juin 29
…A qui sait attendre.
Je me souviens du jour de la soutenance de ma thèse comme si c’était hier. J’avais préparé une centaine de diapositives et je tentais désespérément de répéter la présentation, présentation prévue pour durer une heure. J’étais dans un état second car mon rhumatologue m’avait bourré de tranquillisants. Je sortais à peine d’une vilaine hernie discale et avalais des poignées entières de cachets pour me permettre de tenir debout. En résumé, mon sang était aussi chargé que celui d’Amy Winehouse, mon visage était grisâtre et mes vêtements un peu trop grand pour moi. Je venais de perdre presque quinze kilos en moins de deux petits mois et n’avais pas eu le temps de me refaire une garde robe. En résumé, je ne ressemblais à rien, sentais le pipi rance, et n’arrivais pas à voir le bout du tunnel. L’attente était insupportable. Je savais que j’allais passer à l’échafaud et mon cœur était à deux doigts de l’implosion. Pas toujours facile la vie d’étudiant. Lire la suite du billet
juin 25
Voici l’exemple même de titre racoleur que les rédactions de certains quotidiens nationaux n’hésitent plus à utiliser pour augmenter l’audience des sites internet associés aux versions papiers, et ainsi vendre plus chers les bandeaux publicitaires. Le 10 juin dernier, le Monde (un euro et quarante centimes, vingt-huit pages, dont cinq de publicité) titrait que le téléphone portable pourrait augmenter le risque de cancer après dix ans. D’après le journal, une étude internationale sur l’usage du téléphone portable (étude Interphone), dont les résultats sont attendus depuis longtemps, pourrait confirmer la possibilité d’un léger accroissement du risque de certains cancers chez les utilisateurs depuis plus de dix ans. Une épidémiologiste aurait indiqué que les différentes enquêtes ne faisaient pas apparaître d’effet notable quand l’exposition était inférieure à une durée de dix ans, mais au-delà « il pourrait y avoir quelque chose au niveau neurinome (tumeur d’un nerf), gliome (tumeur du système nerveux central) et dans une moindre mesure glande parotide (la plus importante des glandes salivaires) ». Lire la suite du billet
juin 22
Le don d’organes, le don de sang, le don de plaquettes et le don de moelle osseuse ont été choisi comme thème de la grande cause nationale cette année. Avant de passer des années à travailler sur le sujet, je ne m’étais jamais intéressé aux plaquettes, et pour tout avouer, je ne savais ni à quoi elles ressemblaient, ni à quoi elles servaient, ou presque. Je savais que les plaquettes étaient liées à la coagulation de près ou de loin, mais il ne fallait pas plus m’en demander. La coagulation est l’aboutissement d’un enchainement de réactions qui font intervenir des protéines bien sympathiques dont certaines appelées facteurs de la coagulation, les plaquettes, et du calcium suite à l’apparition d’une brèche dans un vaisseau sanguin. Raconté comme cela, le mécanisme de la coagulation est peu passionnant et surtout très soporifique. Il est donc nécessaire de passer par une autre voie pour le rendre plus parlant. Lire la suite du billet
juin 18
Je me souviens encore du premier week-end passé en compagnie de ma belle-mère. Nous apprenions à mieux nous connaitre et surtout à nous apprécier. Le chemin à parcourir était long et sinueux car belle-maman était restée la maitresse officielle de mon père pendant une quinzaine d’années. Telle Madame de Maintenon (oserais-je la comparaison avec cette cochonne de Montespan), elle avait fait preuve de beaucoup de patience avant de se faire passer la bague au doigt. Lire la suite du billet
juin 15
…Y’a qu’le grand babou, qui sent l’eau d’Cologne
J’ai eu la chance de n’avoir été que très peu confronté au milieu des sectes. Mes rares expériences furent à la limite du grand n’importe quoi et surtout peu sérieuses. Rien de grand-guignolesque du tout, non non non.
