L’odeur de la séparation

Souvenirs 2 Commentaires »

Je n’ai pas eu une petite enfance malheureuse. Cependant, je serai incapable d’affirmer qu’elle fut véritablement heureuse.

Je n’étais pas comme tout le monde. Je le pensais. J’étais seul. Papa et maman n’habitaient pas ensemble. C’était mieux ainsi. Je n’aimais pas quand papa remontait nous voir un week-end sur deux. Lorsque papy est mort, je suis rentré à Paris. Maman travaillait de garde à l’hôpital Tenon. Je n’aimais pas cette période. Les nounous défilaient. Elles n’étaient pas sympathiques avec moi. Je crois qu’elles n’aimaient pas les enfants. J’avais appris à jouer seul. Je m’inventais un nouveau monde. Je n’avais pas encore d’amis sur Paris. Je suis devenu solitaire. D’un côté, j’enviais certains camarades d’avoir une grande famille. De l’autre, je ne pouvais pas supporter l’agitation et le bruit. Les cris m’angoissent toujours.

C’était un rituel. Nous terminions notre déjeuner. Je débarrassais la table, maman faisait la vaisselle. J’allais ensuite jouer dans ma chambre avec mes Legos. Maman s’installait dans le salon. Elle callait une petite glace contre sa boîte à peignes. Elle sortait les épingles une à une et préparait son chignon. Je sentais l’odeur de la laque.
Venait l’heure de l’eau de toilette. Quelques gouttes de Ho-Hang de Balanciaga. Ce parfum sonnait l’heure du départ. Je le détestais. Je le déteste encore. Mes affaires étaient prêtes depuis longtemps. Maman allait me déposer chez la nourrice. Je devais la quitter. J’étais triste.

Elle allait venir me chercher tard dans la nuit. Je serai endormi depuis très longtemps. Elle enroulerait le plaid vert et rouge en laine autour de moi, et, sans me réveiller, me ramènerait doucement dans ma chambre. Le lendemain matin, je me réveillerai dans mon lit, entouré de mes peluches, comme si je n’avais jamais quitté la maison. Elle pousserait alors doucement la porte, m’apporterait sur un plateau du chocolat chaud et des grosses tartines de Nutella, et m’embrasserait tendrement sur le front.

Ma voisine du dessus est une connasse.

Fiel 11 Commentaires »

Ma voisine du dessus est une connasse.

Elle passe son temps à cloper juste au-dessus de ma fenêtre. Je n’ai rien contre les fumeurs. Certains de mes amis fument. Ils écrasent leurs mégots dans un cendrier et ne font chier personne. Je suis triste pour eux car la dépendance à la cigarette est terrible. J’en ai vraiment bavé pour me passer de la clope. Je sais ce que c’est.
Ma voisine s’amuse de son côté à balancer tous ses mégots sur le rebord de ma fenêtre, dans mes plantes ou même sur mon parquet lorsque je laisse la fenêtre ouverte.

Ma voisine du dessus est une menteuse.

Un jour, ayant retrouvé un mégot consumant un cousin sur le rebord de ma fenêtre, je suis monté hystérique chez elle. Son mec m’a ouvert. Elle a daigné bouger son gros cul et s’est présenté devant moi. Je lui ai demandé d’arrêter de balancer ses restes chez moi. Cette grosse vache m’a répondu :

« ah bah nan hein, c’est po moi non non non »

Ma voisine du dessus a une voix de stentor.

Je peux l’entendre se racler la gorge en permanence. Elle tousse comme une truie. La bronchite chronique est proche. Le cancer du poumon à petites cellules aussi.

Ma voisine a un forfait illimité SFR

Toutes les ½ heures, lorsqu’elle en grille une à la fenêtre, elle téléphone à ses amies et raconte sa vie. Je connais tout sur sa flore vaginale, ses mycoses, son boulot, sa mère, son découvert banquaire et sa descente d’organes.

Ma voisine du dessus est une pyromane

Elle s’amuse à viser mon beau sapin. Elle a réussi à cramer quelques branches. Ce matin, elle a balancé un mégot dans les branches de mon olivier. La salope.

Ma voisine du dessus est une double connasse

Elle n’a pas réussi à foutre le feu. Elle a donc tenté de me noyer samedi dernier. Elle ne s’est pas aperçue qu’il y avait une fuite d’eau dans ses chiottes. Cette conne a flingué la jolie laque du plafond de ma cuisine (refaite en mars dernier).

