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Quatre-vingt dix huit

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Nous avons célébré les quatre vingt dix huit ans de ma grand-mère il y a une dizaine de jours. Nous avons changé de quartier général il y a deux ans. Nous avons pris l’habitude de nous réunir dans une vieille brasserie parisienne située non loin de notre appartement. La clientèle est composée de fidèles habitués très vieille France. On s’y rend après la messe, pour se réunir en famille ou encore célébrer un événement. La réunion était à marquer d’une pierre blanche pour trois raisons : la première était bien entendu la nouvelle étape franchie par ma grand-mère, se rapprochant lentement mais surement de ses cent ans auxquels elle tient comme à la prunelle de ses yeux ou encore à sa dose quotidienne de beurre (contrairement aux idées reçues, les graisses animales semblent conserver). La seconde était plus personnelle. Ainsi, et après presque vingt années de mariage officieux, ma mère considère-elle enfin Snooze comme faisant partie de la famille, et l’a naturellement convié à se joindre à nous. Je garde enfin le meilleur pour la fin. Ce déjeuner était le baptême du feu pour G, le nouveau compagnon de route de ma petite maman : il allait officiellement m’être présenté, présenté à Snooze, mais également à la meilleure amie de ma mère. Trois sorties du placard pour le même prix. Fortiche maman Chondre.

Ma grand-mère était naturellement enchantée d’être le centre de toutes les attentions. Elle avait veillé à changer les piles de son appareil auditif afin de ne manquer aucune conversation. Elle fait partie des personnes qui se satisfont de leur surdité, surdité leur permettant de s’isoler de temps en temps et surtout de ne pas entendre les inepties éructées par leurs entourages. La dernière fois que nous avions organisé un dîner tous ensemble fut à l’occasion du dernier réveillon de Noël. Cette soirée fut particulièrement glauque. J’avais alors passé une quantité incroyable de temps et d’énergie à préparer le repas, trouver les cadeaux idéaux, mais également mettre en ordre notre appartement. Tout était réglé : mes ascendantes étaient conviées à dîner et devaient naturellement passer la nuit à la maison. Ma mère en avait décidé autrement : 19h00, arrivée. 19h30 Apéritif. 20h00 entrée. 20h30 plat. 21h00 Ouverture des cadeaux. 21h30 dessert. 22h00 ma mère contacte sans me prévenir une compagnie de taxis. 22h07 : Départ. Ma grand-mère était triste et déçue de partir aussi tôt car elle se faisait une joie de passer une nuit chez son petit fils. Pour ma mère, il était inutile de discuter. Mamie était une personne très âgée, donc fragile. Elle devait rentrer à la maison et se reposer. Ita Missa Est. La messe de minuit était dite. Amen.

J’ai soudainement compris l’origine de mes névroses en me retrouvant seul à la maison un 24 décembre au soir et me suis juré de ne plus jamais organiser un réveillon.

Cette fois-ci, nous étions tous coincés au restaurant, et ma mère ne pouvait pas trouver un prétexte valable pour s’échapper rapidement du repas. G est arrivé en retard car il devait s’occuper de sa femme avant de nous rejoindre. Oui, G est encore marié, et c’est tout le problème. Cela fait maintenant plus de dix ans que sa femme est un légume. Rencontrer ma mère fut certainement pour lui une bouffée d’oxygène. N’ayant jamais posé la moindre question sur lui, j’ai appris de la bouche de ma grand-mère qu’elle le connaissait depuis l’âge de neuf ans. Ma mère connaitrait donc G depuis plus de soixante ans. Leurs chemins se sont séparés lorsqu’ils se sont mariés. Il appelle maintenant ma maman sa princesse et lui caresse de temps en temps la joue. Si la sensation est curieuse, elle n’est toutefois pas urticante.

Si ma grand-mère était ravie d’être la vedette du jour, il en était de même pour ma mère qui n’a pu s’empêcher, comme tous les ans, de faire comprendre à nos voisins de table et au serveur que sa mère avait presque cent ans. Elle adore tout particulièrement qu’on lui dise que sa maman ne fait vraiment pas son âge et qu’il est vraiment beau de vieillir ainsi. L’apothéose est généralement associée au dessert car il y a de fortes chances qu’il soit apporté avec une bougie plantée dedans. Ma grand-mère s’en moque. Elle est simplement heureuse de voir son entourage heureux. Je le vois dans ses petits yeux noisette qui ne cessent de briller.

