devant ses consoles de jeux ou les brunchs dominicaux. Mon cher et tendre a même pris l’habitude de se coucher avant moi. Cette manie a fini par me poser quelques problèmes organisationnels car je ne supporte pas le contact physique dans un lit. J’ai ainsi réussi à imposer une taille minimale de matelas (160 cm), et espère rapidement transformer l’essai en achetant prochainement un lit king size. Jusqu’ici, je me couchais, m’endormais rapidement dans un coin du lit et Snooze me rejoignais en ayant pour consigne de squatter le côté opposé. Depuis quelques semaines, je le retrouve systématiquement entouré de gros coussins, la bouche ouverte, mi-sèche, mi-baveuse au centre du lit. Ma seule option était donc de rebrousser chemin et annexer le canapé. Mais cette période est maintenant révolue et j’ai retrouvé le confort du lit conjugal. Lire la suite du billet
…A qui sait attendre.
Je me souviens du jour de la soutenance de ma thèse comme si c’était hier. J’avais préparé une centaine de diapositives et je tentais désespérément de répéter la présentation, présentation prévue pour durer une heure. J’étais dans un état second car mon rhumatologue m’avait bourré de tranquillisants. Je sortais à peine d’une vilaine hernie discale et avalais des poignées entières de cachets pour me permettre de tenir debout. En résumé, mon sang était aussi chargé que celui d’Amy Winehouse, mon visage était grisâtre et mes vêtements un peu trop grand pour moi. Je venais de perdre presque quinze kilos en moins de deux petits mois et n’avais pas eu le temps de me refaire une garde robe. En résumé, je ne ressemblais à rien, sentais le pipi rance, et n’arrivais pas à voir le bout du tunnel. L’attente était insupportable. Je savais que j’allais passer à l’échafaud et mon cœur était à deux doigts de l’implosion. Pas toujours facile la vie d’étudiant. Lire la suite du billet
Je vis certainement aux pays des Bisounours, mais je ne bois toujours pas d’alcool (quoi qu’en dise ce gros baratineur de Snooze qui adore raconter que lors de la saint Sylvestre 1999, j’ai montré ma culotte après avoir trempé mes lèvres dans une coupe de Champagne), je ne fume pas et n’ai jamais consommé la moindre substance hallucinogène. Aucun pétard, pas de space cake ni de champignons rigolos, rien dans le nez ou les veines. Rien, nada, niet, que dalle. Ma sobriété a souvent été une source d’étonnement pour certaines connaissances qui ne comprenaient pas comment il était possible de s’amuser en soirée sans boire le moindre coup. Mon tropisme pour les bars est donc très limité. Je m’y suis presque toujours emmerdé, entre bruit, chaleur, hygiène douteuse et jusqu’à peu, fumée de cigarette qui pue, pique les yeux, se fixe sur les cheveux et flingue les vêtements. De plus, et alors que mes amis vendraient père et mère pour certains mélanges liquoreux exotiques, je n’y consomme généralement que du coca-cola light ou du lait chocolaté (ouhla, uniquement les jours de fête). Un peu monocorde tout ça tout ça. Lire la suite du billet
Attention, billet marshmallow, âmes sensibles, s’abstenir. 
La Toune est passé à la maison il y a quelques jours. A la base hétérosexuel, le bougre est tombé amoureux de Marc lors d’un récent séjour au ski, notamment en compagnie de mon mari et de Frédéric. Il se souvenait avec une pointe de nostalgie des premiers jours de romance. L’exploit était double car il était passé du côté obscur de la force et avait charmé Marc, militaire de carrière. Snooze lui rappelait à quel point ils se cherchaient et que leur couple était une évidence. Ils vivent maintenant dans le même appartement. Même topo pour Nono. Après avoir longtemps cherché le compagnon idéal, il semble être tombé sur la perle rare. Tout comme la Toune et sa Générale, Tout comme Snooze et moi, l’un semble être câlin, l’autre un peu moins. Chacun a les qualités de ses défauts, le tout s’équilibrant parfaitement. Lire la suite du billet
Cela fait des années que je tente d’imposer à ma mère un minimum de technologie à la maison. Elle est plutôt vieille école et refuse de se servir d’accessoires qu’elle juge inutiles. J’ai naturellement commencé par la case départ en passant un nombre incalculable d’heures en sa compagnie devant un écran d’ordinateur. Clavier, mulot, écran, bureau, internet. J’ai vite renoncé car elle ne faisait aucun effort. J’avais l’impression d’avoir à mes côtés un enfant totalement réfractaire au moindre enseignement. En résumé, l’électronique la barbe, et elle me le fait comprendre. Elle ne voit aucune utilité à se servir d’un programme de traitement de texte, à envoyer un e-mail, écouter de la musique ou même voir un film sur son ordinateur. Elle n’apprécie également pas voir les photographies sur un écran et préfère leur version papier, qu’elle peut ranger et classer dans de jolis albums. Elle regarde très rarement la télévision, ne s’informe que par un journal papier du soir et adore se réfugier dans le salon pour lire. Comme quoi, les petits plaisirs sont parfois très simples. Lire la suite du billet
Nespresso: l’art du café, mais également celui de prendre le bobo pour une vache à lait, et de se tamponner bien profond du recyclage des vilaines capsules de la mort qui tue.
