L’école

Rencontre Pas de Commentaire »

C’est en lisant certains billets de Samantdi que je me suis soudainement souvenu de cette époque. J’étais tout petit. J’étais en Corrèze au début des années 70. J’étais au centre d’une grande salle ou des enfants jouaient, chantaient et criaient. L’école était proche de la caserne des pompiers. Je me suis également souvenu d’un sous-pull en nylon bleu électrique, d’un car blanc ramassant les mômes, d’une institutrice, du Noël ou l’on m’avait offert ma première montre, du train vert qui passait tous les vendredis. J’étais chez mes grands-parents. Adémar aboyait. Je trouvais normal d’être en compagnie de Papy et Mamy.

Je me suis ensuite retrouvé à Paris. Maman et moi habitions un petit deux pièces au septième étage (je me souviens d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitreuh…). Mon arrière grand-père paternel avait été architecte de l’immeuble au début du siècle et la tante de mon père habitait encore au troisième étage. Elle nous avait obtenu ce petit appartement. Maman avait quitté papa. Elle avait retrouvé un poste à l’hôpital Tenon. Il y avait une télévision blanche posée sur un grand pied se terminant en trompette. Nous pouvions regarder trois chaînes. Maman avait mis des protections aux deux fenêtres car j’étais somnambule. Mamie nous avait acheté une grosse couverture marron.
Je me souviens de cette rentrée en maternelle à Saint-Jean Baptiste de Belleville. Je pleurais. Je pleurais très fort. J’étais triste. Je ne voulais pas quitter maman. Tous les enfants avaient été regroupés sous le préau. Il pleuvait et il faisait sombre ce matin là.
Je me suis également souvenu du primaire. Mademoiselle Parrot, Madame Dimnet, Madame Issaly, Monsieur Renard, Monsieur Roudolf. Ces personnes avaient toutes ponctué ma vie du cours préparatoire au CM2. Il y avait aussi une vasque gigantesque qui distribuait de l’eau en permanence. Nous étions partis en classe verte à Quiberon en CE2. Maman nous avait accompagné. Nous avions pris un train de nuit pour Auray. Nous sommes restés trois semaines. Il faisait beau. L’établissement s’appelait le home des pins. Je me rappelle des kermesses de fin d’année. Il fallait toujours préparer un spectacle. J’attendais avec impatience cette journée.
J’avais des amis. Mon meilleur ami s’appelait François. Ses parents étaient espagnols. Nous étions inséparables. Nous partions toujours en vacances ensemble. J’ai pensé également à Christian, Laurent, Nathalie ou Xavier. J’étais plutôt bon élève. François avait du mal.

Nous nous sommes tous séparés après le CM2. La grande école nous ouvrait alors ses portes.

Le canard du jour

Vu, lu, entendu Pas de Commentaire »

Lu dans « Le Monde » daté de mercredi. Ouhaaa c’est dingue comme ce journal est éclectique.

(i) Le Mouvement international pour une écologie libidinale (MIEL) à lancé le 21 juin dernier via internet le premier été sans épilation en guise d’événement annuel. Selon son président, l’épilation est un sujet révélateur de notre rapport à la soumission volontaire. Les femmes qui s’épilent le font rarement par choix personnel : elles le font par conformisme car elles subissent une pression sociale considérable.

(ii) L’intéressant point de vue de Leonardo DiCaprio et de Matt Petersen (président de global green USA) sur la reconstruction de la Nouvelle-Orléans.

(iii) Comment Jacques Chirac s’emploie à recaser les « blessés » de la politique dans les diverses institutions françaises. Notre ancien ministre des finances, qui a retrouvé un poste d’administrateur civil hors classe à Bercy, pourrait se voir attribuer la présidence (non rémunérée) du Haut Conseil de la coopération internationale (un machin censé sensibiliser l’opinion à la coopération (…)). Une dizaine de proches aurait trouvé de nouveaux fauteuils en douce. Peut-être au sein du Mouvement international pour une écologie libidinale? Qui sait.

