oct 10
Vu, « Les frères Grimm » de Terry Gilliam. Jacob (Heath Ledger) et Will (Matt Damon) Grimm sont connus dans toutes les campagnes Allemandes pour être les seuls capables de vaincre les esprits maléfiques et les créatures qui épouvantaient les villages. Ils ne se contentent cependant de ne combattre que des monstres animés par leurs deux complices. Tout est faux. Ils font passer des vessies pour des lanternes. Les campagnes sont crédules.
L’Allemagne (qui n’existe pas encore) est envahie par les troupes de Napoléon. Un officier français les fait arrêter. Il n’est pas dupe. Il souhaite les envoyer à Marbaden. Ce hameau vit dans la terreur absolue depuis que des jeunes filles sont enlevées les unes après les autres. L’officier est persuadé que des illusionnistes terrorisent la région. Il souhaite les démasquer, comme il a démasqué les Grimm.
Malheureusement, les frères Grimm n’ont pas affaire à une illusion. Les deux frères vont découvrir que la forêt entourant le village est habitée. Elle renferme un terrible secret, un monde de magie et de sortilèges peuplé des plus incroyables créatures.
Le film est très inégal, je ne supporte toujours pas le sourire de Matt Damon, Monica Belluci miaule et Terry Gilliam a très certainement été freiné dans son élan. On sent parfois les personnages délirer. Malheureusement, le plaisir est de très courte durée. Bof.
Lu, dans « Le Monde 2 », l’article de Samuel Blumenfeld sur l’ « intelligent design ». Le premier août dernier, Bush déclarait que les thèses de l’intelligent design, opposées à la théorie darwinienne de l ‘évolution devaient être correctement enseignées dans les écoles américaines. « Ces deux théories, assène le Président, doivent être correctement enseignées de manière à ce que les gens saisissent la nature du débat. L’éducation ne consiste-t-elle pas à exposer les écoliers à différentes écoles de pensée ?». Effarant.
Lu, dans « Le Monde » daté du 9-10 octobre. La place stambouliote atteint des sommets. L’indice ISE de la bourse d’Istanbul a enregistré le 4 octobre une de ses plus belles performances quotidiennes de l’année. Il a augmenté de 33% depuis le début de l’année. Les investisseurs auraient salué le lancement des négociations d’adhésion avec l’UE.
oct 09
Snooze souhaitait organiser une soirée année 70 afin de réunir ses amis, ses proches et ses cousins. Tous les ans nous avons droit à cette fameuse soirée. Comme toujours, cette fameuse soirée est remise à plus tard. Il semble incapable de mettre sur pieds un tel événement. Le couillon.
J’ai contacté une petite partie de ses amis au dernier moment. J’ai proposé d’organiser une petite apérobouffe en comité très réduit à la maison. Prévenue au dernier moment, une petite moitié s’est désistée. Après avoir annulé la soirée, j’ai renvoyé un mail pour solliciter à nouveau une partie de ses amis. L’organisation devenait très compliquée. Je souhaitais lui faire une surprise. J’ai posé mon jeudi après-midi pour faire quelques courses et commencer à préparer le repas. J’ai également posé mon vendredi après-midi.
J’ai beaucoup de travail en ce moment à l’agence. Je suis arrivé de très bonne heure vendredi matin. Je souhaitais régler un maximum de choses. Vers midi, une collègue entre dans mon bureau et commence à me parler en anglais. Elle ne me parle jamais en anglais hors réunion. Nous devions recevoir une firme entre 16h00 et 18h00. Putain. J’avais complètement oublié ce rendez-vous. Je n’étais pas rasé et portais un vieux jeans, un T-shirt et des grosses Doc Martens crasseuses. Je me suis empressé de courir dans le bureau de mon boss pour lui refiler le bébé. Manque de chance, il avait une autre réunion à la même heure. Re-putain. Je lui explique alors que j’attendais une bonne dizaine de personnes ce soir à la maison. Il me propose de rentrer chez moi pour commencer à tout préparer et revenir au boulot à 16h00. Je n’avais pas préparé la réunion et suis resté comme un gros gland au bureau. J’ai pesté et ronchonné. Re-re-putain.