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Il y a quelques années, je me suis réveillé en me faisant une sacrée promesse: arrêter de fumer. J’y pensais déjà depuis plusieurs semaines. Je fumais depuis une bonne dizaine d’année et être dépendant, d’une façon ou d’une autre à la cigarette, m’était devenu insupportable. J’ai eu rapidement envie de m’en griller une. J’ai bu un verre d’eau, puis deux, puis trois, puis quatre. Une fois la vessie pleine et prête à exploser, je me suis dirigé vers la pharmacie la plus proche, non pas pour acheter des couches pour adultes, mais une boite de substituts nicotiniques. Me coller un patch sur la fesse gauche n’a pas suffi à supprimer mon envie de clope. Je m’en suis donc collé un second sur l’autre fesse et un troisième sur le bras. Quelques heures plus tard, je tremblais comme une feuille et je tachycardais. J’ai tout arraché et ai tenté de trouver un autre substitutif. Je l’ai rapidement trouvé: le café. Lire la suite du billet
Je souhaiterais revenir sur le billet publié il y a une semaine, billet consacré à mon bonheur conjugal, en y apportant quelques modifications mineures. Je souhaiterais particulièrement m’étendre sur le côté belle au bois dormant de mon mari qui me broie les parties molles et intimes en permanence depuis plus d’une décennie. Snooze fait ainsi partie de la caste bénie des médecins pharmaciens vétérinaires qui a pour obligation d’écrire et de présenter une thèse d’exercice pour valider son diplôme. Un pharmacien sans thèse reste donc un vulgaire pharmacien et non un docteur en pharmacie. Tout est dans la nuance. Ses responsabilités peuvent être limitées et son salaire stagner. Cela fait donc plus de dix longues années que mon chéri a quitté la faculté, dix longues années que ma feignasse de mari refuse de se mettre à bosser le soir et valider son diplôme. Dix longues années qu’il cultive les escarres fessiers et les durillons en s’atrophiant le cerveau devant ses consoles. Car d’après lui, l’argent n’a pas d’importance, il suffit juste d’être heureux, aimé et épanoui dans la vie. Mon cul, oui. Moi, je veux un mari blindé de thunes ou pas de mari du tout. Je veux qu’il m’offre des bijoux et des robes Dior. Lire la suite du billet
J’ai longtemps et volontairement cloisonné ma vie. Je priorisais mes relations et veillais scrupuleusement à ne pas mélanger les serviettes blanches et les serviettes grand teint. Amis proches, connaissances de faculté, amis de laboratoire, amis rencontrés sur un lieu de travail, connaissances professionnelles, amis de Snooze. Tous avaient leur place, leur importance, et il m’arrivait très rarement de les inviter ou de les rencontrer ensemble. Lire la suite du billet
Je n’ai jamais compris ni pourquoi ni comment mon couple durait depuis aussi longtemps. Certes, je suis un homme unique, intelligent, formidable, cultivé, riche (intérieurement), sensible, beau, modeste et reste un dieu au plumard. Certes, sans moi, mon mari ne serait rien et pataugerait encore dans la fange. Je crois avant tout que nous avons beaucoup de chance d’être tombés l’un sur l’autre. Notre association est donc avant tout le fruit du hasard. De l’eau a coulé sous les ponts depuis ce mois d’octobre 1992, date à laquelle nous nous sommes embrassés pour la première fois. Nous avons commencé par sortir ensemble quelques mois après notre arrivée à la faculté. Nous ne nous sommes installés officiellement que cinq ans plus tard. Plus précisément, Snooze a commencé à squatter mon appartement d’étudiant, et nous avons vécu pendant plus de quatre ans dans un tout petit appartement que nous avions transformé en nid d’amour. Tout n’était qu’organisation, c’était une question de survie. Nous avions une chambre qui faisait office de bureau, de bibliothèque, de salle à manger et de salon. J’avais transformé ma cuisine en pièce à vivre. Nous nous sentions vraiment très bien et n’avons que très tardivement souhaité modifier nos habitudes. Car il fallait bien s’entendre et se comprendre pour vivre dans une telle promiscuité. Lire la suite du billet
Le soir où je me suis fait baiser par le mari de mon fils entre la place Vendôme et l’Opéra de Paris.