Putain, deux ans (I)

L'important, c'est la santé Pas de Commentaire »

J’ai commencé à fumer en 1990. J’ai arrêté de fumer le samedi 11 octobre 2003.

J’étais en profonde détresse. Je ne voulais pas crever comme une grosse merde bouffée de l’intérieur. Je n’avais curieusement pas peur de développer un cancer du poumon ou de la gorge, mais de la bronchite chronique. Je me voyais déjà raccordé à une bombonne d’oxygène, n’ayant plus d’autonomie.
Avant d’arriver dans mon agence, je fumais moins de dix cigarettes par jour. Au bout de cinq ans, je pouvais monter à un paquet quotidien dans les périodes d’activité intense.
Cela faisait quelques moisque j’y pensais. Pourquoi continuer à fumer. Comment arrêter. Ma vie sera vide sans la cigarette. Lorsque l’on s’ennuie ou en cas de stress, on en grille une. La cigarette est conviviale. Elle est agréable en fin de repas. C’est ma meilleure amie. J’avais peur de ne pas pouvoir survivre sans nicotine. C’était vraiment absurde. Je détestais l’idée de devoir me rendre dans un tabac pour obtenir ma dose. J’étais drogué et j’en étais parfaitement conscient.

J’avais acheté la veille des patchs. J’ai commencé à en mettre un premier le vendredi matin. J’avais toujours envie. J’en ai mis un deuxième, puis un troisième. C’était compulsif. Je ne souhaitais plus porter à ma bouche une seule cigarette. Au bout de quelques heures, j’ai commencé à palpiter. J’avais les mains moites. Je tremblais. J’ai tout enlevé. Une heure plus tard, je fumais une clope.

Je me suis rendu à la fnac acheter un bouquin « miracle ». Un collègue vantait les mérites de ce livre. La méthode simple pour arrêter de fumer. L’auteur proposait une méthode infaillible pour stopper sa consommation de tabac. J’ai lu le livre en une heure. C’était du bourrage de crane. Une véritable connerie. Le tabac c’est mal. J’avais de toutes les façons une envie maladive d’arrêter. Le livre n’a été qu’un catalyseur.

Le samedi matin, je me suis rendu à la piscine Pontoise. Il y avait trop de monde. J’ai décidé de marcher jusqu’à Notre-Dame. Je me suis installé sur un banc, ai porté une cigarette à ma bouche. Elle n’était pas bonne. J’ai broyé le paquet en la fumant. Ce fut ma dernière clope. Je me suis ensuite empressé de mettre un patch.
Le soir, j’ai pris une barrette de Lexo. Le dimanche fut difficile. Même comédie. Ne pas succomber à la tentation. Je ne pensais qu’à la cigarette. Elle m’obsédait. J’avais l’impression de devenir fou. D’après mes lectures, il fallait tenir le coup pendant au moins trois semaines. Après, tout devenait plus facile. Le lundi matin, je décidais de ne plus devenir esclave de la nicotine sous toutes ses formes.

J’arrachais mon patch.

Ma vie était un enfer mais je me sentais vraiment libre.

Le viol de Titus

Vu, lu, entendu Pas de Commentaire »

La chose la plus excitante de la matinée de samedi était très certainement le lancement d’une pyrolyse dans la cuisine. Il y avait aussi l’émission d’Isabelle Morisset (ex- Karen Chéryl) sur Europe 1, écoutée en courant autour du lac de Saint-Mandé.
Coma profond tout l’après-midi. Il fallait pourtant être en forme. Nous avions rendez-vous avec le Docteur Nono et son Ro’Batar’ pour aller voir « Viol », adaptation de Titus Andronicus par Botho Strauss à l’Odéon – Théâtre de l’Europe, aux ateliers Berthier près de la place de Clichy.