Ma voisine du dessus est intouchable

Cette conne est la nièce de ma concierge. Je lui en ai déjà parlé. Pour ma concierge, Madame L§%*s, il est évident que sa nièce n’est pas responsable. Les mégots proviennent d’un autre immeuble. Elle le sait. C’est certain.

Je suis dans la merde

Si je m’acharne contre ma voisine, les représailles vont être terribles. Et avoir sa propre concierge contre soi peut être cauchemardesque. Je ne sais pas quoi faire. J’ai la haine de ma voisine du dessus. Je suis vulgaire. J’assume.

Ca m’a vraiment fait du bien d’en parler.

Voir aussi ici!

Le tourbillon de la vie

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Je passe quotidiennement plus d’une heure dans les transports en commun. Il m’arrive souvent de lire un bouquin ou le journal. C’est mon activité préférée avant d’aller travailler. Cela me permet de m’échapper et de me mettre de bonne humeur avant de retrouver une activité professionnelle parfois stressante. Il est parfois déchirant de quitter un univers ou l’on se sent en totale sécurité pour rejoindre les aléas de la vraie vie.
Lorsque je me déplace en métro ou en bus, je passe également beaucoup de temps à dévisager les gens qui m’entourent. C’est très compliqué à expliquer. C’est encore plus compliqué à écrire. J’observe les visages, je les décortique. Je retrouve des regards, des formes, des bouilles ovales à la Wallace, des houppettes à la Tintin. Chaque indice est bon à prendre. Un geste vif, un baiser furtif, un clin d’œil, un tatouage, une bague, un parfum entêtant, une odeur de cigarette ou même d’accordéon rance. Mon esprit semble flotter. Je commence à inventer des histoires. Je rêve tout éveillé.
Ces personnes qui me font face partagent ma vie pendant seulement quelques secondes. Elles ne le savent pas. Je les vole à leur propre existence. Ces individus vivent de leur côté, seuls, dans leur propre univers et ne se doutent pas une seconde que je leur invente une nouvelle vie. Je vampirise. Tout est indolore.
Les humeurs des voyageurs changent selon la période de l’année. Les voyageurs sont plus calmes et moins nombreux en été. Les visages bronzés semblent apaisés et rajeunis. Les Parisiens se mélangent aux nombreux touristes et autres promeneurs. On se bouscule, on s’excuse, on se sourit, on demande son chemin, on rate sa station, on commence à râler.
En plein hiver lorsque le froid est bien installé, les gens se ressemblent tous. Ils n’ont pas le temps de se dévêtir et restent emmitouflés comme s’ils se préparaient à un trek au Népal. Les cheveux dépassent des bonnets ou des chapeaux. Les traits sont tirés. Seuls les yeux semblent laisser transparaître l’âme du voyageur.

Hier, j’ai dévisagé une femme. Sa peau était aussi noire que l’ébène. Elle avait les traits fins. Ses yeux étaient verts. Elle était très belle. Mes yeux ne pouvaient pas s’écarter de son magnifique visage. Elle a rapidement laissé sa place à une autre femme, tout de cuir vêtue. Elle ressemblait à curieusement à Barbarella. Elle s’est installée face à moi, a posé sa paire de gants sur ses genoux. Elle fixait elle aussi une autre personne située derrière moi tout en écoutant de la musique. Ces deux personnes ne m’avaient pas remarqué. Nous avions pourtant vécu une histoire commune pendant quelques minutes. On s’est connu, on s’est reconnu, on s’est perdu de vue. Chacun est retourné dans son propre monde, en attendant de faire d’autres rencontres, jour après jour.

Merci Kozlika.

La chanson de l’espace

Groovy, Shaggy, Wizz, Vu, lu, entendu 3 Commentaires »

La fourmi veut pas donner son miam miam
la fourmi veut pas donner son miam miam
la fourmi n’est pas préteuse
c’est une vieille embéteuse
plutot crever que donner un gramme
gramme gramme gramme gramme
la fourmi veut pas donner son miam miam
la fourmi veut pas donner son miam miam
ses parents avaient du pèze
des troupeaux de puces en Corrèze
une chaîne de fourmilières du blé des diams
diam diam diam diam
la fourmi veut pas donner son miam miam

(Parlé )

A n’était ne fois ptite froumi relasque
por ne que navait ne steréo fifi ne mini crasquette
ne lave crecelle branque et ne frigérateur

La cigale est dans le show business ness
mais elle ne veut pas montrer ses fesses
fesses
alors pour bouffer quand même
elle va au buffet du midem
elle butine dans les coktails à Cannes
Cannes Cannes Cannes Cannes
La fourmi veut pas donner son miam miam

(Parlé)

grinng !
tiens qui ne c’est qui grinng ?
c’est ne cicrane superstar qui ne vient chercher ne froumi
pour ne faire ne émission navis de recherche à la télé
cet ne suppose que ne vient faire ne grosse bouffe ?
oh juste ne ptetite bouffe coco !
ellez ne faire foute ne mythomiam
ah ! mais c’est ne pétasse !