J’ai tout d’abord été contacté par une charmante jeune fille qui tapinait à la sortie d’une bouche de métro. Elle me trouvait sympathique, charmant et très mignon. J’ai tout d’abord été enchanté qu’elle me brosse dans le sens du poil. J’ai ensuite, et bien naturellement, prêté attention à ses propos. Elle me parlait du tiers monde, d’Amérique du Sud et de commerce équitable, et souhaitait me convier à des réunions sur le sujet dans un local situé près de la mairie du onzième arrondissement. Cruche et crétin j’étais, cruche et crétin je restais en lui confiant mes coordonnées téléphoniques et postales, et en l’assurant de ma participation à l’une de ses prochaines réunions. La première rencontre avec le reste de la troupe ne fut pas piquée des hannetons. J’étais rapidement invité à me rendre en Bolivie pour y passer quelques semaines en compagnie de doux dingues qui passaient leur temps à travailler bénévolement pour un grand babou imbibé de cocaïne. Ma mère, ulcérée d’être réveillée en pleine nuit pas des appels anonymes, a rapidement demandé à France Télécom de nous mettre sous liste rouge et m’a accessoirement supplié de ne plus jamais donner notre numéro de téléphone à des allumés du bulbe sous peine de me déshériter. Lire la suite du billet
juin 11
Je me transforme rarement en cleptomane dans les avions. Mon seul vice est d’y piquer les sacs à vomi. J’ai commencé cette collection originale il y a une quinzaine d’années. Mes amis pensent souvent à moi pendant leurs voyages et me ramènent des sacs non usagés de toutes les formes et de toutes les couleurs, tous plus exotiques les uns que les autres, sacs à serviettes hygiéniques inclus. Je m’amusais également, lorsque cela était encore permis et possible, à filmer les hôtesses lorsqu’elles rappelaient les consignes de sécurité aux passagers juste avant le décollage, le moment le plus croustillant étant bien entendu celui où l’hôtesse ou le Stewart enfile le joli gilet de sauvetage jaune poussin et tire dessus en faisant semblant de le gonfler. De nos jours, des écrans de télévision ont remplacé les signes démentiels et il est interdit de se servir de tout objet électronique pendant le décollage et l’atterrissage. Mais je m’égare un peu. Lire la suite du billet
juin 08
Je vis certainement aux pays des Bisounours, mais je ne bois toujours pas d’alcool (quoi qu’en dise ce gros baratineur de Snooze qui adore raconter que lors de la saint Sylvestre 1999, j’ai montré ma culotte après avoir trempé mes lèvres dans une coupe de Champagne), je ne fume pas et n’ai jamais consommé la moindre substance hallucinogène. Aucun pétard, pas de space cake ni de champignons rigolos, rien dans le nez ou les veines. Rien, nada, niet, que dalle. Ma sobriété a souvent été une source d’étonnement pour certaines connaissances qui ne comprenaient pas comment il était possible de s’amuser en soirée sans boire le moindre coup. Mon tropisme pour les bars est donc très limité. Je m’y suis presque toujours emmerdé, entre bruit, chaleur, hygiène douteuse et jusqu’à peu, fumée de cigarette qui pue, pique les yeux, se fixe sur les cheveux et flingue les vêtements. De plus, et alors que mes amis vendraient père et mère pour certains mélanges liquoreux exotiques, je n’y consomme généralement que du coca-cola light ou du lait chocolaté (ouhla, uniquement les jours de fête). Un peu monocorde tout ça tout ça. Lire la suite du billet
juin 04
Une demi journée d’avion laisse le temps de bouquiner et de lire la presse, même lorsqu’on est coincé entre la charmante Laure Manaudou, en mini short et tongues, accompagnée par son petit chien, et un bébé qui sent un peu le caca. Mention spéciale à l’édition du 21 mai de l’Express faisant sa une racoleuse sur le couple et la tentation de l’infidélité. La journaliste en charge du dossier a pondu une douzaine de pages sur l’adultère et les nouvelles technologies. Ainsi, le couple hétérosexuel serait-il menacé par les nouvelles technologies. Quoi de plus facile que d’envoyer un SMS ou de se connecter sur internet pour tromper la personne avec laquelle on vit. Félicitations du jury à une certaine Volana Razafimanantsoa, coupable d’un encadré sur le couple gay. Lire la suite du billet
juin 01
Le climat se révèle être finalement très agréable à Orlando, et non pas dans Orlando, qui reste toujours à 37°. Les vilains nuages se sont dissipés pour laisser place au soleil. Je ne suis pas en Floride pour profiter des palmiers et des parcs d’attraction, mais pour assister à la grande messe annuelle de la société américaine de cancérologie clinique. Tous les ans, des dizaines de milliers de personnes impliquées en cancérologie se retrouvent et communient ensemble pendant quelques jours. L’année dernière, le congrès était organisé à Chicago. L’ambiance est généralement bon enfant. On rencontre des gens du monde entier et les participants sont tous des passionnés. L’annonce des plus grandes avancées thérapeutiques est réservée à ce genre de manifestation. L’industrie pharmaceutique est également très présente, et met indécemment le paquet pour communiquer sur ses produits les plus innovants. Les sessions débutent à 7h30 et terminent à 18h00. Entre deux conférences, le gentil membre est invité à se muscler les mollets en parcourant les longs, larges et interminables couloirs reliant les auditoriums. Lire la suite du billet