2005 octobre (2)

Cot-Cot

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Vu, lu et entendu tout et n’importe quoi sur la grippe aviaire. En résumé, on va tous crever, comme en 1918, avec la grippe espagnole. La pandémie va être effroyable. Samantdi, prépare tes gélules de sucre (moui…elle était facile celle-là) !

La grippe aviaire est une infection due à un virus de la famille des Orthomyxoviridae (orto mixo viridé) qui comprend plusieurs genres dont Influenzavirus A. Celui-ci est divisé en sous types parmi lesquels les sous-types H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse surtout chez les poulets et les dindes, et être susceptible d’entraîner une mortalité extrêmement élevée dans ces espèces. Le virus Influenza aviaire peut éventuellement infecter d’autres espèces animales comme le porc et/ou d’autres mammifères. Tout le monde suit ?

cot cot

Le virus de la grippe aviaire, lorsque la souche est hautement pathogène, peut se transmettre exceptionnellement à l’homme, comme cela a été observé pour le virus influenza A/H5N1 à Hong Kong en 1997 et en février 2003 ou, plus récemment, au Vietnam où des foyers de virus aviaire ont été observés fin 2003. Des cas de transmission à l’homme du virus influenza A/H7N7 ont été également été observés aux Pays-Bas au printemps 2003. La transmission s’effectue lors de contacts fréquents et intensifs avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés. En gros, évitons les gros pigeons à Paris.

Une transmission du virus aviaire à l’homme risque de favoriser des échanges de matériel génétique entre les deux virus chez une personne déjà contaminée par le virus de la grippe humaine. Un tel réassortiment génétique entre ces deux virus pourrait engendrer l’apparition d’un nouveau type de virus susceptible de s’adapter plus facilement à l’homme. Ce mécanisme faciliterait ainsi la transmission inter humaine de ce nouveau type de virus qui pourrait diffuser sur un mode épidémique voire pandémique, comme cela s’est vu dans le passé. Merde.

Chaque foyer de grippe aviaire animale nouvellement identifié nécessite que soient mises en œuvre par les autorités sanitaires des pays affectés des mesures ayant pour objectifs d’éviter toute exposition au virus et d’éradiquer la maladie. Les stratégies de lutte contre l’influenza aviaire reposent essentiellement sur le diagnostic, l’hygiène, l’éducation, la quarantaine et la réduction de la taille des élevages (politique d’abattage massif).

D’après « Nature» ou le « New England Journal of Medicine », des résistances aux Tamiflu auraient été observées. C’est bien couillon, car la France n’a pour l’instant fait que des stocks de ce médicament (qui n’a par ailleurs jamais démontré une action contre cette fameuse grippe tout simplement parce que la grippe n’est pas encore passée de la volaille au porc ou à l’homme). Pour information, on aurait stocké 17 millions de traitements par Tamiflu.

D’après d’autres source, la France serait en pourparler avec un autre laboratoire afin de constituer un stock équivalent de Relenza, l’autre anti-viral ayant démontré une efficacité contre les différents virus de la grippe.
Cependant, dans l’hypothèse de l’émergence d’une pandémie grippale résultant d’une humanisation du virus H5N1, aucun vaccin ne serait disponible à court terme. Certains laboratoires français, anglais, ou américains recherchent une prophylaxie efficace. On est sauvés.

En gros, on pense que mais on n’en est pas certain. Avec un peu de chance, ce plan anti-grippe sera aussi efficace que le fameux plan anti-vieux aussi appelé plan anti-canicule. Mais surtout pas de panique. Même si des oiseaux malades ont déjà été identifiés dans certains pays d’Europe de l’Est ou même en Grèce, l’épidémie, tout comme le nuage de Tchernobyl, ne passera certainement pas les Alpes ou les Vosges.

Histoire de rassurer tout le monde, Derenne et Bricaire, deux mandarins de la Pitié Salpêtrière (et collègues de Geneviève Roudier), publient un bouquin alarmiste se plaçant dans l’hypothèse la plus dramatique du demi-million de morts en France.

