Be cool

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Nous n’avons pour une fois pas couru pour arriver à l’aéroport.

Pas de longue queue au guichet d’enregistrement Air France. Je tente le coup de la sciatique avec l’espoir d’obtenir un siège avec un peu plus d’espace. Manque de bol, il ne reste plus que des places dans la rangée du milieu. Et nous n’avons pas été surclassés cette fois ci.
L’avion décolle à l’heure. L’hôtesse qui va s’occuper de nous ressemblait comme deux gouttes d’eau à Frigide Barjot. Il fallait être patient. Douze heures de vol nous attendaient.
A ma grande surprise, le temps a vite passé. J’ai maté six films, mangé et bouquiné. L’avion a longé la côte californienne. Nous avons atterri. Pas d’attente à la douane, les bagages sont rapidement arrivés. Ce fut le voyage du bonheur. No stress. Nous avons ensuite emprunté le métro local. En moins d’une demi-heure, nous étions déjà dans notre chambre.

Quelques minutes plus tard, nous sommes sorti faire notre premier tour en ville. J’avais repéré que la « Force du destin » de Verdi était à l’affiche à San-Francisco. Nous nous sommes donc dirigés vers l’opéra et avons pris deux tickets pour la représentation du mardi soir. Nous avons ensuite longé Market street. Ambiance étrange. On observe un nombre considérable de sans abris. Personne ne fait attention à eux. Ils sont invisibles. Tout cela semble bien normal.

Achtung bitte

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A. Etes-vous atteint d’une maladie contagieuse, de troubles mentaux ou physiques ?
Faites-vous usage de stupéfiants ? Etes-vous toxicomane ?

B. Avez-vous été arrêté ou condamné pour un délit ou un crime réprouvé par la morale publique, ou enfreint la loi en matière de substances contrôlées ? Avez-vous été arrêté ou condamné à une peine totale d’emprisonnement de 5 ans ou plus pour deux délits ou plus ? Avez-vous été impliqué dans le trafic de substances contrôlées ? Demandez-vous l’entrée aux Etats-Unis dans l’intention de vous livrer à des activités criminelles ou immorales ?

C. Avez-vous autrefois été impliqué, ou êtes-vous maintenant impliqué, dans des activités d’espionnage, de sabotage, de terrorisme, de génocide, ou, entre 1933 et 1945, avez-vous participé en aucune façon à des persécutions perpétrées au nom de l’Allemagne nazie ou de ses alliés ?

D. Avez-vous l’intention de chercher du travail aux Etats-Unis ? Avez-vous déjà été refoulé ou expulsé des Etats-Unis Avez-vous autrefois été reconduit à la frontière des Etats-Unis ? Avez-vous obtenu ou cherché à obtenir un visa ou l’admission aux Etats-Unis par voie de fraude ou de fausses déclarations ?

E. Avez-vous retenu, volontairement ou par la force, un enfant dont le droit de garde avait été confié à un ressortissant américain, ou avez-vous empêché ledit ressortissant d’exercer son droit de garde ?

F. L’octroi d’un visa ou l’admission aux Etats-Unis vous a-t-il déjà été refusé ? Est-ce qu’un visa d’entrée aux Etats-Unis qui vous avait été octroyé a été annulé ? En cas de réponse affirmative, quand ?

G. Avez-vous déjà demandé à être exonéré de poursuites judiciaires en échange de votre témoignage ?

Attention : si vous avez répondu « oui » à une ou plusieurs de ces questions veuillez contacter l’ambassade des Etats-Unis AVANT d’entreprendre votre voyage. Il est possible que l’entrée aux Etats-Unis vous soit refusée.

Ouf, j’ai encore une fois que des non. Ca m’a toujours fait marrer ce formulaire qui est distribué une fois son cul calé dans son fauteuil en plein milieu de l’atlantique. Les nazis tuberculeux ex-taulards gagnent apparemment un billet retour direct sans passer par la case duty free. Pas de bol.

Le plus vieux métier du monde

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C’était en mars dernier.

Je me baladais dans un salon médical. C’était le grand bazar du médicament. Une hôtesse nous a remis un carnet à souche à l’entrée et nous sommes passés de stand en stand afin de voir ce que les exposants proposaient. C’était comme à la fête foraine. On pouvait gagner des trousses de secours, des abonnements à des revues scientifiques, son poids en médicament, des tensiomètres, de la bouffe, des montres ou des réveils. Tout plein de conneries. Les visiteurs se battaient presque pour gagner une merde siglée d’un laboratoire.

