Certains journalistes reprenaient la semaine dernière un article publié dans Libération. D’après Andréa Fradin, les réseaux sociaux auraient laminé les blogs. Ainsi une étude du “Pew Research Center” aurait-ele révélé que la jeunesse américaine se détournait en masse des blogs pour principalement se diriger vers Facebook. D’après le quotidien, et selon cette analyse, le nombre des 12-17 ans actifs sur un blog s’est réduit de moitié en seulement trois ans. La journaliste a souhaité enquêter en profondeur sur la mise en bière des blogs à papa par les Facebook juvéniles ou les Twitter technophiles. Premier exemple, le grand, l’unique, le sexy, l’inénarrable Loic Lemeur. On apprend que son blog s’est métamorphosé avec le temps avec notamment la mise à disposition d’outils permettant de suivre en temps réel les profils Twitter et Facebook du blogueur. Quelle nouveauté.
Ce n’est pas la première fois qu’un article est consacré à la mort supposée des blogs. S’il est bien entendu évident que le blog a évolué, il n’a pas disparu pour autant. Lorsque j’ai commencé à écrire, je suivais un nombre très réduit de blogs: Ghost in the Web, Embruns, Kozlika et bien entendu Matoo. On pouvait certainement parler d’âge d’or. Certains se sont lancés sur le créneau en rêvant d’être aussi lus, respectés et surtout populaires que les blogueurs qu’ils suivaient, sans forcément en avoir le talent. On a ainsi pu découvrir pléthore de clones Matoo, clones qui ont naturellement tenté de copier l’original avec bien moins d’inspiration et de succès, en mêlant billets dits privés, soupçon de cul, critique(s) de livres, de spectacles, de films, ou billets plus décalés. Certains, plus fainéants, se contentaient uniquement de reprendre les billets d’autres blogueurs, de ne publier qu’une photographie supposée amusante, une vidéo vue mille fois sur Youtube, les gros titres de l’AFP ou encore de donner la tendance météo de la semaine. On appelle cela du saprophytisme. Seulement voila. Si l’original est toujours présent, les autres sont morts et enterrés depuis bien longtemps. Tout comme les coucous qui squattent les nids des autres oiseaux, ces derniers sont rapidement passés à une autre forme de communication en investissant massivement les systèmes de micro blogging et autres réseaux sociaux, le ratio effort/impact étant maximum. En attendant le prochain système.
D’autres se sont laissés piéger par l’appât du gain, même très modeste. Pensant être influents, ces blogueurs ont commencé à publier des billets sponsorisés en échange de places de cinéma ou de bons d’achat, et se sont régulièrement retrouvés dans des soirées à la mode remplie de personnes très influentes à se gaver de petit-fours pas toujours très frais ou de mousseux tiède. D’autre ont encore confondu Réseau G/Meetic et Blog. Une sorte de paradigme de l’ascension sociale ou de la coucherie instantanée. Car si lassitude il y a, elle est certainement due à l’effort et à l’investissement nécessaires pour entretenir un blog. Ecrire un billet prend beaucoup de temps. De plus, bloguer ne se résume pas uniquement à la publication régulière d’articles. C’est avant tout un échange, en répondant le plus possible aux commentaires, mais également en commentant les billets d’autres blogueurs. Oui, bloguer est en quelque sorte synonyme de partage. Sans compter sur les petits imprévus, comme la gestion de l’outil de publication ou la perte de données parfois responsable de sueurs froides. Quant à l’investissement financier, se lancer dans l’aventure peut-être comparable à l’entretient d’une danseuse.
L’article de Libération est conclu de la façon suivante: “Reste que de nombreux blogueurs mettent la clé sous la porte. Et si les réseaux sociaux en ont capté une grande partie, l’arrêt des partisans les plus acharnés du blogging ne saurait se résumer à l’attrait de ce nouvel eldorado numérico-gazouillant. Plus prosaïquement, après des années de publications quotidiennes et de réponses aux commentaires, l’excitation laisse place à une certaine lassitude. Et les blogueurs font un truc de fou: ils basculent dans la real-life, dans la vraie vie”
Allo la terre, ici Soyouz. Andréa Fradin aurait peut-être été plus inspirée en contactant d’autres représentants de la bloguosphère, et constater que c’est souvent fromage et dessert. La république des Blogs, Paris Carnet ou même le groupe des proselytes lyriques sont de parfait exemples. Je reste certainement très naïf, mais je n’ai jamais été déçu par les personnes rencontrées via le blog. J’ai même la chance de m’être fait de vrais amis. Quant au secret pour rester jeune, beau, riche, en bonne santé et continuer à bloguer? Certainement ne pas se poser trop de questions existentielles, même si cela peut parfois aider à écrire. Se faire plaisir, s’amuser, continuer à échanger, publier à son rythme, ne pas mentir, ne pas tricher, et surtout ne pas vendre son âme pour quelques Kopecks un peu pourris. Et rien n’empêche de continuer à bloguer et d’ouvrir un compte Twitter ou Facebook. Les trois outils sont même très complémentaires.
Quant à la fin, elle arrivera certainement un jour. Comme pour tout. Pour conclure, et comme je l’écrivais la semaine dernière sur Twitter, je suis encore blogueur et fier de l’être, donc profondément has been, et je vous encule.
Voila, c’est (re)dit.
XOXO
Gossip Guy




































dans la Boum, quelques années en moins.





















































