Exclusif : Chondre et Snooze nus dans Union Magazine après un régime Alli
Vu, lu, entendu Ajouter un commentaireVoici l’exemple même de titre racoleur que les rédactions de certains quotidiens nationaux n’hésitent plus à utiliser pour augmenter l’audience des sites internet associés aux versions papiers, et ainsi vendre plus chers les bandeaux publicitaires. Le 10 juin dernier, le Monde (un euro et quarante centimes, vingt-huit pages, dont cinq de publicité) titrait que le téléphone portable pourrait augmenter le risque de cancer après dix ans. D’après le journal, une étude internationale sur l’usage du téléphone portable (étude Interphone), dont les résultats sont attendus depuis longtemps, pourrait confirmer la possibilité d’un léger accroissement du risque de certains cancers chez les utilisateurs depuis plus de dix ans. Une épidémiologiste aurait indiqué que les différentes enquêtes ne faisaient pas apparaître d’effet notable quand l’exposition était inférieure à une durée de dix ans, mais au-delà « il pourrait y avoir quelque chose au niveau neurinome (tumeur d’un nerf), gliome (tumeur du système nerveux central) et dans une moindre mesure glande parotide (la plus importante des glandes salivaires) ».
En résumé, tout l’article est écrit au conditionnel, et ne permet aucunement de conclure sur un risque potentiel lié à l’utilisation d’un téléphone portable. On ne sait rien et on le fait savoir en pondant un article incolore, inodore et insipide.
J’ai eu la chance d’assister à une conférence sur le risque de développer ce type de cancer il y a quelques semaines. Le distinguo était fait entre radiations ionisantes et radiations non ionisante (voir ci-dessous). D’après l’intervenante, aucun risque n’était pour l’instant associé. Les données actuelles ne permettaient pas de conclure dans un sens ou dans un autre, le recul étant encore trop faible. Cependant, l’absence d’évidence ne signifiant pas l’évidence d’absence (citation à replacer dans un dîner mondain), il était recommandé de ne pas confier un téléphone portable à un enfant de moins de douze ans. Certains pays, comme la Russie, interdirait même la commercialisation aux mineurs par principe de précaution. D’après l’excellent mensuel Sciences et Avenir, le débat sur les dangers des ondes serait partagé entre deux camps. D’un côté, il y aurait la parole officielle des agences internationales plutôt rassurante. De l’autre, celle d’un groupe de chercheurs indépendants qui ont recensé un nombre certain d’études inquiétantes sur le sujet. Toutes les ondes sont concernées, et pas seulement celles émises par les téléphones portables : Lignes à haute tension, radio, télévision, GSM, Téléphone sans fil, UMTS, Micro ondes, Wi-Fi (non ionisantes), UV, rayons X (ionisantes). Tout ça tout ça…
On est foutu, on va tous crever et attraper le cancer de la couille, même les femmes. 
Mardi dernier, le même journal titrait « Eau du robinet et cancer : quels sont les risques« , et reprenait une interview de Servan-Schreiber (l’auteur d’un best seller expliquant que bouffer des haricots biogiques permettait de vivre bicentenaire) déclarant qu’il ne voulait pas faire peur aux gens mais que, tout comme nous devions faire attention à l’eau que l’on donne à un nourrisson, il fallait faire attention à l’eau qu’on donne à une personne dont la santé est fragilisée par une maladie comme le cancer. Tout d’un coup, il devenait difficile de comprendre l’intitulé très ambigu de l’article. Y était il abordé le risque de cancer après consommation d’eau du robinet ou d’un risque non défini uniquement chez les personnes déjà atteintes d’une maladie comme le cancer? Le trouble persistait tout au long de l’article. Un autre clinicien affirmait que personne ne pouvait dire qu’un aliment à lui seul est une cause de cancer. Enfin, une autre intervenante dénonçait la confusion entre la qualité de l’eau du robinet et celle des ressources. En fin d’article on n’était pas plus informé, pchouit pchouit. Trois minutes de perdues.
Les risques sont devenus les marronniers de la presse. Et les titres accrocheurs ne cessent de fleurir. On sait pourtant tous que la guerre c’est mal et que la paix, c’est bien. Qu’il est risqué de picoler, de fumer ou d’être irradié, de manger trop gras, trop sucré, trop salé, que baiser, c’est bon pour la prostate et qu’une activité sportive quotidienne est recommandée. Reste cependant à séparer le bon grain de l’ivraie. Ainsi, les producteurs d’eau en bouteille, suspectés de commercialiser des plastiques libérant des substances cancérigènes, sont certainement ravi d’amplifier le buzz sur l’eau du robinet.
C’est certainement le rôle de la presse d’informer tout en analysant. Dans tous les cas, c’est ce qui différencie la presse de l’information télévisée, prémâchée, semi digérée, souvent baisée selon la chaîne, pour satisfaire la ménagère lambda dont je fais partie.
Les titres pourris, on s’en branle, on veut du contenu, bordel.
Et un peu plus de page à lire, parce que là, franchement, entre nous, ça pue la défaite. A quand un New York Times Français délivrant deux bons kilos d’informations diverses et variées le dimanche matin?
Quant à la photographie, je peux toujours faire un photomontage de Snooze à poil se fourrant la rondelle à l’Alli.
Pas certain cependant qu’il apprécie la démarche. 
18 Commentaires sur “Exclusif : Chondre et Snooze nus dans Union Magazine après un régime Alli”





25 juin 2009 à 20:50
Moi qui pensais voir des images pour de vrai
Du contenu, du contenu, du contenu !!!
Fidèle lecteur depuis des années, c’est mon premier commentaire mais je n’ai pu résister à l’idée d’être prems sur ce billet.