Ma grand-mère, je l’aime très fort. Peut-être un peu con de le dire ou de l’écrire. Je n’oublie pourtant jamais de lui rappeler avant de raccrocher le téléphone ou de la quitter. C’est une personne bien. Une vraie gentille. C’est sans doute la raison pour laquelle ma mère lui a confié mon éducation. Elle m’a appris à lire, à écrire, et m’a fait visiter les quatre coins du pays, à l’image de l’ouvrage qu’elle lisait lorsqu’elle était petite « Le tour de la France par deux enfants » et qu’elle n’a pas manqué de me faire , même si très peu adapté à notre époque. Elle est fière de son petit-fils. Je sais qu’elle adore passer du temps en ma compagnie.

Moi aussi. Je capte les moindres secondes comme si ces instants étaient les derniers. Des petits atomes de bonheur. Personne n’est éternel et je sais pertinemment que je serai dévasté le jour ou elle partira. C’est pour cela que, égoïstement, j’en profite le plus possible. Je lui fais des câlins, je l’embrasse, je la regarde longuement, je lui prends la main. Quatre vingt dix huit, oui, c’est un bel âge. Mais mamie, elle s’en moque de son âge. L’important reste qu’elle puisse encore s’occuper de sa maison et de son jardin, cuisiner ses petites tartes aux pommes, et surtout qu’on la laisse tranquille lorsqu’elle allume son poste de télévision et regarde « Questions pour un champion ».

En attendant quatre vingt dix neuf ou cent. Vivre aussi longtemps tout en restant indépendant, physiquement valide et sans sucrer les fraises. C’est tout le mal que je me souhaite.

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Gossip Guy

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Certains journalistes reprenaient la semaine dernière un article publié dans Libération. D’après Andréa Fradin, les réseaux sociaux auraient laminé les blogs. Ainsi une étude du “Pew Research Center” aurait-ele révélé que la jeunesse américaine se détournait en masse des blogs pour principalement se diriger vers Facebook. D’après le quotidien, et selon cette analyse, le nombre des 12-17 ans actifs sur un blog s’est réduit de moitié en seulement trois ans. La journaliste a souhaité enquêter en profondeur sur la mise en bière des blogs à papa par les Facebook juvéniles ou les Twitter technophiles. Premier exemple, le grand, l’unique, le sexy, l’inénarrable Loic Lemeur. On apprend que son blog s’est métamorphosé avec le temps avec notamment la mise à disposition d’outils permettant de suivre en temps réel les profils Twitter et Facebook du blogueur. Quelle nouveauté.

Ce n’est pas la première fois qu’un article est consacré à la mort supposée des blogs. S’il est bien entendu évident que le blog a évolué, il n’a pas disparu pour autant. Lorsque j’ai commencé à écrire, je suivais un nombre très réduit de blogs: Ghost in the Web, Embruns, Kozlika et bien entendu Matoo. On pouvait certainement parler d’âge d’or. Certains se sont lancés sur le créneau en rêvant d’être aussi lus, respectés et surtout populaires que les blogueurs qu’ils suivaient, sans forcément en avoir le talent. On a ainsi pu découvrir pléthore de clones Matoo, clones qui ont naturellement tenté de copier l’original avec bien moins d’inspiration et de succès, en mêlant billets dits privés, soupçon de cul, critique(s) de livres, de spectacles, de films, ou billets plus décalés. Certains, plus fainéants, se contentaient uniquement de reprendre les billets d’autres blogueurs, de ne publier qu’une photographie supposée amusante, une vidéo vue mille fois sur Youtube, les gros titres de l’AFP ou encore de donner la tendance météo de la semaine. On appelle cela du saprophytisme. Seulement voila. Si l’original est toujours présent, les autres sont morts et enterrés depuis bien longtemps. Tout comme les coucous qui squattent les nids des autres oiseaux, ces derniers sont rapidement passés à une autre forme de communication en investissant massivement les systèmes de micro blogging et autres réseaux sociaux, le ratio effort/impact étant maximum. En attendant le prochain système.