Nono était en forme. Cheveux en pétard, casaque rose. Ro’Batar’ était souriant (il avait certainement oublié la soirée à la maison, hu hu hu). Les ateliers Berthier servent de refuge au théâtre de l’Odéon, en travaux jusqu’au mois de janvier 2006. L’endroit est austère, mêlant béton, acier et bois. Une « buvette » propose des assiettes campagnardes et des verres de vins. La scène est profonde. Les sièges sont plutôt confortables et disposés sur des gradins.
L’affiche était alléchante : Renaud Bécard, Christine Boisson, Xavier Clion, Laurence Cordier, Marie-Laure Crochant, Gérard Desarthe, Marcial Di Fonzo Bo, et l’excellente Marina Foïs. Vingt-deux acteurs et figurants allaient se relayer sur scène pendant près de 3h30. Je me souvenais vaguement de Titus. J’avais déjà assisté à une adaptation plus classique mise en scène par Daniel Mesguich, il y a une quinzaine d’année à l’Athénée.

Titus, général romain vaillant et héroïque ayant combattu les Goths revient en triomphe à Rome avec des prisonniers, dont la reine des Goths, Tamara, et ses trois fils. Prétextant qu’il obéit aux lois de sa religion, Titus offre un des fils de Tamara en sacrifice. Rhalala, grosse erreur. Saturnius qui vient d’être nommé empereur et Bassanius, son frère, veulent tous les deux épouser Lavinia, la fille de Titus. Mais Saturnius y renonce et épouse Tamara qui, elle, jure de se venger de Titus pour la mort de son fils. C’est en gros le résumé de la pièce de Shakespeare.
L’adaptation est très libre et crue. Botho Strauss a puisé dans le Titus Andronicus de Shakespeare de quoi tracer, en dix-sept tableaux, un portrait au couteau du « chaos contemporain ». Le premier, intitulé « les formes de la soudaineté », occupe à lui seul près d’un quart de l’ensemble. Il est vaguement question d’un programme immobilier, sécurisé par des cohortes de vigiles privés. On replonge vite à Rome. Titus entre en triomphateur, choisi de faire couronner Saturnin et se trouve précipité en quelques instants au plus profond de la disgrâce. Le second tableau, « Making-of », suspend l’action pour exposer les points de vue des comédiens et d’un metteur en scène sur la pièce. On est alors plongé en plein « Dossiers de l’écran ». L’histoire continue. De nombreuses libertés sont prises. La distribution est exceptionnelle.

La première partie est violente. Très violente. La scène de viol de Lavinia par les deux fils de Tamara est hyper-réaliste. Il y a eu un malaise dans la salle (vrai malaise, milieu du 5éme rand, 1h10 après le début de la pièce). Beaucoup de spectateurs étaient outrés. Ma voisine fut choquée. La seconde partie mélange horreur (viol et anthropophagie) et l’humour, grandiloquence et Grand-Guignol. Les acteurs jouent brillement (Christine Boisson rate quand même quelques répliques), la mise en scène est magistrale, et les décors très originaux et astucieux. Je n’ai même pas essayé de dormir. J’ai été captivé du début jusqu’à la fin.

Nous avons terminé la soirée à la maison. Nono et Ro’Batar’ ne sont pas restés très tard. Il étaient tous deux inscrits à la seconde édition des10 km Paris Centre et commençaient à courir à 10h00.

Enculé de ta race (II)

Fiel Pas de Commentaire »

J’avais déjà abordé un problème similaire il y a quelques semaines. Mon boss m’a proposé de me raccompagner en voiture ce soir. Il possède une décapotable. Le temps étant clément, j’ai vite accepté. Nous roulions sur le périphérique. Une distance de sécurité était maintenue avec la voiture qui nous précédait. Soudain, une grosse Audi s’est mise à notre niveau et un mec s’est mis à hurler…

« Hey, les deux gros pédés, faut accélérer bande de connards !»

…comme si nous nous tripotions dans la caisse. Un ange est passé. Nous avons trouvé un nouveau sujet de conversation quelques minutes plus tard, sans toutefois aborder la réflexion du jeune conducteur de l’Audi. C’est très con, mais j’ai été blessé. Je suis descendu de la voiture. J’étais triste et haineux.

