nov 27
…Je suis issu d’un peuple qui ne veut plus souffrir (purée, jamais je n’aurais pensé citer du Tonton David sur ce blog).
Lorsqu’on n’est pas un homme, hétérosexuel, français, blanc, de confession chrétienne, jeune et en bonne santé, on appartient par définition à une minorité. Ma minorité à moi, c’est ma sexualité. Je fais partie de la minorité homosexuelle, celle qui passe sont temps à forniquer dans des caves humides aux sols recouvertes de sciure, vêtus de combinaisons improbables en latex ou en cuir, qui se bourre le pif de cocaïne, le gosier d’alcool fort ou de pilules qui font rire et qui adore tailler des pipes dans les bosquets. Je n’invente rien. Ces mots sortent de la bouche d’une ancienne collègue apparemment très à l’écoute des sujets de société contemporains, et surtout en accord avec l’époque dans laquelle elle pense vivre. Lire la suite du billet
nov 24
Je dois certainement être en pleine période régressive (Allo Sigmund) car de nombreux souvenirs “culinaires” et olfactifs reviennent à ma mémoire. Lorsque j’étais élevé par mes grands parents maternels, nous n’avions pas encore pris l’habitude d’acheter du Nutella et remplacions aisément la fameuse pâte à tartiner italienne par un mélange encore plus délicieux. Il suffisait tout simplement d’écraser à la fourchette du beurre tendre et d’y ajouter quelques cuillers de Benco ou de Nesquik pour obtenir le plus onctueux des mélanges à tartiner sur de la brioche, une biscotte ou du pain frais. Le beurre chocolaté à cependant vite laissé place par facilité aux petits pots en verre commercialisés par Ferrero. Chaque matin, ma mère me réveillait en m’apportant au lit un plateau contenant un bol de chocolat chaud, du pain brioché et un pot de Nutella. Le plus jouissif était certainement le moment ou il ne restait presque plus rien au fond du pot et qu’il était nécessaire de gratter avec un couteau ou une cuiller le moindre recoin pour avoir la satisfaction d’y retirer une dernière dose gourmande. Dépenser autant d’énergie pour aussi peu de matière grasse était crétin car nous avions toujours plusieurs pots en réserve. Lire la suite du billet
nov 20
Mes premiers souvenirs sont olfactifs. Lorsque j’étais tout petit, ma mère partait travailler en début d’après-midi. Le rituel était immuable. Elle se rendait dans la salle de bains, construisait son chignon en vaporisant par petites touches méticuleuses de la laque Elnett, puis ouvrait son flacon de parfum et déposait dans son cou et sur ses poignets quelques gouttes de Ho Hang de Balenciaga, fragrance initialement destinée à la gente masculine. Cette odeur était synonyme de départ. Je savais qu’il était l’heure que ma nourrice, que je n’appréciais pas forcement, arrive et s’occupe de moi jusqu’en fin de soirée. Je me souviens également de l’odeur de la pluie sur les graviers du jardin, de celle des viennoiseries que le boulanger nous apportait chaque matin dans sa petite camionnette, et celle de mon chien Adémar. Jean-Baptiste Grenouille, c’est un peu moi. Lire la suite du billet
nov 17
J’ai récemment mis les points sur les i avec Snooze en lui expliquant que son comportement m’épuisait. Faire le même métier que son cher et tendre a ses avantages et ses inconvénients. S’il est bien agréable de trouver une oreille complice, les tensions resurgissent fréquemment dans la sphère dite familiale. Si on ajoute que Snooze a un caractère particulier (râleur de très mauvaise foi, si si), les soirées au coin du feu peuvent facilement virer au vinaigre et au règlement de compte. Je n’ai jamais compris ni pourquoi ni comment nous en étions arrivés là. Snooze s’est toujours reposé sur mes épaules pour gérer le quotidien. À force de charger la barque, elle commence à prendre un peu l’eau. Ploc. Lire la suite du billet
nov 14
Première partie très légère
