Les copains d’abord

Souvenirs 17 Commentaires »

(Ou la roue tourne, parfois)

A chaque période de ma vie correspond un groupe d’amis. J’étais très proche de François au primaire. Ses parents faisaient partie de cette vague d’immigrés espagnols arrivés en France dans les années soixante-dix. Mes parents l’avaient presque adopté. Nous passions nos vacances ensemble. Durant l’année scolaire, il descendait avec moi dans nos maisons de Bourgogne ou de Corrèze. L’été, il m’arrivait de passer plusieurs semaines avec sa famille dans un village perdu en Galicie. Je ne parlais pas un mot d’espagnol, mais les enfants se comprenant généralement très vite, je restais rarement dans mon coin et était très rapidement intégré. Nous formions un groupe de quatre ou cinq amis depuis le cours préparatoire. Habitant le même quartier, nous étions généralement toujours fourrés les uns chez les autres. Notre école n’assurant que les études primaires, nous avons naturellement été dispersés aux quatre coins de Paris à l’entrée en sixième. Lire la suite du billet

Fashion police, volume 3

Groovy, Shaggy, Wizz 26 Commentaires »

Je n’ai jamais été considéré comme une icône de la mode, un vizir du bon goût ou même un grand sachem de la tendance. Je n’ai qu’une philosophie, être accepté comme je suis, avec la force et le sourire, le poing levé vers l’avenir, et surtout d’être et de rester passe partout en portant des vêtements ultra classiques et pas spécialement tape à l’œil. Ma seule folie vestimentaire de ces derniers mois fut cette superbe mais immonde paire de Puma que Nono et Snooze ont baptisées les grosses godasses de Punky Brewster, idéales en alternance avec mes Birkenstock. Admirez ce rouge framboise et le détail des lacets groovy. Extérieur mixte cuir matière synthétique, intérieur en polyuréthane maculé d’étoiles, lacets de trois couleurs selon l’humeur, confectionnées par un mineur chinois. Parfaites portées avec un costume noir lors d’un entretien pour décrocher l’emploi de ses rêves (clown chez Pinder). Je soupçonne mon mari de vouloir les détruire. Il faut avouer que je me rattrape après une adolescence assez ingrate, où physique (surpoids et peau grasse à problèmes) et tenue (débardeurs jaune poussin, pantalon en flanelle qui démange et enfin tennis blanches à scratches) m’ont privés d’amis pendant de nombreuses années. Lire la suite du billet

L’anticyclone

L'important, c'est la santé 24 Commentaires »

Non. Je ne vais pas pondre un billet sur les jupes trop courtes de Françoise Laborde, sur l’immonde touffe capillaire de Sébastien Folin, ou sur les prévisions météorologiques pourries à sept jours associées à un indice de confiance de vingt pourcents. Je vais aborder le thème de la dépression. La vraie, la couillue, la pathologique, celle qui peut pourrir la vie en profondeur d’un individu lambda et de ses proches et permettre au dernier des spécialistes en psychiatrie de se payer une grosse voiture ou un joli chalet à la montagne: La fameuse dépression nerveuse. Avant d’avoir été l’innocente victime d’un petit mais intense coup de calcaire il y a quelques années, je pensais bien naïvement que cette pathologie n’était qu’un sport de riches. Je voyais certains de mes amis proches tomber comme des mouches autour de moi. Les pauvres chouchous étaient au fond du trou. Ils suivaient une thérapie, et devaient régulièrement faire le point avec leur médecin qui devenaient petit à petit une véritable drogue. C’était très chic. On ne parlait que de cela en soirée. J’en parle à mon psy, mon psy est formidable, sans mon psy je ne serais rien, et blablabla, et blablabla. L’un de mes amis s’était même orienté vers cette spécialité. Ils avaient pourtant tout pour être heureux: poste en or, compagne/compagnon adorable, famille formidable, appartement parisien vaste et douillet, grosse voiture. Au secours Sigmund, sortez-moi de là. Lire la suite du billet

En travaux

Groovy, Shaggy, Wizz 16 Commentaires »

Je fourmille d’idées fantastiques qui se révèlent être vraiment très foireuses avec le temps. Je me souviens encore de la façon avec laquelle j’ai convaincu Snooze de se lancer dans les travaux pharaoniques d’aménagement de notre ancien appartement situé dans le douzième arrondissement. Je vivais alors dans un rez-de-chaussée sur cour lumineux d’une trentaine de mètres carrés. L’espace était idéalement réparti entre un salon-chambre-bureau-salle-à-manger-bibliothèque-dressing, une entrée, une salle de bains et une cuisine relativement spacieuse. Snooze venait de me rejoindre et nous commencions salement à nous sentir à l’étroit. Dieu m’est soudainement apparu et m’a convaincu d’investir l’appartement jumeau mitoyen. Rien de plus simple car le locataire allait prochainement partir et l’immeuble tout entier appartenait au même propriétaire. Il suffisait donc de le convaincre de me faire confiance et surtout qu’il allait faire une sacrée affaire avec mon idée : réunir les deux appartements, rénover toutes les pièces et peindre les murs d’un blanc immaculé, rénover les parquets, refaire l’électricité, modifier une entrée en un petit bureau, déplacer des cloisons et surtout transformer une cuisine en salle de bains. Pourquoi faire autant de travaux à nos frais et ne pas rechercher un appartement plus grand ? Tout simplement parce que nous nous sentions vraiment très bien dans notre immeuble, chouchoutés par notre concierge (même si parfois un peu envahissante et commère comme toutes les concierges). En repensant à cette histoire, nous étions quand même bien cons et naïfs. Lire la suite du billet