Soudain, je me suis approché d’un stand. Une femme d’un certain âge était seule derrière un comptoir. Elle représentait un laboratoire spécialisé dans l’impuissance masculine. Elle semblait bien seule. Sur le comptoir, trônaient une quantité incroyable de bidules en caoutchouc, mis à la disposition du public. Les gens n’osaient pas en prendre. J’ai commencé à me marrer, c’était plus fort que moi. On en a chipé tout plein pour les copains.

La pauvre dame ne faisait pas un métier facile. Elle passait sa journée, débout, entourée de centaines de bites molles et de couilles ridées sous le regard des visiteurs qui passaient devant elle en se bidonnant.

Viva totoro

Viva totoro

C’est devenu le jouet préféré des bébés des amis qui passent à la maison, au grand désespoir des parents (…). Je vais vraiment commencer à faire un album photo.

Ciao boulot

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Ca y est enfin. Cela fait des semaines que je pense à ce moment. Comme le dit le dicton coréen, « le meilleur moment quand on fait l’amour, c’est quand on monte les escaliers ».
Un bordel monstre règne dans et sur mon bureau. Rien à battre. J’ai réglé les derniers problèmes, essayé de prévoir et de contourner les prochains. Je vais éteindre les lumières. Je consulte une dernière fois mes mails, renvoie mon téléphone et fait un dernier tour. Je commence à me détendre, les vacances sont à ma portée. Je pense déjà à Barbary Lane, Madame Madrigal, Mary-Ann et Michael. Je peux entendre le vent dans les séquoias et le parfum des Cheese cakes sur Union Square. Le week-end va être agité. Je vais encore courir dans tous les sens.

Lundi, je serai bien loin.

L’hôpital

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Changement de saison, changement d’humeur, changement de thème. Visible après avoir purgé le caché.

Je pense très souvent à cette période.

J’avais demandé à changer de service après une dizaine de jours passés en psychiatrie. Un mois. Je devais rester un long mois dans ce service. Juillet allait être très long. Le personnel soignant semblait encore plus atteint que les patients. Je n’étais pas rassuré. Une nuit, ils avaient trouvé drôle de m’enfermer dans une chambre capitonnée les mains attachées par de vraies menottes à un lit. C’était le bizutage obligatoire.
Toutes les chambres n’étaient pas fermées. Certains malades erraient dans les couloirs. Je me souviens d’une patiente en particulier. Elle avait toujours un walkman dans sa poche. Elle écoutait en permanence l’aigle noir. Je me souviens également d’une petite grand-mère. Elle semblait très fragile. Soudain, elle a commencé à tout balancer dans sa chambre. Nous étions quatre sur elle et avions grand peine à la maîtriser. Il fallait être vigilant en permanence. Et ne jamais s’attacher aux malades.
Je me souviens également d’une salle réservée aux passeurs de drogue. Elle était remplie de sud-américains. Ils remplissaient des préservatifs avec de la cocaïne, fabriquaient de petites boulettes qu’ils avalaient. Ils pouvaient en avaler des dizaines. Si le préservatif lâchait, ils mourraient. Ceux qui étaient dans notre service avaient tous été dénoncés. Ils restaient le temps de chier leur drogue. Un mec était payé pour compter les boulettes.

Ce monde était trop dur pour moi. Je n’avais pas une carapace assez épaisse pour rester trop longtemps dans ce milieu. Je regrette cette capitulation. La psychiatrie est un domaine captivant.

J’ai donc atterri au bloc de chirurgie cardiaque le mois suivant. Travaillant de nuit, il n’y avait que des interventions d’urgence. Les nuits de transplantation de cœur ou cœur-poumons étaient rudes. Le personnel du bloc prenait soin de moi. Parfois, le chirurgien me demandait de m’approcher. Il m’expliquait ce qu’il faisait. Pas à pas. C’était passionnant. Lorsqu’il n’y avait pas de greffe, je remontais en réanimation cardiaque. Le personnel était jeune. J’ai vite appris que travailler dans un tel service était usant. Nous étions tous complices. Nous passions la nuit à courir. Nous devions faire des tours de garde interminables. Lorsqu’un tour se terminait, nous devions en recommencer un nouveau. Nous prenions grand soin des malades. Cette phrase peut paraître stupide lorsque l’on travaille dans un hôpital. Pourtant, prendre soin des patients, ce n’est pas seulement les soigner physiquement. C’est également les écouter, être attentif, les faire rire, les rassurer. Leur montrer que quelqu’un veille sur eux et qu’ils ne sont pas seuls. Simplement.