D’autres se sont laissés piéger par l’appât du gain, même très modeste. Pensant être influents, ces blogueurs ont commencé à publier des billets sponsorisés en échange de places de cinéma ou de bons d’achat, et se sont régulièrement retrouvés dans des soirées à la mode remplie de personnes très influentes à se gaver de petit-fours pas toujours très frais ou de mousseux tiède. D’autre ont encore confondu Réseau G/Meetic et Blog. Une sorte de paradigme de l’ascension sociale ou de la coucherie instantanée. Car si lassitude il y a, elle est certainement due à l’effort et à l’investissement nécessaires pour entretenir un blog. Ecrire un billet prend beaucoup de temps. De plus, bloguer ne se résume pas uniquement à la publication régulière d’articles. C’est avant tout un échange, en répondant le plus possible aux commentaires, mais également en commentant les billets d’autres blogueurs. Oui, bloguer est en quelque sorte synonyme de partage. Sans compter sur les petits imprévus, comme la gestion de l’outil de publication ou la perte de données parfois responsable de sueurs froides. Quant à l’investissement financier, se lancer dans l’aventure peut-être comparable à l’entretient d’une danseuse.

L’article de Libération est conclu de la façon suivante: “Reste que de nombreux blogueurs mettent la clé sous la porte. Et si les réseaux sociaux en ont capté une grande partie, l’arrêt des partisans les plus acharnés du blogging ne saurait se résumer à l’attrait de ce nouvel eldorado numérico-gazouillant. Plus prosaïquement, après des années de publications quotidiennes et de réponses aux commentaires, l’excitation laisse place à une certaine lassitude. Et les blogueurs font un truc de fou: ils basculent dans la real-life, dans la vraie vie”

Allo la terre, ici Soyouz. Andréa Fradin aurait peut-être été plus inspirée en contactant d’autres représentants de la bloguosphère, et constater que c’est souvent fromage et dessert. La république des Blogs, Paris Carnet ou même le groupe des proselytes lyriques sont de parfait exemples. Je reste certainement très naïf, mais je n’ai jamais été déçu par les personnes rencontrées via le blog. J’ai même la chance de m’être fait de vrais amis. Quant au secret pour rester jeune, beau, riche, en bonne santé et continuer à bloguer? Certainement ne pas se poser trop de questions existentielles, même si cela peut parfois aider à écrire. Se faire plaisir, s’amuser, continuer à échanger, publier à son rythme, ne pas mentir, ne pas tricher, et surtout ne pas vendre son âme pour quelques Kopecks un peu pourris. Et rien n’empêche de continuer à bloguer et d’ouvrir un compte Twitter ou Facebook. Les trois outils sont même très complémentaires.

Quant à la fin, elle arrivera certainement un jour. Comme pour tout. Pour conclure, et comme je l’écrivais la semaine dernière sur Twitter, je suis encore blogueur et fier de l’être, donc profondément has been, et je vous encule.

Voila, c’est (re)dit.

XOXO

Gossip Guy

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Coming out, le retour

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Je me souviens parfaitement du jour où j’ai fait mon coming-out. Je suis sorti du placard en deux temps. J’ai tout d’abord appelé tous mes amis un après midi, un à un. La tâche n’était pas si facile que cela car Snooze et moi faisions partie d’un groupe vraiment très soudé. J’avais ainsi peur qu’ils ne comprennent pas pourquoi nous leur avions caché la vérité pendant presque sept années. Je ne comprenais pas moi-même comment nous avions pu en arriver là. J’avais certainement honte de ce que j’étais, et ne m’assumais certainement pas encore.

Une fois cette douloureuse première étape franchie, j’ai pris mon courage à deux mains et ai annoncé la nouvelle à ma mère lors du diner. Elle ne semblait pas s’en douter et se masquait la réalité comme la plupart des parents. Tant que l’annonce n’est pas faite, il y a encore un infime espoir.

Elle a commencé à se reprocher un nombre incalculable de choses, comme si elle était responsable de mon penchant assez prononcé pour la bite, du cancer ou de la faim dans le monde. Elle a ensuite réalisé qu’elle ne serait jamais grand mère. Elle était à la fois triste et déçue. Je l’étais également, même si cette pilule au goût amer semblait être avalée. Le lendemain, elle s’est malheureusement transformée en Gremlin à crête blanche (sans avoir mangé après minuit ou sauté dans une piscine), en jurant sur ce qu’elle avait de plus cher qu’elle n’accueillerait plus jamais mon amant sous son toit. Ambiance.

Elle n’a ainsi pas revu Snooze pendant trois longues années.

Samedi midi, ma douce maman a fait son coming-out. Non, elle ne m’a pas confié qu’elle était en couple avec une lesbienne depuis des années. Elle m’a juste présenté presque officiellement son nouveau compagnon, venu lui rendre visite à l’improviste alors que je lui rendais également visite à l’improviste. Je me doutais bien de quelque chose en arrivant. Ma mère assez guillerette, a paru déçue lorsqu’elle m’a ouvert la porte. Elle était vêtue d’une robe noire sobre et classe, de quelques bijoux, parfumée et impeccablement coiffée, l’ensemble étant assez inhabituel pour un samedi après-midi ordinaire.

