Enculé de ta race (II)

Fiel Pas de Commentaire »

J’avais déjà abordé un problème similaire il y a quelques semaines. Mon boss m’a proposé de me raccompagner en voiture ce soir. Il possède une décapotable. Le temps étant clément, j’ai vite accepté. Nous roulions sur le périphérique. Une distance de sécurité était maintenue avec la voiture qui nous précédait. Soudain, une grosse Audi s’est mise à notre niveau et un mec s’est mis à hurler…

« Hey, les deux gros pédés, faut accélérer bande de connards !»

…comme si nous nous tripotions dans la caisse. Un ange est passé. Nous avons trouvé un nouveau sujet de conversation quelques minutes plus tard, sans toutefois aborder la réflexion du jeune conducteur de l’Audi. C’est très con, mais j’ai été blessé. Je suis descendu de la voiture. J’étais triste et haineux.

La France d’avant

Fiel, Vu, lu, entendu 1 Commentaire »

Lu dans « Le Monde » daté de mardi :

Ennuis d’argent, chronique société de L. Greilsamer :

« Dans la France d’avant, vous pouviez faire des études de médecine avec votre courage et votre intelligence et acquittant des frais d’inscription modestes à l’université. Aujourd’hui, vous n’avez quasiment aucune chance de franchir le cap de la première année sans suivre les cours d’un institut de préparation privé. Pour un semestre, cela vous reviendra entre 1000 et 1300 euros. »

De quelle France d’avant parle-t-on ?

La France de l’après guerre ?

Il était alors très difficile de s’orienter vers certaines professions sans argent. Médecine ou droit étaient des voies réservées et les enfants issus des classes modestes se songeaient même pas à s’y aventurer. On se dirigeait alors vers médecine ou l’école des bleues selon sa classe sociale. Ce fut le cas pour ma mère. Le mandarinat se transmettait de père en fils.

La France des années soixante-dix ?

Choisir d’être médecin ou pharmacien, c’est choisir de faire de longues études et donc de ne rentrer que très tardivement dans la vie active. Les bourses n’ont jamais permis de vivre décemment en étudiant. Choisir d’être pharmacien d’officine, ce n’est pas choisir d’être assistant. Comment un étudiant issu d’une classe modeste pouvait-il espérer pouvoir acquérir une officine ? Les élèves brillants mais sans argent ne pouvaient que choisir la voie de l’internat et rêver d’une voie hospitalo-universitaire.

La France des années quatre-vingt-dix ?

Les concours ont été officialisés depuis presque 10 ans. Un nombre limité d’élèves peut franchir le cap de la première année. A Paris V, plus de 1000 étudiants sont inscrits en première année. Seuls 220 auront la chance de poursuivre leurs études.
Les cours sont dispensés d’octobre à mai. Cela laisse quatre mois de liberté pour trouver un job d’été. Comme beaucoup d’autres, j’ai fréquenté ces écoles parallèles. A l’époque, nous devions nous acquitter d’environ 3000 francs par matière. Tout en sachant qu’en première année de pharmacie une quinzaine de disciplines sont enseignées, on fait vite le compte. Nous nous rendions à la faculté dans la journée et passions nos débuts de soirées dans ces écoles à faire du bachotage intensif. D’autres élèves avaient choisi de faire une ou deux années de préparation avant d’intégrer la faculté de pharmacie. Cette option était difficilement envisageable pour une grande majorité d’étudiant. De plus, si l’on échouait après deux premières années de pharmacie, on passait à médecine et vice-versa.
J’avais la grande chance de résider à Paris et donc d’éviter de longues heures de transport. D’autres amis proches habitaient en grande banlieue et passaient jusqu’à trois heures quotidiennes dans les transports en commun. L’argent a donc toujours été un moyen de sélection et il serait bien naïf de penser que la France d’aujourd’hui soit bien différente de la France d’hier.

Pas envie de commenter le point de vue de Nicolas Sarkozy dans « Le Monde » daté d’hier. Il semble s’étonner que notre pays se place à la douzième place mondiale pour l’impact global de ses travaux de recherche et nous apprend que la moitié des élèves inscrits en début de premier cycle universitaire échouent sans obtenir le moindre diplôme. Quelle information! Va-t-il bientôt nous apprendre qu’il y a plus de 10 % de chomeurs et que le déficit public est abyssal?

Je ne suis pas certain que l’idée de faire une thèse tout en recevant une allocation de recherche imposable de misère (6123,50 F il y a cinq ans) pour finir sans emploi à bac+8 excite un grand nombre d’étudiant. Sans compter le nombre d’élèves n’ayant pas la chance d’obtenir une telle allocation.

Moustic, Mous, Eric

Fiel, Rencontre 5 Commentaires »

Aujourd’hui est une triste journée. Je pense à Eric. C’est un de mes meilleurs « ex-amis ». C’est son anniversaire. Il a 31 ans. Autrefois, nous fêtions ensemble nos anniversaires. J’aimais ces moments.

