Les minutes suivant les examens sont toujours étranges. Après une période d’euphorie qui ne dure généralement pas plus de quelques secondes, on se retrouve en pleine descente. Le stress tombe d’un coup et l’on prend la fatigue en pleine gueule. On a envie de rattraper le temps perdu. Se faire un cinéma, une exposition, glander sur le canapé en lisant un bouquin, prendre soin de soi. Car les semaines précédant les examens sont souvent catastrophiques pour l’organisme. Le chocolat massivement ingurgité a activé les adipocytes qui se sont fait une joie de se reproduire et de se disperser. Mon cul a poussé et je suis condamné à redoubler d’effort pour retrouver la ligne de mes 15 ans*. Côté peau, c’est entre Guernica et Tchernobyl. L’épiderme est gras et luisant, les comédons se sont multipliés et les glandes sébacées chantent la Marseillaise. Quant aux rides, c’est le Grand Canyon. Lire la suite du billet
Cela fait maintenant près de six mois que je passe une bonne partie de mes week-ends et de mes soirées à écrire des rapports ou des devoirs, à ingurgiter une quantité non négligeable d’informations diverses et variées, à préparer des présentations orales ou des examens écrits. J’ai le grand luxe de continuer à étudier sans me formaliser des résultats. L’absence d’enjeux m’aide curieusement à passer certaines épreuves. J’y vais pour m’amuser, un point c’est tout. Mon cher et tendre mari a parfois du mal à me comprendre, encore plus à me soutenir dans cette période stressante (tiens, je devrais penser à ajouter un smiley solitude extrême). Etant d’un tempérament casanier, cette nouvelle année universitaire m’a poussé à me renfermer un peu plus sur moi-même. Qu’importe. Les résultats sont là. J’ai beaucoup appris et surtout rencontré des personnes délicieuses.
Ce matin, je passe mes deux dernières épreuves écrites et je rends deux devoirs. J’ai un peu les boules, mon ventre fait glou glou. A midi, je serai enfin libéré. Libre de glander, de sortir et de faire ce qu’il me plaira.
J’en bave d’avance. 
J’en bave tellement d’avance que j’en ai souillé ma culotte.
J’ai mis de nombreuses années à connaître Paris. Je suis né dans le quinzième arrondissement et ai vécu ma petite enfance près de la rue d’Alésia. Mon père possédait un cabinet à Saint-Maure et ma mère travaillait à l’hôpital Broussais. Après une brève et laborieuse escapade en province, nous nous sommes installés dans les hauteurs du dix-neuvième arrondissement, avenue Simon Bolivar. L’appartement était magique. Nous avions une vue imprenable sur les toits de la capitale, du Sacré-Coeur au cimetière du Père Lachaise. Deux cents degrés de zinc, de tuiles, de cheminées et de monuments. C’est en rentrant au collège que j’ai commencé à m’affranchir de mon quartier. J’étais élève dans une école catholique de la rue de Chabrol, près de l’église Saint-Vincent de Paul. Le quartier était populaire. Le soir, nous parcourions souvent les petites rues situées entre Poissonnière et les grands boulevards. Lire la suite du billet
C’est en feuilletant mon quotidien national préféré que je suis tombé sur une publicité vantant les mérites d’une lotion magique composée d’un complexe d’acides aminés, Cystéine et Lysine, ajouté à une préparation antichute agissant comme vasodilatateur en mesure de stimuler également la repousse des cheveux par son action sur les bulbes pileux encore actifs. Oui, tout ça dans de si petites ampoules. L’encart publicitaire nous apprend que l’époque des crânes rasés est révolue. La touffe est redevenue très tendance. D’ailleurs, Ronaldo*, nouvel ambassadeur du laboratoire commercialisant cet incroyable produit, n’a-t-il pas un crâne couvert de cheveux épais et débordant de santé? Je cherchais justement un cadeau original pour la saint Snooze. J’ai hâte de voir fleurir de jolies bouclettes sexy sexy sur son crâne à la Monsieur Propre. Lire la suite du billet
Ce billet sera le dernier consacré à Pékin. Promis, juré, craché.