Fric ou démocratie

Vu, lu, entendu Pas de Commentaire »

Vu, « Les frères Grimm » de Terry Gilliam. Jacob (Heath Ledger) et Will (Matt Damon) Grimm sont connus dans toutes les campagnes Allemandes pour être les seuls capables de vaincre les esprits maléfiques et les créatures qui épouvantaient les villages. Ils ne se contentent cependant de ne combattre que des monstres animés par leurs deux complices. Tout est faux. Ils font passer des vessies pour des lanternes. Les campagnes sont crédules.
L’Allemagne (qui n’existe pas encore) est envahie par les troupes de Napoléon. Un officier français les fait arrêter. Il n’est pas dupe. Il souhaite les envoyer à Marbaden. Ce hameau vit dans la terreur absolue depuis que des jeunes filles sont enlevées les unes après les autres. L’officier est persuadé que des illusionnistes terrorisent la région. Il souhaite les démasquer, comme il a démasqué les Grimm.
Malheureusement, les frères Grimm n’ont pas affaire à une illusion. Les deux frères vont découvrir que la forêt entourant le village est habitée. Elle renferme un terrible secret, un monde de magie et de sortilèges peuplé des plus incroyables créatures.
Le film est très inégal, je ne supporte toujours pas le sourire de Matt Damon, Monica Belluci miaule et Terry Gilliam a très certainement été freiné dans son élan. On sent parfois les personnages délirer. Malheureusement, le plaisir est de très courte durée. Bof.

Lu, dans « Le Monde 2 », l’article de Samuel Blumenfeld sur l’ « intelligent design ». Le premier août dernier, Bush déclarait que les thèses de l’intelligent design, opposées à la théorie darwinienne de l ‘évolution devaient être correctement enseignées dans les écoles américaines. « Ces deux théories, assène le Président, doivent être correctement enseignées de manière à ce que les gens saisissent la nature du débat. L’éducation ne consiste-t-elle pas à exposer les écoliers à différentes écoles de pensée ?». Effarant.

Lu, dans « Le Monde » daté du 9-10 octobre. La place stambouliote atteint des sommets. L’indice ISE de la bourse d’Istanbul a enregistré le 4 octobre une de ses plus belles performances quotidiennes de l’année. Il a augmenté de 33% depuis le début de l’année. Les investisseurs auraient salué le lancement des négociations d’adhésion avec l’UE.

Friday night fever

Miam, Rencontre Pas de Commentaire »

Snooze souhaitait organiser une soirée année 70 afin de réunir ses amis, ses proches et ses cousins. Tous les ans nous avons droit à cette fameuse soirée. Comme toujours, cette fameuse soirée est remise à plus tard. Il semble incapable de mettre sur pieds un tel événement. Le couillon.

J’ai contacté une petite partie de ses amis au dernier moment. J’ai proposé d’organiser une petite apérobouffe en comité très réduit à la maison. Prévenue au dernier moment, une petite moitié s’est désistée. Après avoir annulé la soirée, j’ai renvoyé un mail pour solliciter à nouveau une partie de ses amis. L’organisation devenait très compliquée. Je souhaitais lui faire une surprise. J’ai posé mon jeudi après-midi pour faire quelques courses et commencer à préparer le repas. J’ai également posé mon vendredi après-midi.
J’ai beaucoup de travail en ce moment à l’agence. Je suis arrivé de très bonne heure vendredi matin. Je souhaitais régler un maximum de choses. Vers midi, une collègue entre dans mon bureau et commence à me parler en anglais. Elle ne me parle jamais en anglais hors réunion. Nous devions recevoir une firme entre 16h00 et 18h00. Putain. J’avais complètement oublié ce rendez-vous. Je n’étais pas rasé et portais un vieux jeans, un T-shirt et des grosses Doc Martens crasseuses. Je me suis empressé de courir dans le bureau de mon boss pour lui refiler le bébé. Manque de chance, il avait une autre réunion à la même heure. Re-putain. Je lui explique alors que j’attendais une bonne dizaine de personnes ce soir à la maison. Il me propose de rentrer chez moi pour commencer à tout préparer et revenir au boulot à 16h00. Je n’avais pas préparé la réunion et suis resté comme un gros gland au bureau. J’ai pesté et ronchonné. Re-re-putain.
Juste avant la réunion, je tente d’appeler Snooze. Sa collègue décroche à sa place. Elle m’explique alors qu’elle avait demandé à Snooze si cela lui faisait plaisir de voir ce soir Alexandre à la maison. Je lui ai demandé de répéter. J’avais bien compris. En gros, je m’étais cassé le cul pour rien.