Juste avant la réunion, je tente d’appeler Snooze. Sa collègue décroche à sa place. Elle m’explique alors qu’elle avait demandé à Snooze si cela lui faisait plaisir de voir ce soir Alexandre à la maison. Je lui ai demandé de répéter. J’avais bien compris. En gros, je m’étais cassé le cul pour rien.
Je suis arrivé à la maison à 19h00. Il est arrivé vers 20h00. J’avais encore les mains dans la farine et tout l’appartement sentait la bouffe. Il a commencé à sourire. Une seule solution.
Bon, d’après mes sources, tu sais qu’Alexandre passe ce soir. D’après ce que tu vois dans la cuisine, il ne sera pas seul. Pourrais-tu m’aider à ranger l’appartement avant que nos convives n’arrivent ?
Les invités sont arrivés vers 21h00. Nous étions une dizaine. J’avais fait une gaffe. Alexandre et Caroline semblaient en grand froid avec Jérôme. Re-re-re-putain. Je ne le savais pas. Caroline a passé une bonne partie de la soirée en ma compagnie dans la cuisine. Mimi Zonzon est arrivée et m’a aidé à préparer le gâteau. La mayonnaise semblait prendre. Je sentais quelques petites tensions entre Jérôme et Alexandre. Rien de bien grave. Tout s’est globalement bien passé. J’avais prévu trop de bouffe. Nous nous sommes bien poilés. Chacun est reparti avec son doggy bag vers 2h00. En attendant la fameuse soirée année 70 l’année prochaine.
oct 07
Et hop, je me suis fait avoir de nouveau. Trempé, j’étais trempé. Le retour en vélo du boulot fut très humide. Seul point positif. Je ne me suis pas attardé sous ces maudits platanes et ai ainsi évité de me faire chier dessus par ces connards de pigeons du boulevard Voltaire.
oct 05
Iouhou ! Ben qui va se casser à San-Francisco dans un mois avec son doudou hein ? C’est Chondre!
C’est la première fois que je vais mettre les pieds sur la côte ouest. Je n’ai jamais eu l’occasion de dépasser la belle ville de Detroit (et encore, c’était par erreur, mais c’est une très longue histoire). J’adore les Etats-Unis. Je n’y suis pas retourné depuis mars 2004. J’avais alors passé une semaine à New-York avec ma mère (c’est également une très longue histoire).
C’était l’anniversaire de Snooze. J’ai déposé hier matin sur la table du salon un paquet contenant un guide de voyage sur la Californie. Le chapitre consacré à San-Francisco était marqué. Manque de chance, c’était un jour de grève. Les billets ne sont pas arrivés à temps. Pas grave. J’espère ne pas me planter dans le choix de l’hôtel. Je commence à baver à l’idée de passer des heures dans les drugstores (c’est une manie). Il parait que la ville est très européenne et que le climat est agréable, même en novembre.
C’est Monsieur Lapin qui va encore être heureux.
oct 04
Je suis boulimique d’information. J’ai lu que cela pouvait être associé à une pathologie. Je lis le journal tous les jours depuis mes quinze ans. Lorsque j’étais à la faculté de pharmacie, nous recevions gratuitement « Le Figaro » tous les matins. J’ai commencé à me passionner pour les pages saumon et me suis même inscrit quelques années plus tard en DESS d’économie. J’aimais également les pages politique étrangère. Proust, Zola, Gide ou Mauriac avaient publié dans ce grand journal.
Distribuer gratuitement un journal est le meilleur moyen de fidéliser dès le plus jeune âge son lectorat (tout comme les invitations au « Carré Seita » alors glissées tous les mercredis dans ce journal le meilleur moyen de fidéliser les fumeurs étudiants). L’équipe du “Figaro Etudiant” l’avait bien compris. Seules certaines universités étaient sélectionnées.