New-York New-York

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Je me souviens de ce mois d’octobre 2001. Nous avions prévu d’emmener ma grand-mère à New-York pour ses 90 ans. Elle s’était laisser convaincre. Sans peine. On lui avait proposé d’émigrer aux Etats-Unis dans les années vingt. Elle était pupille de la nation. Son papa s’était fait flinguer dans le dos par un anglais qui l’avait confondu avec un allemand quelques jours avant la fin de la guerre en 1918. Pas de bol. Elle avait toujours eu envie de mettre un pied à NY.
Nous sommes arrivés face aux guichets d’enregistrement. Un policier a vérifié nos passeports. Maman ne s’était pas assurée que le passeport de mamie allait se périmer pendant notre séjour. Elle ne pouvait pas partir. Ma maman m’a alors demandé de partir et de venir les chercher le lendemain à Kennedy Airport. Cela ne devait pas poser de problème pour refaire un passeport en urgence.

Ben si, justement.

Mamie avait un passeport émis en province et il fallait un minimum de 15 jours pour en émettre un nouveau.

J’ai flippé pendant tout le trajet. J’étais assis à côté d’une hystérique. Le lexomoule ne faisait pas d’effet. Nous étions en période de bonne grosse psychose et il restait encore de nombreuses tours à shooter. Je suis resté seul pendant une semaine à cloper comme un pompier et à bouffer de bonnes grosses merdes dégoulinantes de graisse. J’en ai également profité pour me balader dans des endroits inouïs que je ne connaissais pas. J’ai notamment fait la connaissance du « naked cow-boy ». Un gars qui chantait comme une truie mais qui en avait vraiment plein le slip.

Je me demande s’il ne bossait pas pour Ramon. Je vais poser la question à Tritinh.

et hop

Muriel

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C’était il y a quelques années. Muriel nous avait invité à son anniversaire. Muriel est la sœur de Moustic. Elle sortait encore une fois d’une crise. Nous pensions qu’elle était sur la bonne voie. Pas de la guérison. Ce n’était pas possible. Elle était en permanence sous camisole chimique. Ses grands parents lui avaient acheté ce bel appartement dans le 9ème arrondissement. Elle ne souhaitait pas être seule et le partageait avec une colocataire. Quelques mois auparavant elle avait ramené une bande de mecs du café du coin. Pendant qu’un type la pelotait sur son lit après l’avoir fait boire, les autres vidaient l’appartement. La colocataire s’était enfermée dans sa chambre. Elle a quitté l’appartement le lendemain. Affolée.

Muriel avait l’habitude d’appeler à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Si le téléphone sonnait à 4h du matin, c’était Mumu. Elle n’appelait pas suite à un problème. Elle appelait juste pour me raconter sa journée. L’argent n’avait pas de valeur pour elle. Elle était capable de claquer 20.000 balles en petites culottes. On lui avait récemment retiré son chéquier et sa carte de crédit. Qu’importe. Elle mentait et parvenait a soutirer de l’argent à n’importe qui. Sa famille avait beaucoup de moyens et elle le savait.

Le jour de son anniversaire, tous les poivrots du quartier se mêlaient à la famille et aux amis. L’appartement sentait le gros rouge qui tache. Moustic était dépité. Il ne le montrait pas. Nous avions tous l’habitude. Ils avaient organisé une grande loterie. Chacun tirait un papier au hasard. On pouvait gagner des boites de conserve de foie gras ou de confit de canard. Nous ne nous sommes pas attardés.

Le jour de l’enterrement de son père, Muriel était hystérique. Elle n’avait plus de parents. Elle était désormais orpheline, tout comme ses deux frères. Sa maman s’était suicidée lorsqu’elle était petite. Elle ne s’en était jamais remise. Elle passait entre les gens, le sourire aux lèvres. Elle était heureuse de présenter son nouvel ami, rencontré à l’hôpital quelques semaines plus tôt. Elle s’est soudain présentée devant sa grand-mère.

«Grand-mère, voici H. Je l’aime et nous allons bientôt nous fiancer ! ».

H semblait aussi dépressif que Muriel. Il était aussi vif qu’une huître mais il avait l’air gentil. Nous avons bien failli voir sa grand-mère défaillir. Deux morts dans la journée, c’était moyen.
H s’est cependant révélé être apaisant pour Muriel. J’ai cru comprendre qu’ils souhaitaient réellement se marier. Je n’ai plus de nouvelles de Muriel depuis que son connard de frère a rompu avec nous.

Cela n’a rien à voir mais j’ai lancé aujourd’hui une recherche internet sur ma Kathleen. Et d’après mes lectures, la Kathleen serait une bonne grosse salope de chez salope. Même po déçu.