Je suis arrivé à la maison à 19h00. Il est arrivé vers 20h00. J’avais encore les mains dans la farine et tout l’appartement sentait la bouffe. Il a commencé à sourire. Une seule solution.

Bon, d’après mes sources, tu sais qu’Alexandre passe ce soir. D’après ce que tu vois dans la cuisine, il ne sera pas seul. Pourrais-tu m’aider à ranger l’appartement avant que nos convives n’arrivent ?

Les invités sont arrivés vers 21h00. Nous étions une dizaine. J’avais fait une gaffe. Alexandre et Caroline semblaient en grand froid avec Jérôme. Re-re-re-putain. Je ne le savais pas. Caroline a passé une bonne partie de la soirée en ma compagnie dans la cuisine. Mimi Zonzon est arrivée et m’a aidé à préparer le gâteau. La mayonnaise semblait prendre. Je sentais quelques petites tensions entre Jérôme et Alexandre. Rien de bien grave. Tout s’est globalement bien passé. J’avais prévu trop de bouffe. Nous nous sommes bien poilés. Chacun est reparti avec son doggy bag vers 2h00. En attendant la fameuse soirée année 70 l’année prochaine.

T-Shirt mouillé (II)

Ronchonnage Pas de Commentaire »

Et hop, je me suis fait avoir de nouveau. Trempé, j’étais trempé. Le retour en vélo du boulot fut très humide. Seul point positif. Je ne me suis pas attardé sous ces maudits platanes et ai ainsi évité de me faire chier dessus par ces connards de pigeons du boulevard Voltaire.

C’est une maison bleue

Ailleurs Pas de Commentaire »

Iouhou ! Ben qui va se casser à San-Francisco dans un mois avec son doudou hein ? C’est Chondre!
C’est la première fois que je vais mettre les pieds sur la côte ouest. Je n’ai jamais eu l’occasion de dépasser la belle ville de Detroit (et encore, c’était par erreur, mais c’est une très longue histoire). J’adore les Etats-Unis. Je n’y suis pas retourné depuis mars 2004. J’avais alors passé une semaine à New-York avec ma mère (c’est également une très longue histoire).
C’était l’anniversaire de Snooze. J’ai déposé hier matin sur la table du salon un paquet contenant un guide de voyage sur la Californie. Le chapitre consacré à San-Francisco était marqué. Manque de chance, c’était un jour de grève. Les billets ne sont pas arrivés à temps. Pas grave. J’espère ne pas me planter dans le choix de l’hôtel. Je commence à baver à l’idée de passer des heures dans les drugstores (c’est une manie). Il parait que la ville est très européenne et que le climat est agréable, même en novembre.

C’est Monsieur Lapin qui va encore être heureux.

Sans la liberté de blâmer…

Ailleurs, Vu, lu, entendu Pas de Commentaire »