J’ai cependant commencé à me désintoxiquer du Fig vers la fin des années 90. J’avais alors pris tardivement conscience des horreurs que racontait un chroniqueur, Max Clos. Ses papiers du vendredi étaient dégoulinants de haine et dignes de journaux financés par la droite extrême. Ce journaliste n’officie plus. Il est mort depuis quelques années. L’empire Hersant s’est ensuite effondré et l’entreprise a été rachetée par Serge Dassault, Maire UMP de Corbeil-Essonnes. Un industriel devenait une fois de plus propriétaire d’un grand journal (tout comme Libération et Edouard de Rotschild ou les publications Hachette et la famille Lagardère). Dassault a fait le ménage dans les publications de la Socpresse (qui comptait 70 titres, dont Le Figaro et L’Express étaient les fleurons) et le Figaro s’est transformé petit à petit en « jours de France », le journal des gens libéraux heureux. J’ai eu soudain honte d’acheter ce journal. Je me suis naturellement rabattu sur “Le Monde”.
Hier, j’ai craqué. J’ai racheté le Figaro. Le quotidien s’est transformé. Il a l’ambition de se rénover. La maquette n’est plus la même. Le code couleur a changé. On passe du bordeaux au bleu et on a l’impression d’avoir “20 Minutes” entre ses mains. Mais surtout, et quelle révolution, la largeur a diminué. Il semble plus svelte. On s’approche plus des quotidiens anglo-saxons. La lecture est plus plaisante au premier coup d’œil. C’est plus clair. L’ensemble parait moins vieillot. Il y a plus de couleurs.
J’ai ouvert le supplément saumon. Chouette, il y avait même un long article sur un célèbre anti-inflammatoire commercialisé par une très grosse firme américaine. L’article parlait également d’autres produits, notamment de médicaments utilisés en oncologie. La journaliste indiquait qu’une firme se portait bien mal suite au retrait d’un médicament « indiqué dans l’oncologie » (cela ne veut rien dire du tout, au secours), soupçonné de provoquer des décès. Et que veut dire provoquer des décès sans parler un minimum de la pathologie et de la ligne d’administration ? Je pense connaître ce médicament. Il n’a pas été retiré que pour des problèmes de sécurité. Il n’était pas du tout efficace, un point c’est tout.
Comme quoi, s’ils ont bien changé la maquette du Fig, ils n’ont (pas encore) changé tous les journalistes.
oct 03
Les nuits blanches sont mystérieuses. On a parfois l’impression de se retrouver plus de vingt ans en arrière. Jack Lang avait instauré et installé de nombreuses manifestations culturelles. Les premières fêtes de la musique, les expositions délirantes en plein air. Peinture, sculpture voiture, culture. C’était tout et n’importe quoi. Les conneries artistiques alternaient avec les vraies révélations. Sans cet engouement, de nombreux artistes n’auraient certainement pas pu émerger. On retrouve tout ça lors des nuits blanches.
Nous sommes début octobre. La nuit est tombée. Il commence à faire froid. Et pourtant, les rues sont noires de monde. On regarde, on bouscule, on écoute, on mange, on picole. Nous avons commencé notre périple par « cubismes », un cube de néon devant allier danse, musique et lumière. Mouais.
Juste au-dessus, David Bartex présentait « Favela choc ». Une scène était montée au centre du jardin des Halles. Une végétation luxuriante avait été reconstituée. Les percussions résonnaient. Tout était jaune et vert. Il y avait foule. Juste à côté, un suppositoire géant semblé sorti de cosmos 1999 projetait des images sur une façade d’immeuble.