Kathleen elle est bonne

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Ré-écoutée, la grande messe en ut mineur de Mozart. J’ai commencé à me mettre au classique vers la fin des années 80. Mon meilleur pote de l’époque, Yan, n’écoutait que ça. Ses parents organisaient tous les ans en septembre un concert dans l’église proche de leur maison de campagne. La vieille demeure baignait alors dans une atmosphère joyeuse et festive. Toute la famille et de nombreux amis étaient réunis et aidaient à organiser cette petite manifestation. Des disques traînaient un peu partout. J’en ai pris un au hasard. C’était cette grande messe, dans sa version Karajan/Hendricks. J’ai tout de suite été touché. J’ai découvert et acheté de nombreuses autres versions, notamment celle interprétée par Kathleen Battle. Je suis immédiatement tombé amoureux de sa voix. Elle me fait frissonner, souvent pleurer. J’ai eu la chance d’assister à plusieurs de ses récitals. Le « et incarnatus est » est très émouvant.

Mais comment fait-elle pour rester aussi longtemps sur le « Fa » du « Factus est » ?

Ca me troue toujours autant le cul.

J’éprouve un peu les mêmes sensations en écoutant son interprétation du «Pie Jesus» issu du requiem de Fauré. C’est en pensant à elle que je me suis décidé à me mettre un peu plus activement à l’opéra. Je suis tombé par hasard sur « l’enlèvement au sérail ». Cela faisait des années que je souhaitais déguster cet opéra. Je le connaissais comme tout le monde mais je n’avais jamais pris le temps de vraiment m’y attarder. Grand bonheur. Ma Kathleen d’amour y interprète le rôle de Blondine. Et elle déchire grave.

Ecouté également le nouvel album de Katherine. Barjot et dingue.

Vues, les nouvelles aventures de Wallace et Gromit, « Le mystère du lapin garou ». Wallace et Gromit ont monté une entreprise florissante. Ils protègent la plupart des potagers de la ville en traquant l’ennemi numéro 1, le lapin hystérique bouffeur de carotte. Ils sont très ingénieux. Ils ont inventé et mis au point des petites alarmes les prévenant immédiatement de toute intrusion dans les jardins de leurs clients. Ils peuvent ainsi rapidement intervenir et capturer les rongeurs aux quenottes acérées, notamment à l’aide de leur aspilapin géant. Problème : Un Lapin Garou géant fait de la résistance et est sur le point de gâcher le Grand Concours annuel de Légumes qui se déroule quelques jours plus tard dans le jardin de la jolie”Totti”.
Des gros nichons melons de Lady Tottington à Frankenstein, en passant par les Dents de la mer et King-Kong, on est propulsé à cent à l’heure dans un univers délirant, loufoque et inventif. Ce fut un pur bonheur. Monsieur Lapin était lui aussi ravi.

et hop

Lu dans « Le Monde » daté de jeudi, la critique élogieuse de « Viol » de Botho Strauss. « Titus, c’est Gérard Desarthe qui le joue, et il est magnifique pour son grand retour après des années consacrées à la mise en scène, comme est magnifique Dörte Lyssewski (Lavinia), une jeune Allemande qui parle français sans une pointe d’accent ».

Lu dans « Le Monde » daté de samedi, l’article consacré à Harold Pinter, nouveau prix Nobel de littérature profondément engagé, et dans l’art, et en politique. Futur prix Nobel de la paix ? Lu également le papier sur le prix Nobel de la paix attribué à l’agence internationale de l’énergie atomique. Les statuts de l’agence précisent qu’elle aurait pour but d’accélérer et d’élargir la contribution de l’énergie atomique à la paix, la santé et la prospérité à travers le monde. Faut-il chercher la justification de la présence de cette agence aux côtés de Martin Luther King, Mère Teresa ou René Cassin ? Quid des survivants des bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki à l’occasion du 60 ème anniversaire des bombardements ?

Lu dans « Le Monde » daté de vendredi. Apple veut étendre au cinéma le modèle qui fait son succès dans la musique. Possibilité de télécharger et de mater « Desperate Housewives » juste après son passage télé sur son iPod video 60 Go. Tentant.

