Je le suis toujours, mais un peu moins.
Tout comme le chantait autrefois Isabelle A, j’ai touché le fond de la piscine, mais sans mon pull marine.
J’ai subi un léger coup de calcaire il y a maintenant deux ans. Je me suis alors rendu compte que j’étais incapable de résoudre plusieurs problèmes à la fois. J’étais défectueux. En panne. Il fallait que je remonte la pente, et rapidement. J’ai donc pris rendez-vous avec le premier généraliste trouvé dans l’annuaire. Je lui ai alors expliqué que je ne pouvais plus dormir et que j’étais angoissé en permanence. Cette angoisse été associée à une douleur à la fois physique et morale. J’ai rapidement choisi la facilité: une pilule blanche pour le stress, un cachet rose pour l’angoisse, et un autre pour l’insomnie. J’ai également repris une vilaine habitude, celle de fumer, même de façon très modérée. Après avoir rompu avec la cigarette il y a près de dix ans, je m’étais pourtant juré ne ne plus y toucher. Comme quoi.
Petit à petit, je me suis retrouvé dans un cocon. Mes problèmes étaient maitrisés chimiquement. La boule au ventre n’était plus présente. Je vivais presque de façon euphorique, sur un petit nuage. Oui, tout n’était finalement qu’artifice, mais je m’en moquais car je n’étais plus malheureux. Pas heureux mais pas malheureux. La bête semblait éteinte. J’ai également changé d’alimentation, ai pris un peu moins soin(s) de moi, et surtout cessé toute activité sportive. Tout cela sans le moindre remord. Je me souvenais des jours où j’avais mauvaise conscience de ne pas avoir pratiqué mon sport quotidien, où j’étais capable de partir courir sous la neige ou la pluie, ne me rendais au travail qu’en vélo et n’envisageais pas de commencer la journée sans une séance d’exercices. Comme ma vie était alors fade: pas d’alcool, pas de cigarette, une alimentation plutôt stricte, et pas une journée sans me trémousser. Seule vice, le coca-cola light. Dingue tout ça.
Plus le temps passait, plus je me dégoutais. Je n’aimais pas ma nouvelle vie. Je devais trouver assez de courage pour régler tous mes problèmes, et me libérer de ces nouvelles addictions. Plus important, j’avais enfin pris conscience que je me détruisais à cause de tiers qui n’en valaient vraiment pas la peine, et que finalement la meilleure façon de faire face et de les affronter restait de conserver un esprit sain dans un corps sain. L’enfer, c’est les autres qu’il disait. J’ai donc décidé de me protéger. Au travail tout d’abord. Le nouveau moi a pris plus d’assurance, est devenu plus constructif, curieusement plus positif, et surtout s’est complètement détaché des nuisances qui peuvent pourrir le quotidien. En quelques mois, j’ai changé de poste et de missions. J’aime bien mon nouveau moi. J’aime bien mes nouvelles missions. Les autres, forcément, un peu moins. Je me suis également rendu compte qu’il était possible de totalement modeler son poste à son image et que rester atypique était un avantage. Dont acte.
J’ai ensuite débuté un autre chantier en réduisant puis supprimant toute aide chimique. La première étape fut brutale et courte, associée à une remontée progressive du stress. Mais ce stress s’est rapidement transformé en stress positif, m’aidant à encore plus avancer. J’ai rayé les problèmes un à un. Le dernier fut curieusement le plus aisé à résoudre: Arrêter de nouveau la cigarette fut un véritable plaisir. Depuis, tout s’est enchainé. Et rapidement. J’ai recommencé à cuisiner de bons petits plats sains et équilibrés, je dors comme un bébé, et consacre à nouveau un temps déraisonnable à mes activités sportives. Côté projets personnels et professionnels, c’est Broadway. Serais-je heureux? Oui, je le crois.
Ma vie est ainsi devenue encore plus chiante qu’avant.
Je suis toujours aussi moche, mais j’ai enfin compris une chose essentielle: Il faut toujours penser à soi, et en premier.
17 Commentaires sur “Avant j’étais moche”





20 juin 2012 à 9:44
Heu… malgré le plaisir de te lire… et de te savoir aller… t’es pas moche, hein !
20 juin 2012 à 10:52
GRAVE BAISABLE MÊME !!!
20 juin 2012 à 11:15
Ca fait plaisir de te relire ! La vie nous emporte parfois dans de ces spirales ! Et puis avoir une vie « chiante », c’est pas grave si on est heureux, si on est bien. Bravo en tout cas. Et bonne continuation :)
+1
20 juin 2012 à 11:40
J’aime ta conclusion. Je suis encore en apprentissage mais je progresse aussi. Heureux pour toi du chemin parcouru. JEXFOUR c’est vraiment jextraordinaire. Des bises.
20 juin 2012 à 11:50
Oh que j’aime le Chondre nouveau! D’accord je ne suis qu’une fille, mais je te trouve tout à fait…. Mangeable! ;)))) des bises!
20 juin 2012 à 11:57
Quelle conclusion!
20 juin 2012 à 11:59
« C’est chouette la vie ! »
20 juin 2012 à 14:22
Quelle belle philosophie de vie !
Pourquoi ta vie serait-elle chiante ? Parce qu’elle est sur une voie de routine ? Tout le monde suit le même chemin même s’il s’en défend
20 juin 2012 à 17:11
Oui, bien évidemment, commencer de s’aimer soi-même avant de pouvoir aimer les autres…
20 juin 2012 à 17:25
Sage décision !! Ce que tout le monde devrait appliquer
! Ou tout du moins essayer ^^.

Par contre, j’espère que tu n’as pas banni entièrement les truitonnages au moins ?
Bonne continuation
20 juin 2012 à 17:35
Moche, toi ? Tu es beau comme un astre et en plus tu es équipé génétiquement pour faire un centenaire, waouhhhh !
20 juin 2012 à 19:14
Matoo a fort bien résumé ce qui m’apparait être une évidence !!! :)
22 juin 2012 à 6:51
Comme Samantdi je ne peux que confirmer cette évidence, tu es incapable d’être moche :)
23 juin 2012 à 22:21
Contente d’avoir de tes nouvelles et qu’elles soient bonnes.
Moche dis-tu, Ô le coquin…tu es très…craquant, :thumbup_tb:d’accord j’suis une fille et pas des plus jeunes ce qui fait qui fait de moi une experte en « matage » de garçons !!
24 juin 2012 à 15:45
Il y a une chose que tu n’arrives pourtant pas à changer : ton écriture. Toujours aussi plaisante. :-)
25 juin 2012 à 20:28
Chouette de te lire à nouveau, mon beau.

29 juin 2012 à 17:50