Cela fait environ cinq ans que je me doute de quelque chose. Des photographies, des messages sur son répondeur, des SMS. Les deux tourtereaux étaient amis lorsqu’ils étaient étudiants, et se sont perdus de vue avec le temps. G a retrouvé ma mère par hasard. Leur relation est très compliquée car il est encore marié. Détail qui a de l’importance: Sa femme est un légume depuis presque vingt ans. Ils se donnent donc rendez-vous le week-end et semblent pleinement se satisfaire de la situation. Un peu comme Poupette et son fameux backstreet :laugh_tb: dans la Boum, quelques années en moins.

J’avais déjà eu entre mes mains une photographie très peu flatteuse du gaillard. Je ne comprenais vraiment pas ce que ma mère pouvait trouver à un troll dans son genre. Mon père valait mille fois mieux physiquement. Je me souvenais encore de ma mère bavant sur feu ma belle mère :

« Être remplacée par un mannequin, passe encore, mais par le plus hideux des boudins, c’est très humiliant. Elle doit certainement avoir des qualités exotiques que je ne possède pas »

Pan dans les dents.

G est entré dans le salon et m’a serré la main de façon très virile. Je lui ai laissé la place sur le canapé, et me suis assis dans un fauteuil près de ma grand-mère. Le couple ressemblaient à deux adolescents pris la main dans le pot à confiture. Plus G se rapprochait de ma mère, plus elle se décalait. Elle est rapidement arrivée à l’extrême extrémité du canapé et s’est soudainement (et dignement) levée, prétextant un coup de téléphone à passer, avant de se retrouver les fesses sur le tapis. Mon chat Phobos a profité de l’occasion pour prendre sa place. G tentait péniblement d’amorcer la conversation. Je savais qu’il savait que je savais qu’il savait pour moi et Snooze, mais nous n’avons jamais évoqué ma situation maritale.

Le physique de G est assez particulier. Il est petit, semble trapu, et fait partie de la mystérieuse secte des camoufleurs. Ses cheveux ont ainsi une horrible longueur lui permettant de masquer une légère calvitie. Cerise sur le gâteau, il semble être accro à la teinture. Si sa barbe de trois jours est poivre et sel, il ne possède pas le moindre cheveu blanc. En résumé, il est vraiment très vilain, le fruit d’un malheureux croisement entre Michou et Valentino. Ma grand-mère a mis les pieds dans le plat en trouvant extraordinaire cette absence de signe du temps. Il a commencé par rougir, puis s’est maladroitement justifié. Personne n’a été dupe, sauf peut-être ma mère, qui sort donc avec un adapte (honteux) du Régécolor.

Je ne me suis pas attardé, et suis vite rentré à la maison pour apprendre la nouvelle à Snooze.

Nous allons prochainement nous revoir pour fêter les quatre vingt dix huit ans de ma grand-mère.

Mon mari est même chaleureusement convié. Comme quoi, tout évolue, sauf heureusement la mode de la teinture camouflage chez les hommes. :king_tb:

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Le jour ou j’ai taillé un short à une vieille salope

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Enfourcher mon vélo tous les matins me permet à la fois de me passer des services de la régie autonome des transports parisiens et de pratiquer une activité sportive régulière. Qu’il vente, pleuve ou neige, je n’hésite jamais une seule seconde. Je connais le parcours par cœur et tente ainsi d’éviter quotidiennement tout incident : ouverture rapide de porte, sortie de voiture, piéton imprudent ou animal de compagnie. J’ai déjà été l’innocente victime de piétons et me suis retrouvé à plusieurs reprises le cul à terre, pantalon déchiré, coude ou paume ensanglanté(es). Même en respectant scrupuleusement le code de la route, il est par définition impossible de gérer l’imprévu : alcooliques titubants sur une piste cyclable, nuisibles divers et variés qui tentent de faire tomber les cyclistes en donnant des coups de pieds dans les roues ou en projetant au dernier moment une poubelle face au vélo, mères de famille qui pensent que les pistes sont uniquement réservées aux poussettes, ou enfin autres cyclistes qui empruntent une piste à sens inverse. Lire la suite du billet

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Qui veut gagner des millions ?