L’école (II)

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J’étais dans le métro. Nous étions en septembre 1981. J’avais passé près de deux mois en Espagne chez François. C’était le jour de la rentrée. Maman et moi avions pris la ligne 11. Il fallait changer à République puis prendre la ligne 5 en direction d’Eglise de Pantin pour rejoindre la Gare de l’est. Je m’étais fait tirer les oreilles. J’avais deux ongles sales. Il fallait faire bonne impression. Ce n’était vraiment pas admissible.
Nous sommes finalement arrivés rue de Chabrol, devant le Cours Bossuet. J’allais y passer de très longues années jusqu’au Bac. Il y avait beaucoup de monde. L’école était très grande, bien plus grande que Saint-Jean Baptiste. Il fallait longer un long et étroit chemin bordé d’arbres pour arriver devant l’école. Il y avait un joli jardin au milieu. Tous les enfants étaient réunis devant le bâtiment principal. J’ai entendu mon nom. J’étais affecté en 6ème Mauve. C’était comme à l’armée. Je n’avais pas envie de parler. J’étais très timide. Je ne me souviens pas du nom de mes camarades, sauf de celui de Bénédicte. Elle m’avait donné un cochon d’inde. C’était mon premier animal de compagnie. Je n’ai pas aimé la 6ème Mauve. Je n’avais plus de repère. Le soir, je prenais le métro ou le 26 pour rentrer à la maison. Je n’avais plus de nourrice. Maman rentrait de l’hôpital vers 23h30. J’étais endormi depuis très longtemps.

L’école

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C’est en lisant certains billets de Samantdi que je me suis soudainement souvenu de cette époque. J’étais tout petit. J’étais en Corrèze au début des années 70. J’étais au centre d’une grande salle ou des enfants jouaient, chantaient et criaient. L’école était proche de la caserne des pompiers. Je me suis également souvenu d’un sous-pull en nylon bleu électrique, d’un car blanc ramassant les mômes, d’une institutrice, du Noël ou l’on m’avait offert ma première montre, du train vert qui passait tous les vendredis. J’étais chez mes grands-parents. Adémar aboyait. Je trouvais normal d’être en compagnie de Papy et Mamy.

Je me suis ensuite retrouvé à Paris. Maman et moi habitions un petit deux pièces au septième étage (je me souviens d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitreuh…). Mon arrière grand-père paternel avait été architecte de l’immeuble au début du siècle et la tante de mon père habitait encore au troisième étage. Elle nous avait obtenu ce petit appartement. Maman avait quitté papa. Elle avait retrouvé un poste à l’hôpital Tenon. Il y avait une télévision blanche posée sur un grand pied se terminant en trompette. Nous pouvions regarder trois chaînes. Maman avait mis des protections aux deux fenêtres car j’étais somnambule. Mamie nous avait acheté une grosse couverture marron.
Je me souviens de cette rentrée en maternelle à Saint-Jean Baptiste de Belleville. Je pleurais. Je pleurais très fort. J’étais triste. Je ne voulais pas quitter maman. Tous les enfants avaient été regroupés sous le préau. Il pleuvait et il faisait sombre ce matin là.
Je me suis également souvenu du primaire. Mademoiselle Parrot, Madame Dimnet, Madame Issaly, Monsieur Renard, Monsieur Roudolf. Ces personnes avaient toutes ponctué ma vie du cours préparatoire au CM2. Il y avait aussi une vasque gigantesque qui distribuait de l’eau en permanence. Nous étions partis en classe verte à Quiberon en CE2. Maman nous avait accompagné. Nous avions pris un train de nuit pour Auray. Nous sommes restés trois semaines. Il faisait beau. L’établissement s’appelait le home des pins. Je me rappelle des kermesses de fin d’année. Il fallait toujours préparer un spectacle. J’attendais avec impatience cette journée.
J’avais des amis. Mon meilleur ami s’appelait François. Ses parents étaient espagnols. Nous étions inséparables. Nous partions toujours en vacances ensemble. J’ai pensé également à Christian, Laurent, Nathalie ou Xavier. J’étais plutôt bon élève. François avait du mal.

Nous nous sommes tous séparés après le CM2. La grande école nous ouvrait alors ses portes.

Le canard du jour

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Lu dans « Le Monde » daté de mercredi. Ouhaaa c’est dingue comme ce journal est éclectique.

(i) Le Mouvement international pour une écologie libidinale (MIEL) à lancé le 21 juin dernier via internet le premier été sans épilation en guise d’événement annuel. Selon son président, l’épilation est un sujet révélateur de notre rapport à la soumission volontaire. Les femmes qui s’épilent le font rarement par choix personnel : elles le font par conformisme car elles subissent une pression sociale considérable.

