Noces de Porcelaine

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Mille neuf cent quatre vingt douze. J’ai toujours adoré les chiffres et les chiffres pairs en particulier. Cette année m’a particulièrement marqué. Rien à voir avec l’anniversaire de la découverte de l’Amérique, le procès du sang contaminé ou l’ouverture de Disneyland Paris. Non, rien à voir. Sans être dégoulinant de nostalgie, cette année fut un tournant dans ma vie. Je me souviens encore du groupe d’amis avec lequel je passais la plupart de mon temps à la Faculté. Nous avions passé une délicieuse semaine au ski après les partiels de février et étions tous partis en Grèce pour fêter la fin d’une éprouvante année universitaire. Nous ne connaissions pas encore les résultats du concours de première année de pharmacie. Si nous étions tous intimement convaincus que Christelle et Kristelle allaient poursuivre leurs études, rien n’était certain pour Snooze, Choup et moi-même. Quant à Cécilou, elle avait déjà choisi une autre voie, la kinésithérapie, pour bifurquer plus tard vers des études d’ostéopathie.

Je me souviens parfaitement de l’ouverture des XVIème Jeux Olympiques d’hiver à Albertville. Je me souviens également du lancement officiel d’Arte, de la création du groupe France Télévision et de la mort de La Cinq. Je me rappelle la tartiflette géante préparée par Cécilou en plein mois de juillet. Je me souviens de deux mois passés à travailler de nuit en réanimation cardiologique à la Pitié Salpétrière. Je me souviens avoir beaucoup pleuré. Je me souviens de la mort de mon chien Clodo. Je me souviens d’avoir eu peur d’être séparé de mes amis proches. Je me souviens que papa me faisait déjà comprendre que ma vie allait être médiocre. Je me souviens avoir besoin de beaucoup d’amour. J’avais envie que quelqu’un me serre très fort dans ses bras.

Je me rappelle parfaitement du référendum sur le traité de Maastricht en septembre. Ce vote marqua le début de mon intérêt pour la vie politique. En octobre, Renault lançait la Twingo. Sept jours plus tard, Etienne Daho donnait un concert au Zenith. Sept jours plus tard, je mettais ma langue dans la bouche de Snooze. Sept jours plus tard, je passais ma première nuit en sa compagnie. Cinq mille quatre cent soixante-quinze nuits plus tard, nous partageons toujours les bons comme les mauvais moments, pour le meilleur comme pour le pire. Cinq mille quatre cent soixante-quinze nuits plus tard, nous sommes toujours exclusifs et fidèles. Cinq mille quatre cent soixante-quinze nuits plus tard, nous ne nous posons aucune question sur notre avenir. Nous vivons toujours au jour le jour, comme cinq mille quatre cent soixante-quinze nuits plus tôt.

Samedi dernier, nous avons célébré quinze années d’union. Pas encore quarante-trois.

Dimanche, je ne l’ai pas réveillé en appuyant sur son nez avec ma main. Je l’ai longuement regardé. Il dormait profondément. Je lui ai embrassé la main, l’avant-bras, et l’épaule. Je lui ai embrassé les sourcils, puis le bout du nez.

Il a ouvert un œil, puis deux. Il m’a regardé, a souri puis s’est doucement rendormi.

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