Groovy, Shaggy, Wizz 17 Commentaires »
Certains week-ends sont très mauvais pour les artères et le cul. Les deux derniers n’ont pas dérogé à la règle. Snooze a eu la délicate intention de nous convier chez son grand-père. Nono, mon fils adoptif, et son chéri, participaient à l’expédition. Lorsque nous partons chez son grand-père, Snooze se révèle être psychorigide à souhait. Il faut que, à juste raison, tout soit organisé au millimètre près afin que son grand-père ait le moins de choses à faire. Polo nous voit généralement débarquer avec des tonnes de victuailles, à son grand regret, car il adore cuisiner et nous gaver de sucreries. Chaque périple commence donc par la phase préparatoire des repas du week-end. Bibi (euh, c’est moi) est gentiment invité à faire les courses afin que le chef Snooze laisse délirer son génie créatif. Connaissant par cœur mon cher et tendre, j’essaye de lui préparer tout le matériel et les ingrédients dont il aura besoin à l’avance afin d’éviter de me taper un mari ronchon et bougon pendant des heures, mari qui me rendra automatiquement responsable du moindre problème ou contretemps. Le nain avait décidé de se lancer dans la préparation de tartes sucrées et salées. Il avait également pensé à commander de délicieux petits pains à notre boulanger, boulanger qu’il trouve charmant et très joli. Nous mangeons une quantité incroyable de pain et de brioche depuis qu’il s’est installé non loin de chez nous. C’est bon le pain! Lire la suite du billet
Cela m’arrache la gueule de l’avouer, mais je commence à me sentir à l’aise et surtout à apprécier mon nouveau quartier. Le canal Saint-Martin se révèle être un lieu de villégiature très chaleureux et surtout très vivant. Les bobos parisiens, dont je fais fièrement partie, y trouvent leur bonheur au quotidien. Entre les épiceries bio, les boutiques de décorations, les cafés branchouilles et la multitude de magasins très commerce équitable, tout est réuni pour attirer et fidéliser cette population de consommateurs. Sans compter sur le charme de l’hôtel du nord, des écluses et des petits parcs, ou de la possibilité de pique-niquer le soir sur le bord des berges en été. Les amateurs de course à pied sont également gâtés. Le parcours longeant le canal entre République et la Villette est idéal pour se décrasser les poumons. Cerise sur le gâteau, la place de la République est desservie par de nombreuses lignes de métro et de bus, et seules dix petites minutes de marche sont nécessaires pour rejoindre le centre de Paris. Dans mon quartier, les femmes et les pédés sont des princesses, on ne paye pas d’impôts, tout le monde est heureux, on marche sur l’eau, les oiseaux étendent le linge et le soleil brille en permanence. Fin de l’encart sponsorisé par la mairie du dixième arrondissement. Lire la suite du billet
Je me souviens avoir récemment abordé le sujet de mon ami d’enfance François. Ses parents avaient émigré en France au tout début des années soixante-dix. Ils vivaient alors en Espagne, n’avaient pas une vie folichonne et espéraient, comme beaucoup à l’époque, que la France allaient devenir pour eux un nouvel Eldorado. Ses parents n’avaient pas débarqué seuls à Paris. Oncles, Tantes, frères et sœurs s’étaient installés ou avaient prévu de s’installer en France, dans le même immeuble situé à deux pas des Buttes Chaumont. Ils formaient donc une véritable mafia ibérique. Chacun vivait chez l’autre. J’adorais cette atmosphère qui tranchait avec celle un peu coincée qui régnait à la maison. Chez François, c’était toujours la fête du slip. On chantait, on parlait fort, on se chamaillait, on se parlait par la fenêtre, on criait, en espagnol, en Français, on ne s’ennuyait jamais. Tout était follement exotique pour moi (sans mauvais jeu de mots). Ses parents m’avaient un peu adopté. La réciproque était vraie car François m’accompagnait toujours lorsque je partais en vacances en province pendant l’année scolaire. Lire la suite du billet