Le centre Pompidou était cerné par une queue gigantesque. Il était le siège de cinq manifestations. Nous avons rejoint la rue des Francs-Bourgeois après une petite pause crème glacée chez Amorino. La cour de l’Hôtel d’Albret était transformée en foyer de feu éteint. Des boules à facettes étaient disposées au centre du foyer. Des couilles lumineuses étaient suspendues. C’était très reposant.
Un peu plus loin, on pouvait trouver les « Nuits Blanches off ». Des séances de lecture ou de dessin étaient organisées.
Nous nous sommes dirigés vers Bastille. Une partie des promeneurs commençait à être éméchée. Ca sentait la queue de renard. Nous souhaitions rejoindre la coulée verte et remonter ainsi à la maison. Grosse erreur. L’entrée était engorgée. Nous avons donc rejoint la piscine de Reuilly par l’avenue Daumesnil. Elle invitait les visiteurs à flotter sur la musique de « Mich Kill My Dog ». Nous n’avions pas nos maillots. Dommage.
Nous avons continué de longer la coulée verte. D’autres attractions nous attendaient. Un film était projeté sur la façade d’un bâtiment. L’image du site avait été préalablement filmée.
Frédéric Vaësen avait installé un stroboscope géant à l’entrée d’un tunnel, Edwin van der Heide des lasers rouges à l’entrée d’un autre.
Sortie à Bel-air, la maison n’était plus très loin. Snooze à pris son vélo et est parti rejoindre des amis du côté de châtelet. Je me suis effondré comme une merde sur le canapé.
oct 02
Nous avions décidé de voir « Night Watch » réalisé par Timur Bekmambeto avant de nous balader dans Paris. C’était la nuit blanche. La salle de l’UGC les halles était pleine. Le générique commence. Le film est distribué par Fox Searchlight et a fait un carton en Russie. Le narrateur s’exprime en anglais. L’action se déroule à Moscou de nos jours. Il est question de l’équilibre entre le bien est le mal. Les effets spéciaux sont spéciaux. Plutôt étonnant pour un film russe. On a l’habitude de voir des films d’auteur. Ce n’est pas le cas. Je ne suis jamais rentré dans le film, mais je peux parfaitement concevoir qu’il plaise à de très nombreux spectateurs. L’histoire est violente. La façon de filmer également. C’est brut et froid. La dualité bien/mal est un grand classique. Alors que certains films asiatiques auraient injecté une petite touche de poésie, on ne retrouve rien de tel ici, ce qui rend l’intrique très conne et très basique. J’ai vu le film au premier degré. Ce fut une erreur. Le générique de fin fut un soulagement.
Ma prostate n’est pas fiable. Ce n’est pas le titre de la suite de Night Watch mais bien la réalité. J’ai toujours une irrésistible envie de pisser en sortant du cinéma. Les toilettes de la salle sont condamnées. Je demande à l’agent nettoyant la salle si je peux sortir par la porte d’entrée et rejoindre ainsi les toilettes situées à trois mètres de moi. Hors de question. Je lui montre ma carte UGC illimité. Rien à faire. Il m’indique que des toilettes sont à ma disposition juste en sortant. Nous sortons de la salle. C’est toujours une plaie de pisser après un film dans les salles UGC. Il me reste une minute d’autonomie. Horreur. Les chiottes à la sortie sont elles aussi fermées. Nous nous rendons donc à l’accueil et retrouvons l’agent. Nous lui montrons à nouveau nos cartes et il refuse toujours de nous laisser passer. Les toilettes sont à deux mètres de nous. Il nous conseille de remonter deux étages pour trouver d’hypothétiques toilettes. Il commence à devenir agressif, nous aussi. J’imagine que la fraude est fréquente et que la direction donne des consignes mais nous sommes vraiment tombés sur un sale con. Personne n’attendait au guichet. Nous avons pris un ticket pour la salle 1, salle la plus proche des chiottes. Le gros bâtard a été obligé de nous laisser passer. Il a déchiré nos billets en ronchonnant.
Revolver a au moins fait deux entrée samedi soir.