La fin du mois d’août approchait. Je devais quitter l’hôpital et mes nouveaux compères. Yan, mon meilleur ami de l’époque, et sa sœur Nathalie, m’avaient invité à passer quelques jours dans leur maison située sur l’île d’Oléron. L’endroit était idéal pour se reposer après ces deux mois intenses. Nathalie était venue avec sa fille, Clémence. Elle commençait à parler. Elle ne pouvait pas prononcer mon prénom. Alexandre était décidément un prénom trop compliqué. Trop de « xe » et de « re ». Il fallait qu’elle y arrive. Alechandle, échandle, chondle. Au bout de quelques jours, je m’appelais chondre. C’était bien plus pratique.

Mes jours sont plus beaux que mes nuits

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Je me suis brusquement réveillé en pleine nuit. Je le savais. C’était bien ça. J’avais un cancer. Un cancer du tube digestif. Ou bien pire, du pancréas. J’étais en sueur. C’était un signe. J’avais lu récemment que le facteur de risque le plus important était le tabagisme qui multipliait très fortement l’incidence de cette pathologie. Je suis un ex-fumeur. Je ressentais une douleur épigastrique lancinante. Elle irradiait dans mos dos. J’étais fatigué. On allait me faire des examens. Ils allaient forcement retrouver des marqueurs tumoraux. J’avais peur. La médiane de survie était très faible. Qu’allait devenir Snooze. Et ma famille. Ils allaient m’administrer un traitement palliatif. J’allais errer pendant des jours dans les couloirs des hôpitaux. J’étais terrifié. Les minutes passaient. Il fallait planifier les prochaines semaines. J’étais réveillé depuis deux heures. Cela faisait déjà deux longues heures que je m’agitais dans mon lit. Snooze dormait calmement. Je l’enviais. Mes journées étaient comptées. Les battements de mon cœur devenaient de plus en plus sourds.

Mon rythme cardiaque ralentissait. Mes paupières étaient de plus en plus lourdes. Morphée a eu raison de mes frayeurs et m’a de nouveau entraîné au pays des songes, dans un autre monde, bien loin de ma propre souffrance et de la mort. J’étais sauvé. Avant le prochain mauvais rêve.

Je deviens hypochondriaque et je n’aime pas ça.

Une journée avec Monsieur le Neuf

Fiel Pas de Commentaire »

(Moi) : Allo. Oui, bonjour Monsieur le Neuf, je suis bien au service technique ?

(Monsieur le Neuf) : Oui Monsieur, que puis-je pour vous ?

(Moi): Je passe par vos services depuis plus d’un an maintenant. J’ai demandé un dégroupage total depuis début août. Je viens d’être dégroupé au bout de trois mois et je ne peux toujours pas capter CanalSat. Cela fait deux mois que je règle un abonnement sans pouvoir recevoir une seule chaîne du bouquet.

(Monsieur le Neuf) : C’est normal. Eteignez votre modem et redémarrez votre décodeur TV. Cela marche-t-il maintenant ?

(Moi) : Bip bip bip (et zob, je me suis fait couillonner)

Bilan : 25 minutes de communication à 30 centimes la minute

Putain je suis trop con j’ai débranché ce fichu modem. Et dire que j’avais mis 15 minutes avant d’avoir quelqu’un au téléphone.

(Moi) : Allo. Oui, bonjour Monsieur le Neuf, je suis bien au service technique ?

(Un autre Monsieur le Neuf) : Oui Monsieur, que puis-je pour vous ?

(Moi): Je passe par vos service depuis plus d’un an maintenant. J’ai demandé un dégroupage total depuis début août. Je viens tout juste d’être dégroupé mais je ne peux toujours pas capter CanalSat.

(Monsieur le Neuf) : Quel modem avez vous, et sous quel système tourne votre ordinateur ?

(Moi) : Euh…un Trio 2 je crois…Je suis sous Mac OS 10.4 et sous wi-fi.

(Monsieur le Neuf) : C’est normal. Il n’y a qu’une sortie Ethernet sur le Trio 2 et vous devez brancher votre borne Airport et votre décodeur TV sous Ethernet. Il manque donc une connexion.

(Moi): C’est pour cela que j’ai acheté un hub.

(Monsieur le Neuf) : Ca ne peut pas marcher avec un hub.

(Moi): Ben ça a marché parfaitement pendant un an jusqu’à ce que vous me changiez de décodeur TV.

(Monsieur le Neuf) : C’est impossible !

(Moi) : Votre service technique m’a toujours affirmé le contraire.