25 juin 2009 à 21:42
Bien d’accord avec toi, le niveau général de la presse française ne fait que baisser, faute de lecteurs, faute de moyens, cercle vicieux. Le New York Times reste une référence mais risque de se faire racheter par le milliardaire mexicain Carlos Slim. Quand on voit ce que Rupert Murdoch a fait de The Times, aujourd’hui un torchon anglais parmi beaucoup d’autres, on frémit pour le NYT.
Avec la quantité de journaux disponibles gratuitement en ligne, pas étonnant que les grands titres revoient leur modèle économique et ratissent aussi large que possible.
25 juin 2009 à 21:44
PS: le mieux pour le photomontage est de ne pas demander son avis à Snoooze et de lui faire la surprise. Sournois et charmant tout à la fois.
25 juin 2009 à 22:10
La phrase « On va tous crever et attraper le cancer de la couille, même les femmes » me paraît le must de ce billet.
Sinon je trouve ces smileys blancs très morbides et je ne vais pas les utiliser de peur qu’ils me le filent, le cancer de la couille, justement…
25 juin 2009 à 22:41
mourir d’un cancer, comme la mère d’un ami est en train de le faire (elle est âgée de 93 ans et présente des troubles apparentés Alzheimer depuis environ 14 ans…) peut aussi être une délivrance malheureusement…
25 juin 2009 à 23:40
Nous vivons dans un monde de discours louables inappliqués et contradictoires.
26 juin 2009 à 9:46
« la presse de l’information télévisée, prémâchée, semi digérée, souvent baisée selon la chaîne, pour satisfaire la ménagère lambda dont je fais partie. »….
je cite et je m’interroge? Baisée ou biaisée ???
Excellent ….
26 juin 2009 à 10:26
Comme Samantdi, j’adore “On va tous crever et attraper le cancer de la couille, même les femmes »…
Quant aux ondes, et sauf erreur de ma part, n’est-on pas déjà « noyé » dedans? Parce que même si je n’ai pas de micro-ondes, et en supposant que je largue le wi-fi, j’ai des voisins, équipés sans doute (aucune allusion perverse ici!), j’habite une ville pleine de trucs électronique et y a du courant partout…
On fait quoi? On creuse son terrier et on bouge plus?
Bisous gentil Chondre!
26 juin 2009 à 14:09
Je suis un stupide internaute appâté par le racolage de titre… Où qu’elles sont les photos ??
26 juin 2009 à 19:45
moi je préfère les descriptions croustillantes à l’image choquante , car les écrits restent et la photo se truque !
26 juin 2009 à 21:11
» Pas certain cependant qu’il apprécie la démarche » Snooze lit ton blog maintenant ???
27 juin 2009 à 0:23
Il manque un i quelque part vers la fin… quoiqu’on peut sans doute baiser une info, sans doute
27 juin 2009 à 12:12
C’est un point de vue intéressant, et dont tu devrais faire part au journal lui-même. Ils te répondront forcément, et le prendront en compte (surtout si tu illustres tes propos par des exemples concrets).
Pour ce qui est des 5 pages de publicités, sache que le Monde vendu à 1,40 € l’est à perte. C’est seulement grâce à la publicité que le Monde fait rentrer de l’argent.
28 juin 2009 à 9:04
J’attends, un jour ou l’autre il fleurira chez moi le cancer de la couille!


Je fais presque tout comme tu le dis,sauf la nicotine et la baise faute de mon mec immédiatement consommable !
Je dis, répète, que je ne tiens pas à être un cadavre en bonne santé!
28 juin 2009 à 18:46
@ Paul: Bienvenue à toi, Paul!
@ Sameplayer: Je partage ton angoisse sur le NYT…
@ Samantdi: Oh, tu n’aimes pas mes petites bulles japonaises?
@ Saperli: Dur mais vrai.
@ Kab-Aod: Amen.
@ BBGS: J’oublie toujours de me relire et ponds parfois des perles…Heureusement, le bac est bien loin maintenant. Celle là est plutôt réussie, je trouve.
@ Saa: Un terrier en Téflon!
@ Vinsh: Que du racolage, rien d’autre. na.
@ Joseph: Un point pour toi Joseph.
@ Madeleine: non non, toujours pas.
@ Chickenbaby: Baiser une nympho? Oui, possible.
@ Mijy: Je suis bien persuadé que quelqu’un pourrait me répondre. Je ne reproche pas au Monde en particulier le faible nombre de pages et le prix (quoi que l’été, même si l’information est bien moins brûlante, le nombre de pages me parait très limite). C’est, je crois, un mal très français, où la presse magazine prospère, mais où l’information quotidienne nationale souffre. La faute aux volumes ou aux modes de distribution (certainement), au prix du papier (pas convaincu). Dans tous les cas, d’autres pays arrivent à proposer une presse de qualité à des prix bien plus bas que chez nous.
@ Mume: La Mume est cash, comme toujours. Vive la Mume!
29 juin 2009 à 16:53
Je plussoie et pas qu’un peu !
Je ne sais pas ce qu’on enseigne dans les écoles de journalisme mais le résultat est que nos journaux manquent de contenu et qu’en plus ils sont écrits à la truelle voire au marteau piqueur.
Quand aux journalistes la grande majorité hurle avec les loups et bien peu font preuve d’indépendance et de courage. Ceux-là sont souvent à l’étranger ou infiltrés.
En fait je trouve injuste qu’un présentateur de télé, un reporter chiens écrasés et un grand reporter aient la même carte de presse. Ce ne sont pas les mêmes métiers!
29 juin 2009 à 17:19
Toujours aussi drôle ton blog Chondre. A quand la prochaine file d’attente pour Verdi ? au plaisir de te revoir
11 mai 2010 à 17:06
J’attends toujours le photomontage de Snooze à poil se fourrant la rondelle à l’Alli.