Je suis boulimique d’information. J’ai lu que cela pouvait être associé à une pathologie. Je lis le journal tous les jours depuis mes quinze ans. Lorsque j’étais à la faculté de pharmacie, nous recevions gratuitement « Le Figaro » tous les matins. J’ai commencé à me passionner pour les pages saumon et me suis même inscrit quelques années plus tard en DESS d’économie. J’aimais également les pages politique étrangère. Proust, Zola, Gide ou Mauriac avaient publié dans ce grand journal.
Distribuer gratuitement un journal est le meilleur moyen de fidéliser dès le plus jeune âge son lectorat (tout comme les invitations au « Carré Seita » alors glissées tous les mercredis dans ce journal le meilleur moyen de fidéliser les fumeurs étudiants). L’équipe du « Figaro Etudiant » l’avait bien compris. Seules certaines universités étaient sélectionnées.
J’ai cependant commencé à me désintoxiquer du Fig vers la fin des années 90. J’avais alors pris tardivement conscience des horreurs que racontait un chroniqueur, Max Clos. Ses papiers du vendredi étaient dégoulinants de haine et dignes de journaux financés par la droite extrême. Ce journaliste n’officie plus. Il est mort depuis quelques années. L’empire Hersant s’est ensuite effondré et l’entreprise a été rachetée par Serge Dassault, Maire UMP de Corbeil-Essonnes. Un industriel devenait une fois de plus propriétaire d’un grand journal (tout comme Libération et Edouard de Rotschild ou les publications Hachette et la famille Lagardère). Dassault a fait le ménage dans les publications de la Socpresse (qui comptait 70 titres, dont Le Figaro et L’Express étaient les fleurons) et le Figaro s’est transformé petit à petit en « jours de France », le journal des gens libéraux heureux. J’ai eu soudain honte d’acheter ce journal. Je me suis naturellement rabattu sur « Le Monde ».

Hier, j’ai craqué. J’ai racheté le Figaro. Le quotidien s’est transformé. Il a l’ambition de se rénover. La maquette n’est plus la même. Le code couleur a changé. On passe du bordeaux au bleu et on a l’impression d’avoir « 20 Minutes » entre ses mains. Mais surtout, et quelle révolution, la largeur a diminué. Il semble plus svelte. On s’approche plus des quotidiens anglo-saxons. La lecture est plus plaisante au premier coup d’œil. C’est plus clair. L’ensemble parait moins vieillot. Il y a plus de couleurs.
J’ai ouvert le supplément saumon. Chouette, il y avait même un long article sur un célèbre anti-inflammatoire commercialisé par une très grosse firme américaine. L’article parlait également d’autres produits, notamment de médicaments utilisés en oncologie. La journaliste indiquait qu’une firme se portait bien mal suite au retrait d’un médicament « indiqué dans l’oncologie » (cela ne veut rien dire du tout, au secours), soupçonné de provoquer des décès. Et que veut dire provoquer des décès sans parler un minimum de la pathologie et de la ligne d’administration ? Je pense connaître ce médicament. Il n’a pas été retiré que pour des problèmes de sécurité. Il n’était pas du tout efficace, un point c’est tout.

Comme quoi, s’ils ont bien changé la maquette du Fig, ils n’ont (pas encore) changé tous les journalistes.

Nuit blanche

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Les nuits blanches sont mystérieuses. On a parfois l’impression de se retrouver plus de vingt ans en arrière. Jack Lang avait instauré et installé de nombreuses manifestations culturelles. Les premières fêtes de la musique, les expositions délirantes en plein air. Peinture, sculpture voiture, culture. C’était tout et n’importe quoi. Les conneries artistiques alternaient avec les vraies révélations. Sans cet engouement, de nombreux artistes n’auraient certainement pas pu émerger. On retrouve tout ça lors des nuits blanches.
Nous sommes début octobre. La nuit est tombée. Il commence à faire froid. Et pourtant, les rues sont noires de monde. On regarde, on bouscule, on écoute, on mange, on picole. Nous avons commencé notre périple par « cubismes », un cube de néon devant allier danse, musique et lumière. Mouais.

Prouitch

Juste au-dessus, David Bartex présentait « Favela choc ». Une scène était montée au centre du jardin des Halles. Une végétation luxuriante avait été reconstituée. Les percussions résonnaient. Tout était jaune et vert. Il y avait foule. Juste à côté, un suppositoire géant semblé sorti de cosmos 1999 projetait des images sur une façade d’immeuble.

Prouitch

Prouitch

Le centre Pompidou était cerné par une queue gigantesque. Il était le siège de cinq manifestations. Nous avons rejoint la rue des Francs-Bourgeois après une petite pause crème glacée chez Amorino. La cour de l’Hôtel d’Albret était transformée en foyer de feu éteint. Des boules à facettes étaient disposées au centre du foyer. Des couilles lumineuses étaient suspendues. C’était très reposant.