(Monsieur le neuf) : Ah ?

(Moi) : oui.

(Monsieur le Neuf) : Comment branchez vous la borne Airport ?

(Moi) : Je vous l’ai déjà indiqué. Je la connecte via Ethernet sur la Neufbox

(Monsieur le Neuf) : C’est normal alors. Vous devez directement la brancher sur votre ordinateur.

(Moi, désespéré) : Oui, mais permettez moi de vous posez une question. A quoi cela servirait-il ?

(Monsieur le Neuf) : ben a recevoir internet en wi-fi

(Moi) : Si je peux me permettre, cela ne s’appellerait plus du wi-fi. J’aurais un gros champignon connecté au cul de mon portable et en plus je ne capterais plus rien du tout.

(Monsieur le neuf): Blanc. Ne quittez pas, je vous passe le service technique niveau 2.

(Monsieur le Neuf du service technique niveau 2)

(Un autre Monsieur le Neuf): Oui Monsieur, que puis-je pour vous ?

(Moi): Je passe par vos service depuis plus d’un an maintenant. J’ai demandé un dégroupage total depuis début août. Je viens tout juste d’être dégroupé mais je ne peux toujours pas capter CanalSat.

(Monsieur le Neuf) : Quel modem avez vous, et sous quel système tourne votre ordinateur ?

(Moi) : Je viens d’expliquer tout ça à votre collègue.

(Monsieur le Neuf) : Ah oui. Que voyez vous à l’écran

(Moi) : Code erreur SE0 ou SE1

(Monsieur le Neuf) : Nous ne sommes pas responsables Monsieur. Veuillez contacter CanalSat. Merci de votre appel. Biiiiiiiip.

Bilan 2 : 29 minutes de communication à 30 centimes la minute

Quelques minutes plus tard:. Ding Dong : Ah bonjour Madame L*%£s. Un paquet pour moi ? Il ne fallait pas vous déplacer Madame L*%£s. Mille mercis Madame L*%£s. Bonne soirée Madame L*%£s. Mes amitiés à Monsieur L*%£s.

(Moi) : Allo. Oui, bonjour Monsieur le Neuf, je suis bien au service commercial ?

(Monsieur le Neuf) : Oui Monsieur, que puis-je pour vous ?

(Moi): Je viens de recevoir un modem Trio 3 alors que je n’en ai pas fait la demande. Aucune lettre n’accompagnait le colis. Combien ce nouveau modem coûte-t-il ?

(Monsieur le Neuf) : Il est en location à trois euros par mois et les frais d’échanges se montent à 25 euros.

(Moi): Donc si je ne vous renvoie pas l’ancien je vais payer 2 fois 3 euros par mois de location. Et vous faites payer un échange non demandé ? Trouvez vous normal de ne pas indiquer à vos clients quoi faire de l’ancien Modem ? Si je décide de ne pas garder ce nouveau modem, ou dois-je vous le renvoyer ?

(Monsieur le Neuf): Ne quittez pas s’il vous plait.

(Monsieur le Neuf) : Monsieur M ? Vous devez renvoyer le modem par colissimo à l’adresse suivante (…/…) en indiquant sur la boite le numéro de retour suivant : 1-685468RFKUSCGR78.

(Moi) : Merci. Et si je décide de vous renvoyer l’ancien trio 2?

(Monsieur le Neuf) : Après avoir reçu le nouveau trio 3, nous allons vous renvoyer un autre trio 3 par la poste. Une fois reçu, vous devrez nous renvoyer votre ancien trio 2.

(Moi) : Pardon ? Pour garder le nouveau, je dois vous le renvoyer pour que vous me le réexpédiez quelques jours plus tard ?

(Monsieur le Neuf) : Oui Monsieur : Je vous ai fourni un numéro de retour. La procédure est irréversible.

(Moi) : Euh prolongé (ne sachant pas quoi répondre).

(Moi) : Juste une dernière question. Je vous ai envoyé deux lettres recommandées vous faisant part de mon mécontentement. Personne ne m’a jamais répondu. Qui dois-je contacter ?

(Monsieur le Neuf) : Vous devez nous envoyer une lettre nous expliquant les raisons de votre mécontentement.

(Moi, ayant une grosse envie de pleurer) : Merci. Bonne journée.

(Monsieur le Neuf) : Merci monsieur M, nous espérons avoir répondu à toutes vos questions. Bonne fin de journée.

Je déteste Monsieur le Neuf, encore plus que Madame la Noos. Qu’il soit maudit pendant sept générations.

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