Je me suis toujours demandé si ma famille avait eu une influence sur ma sexualité. Etant issu d’un foyer monoparental, toutes les conditions étaient réunies pour faire de moi un dangereux délinquant. Ainsi, d’après certaines études, les jeunes issus de foyers monoparentaux sont plus souvent obèses, consomment plus et plus tôt de l’alcool, fument plus, cèdent plus facilement aux drogues illicites, associent plus souvent les substances psychoactives (alcool/tabac/cannabis), sont en échec scolaire, ont une propension à la dépression, font des tentatives de suicides, sont plus violents et cerise sur le gâteau baisouillent comme des lapins myxomateux en changeant fréquemment de partenaire. En résumé, Vénus était en Mars et les planètes contre moi: Mesrine n’était qu’une grosse tafiole comparé au monstre que j’allais devenir: un gentil pédé qui se mouche en disant toujours bonjour à la dame. Lire la suite du billet
Tout le monde sait ça. Les hommes et les femmes ne sont que d’affreuses bêtes libidineuses gorgées de pensées olé olé, assoiffées de sexe et prêtes à tout pour assouvir leurs envies de galipette. Pourquoi deux individus s’attirent-ils mutuellement? Existe-t-il une compatibilité prédéfinie? Mon mari va-t-il enfin trouver le chemin du supermarché? Dieu existe-t-il, telles sont les questions fondamentales auxquelles je vais tenter de répondre.
Tout d’abord si l’être humain est bien une machine faible et perverse (donc coupable), il ne serait pas totalement responsable de ses actes d’après certaines études. Un facteur intrinsèque d’une importance considérable doit être pris en considération. Et si, tout comme les papillons, l’homme secrétait de petites molécules capables de modifier le comportement de son environnement? On savait déjà que les femelles du ver à soie utilisaient de manière très subtile ces mystérieuses molécules pour attirer les mâles et se reproduire. L’idée d’un langage secret composé de substances chimiques sans odeur détectable et destinées à la communication entre individus d’une même espèce refait surface. On appelle ces substances les phéromones (rien à voir avec les odeurs dégagés par les utilisateurs du RER A en fin de journée estivale), du grec Pheran (transférer) et Horman (exciter). J’ai donc conclu avec mon mari et suis resté plus de quarante deux ans en sa compagnie juste parce que nous étions phéromocompatibles. Rien à voir avec une quelconque complicité, de l’amour ou de la passion. Rien, que dal, nada, niet, juste du chimique. Même chose pour l’élection de notre Président de la République. Lire la suite du billet
C’est un nouveau marronnier. Celui-ci dure depuis vraiment très longtemps, quelques jours avant l’accident d’iceberg qui causa le naufrage du Titanic. Depuis le 15 février 1912 exactement, date à laquelle naquit ma grand-mère. J’ai une relation très particulière avec elle car elle a commencé à m’élever le jour ou mes parents ont décidé de jouer la « Guerre des Roses ». Elle m’a appris à lire et à écrire, m’a accompagné dans ma scolarité, et m’a fait visiter les quatre coins du pays. Je pense lui avoir permis de passer le douloureux cap causé par la disparition de mon grand-père. Je me suis inconsciemment substitué à lui et lui ai permis en retour d’avoir une vie plus active. Elle a toujours été présente, dans les bons et les mauvais moments. A maintenant quatre vingt dix sept ans, elle continue à vivre seule en Corrèze. Elle met un point d’honneur à faire sa marche quotidienne, passe ses soirées à lire pour entretenir sa mémoire et laisse peu de personnes s’occuper de son jardin. Elle a cependant arrêté le vélo il y a quelques années, pour notre plus grand soulagement. En fin d’hiver, elle loue un appartement sur la Côte d’Azur pour se refaire une santé. Lire la suite du billet