Le 7 août, il fêtera sa première année de mariage avec Anne. Je n’ai plus de nouvelle. Il ne souhaite plus en donner. Je ne connais pas ses raisons. La vie est parfois injuste.

Nous avions partagé beaucoup de choses en dix ans. Notre rencontre à la faculté de pharmacie, la fondation de la « DASKE Company », nos errances mutuelles, nos voyages de Magaluf à New-York en passant par Montréal ou Athènes, le labo photo, ses premiers amours, les soirées et week-ends chez son oncle, les fameuses soirées à Colombes, sa sœur, la disparition de son Papa. Il avait été le premier à être au courant pour moi et Snooze. J’avais une totale confiance en lui.

Les derniers bons moments en sa compagnie remontent au week-end du 15 août 2002. Snooze, Eric et moi-même étions descendus près de Clermont passer quelques jours chez Delphine et Nicolas. Nous avions passé alors de délicieux moments tous ponctués de fou-rires. Nous étions vraiment heureux. Nous nous sommes quittés sur le quai de la gare de Lyon. Nous ne pensions pas que cet instant marquait la fin de 10 années d’intense amitié.

Nous l’avions croisé par hasard en mai 2003 piscine Pontoise. Je venais de lui envoyer une longue lettre. Je lui expliquais alors que je ne comprenais pas son silence et que j’avais mal.

Il est passé quelques jours plus tard à la maison. Nous avons longuement discuté et nous sommes séparés en nous promettant de vite nous revoir.

Quelques jours avant de passer ma thèse, je lui envoie un mail lui demandant de passer. Trois heures avant le début de ma présentation, je reçois un mail m’expliquant que si je lui avais envoyé un mail trop tard pour qu’il ne puisse passer et trop tôt pour me donner bonne conscience, j’avais bien réussi mon coup.

Ce n’était pas le cas et j’ai eu encore une fois mal.

Nous avons reçu en juillet 2004 un faire-part nous annonçant son mariage le 7 août. Nous n’étions pas conviés.

En octobre, Eric nous a envoyé une carte de remerciement. Nous leur avions envoyé une caisse de vin. Anne nous écrivait qu’elle avait hâte de faire notre connaissance. Nous n’avons plus de nouvelle depuis.

Bon anniversaire Mous.

Je le déteste. Il me manque.

Enculé de ta race

Fiel, Ronchonnage Pas de Commentaire »

Hier soir, en rentrant du boulot, deux personnes montent dans notre rame de métro une station avant la notre. Ces deux personnes semblaient friser la soixantaine. Cependant, ayant des tronches d’alcooliques, il est toujours difficile de donner un âge à ce genre de personnage. Ils devaient certainement être plus jeunes.
Je m’étais amusé à les dévisager dès leur montée. Cheveux gras, regards cernés, rides profondes, joues rougies par l’âge et la piquette, se tenant légèrement voûtés. Ils parlaient relativement fort, mais ne semblaient pas se détacher du reste des voyageurs. Un des comparses n’avait plus que deux dent encore accrochées sur sa mâchoire inférieure. Cela lui donnait un aire coquin, poulbot parisien, presque sympathique. Ils ne sentaient ni l’alcool, ni la cigarette, et n’étaient pas habillés comme des SDF. On sentait quand même la précarité.

Nous arrivons enfin à notre station. En souhaitant descendre de la rame, Snooze frôle accidentellement un des deux lascars qui le gênait pour descendre du wagon Le type finit par lui donner un coup de pied en criant qu’il n’aimait pas se faire foutre des « mains au cul ». Snooze commence à grogner. Moi, déjà trop loin, tente un « aaaaalllcooollliiiiqque ». Ma tentative fut ridicule.

Rien à ajouter.

Père et Impairs

Fiel 1 Commentaire »

Cela va maintenant faire plus de cinq années que j’ai coupé les ponts avec mon père. Depuis, bien que mon entourage me conseille de régler les comptes une fois pour toutes et l’affronter, je me sent plutôt bien, même si je n’apprécie pas spécialement les sales piqûres de rappel. Ainsi, ai-je eu la surprise de recevoir un courrier de sa part ce matin. Cela fait la seconde fois. J’ai déjà reçu il y a un an une lettre que je n’ai même pas ouverte.
C’est un sujet toujours source de dispute avec S. Ma positions peut sembler difficile à comprendre, mais je pense être en accord avec moi même et cela me satisfait. Cette dernière lettre est dans mon sac à dos. Elle rejoindra les ordures dès mon arrivée à la maison , tout comme la première, sans la lire. Il me serait impossible de la conserver dans mon appartement, à ma portée, ce simple bout de papier me rappelant trop de longues années d’ignorance, de méprise et de manque de reconnaissance paternelle. C’est comme ça et c’est bien ainsi. Zob!
Fin de l’histoire, ce blog ne sera pas une analyse. Quoi que…cela risque de couter un peu moins cher!

The final Countdown

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