(ii) L’intéressant point de vue de Leonardo DiCaprio et de Matt Petersen (président de global green USA) sur la reconstruction de la Nouvelle-Orléans.

(iii) Comment Jacques Chirac s’emploie à recaser les « blessés » de la politique dans les diverses institutions françaises. Notre ancien ministre des finances, qui a retrouvé un poste d’administrateur civil hors classe à Bercy, pourrait se voir attribuer la présidence (non rémunérée) du Haut Conseil de la coopération internationale (un machin censé sensibiliser l’opinion à la coopération (…)). Une dizaine de proches aurait trouvé de nouveaux fauteuils en douce. Peut-être au sein du Mouvement international pour une écologie libidinale? Qui sait.

Putain, deux ans (I)

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J’ai commencé à fumer en 1990. J’ai arrêté de fumer le samedi 11 octobre 2003.

J’étais en profonde détresse. Je ne voulais pas crever comme une grosse merde bouffée de l’intérieur. Je n’avais curieusement pas peur de développer un cancer du poumon ou de la gorge, mais de la bronchite chronique. Je me voyais déjà raccordé à une bombonne d’oxygène, n’ayant plus d’autonomie.
Avant d’arriver dans mon agence, je fumais moins de dix cigarettes par jour. Au bout de cinq ans, je pouvais monter à un paquet quotidien dans les périodes d’activité intense.
Cela faisait quelques moisque j’y pensais. Pourquoi continuer à fumer. Comment arrêter. Ma vie sera vide sans la cigarette. Lorsque l’on s’ennuie ou en cas de stress, on en grille une. La cigarette est conviviale. Elle est agréable en fin de repas. C’est ma meilleure amie. J’avais peur de ne pas pouvoir survivre sans nicotine. C’était vraiment absurde. Je détestais l’idée de devoir me rendre dans un tabac pour obtenir ma dose. J’étais drogué et j’en étais parfaitement conscient.

J’avais acheté la veille des patchs. J’ai commencé à en mettre un premier le vendredi matin. J’avais toujours envie. J’en ai mis un deuxième, puis un troisième. C’était compulsif. Je ne souhaitais plus porter à ma bouche une seule cigarette. Au bout de quelques heures, j’ai commencé à palpiter. J’avais les mains moites. Je tremblais. J’ai tout enlevé. Une heure plus tard, je fumais une clope.

Je me suis rendu à la fnac acheter un bouquin “miracle”. Un collègue vantait les mérites de ce livre. La méthode simple pour arrêter de fumer. L’auteur proposait une méthode infaillible pour stopper sa consommation de tabac. J’ai lu le livre en une heure. C’était du bourrage de crane. Une véritable connerie. Le tabac c’est mal. J’avais de toutes les façons une envie maladive d’arrêter. Le livre n’a été qu’un catalyseur.

Le samedi matin, je me suis rendu à la piscine Pontoise. Il y avait trop de monde. J’ai décidé de marcher jusqu’à Notre-Dame. Je me suis installé sur un banc, ai porté une cigarette à ma bouche. Elle n’était pas bonne. J’ai broyé le paquet en la fumant. Ce fut ma dernière clope. Je me suis ensuite empressé de mettre un patch.
Le soir, j’ai pris une barrette de Lexo. Le dimanche fut difficile. Même comédie. Ne pas succomber à la tentation. Je ne pensais qu’à la cigarette. Elle m’obsédait. J’avais l’impression de devenir fou. D’après mes lectures, il fallait tenir le coup pendant au moins trois semaines. Après, tout devenait plus facile. Le lundi matin, je décidais de ne plus devenir esclave de la nicotine sous toutes ses formes.

J’arrachais mon patch.

Ma vie était un enfer mais je me sentais vraiment libre.

Le viol de Titus

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La chose la plus excitante de la matinée de samedi était très certainement le lancement d’une pyrolyse dans la cuisine. Il y avait aussi l’émission d’Isabelle Morisset (ex- Karen Chéryl) sur Europe 1, écoutée en courant autour du lac de Saint-Mandé.
Coma profond tout l’après-midi. Il fallait pourtant être en forme. Nous avions rendez-vous avec le Docteur Nono et son Ro’Batar’ pour aller voir « Viol », adaptation de Titus Andronicus par Botho Strauss à l’Odéon - Théâtre de l’Europe, aux ateliers Berthier près de la place de Clichy.