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L’ensemble des établissements bancaires souhaite une merveilleuse année à tous les salauds de pauvres qui ont systématiquement recours aux services et facilités qu’ils proposent. Oui, la fin d’année a été dure, oui, il faut joindre les deux bouts, mais non, le consommateur débiteur chronique n’est pas sans ressources car Alléluia, Dieu est grand, de multiples solutions existent. Tout est très simple, il suffit de signer un formulaire pré-rempli et l’envoyer par la poste à la société FINAREF. Car Monsieur FINAREF pense à moi tous les trois mois en m’envoyant une demande d’ouverture de compte Mistral. Monsieur FINAREF est vraiment chou tout plein. Cette offre, vraiment irrésistible, m’accorde trois privilèges incroyables. Lire la suite du billet

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Idée un peu à la con (the Hangover)

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Il ya certains jours ou je ferais mieux de rester au lit et de ne pas sortir de notre appartement. J’avais cette idée en tête depuis quelques temps. J’avais envie de le faire car je pensais que l’acte était réversible. Cela faisait même partie de la petite liste des choses un peu crétines que je souhaitais réaliser avant mes quarante ans, comme un saut à l’élastique, un voyage au Japon, la traversée de la Chine en train, me marier ou avoir un enfant. Je pensais que j’aurais alors l’impression d’être un grand rebelle, et de contraster ainsi avec ma tête de premier de la classe. Je me suis donc rendu chez Abraxas (dont le slogan est « ça fait mal, mais c’est bien fait ») dimanche en fin d’après-midi, ai eu un peu peur de tomber comme une tapette et faire un malaise vagal (même si très à la mode cette année), mais suis finalement sorti de la boutique rassuré en compagnie de Snooze. Lire la suite du billet

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Là-bas là-bas dans la forêt, forêt

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Tout comme feu Patrick Poivre d’Arvor, je me suis fixé une date butoir pour mettre fin à ce blog: le jour ou je serai enfin capable d’écrire un billet clair et concis sur le temps qui passe et sur la mort. Seulement voilà, la tache n’est vraiment pas facile. Et merde. Lire la suite du billet

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Fan des années quatre-vingts

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…oui fan jusqu’au bout des seins.

Espace, frontière de l’infini vers lequel voyage notre vaisseau spatial. Sa mission: Explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d’autres civilisations, et au mépris du danger, reculer l’impossible. Musique du générique. Tudu dududududu, dududu, dududududu. Spok à l’inter. Téléportation. Zou. Lire la suite du billet

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La pause meridienne

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Snooze mériterait une médaille pour partager sa couche avec la mienne (je parle bien entendu de lit et non pas d’un truc blanc, épais et moelleux qui peut sentir au mieux le pipi rance ou le caca tiède). Etant à la fois insomniaque, victime de maux de tête et somnambule, je passe mes nuits à lire, à surfer sur internet, à écouter des podcasts ou à consulter les sites de télévision de rattrapage. Je m’endors comme un vieux papichou vers 22h00, un filet de bave coulant du côté gauche de ma bouche et finissant sur l’épaule droite de mon mari, enfin vers minuit jusqu’au lit conjugal. A partir de cette heure, ma nuit est morcelée: quarante minutes de sommeil pour vingt minutes éveillé, et cela jusqu’à 6h30, heure à laquelle je prends une douche ou un bain avant d’enfourcher mon vélo magique et partir pour une contrée provinciale un peu hostile (située juste après le périphérique parisien, au nord). Lire la suite du billet

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Comme d’habitudeuh

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Je me lève (j’ai mal dormi et suis vraiment très heureux de quitter la couette de bonne heure)
Et je te bouscule (pas franchement car tu dors de l’autre coté du lit)
Tu ne te réveilles pas (car tu as joué jusqu’à au moins deux heures du matin)
Comme d’habitude

Sur toi (le nain est tout mignon quand il dort)
Je remonte le drap (tous les matins)
J’ai peur que tu aies froid
Comme d’habitude

Ma main
Caresse tes cheveux (euh, ton crâne presque rasé)
Presque malgré moi
Comme d’habitude

Mais toi
Tu me tournes le dos (tu ronfles comme un porcinet)
Comme d’habitude

Alors
Je m’habille très vite (en vingt petites minutes)
Je sors de la chambre (sans faire de bruit)
Comme d’habitude

Tout seul
Je bois mon café (euh, juste mon actimel à la fraise)
Je suis en retard (je n’ai pas d’horaire mais adore partir à la fraiche)
Comme d’habitude