Prouitch

Prouitch

Un peu plus loin, on pouvait trouver les « Nuits Blanches off ». Des séances de lecture ou de dessin étaient organisées.

Prouitch

Prouitch

Nous nous sommes dirigés vers Bastille. Une partie des promeneurs commençait à être éméchée. Ca sentait la queue de renard. Nous souhaitions rejoindre la coulée verte et remonter ainsi à la maison. Grosse erreur. L’entrée était engorgée. Nous avons donc rejoint la piscine de Reuilly par l’avenue Daumesnil. Elle invitait les visiteurs à flotter sur la musique de « Mich Kill My Dog ». Nous n’avions pas nos maillots. Dommage.

Prouitch

Nous avons continué de longer la coulée verte. D’autres attractions nous attendaient. Un film était projeté sur la façade d’un bâtiment. L’image du site avait été préalablement filmée.
Frédéric Vaësen avait installé un stroboscope géant à l’entrée d’un tunnel, Edwin van der Heide des lasers rouges à l’entrée d’un autre.

Prouitch

Sortie à Bel-air, la maison n’était plus très loin. Snooze à pris son vélo et est parti rejoindre des amis du côté de châtelet. Je me suis effondré comme une merde sur le canapé.

Pipi Room

Ronchonnage, Vu, lu, entendu Pas de Commentaire »

Nous avions décidé de voir « Night Watch » réalisé par Timur Bekmambeto avant de nous balader dans Paris. C’était la nuit blanche. La salle de l’UGC les halles était pleine. Le générique commence. Le film est distribué par Fox Searchlight et a fait un carton en Russie. Le narrateur s’exprime en anglais. L’action se déroule à Moscou de nos jours. Il est question de l’équilibre entre le bien est le mal. Les effets spéciaux sont spéciaux. Plutôt étonnant pour un film russe. On a l’habitude de voir des films d’auteur. Ce n’est pas le cas. Je ne suis jamais rentré dans le film, mais je peux parfaitement concevoir qu’il plaise à de très nombreux spectateurs. L’histoire est violente. La façon de filmer également. C’est brut et froid. La dualité bien/mal est un grand classique. Alors que certains films asiatiques auraient injecté une petite touche de poésie, on ne retrouve rien de tel ici, ce qui rend l’intrique très conne et très basique. J’ai vu le film au premier degré. Ce fut une erreur. Le générique de fin fut un soulagement.
Ma prostate n’est pas fiable. Ce n’est pas le titre de la suite de Night Watch mais bien la réalité. J’ai toujours une irrésistible envie de pisser en sortant du cinéma. Les toilettes de la salle sont condamnées. Je demande à l’agent nettoyant la salle si je peux sortir par la porte d’entrée et rejoindre ainsi les toilettes situées à trois mètres de moi. Hors de question. Je lui montre ma carte UGC illimité. Rien à faire. Il m’indique que des toilettes sont à ma disposition juste en sortant. Nous sortons de la salle. C’est toujours une plaie de pisser après un film dans les salles UGC. Il me reste une minute d’autonomie. Horreur. Les chiottes à la sortie sont elles aussi fermées. Nous nous rendons donc à l’accueil et retrouvons l’agent. Nous lui montrons à nouveau nos cartes et il refuse toujours de nous laisser passer. Les toilettes sont à deux mètres de nous. Il nous conseille de remonter deux étages pour trouver d’hypothétiques toilettes. Il commence à devenir agressif, nous aussi. J’imagine que la fraude est fréquente et que la direction donne des consignes mais nous sommes vraiment tombés sur un sale con. Personne n’attendait au guichet. Nous avons pris un ticket pour la salle 1, salle la plus proche des chiottes. Le gros bâtard a été obligé de nous laisser passer. Il a déchiré nos billets en ronchonnant.

Revolver a au moins fait deux entrée samedi soir.

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