Nono était en forme. Cheveux en pétard, casaque rose. Ro’Batar’ était souriant (il avait certainement oublié la soirée à la maison, hu hu hu). Les ateliers Berthier servent de refuge au théâtre de l’Odéon, en travaux jusqu’au mois de janvier 2006. L’endroit est austère, mêlant béton, acier et bois. Une « buvette » propose des assiettes campagnardes et des verres de vins. La scène est profonde. Les sièges sont plutôt confortables et disposés sur des gradins.
L’affiche était alléchante : Renaud Bécard, Christine Boisson, Xavier Clion, Laurence Cordier, Marie-Laure Crochant, Gérard Desarthe, Marcial Di Fonzo Bo, et l’excellente Marina Foïs. Vingt-deux acteurs et figurants allaient se relayer sur scène pendant près de 3h30. Je me souvenais vaguement de Titus. J’avais déjà assisté à une adaptation plus classique mise en scène par Daniel Mesguich, il y a une quinzaine d’année à l’Athénée.

Titus, général romain vaillant et héroïque ayant combattu les Goths revient en triomphe à Rome avec des prisonniers, dont la reine des Goths, Tamara, et ses trois fils. Prétextant qu’il obéit aux lois de sa religion, Titus offre un des fils de Tamara en sacrifice. Rhalala, grosse erreur. Saturnius qui vient d’être nommé empereur et Bassanius, son frère, veulent tous les deux épouser Lavinia, la fille de Titus. Mais Saturnius y renonce et épouse Tamara qui, elle, jure de se venger de Titus pour la mort de son fils. C’est en gros le résumé de la pièce de Shakespeare.
L’adaptation est très libre et crue. Botho Strauss a puisé dans le Titus Andronicus de Shakespeare de quoi tracer, en dix-sept tableaux, un portrait au couteau du « chaos contemporain ». Le premier, intitulé “les formes de la soudaineté”, occupe à lui seul près d’un quart de l’ensemble. Il est vaguement question d’un programme immobilier, sécurisé par des cohortes de vigiles privés. On replonge vite à Rome. Titus entre en triomphateur, choisi de faire couronner Saturnin et se trouve précipité en quelques instants au plus profond de la disgrâce. Le second tableau, “Making-of”, suspend l’action pour exposer les points de vue des comédiens et d’un metteur en scène sur la pièce. On est alors plongé en plein “Dossiers de l’écran”. L’histoire continue. De nombreuses libertés sont prises. La distribution est exceptionnelle.

La première partie est violente. Très violente. La scène de viol de Lavinia par les deux fils de Tamara est hyper-réaliste. Il y a eu un malaise dans la salle (vrai malaise, milieu du 5éme rand, 1h10 après le début de la pièce). Beaucoup de spectateurs étaient outrés. Ma voisine fut choquée. La seconde partie mélange horreur (viol et anthropophagie) et l’humour, grandiloquence et Grand-Guignol. Les acteurs jouent brillement (Christine Boisson rate quand même quelques répliques), la mise en scène est magistrale, et les décors très originaux et astucieux. Je n’ai même pas essayé de dormir. J’ai été captivé du début jusqu’à la fin.

Nous avons terminé la soirée à la maison. Nono et Ro’Batar’ ne sont pas restés très tard. Il étaient tous deux inscrits à la seconde édition des10 km Paris Centre et commençaient à courir à 10h00.

Enculé de ta race (II)

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J’avais déjà abordé un problème similaire il y a quelques semaines. Mon boss m’a proposé de me raccompagner en voiture ce soir. Il possède une décapotable. Le temps étant clément, j’ai vite accepté. Nous roulions sur le périphérique. Une distance de sécurité était maintenue avec la voiture qui nous précédait. Soudain, une grosse Audi s’est mise à notre niveau et un mec s’est mis à hurler…

« Hey, les deux gros pédés, faut accélérer bande de connards !»

…comme si nous nous tripotions dans la caisse. Un ange est passé. Nous avons trouvé un nouveau sujet de conversation quelques minutes plus tard, sans toutefois aborder la réflexion du jeune conducteur de l’Audi. C’est très con, mais j’ai été blessé. Je suis descendu de la voiture. J’étais triste et haineux.

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