Comme déjà abordé dans de précédents billets*, la ville est en pleine mutation. Mutation architecturale, mais également mutation économique et idéologique. La ville se modernise. Des milliers de petits boulots vont progressivement disparaître, du poinçonneur au petit épicier de quartier. La ville a été redessinée. Le centre, formé de la place Tien An Men et de la cité interdite, est maintenant entouré de six énormes boulevards périphériques. Le dernier est situé à environ vingt kilomètres du centre. Un septième est à l’étude. La ville est véritablement labourée par le bitume et les voitures. On peut observer jusqu’à douze voies en plein centre ville (pratique pour faire défiler les chars), sans compter l’espace réservé aux bicyclettes. D’après les autorités, un millier de nouvelles voitures apparaissent chaque jour. Selon le comité international olympique, la pollution à Pékin ne constitue pas une menace immédiate contre la santé des athlètes mais elle pourrait limiter le niveau de performance lors des prochains Jeux olympiques. Il est évident que les représentants de l’honorable institution n’ont jamais tenté de courir à la fraiche dans les rues de la ville. Lire la suite du billet
J’ai toujours eu un rapport étrange avec la vieillesse. Certainement parce que j’ai toujours été entouré de vieux. Mes parents m’ont eu très tard et j’ai principalement été éduqué par mes grands parents. Petit, j’enviais mes amis. Ils avaient la chance d’avoir des échanges plus dynamiques avec leurs parents. Les miens étaient bien loin d’anticiper mes envies ou mes attentes. Ils étaient issus d’un milieu traditionaliste, populaire côté maternel, bourgeois et très à droite côté paternel. Ma grand-mère paternelle était assez stricte. Elle n’hésitait jamais à sévir et commençait toujours à éructer en anglais quand j’avais fait une bêtise. D’origine écossaise, elle avait certainement hérité son caractère de hyène et sa méchanceté d’une quelconque Lady Macbeth. J’ai eu la chance de ne pas avoir à la subir trop longtemps. La mégère est passée sous une voiture à la fin des années soixante-dix. Lire la suite du billet
Certains se souviennent peut-être d’une série télévisée diffusée au début des années 90 sur Canal Jimmy racontant les mésaventures amoureuses d’un new-yorkais quarantenaire ayant passé toute son enfance devant son poste de télévision. Oui, Martin Tupper avait pratiquement été élevé par le petit écran. L’originalité de la série était justement de faire massivement références à d’autres séries d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Chaque fois que Martin (qui était vraiment chaud du cul) était face à une situation difficile, il se remémorait des scènes de vieilles séries Z qui sentaient pour la plupart la naphtaline. Lire la suite du billet
Lorsque j’ai débarqué à l’INSERM en DEA, je pratiquais très peu l’Anglais. J’ai eu la chance d’être accepté dans un laboratoire ou le français n’était finalement qu’une langue secondaire (excepté pour deux ou trois vieilles peaux qui tentaient de régner sans partage sur certaines équipes). La personne qui dirigeait mon équipe était originaire de Bangalore en Inde. Srini avait eu la bonne idée de réunir autour de lui des étudiants qui venaient des quatre coins du globe. Des indiens, mais également des bulgares, des allemands ou des israéliens. François revenait d’un long séjour à Atlanta. J’ai ainsi appris à parler anglais avec Prasad, Sooryanarayana, Yaron, Yosepha, Vladimira ou Dorothea. Côtoyer différentes nationalités ne m’a pas seulement aidé à lire, écrire ou parler un anglais scientifique, mais également un anglais un peu plus international et familier. Lire la suite du billet
C’est après avoir vomi mes bouchées en sauce que je me suis dit in petto en moi même qu’il fallait que je réagisse fermement. Pourquoi déprimer alors que mon mari s’amuse comme un fou au ski. Je suis seul, certes, mais je suis en plein cœur de Paris et j’ai surtout dans mon portefeuille la carte de crédit de notre compte bancaire commun. Première résolution, se faire servir. C’est fou le nombre de traiteurs asiatiques capable de livrer un délicieux dîner dans la demi-heure. Seconde résolution, se faire plaisir. Ne pas hésiter à passer par la case agitateur culturel, grande épicerie du Bon Marché ou Maison du chocolat. Troisième résolution, se détendre. Prendre un bon bain et s’amuser en compagnie de canards (qui prennent bien moins de place qu’un mari dan une baignoire). Quatrième résolution, se cultiver. La culture, c’est important, tout le monde sait ça. Le moment idéal est en soirée, dans son lit. Ne pas hésiter également à profiter de tout l’espace du matelas (alors que généralement un mari peu intentionné pourrait passer ses nuits à dormir au centre, ne vous laissant qu’une minuscule parcelle pour dormir). Oui, le célibat, c’est vraiment la belle vie. Lire la suite du billet
Je confiais récemment à -Nico- que j’avais l’impression d’être entouré de personnes bien plus avancées dans la vie et bien plus matures que je ne pouvais l’être à leur âge. Beaucoup ont moins de trente ans et sont déjà solidement installés. Ils ne sont plus étudiants, vivent en couple, ont des enfants ou possèdent leur appartement. Encore aujourd’hui, je n’ai pas l’impression d’avoir les obligations qu’un adulte devrait normalement avoir. Certainement parce que ma vie est un long fleuve tranquille. Certainement parce que j’ai eu la chance de faire les bonnes rencontres au bon moment. Certainement parce que, encore aujourd’hui, je ne suis qu’un étudiant attardé qui s’amuse d’un rien et passe son temps à chahuter avec ses amis ou ses camarades de travail. Lire la suite du billet
Mon mari s’est barré avec sa bande de copines putafranges au ski pendant que je passe mon temps à réviser mes examens. Je suis donc seul, abandonné, errant comme un zombie dans notre appartement. Mes yeux sont humides. Le téléphone ne sonne pas. Les journées sont longues. Nico est gentiment passé prendre de mes nouvelles et Nono déjeune parfois en ma compagnie. Mon ingrat de mari a tout de même pensé à faire les courses avant de partir. Il m’a laissé des boites de plats en sauce en guise de repas. Ce radin ne m’a même pas acheté de la pâtée de qualité, juste du Leader Price bourratif qui tache et qui pue. J’ai eu un peu de mal au début mais je digère un peu mieux les morceaux de bœuf polyphosphaté et le glutamate. Lire la suite du billet
C’est notamment en compagnie de mes copines Fauvette, Vroumette, Matouette, Kozlikette, Yvette, Akynette, Traouette, Gildette, Gamacette et mon mari (Snoozette) que j’ai assisté la semaine dernière à une représentation de Luisa Miller à L’opéra Bastille. Nous avions comme d’habitude obtenu nos places secrètes de la mort qui tue pas chères du tout après un tapin à la fraîche il y a près d’un mois. L’intrigue se déroule au Tyrol (le pays des gâteaux à la crème, du chocolat au lait, des marmottes et des vaches violettes) il y a un peu moins de deux siècles. Luisa fête son anniversaire dans les alpages en compagnie de son père et de villageois. Tout le monde est heureux. On mange du Weihnachtszelten, des Kiachln et autres Krapfen au gluten (tout plein de trucs en èn) et on boit de l’eau-de-vie de gentiane. Lire la suite du billet