Lorsque j’étais petit, mais vraiment très petit (je ne suis pas une vieille peau desséchée contrairement à la rumeur, enfin pas encore), l’informatique grand public en était a ses balbutiements et faisait fantasmer la plupart des petits garçons dont je faisais partie. Certaines séries américaines nous contaient les aventures de geeks boutonneux capables de sauver la planète avec un Apple II, ordinateur possédant à l’époque moins de mémoire que la plus pourrie des calculettes actuelles. On pouvait simplement connecter son ordinateur à un réseau (pas encore dénommé internet) en collant le combiné téléphonique à un adaptateur. Les zboing zboing crr crr étaient transmis à l’unité centrale et il était possible de contrôler la vie d’une cité entière. Il y avait également des films, tel le fameux wargames, où un adolescent pouvait activer des têtes nucléaires destinées à rayer de la surface du globe l’URSS. Bref, si nous étions nombreux à envier ces petits génies de l’informatique, le matériel que nous avions à notre disposition laissait vraiment à désirer. Oui, c’était la dèche. Lire la suite du billet
nov 10
C’est en feuilletant le dernier numéro de l’excellent “Condé Nast Traveller” consacré aux plus belles destinations ensoleillées en hiver que je suis tombé sur une publicité m’invitant à découvrir une nouvelle expérience sensuelle. Entre un encart consacré aux montres Patek Philippe et un autre sponsorisé par l’office du tourisme helvétique, la vénérable et plus que centenaire société Philips, mère du Vidéopac, du V2000, de la cassette audio et du CD, communiquait sur une nouvelle gamme de produits. Des ampoules basse consommation? Un aspirateur? Un scanner détecteur de tumeur? Que nenni. Si la publicité, réalisée sur une feuille bristol noire, ne mentionnait que le nom de la marque, il suffisait de légèrement l’incliner pour faire apparaître deux corps enlacés. Oui, Philips se lance sur le marché des sex toys, même si aux Pays-Bas on ne parle pas de sex toys, mais de masseurs intimes. C’est bien plus chic et moins vulgaire. Lire la suite du billet
nov 07
J’entends parler de cette potion magique miracle depuis quelques jours dans mon entreprise. Dans les couloirs, devant la machine à café, aux toilettes. C’est incroyable. Il parait qu’il est possible de perdre facilement du poids. Juste en buvant un produit lacté au goût chocolat. Candia a eu la bonne idée de distribuer des échantillons de son nouveau produit minceur à la sortie de certaines bouches de métro et compte sur le bouche à oreille pour propager la bonne parole. Mais si. Si si. La ménagère de moins de cinquante ans qui a le cancer de l’adipocyte localisé aux hanches, le trentenaire actif qui souhaite se débarrasser de ses petits bourrelets ou la quadragénaire au ventre qui pendouille et aux fesses molles sont les cibles de ce produit miracle contenant un principe actif exclusif et mystérieux, le Fabuless. C’est Fabuleux. Lire la suite du billet
nov 03
Je suis bien conscient qu’il y a des choses plus importantes en ce moment, comme les élections américaines ou la propagation des condylomes ano-génitaux dans le milieu gay parisien, mais s’il y a bien un truc qui me troue le cul et qui pourrait conduire à ma désertion du domicile conjugal, c’est bien la façon dont mon mari gère les tâches du quotidien. Les courses, la lessive, le repassage, c’est très chiant et pas très glamour. Ce n’est donc pas très Snooze. Nous avions bien eu recours il y a quelques années à une charmante aide ménagère, mais nous nous sommes vite aperçu qu’elle ne passait qu’une heure par semaine à ravager les cols nos chemises et ne se préoccupait jamais des moutons de poussières qui avaient pris racine sous le canapé. Bêê bêê. Julia s’est vite révélée être une arme de destruction massive tout droit venue du Pérou et nous n’avons jamais osé la remercier. Notre déménagement fut une occasion très lâche de nous en séparer. C’est bon la lâcheté. Lire la suite du billet