Sans bruit (juste le temps de te faire un bisou sur le bout du nez)
Je quitte la maison (en n’oubliant pas de descendre les poubelles)
Tout est gris dehors (et je retrouve ma bicyclette)
Comme d’habitude

Snooze est persuadé que la première fois que j’ai mis ma langue dans sa bouche était un seize octobre. Je pense qu’il se trompe et qu’il s’agissait plutôt d’un treize. Qu’importe. Cela fait maintenant dix sept ans que nous sommes en couple, pour le meilleur et pour le pire. Toujours pas pacsés, toujours pas mariés, toujours sans enfant. Nos amis proches savent que nous passons notre temps à nous chamailler. Ils savent également qu’il nous est difficile de nous passer l’un de l’autre. Nous avons étudié ensemble, nous avons presque les mêmes amis, nous habitons ensemble et nous travaillons ensemble. Si tout se passe bien, nous risquons également de finir dans le même caveau. Snooze est le seul et unique garçon avec qui j’ai eu une relation. Tout cela parait dingue, mais je n’ai couché qu’avec un seul homme dans ma vie. Que tout soit clair, partenaire unique ne signifie pas manque d’expérience, bien au contraire. Voir mes amis butiner me semble donc follement exotique. A l’inverse, je conçois parfaitement que ma situation personnelle puisse paraitre fort peu commune et tienne du miracle. Et des cierges, j’en ai beaucoup consommé. Des grands, des larges et des longs.

Tout n’a pas été rose dans notre relation. Il a souhaité y mettre fin à un moment où j’étais encore dans le placard. Il me veut plus démonstratif, aimerait me prendre la main dans la rue ou même m’embrasser. De mon côté, je suis toujours distant. Je n’aime pas spécialement le contact ni m’afficher. Qu’il soit un homme ne change rien au problème. Je ne suis pas un adepte de la soupe de langues gourmande et baveuse en public et ne vais certainement pas changer aujourd’hui. Il aime constamment sortir et être entouré d’amis gays. Je n’ai pas sa résistance, danse comme une truie et n’ai pas un tropisme particulier pour les bars. Ne buvant pas la moindre goutte d’alcool, me taper un nième Coca-Cola light dans un environnement pas spécialement glamour ne m’excite pas plus que cela. J’adore le titiller en lui disant que je déteste être entouré de clones rasés qui se reniflent le cul en buvant de la bière tiède dans les mêmes établissements glauques. Cette réflexion le met hors de lui. J’ai également pensé à arrêter notre relation, les quelques rares fois où j’avais l’impression de porter trop de choses sur mes épaules, sans aucun soutien de sa part. Snooze agit en enfant, et il me faut très souvent prendre la barre en bon père de famille. Gérer seul le quotidien et le matériel m’épuise parfois. Ces périodes de doute(s) me semblent très normales, et mêmes saines, après presque deux décennies passées en commun.

Snooze est profondément gentil et toujours disponible pour ses amis. Il prend toujours de leurs nouvelles, est attentif, disponible et s’inquiète souvent pour eux. J’aime lui rappeler qu’il se comporte différemment avec moi. Rien à voir avec une quelconque jalousie. Il sait tout simplement que presque tout est acquis avec son mari. Je fais partie des meubles, il le sait et parfois en abuse inconsciemment. Tout cela participe curieusement à son charme. Il vit de cette façon et je m’adapte très rapidement et surtout facilement. Son caractère est inconstant. Parfois en manque de tendresse, je le retrouve très câlin, un peu comme un enfant qui souhaite qu’on le serre très fort dans ses bras. Souvent ronchon et râleur, je le laisse parler sans trop l’écouter. Plus il s’emporte, plus je parle calmement. J’ai pris l’habitude d’être totalement imperméable à ses variations d’humeur. Ma façon à moi de me protéger un peu. Même si nous vivons constamment ensemble, nous avons eu l’intelligence de rester très indépendants. Je ne reste pas avec lui par dépit ou par habitude. Je reste avec lui parce que je l’aime, le respecte, et surtout parce que je ne peux concevoir de vivre avec quelqu’un d’autre. J’aime sa petite bouille, ses petites mains, son caractère de merde. Je l’ai dans la peau, je le connais par cœur, peut facilement anticiper ses attentes et la réciproque est vraie. C’est un avantage incontestable. Je sais également que je dois prendre soin de lui. C’est comme ça.

Demain matin, tout comme ce matin, Je me lèverai, je le bousculerai, il ne se réveillera pas.

Je suis bien persuadé que ce rituel n’est pas près de s’arrêter. C’est peut-être cela le bonheur?

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