Le cocon

Souvenirs 16 Commentaires »

J’ai toujours ressenti le besoin de me sentir rassuré. Certainement parce que j’ai rapidement eu à prendre ma vie en main et vivre de façon très indépendante. Tout cela est très contradictoire, car j’ai quitté le domicile familial à vingt-sept ans, toujours étudiant, et pour des années encore. Ma mère et moi n’avions cependant pas les mêmes horaires, ni les mêmes habitudes et ne nous croisions que très rarement. Chacun gérait sa vie de son côté. Ma chambre restait mon territoire. Je l’avais transformée en pièce de villégiature. Douillette, confortable, chaleureuse et cosy. Je comprends pourquoi je reste si casanier aujourd’hui encore. Pourquoi quitter un endroit où l’on se sent bien et en sécurité? Un peu con, non? Lire la suite du billet

Humour un peu noir et conseil d’ami

Ronchonnage 21 Commentaires »

La copropriété réserve toujours son lot de bonnes et mauvaises surprises. Beaucoup de mauvaises surprises proviennent de l’état général de notre immeuble, construit pendant la révolution française, donc tout vieux, tout pourri et à risque. Les marches de l’escalier sont parfois inclinées à vingt degrés et les fissures font légion. Le second bâtiment situé dans la cour était initialement une écurie, transformée, loi de l’immobilier et appât du gain oblige, en un petit immeuble habitable d’un étage, puis de deux. Les fondations n’ayant pas été pensées pour soutenir un tel poids et la proximité du canal aidant, le bâtiment, tel la tour de Pise, se dirige dangereusement, mais heureusement, dans le sens inverse du notre. Cette dernière réflexion est certainement très égoïste, mais la copropriété est capable de faire ressortir, même au plus généreux et calme des hommes, un instinct de survie des plus sauvages. Survie ou pas, nous devons régulièrement régler des frais d’avocat exorbitants pour régler cet épineux problème. Je connais depuis par cœur le mythe du tonneau des Danaïdes (rien à voir avec le vagin de ma belle mère). Lire la suite du billet

Le sac à pétasse

Groovy, Shaggy, Wizz 24 Commentaires »

Lorsque je suis d’humeur morose, j’aime bien me rassurer, prendre soin de moi et me faire plaisir. Même si je deviens en vieillissant de plus en plus raisonnable, je ne suis jamais à l’abri d’une irrépressible fièvre acheteuse. Une envie soudaine de consommer prend possession de mon corps, de mon esprit et surtout de ma carte de crédit. Rien de bien grave toutefois car je ne dépense jamais au dessus de mes moyens et n’ai jamais recours au fameux crédit revolving. La plupart du temps, juste avant de passer à la caisse, je reprends mes esprits et je quitte le magasin les mains vides. Quelques rares fois, je me laisse avoir. Sur le moment, cela me fait du bien. Quelques heures plus tard, je me rends compte de l’étendue des dégâts et suis encore plus déprimé. Le serpent se mord donc la queue. Le plus gros coup fut certainement l’achat sur un coup de tête de notre appartement. Sans vraiment savoir pourquoi, nous avons franchi la porte d’une agence. Une semaine plus tard, quelques heures seulement après une courte visite, nous faisions une proposition d’achat, proposition acceptée après une folle phase d’enchères. Cette période fut certainement l’un des moments les plus excitants de ma courte vie. Nous jouions alors avec une très grosse somme d’argent, d’autres acheteurs étaient sur le coup et faisaient grimper les prix. Nous avions l’impression d’être deux traders qui misaient en bourse pour finalement remporter la mise. Et quelle mise : un crédit chez un gentil banquier avec de grandes quenottes pour de nombreuses années, des travaux et un déménagement très pénible. Lire la suite du billet

Maigrir et bander

L'important, c'est la santé 18 Commentaires »

Rhalala la nouvelle année et ses bonnes résolutions. Eviter de se coucher trop tard, croquer la vie à pleines dents, dire à nos proches que nous les aimons, arrêter de fumer ou de boire, devenir un peu plus gentil et tolérant avec les crétins qui nous entourent, faire un régime ou se mettre au sport. Oui, tout ça tout ça. Cependant, s’il y a bien une chose qui ne change pas d’une année à l’autre, c’est bien la réception de messages à caractère(s) informatif ou commercial qui pourrissent nos boîtes aux lettres électroniques et qui nous invitent la plupart du temps à acheter des produits biohasardeux inventés par les plus grands docteurs en poubelopathie et surtout en escroquerie. Certains peuvent faire sourire, à l’image de ces composés censés faire augmenter spectaculairement la taille de la bibite. D’autres ciblent parfaitement les innocentes victimes capables de faire n’importe quoi pour augmenter la durée d’une partie de jambes en l’air ou perdre quelques kilogrammes. Mais à quoi peuvent bien servir ces pseudo-médicaments? Lire la suite du billet

Theme Groovy Shaggy Wizz version 2.0 par T2 apres bidouillage extremement extreme de GlossyBlue
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