La fourmi veut pas donner son miam miam
la fourmi veut pas donner son miam miam

La cigale se shoote au DTT
are krishna l’a récupérée rée
mais prier dans une secte
ça nourrit pas son insecte
je n’ai rien à manger c’est un drame
drame drame drame drame
la fourmi veut pas donner son miam miam

(Parlé)

grinng !
tiens, que ne c’est qui grinng ?
mamour mamour, c’est ne bronze de Khrishna
et que ne veut le va pieds nus ?
et ne vient néchanger le miam de l’esprit
contre le miam du frigérateur
allez ne faire foute ne saltimbranque
ah ! mais c’est nérétique !

La fourmi veut pas donner son miam miam
la fourmi veut pas donner son miam miam
moi j’en ai raz les antennes
j’vais déglinguer La Fontaine
ce macho qui n’aime pas les cicranes
crane crane crane crane

La fourmi veut pas donner son miam miam

C’est ce que l’on peut appeler de la régression profonde, débilitante mais assumée. Mais j’aime ça parfois. En me baladant sur le net, j’ai retrouvé le site officiel de Pit et Rik. On retrouve même des nouvelles de Rikiki Pouce Pouce et du petit praton rouge.
Pour ceux qui se souviennent du CollaroShow. Ces deux lascars belges officiaient pour le meilleur et pour le pire à la télévision au début des années 80. Bahhh…ils doivent bien passer aux folivores.

Wir lernen Deutsch

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Rolf und Gisela ping-pong spielen. C’est la première phrase d’allemand apprise à l’école. Et peut-être la seule retenue. En lisant les billets de Juju (sa Bavière, son bordel « d’amour »), j’ai repensé à mes expeditions en Allemagne.
Maman m’avait persuadé de choisir allemand en première langue en sixième. D’après ce que l’on disait, les classes d’allemand étaient bien meilleures. Avant de rentrer au cours Bossuet, nous avions acheté un livre d’apprentissage. « L’allemand en 90 jours et en 90 leçons ». J’ai commencé à me faire chier et à me perdre dans les déclinaisons dès les premiers cours.

J’ai ensuite passé deux années horribles. J’étais une véritable bite dans la langue de Goethe. Une bite tellement grosse que j’ai redoublé ma 5ème. La honte.
Ma mère a commencé à paniquer. Une amie lui avait parlé de l‘association culturelle franco-allemande pour la jeunesse. Cette association proposait des cours et des stages en Allemagne. On parlait de la République Fédérale d’Allemagne à l’époque.
J’ai donc été exporté dans le Schleswig-Holstein, près de Kiel, en août 1983 (patrie des zolies vaches blanches tachées de noir et du hareng). La ville s’appelait Bordesholm. Je ne me souviens plus du nom de la famille. J’ai véritablement adoré le style de vie. Les gens vivaient dans de grandes maisons. La région était magnifique, les gens charmants. Le matin, nous allions à l’école avec nos correspondants. L’après-midi, nous nagions dans le lac qui bordait la ville ou visitions les environs. C’était la première fois que je passais des vacances seul, sans mes parents. C’était la liberté.

L’expérience ayant été concluante, je me suis donc retrouvé dans la Sarre à Merzig lors des vacances de Pâques de l’année suivante. J’ai été accueilli dans la famille Schommer. La famille était catholique pratiquante. Herr Schommer était une sorte de sous-préfet affilié à la CDU. Frau Schommer était mère au foyer. Ils avaient deux enfants. Michael avait un an de plus que moi. Christian était le plus petit. Il avait une bouille de poupon. Cette famille était vraiment charmante. J’ai beaucoup appris en leur compagnie. Nous nous sommes liés d’amitié. Je me souviens des repas. Nous débutions toujours les repas par le bénédicité. Ils souhaitaient toujours que je le récite en français. Je ne savais pas trop quoi dire et je racontais souvent un maximum de conneries.
Je me souviens que Michael avait un « Oric Atmos ». C’était le super ordinateur de l’époque, après le « ZX Sinclair ». On pouvait programmer en basic. Il suffisait de relier la bête au téléviseur via la prise péritel. Je ne pouvais pas en avoir un à Paris car nous n’avions qu’une vieille télévision pourrie en noir et blanc sans prise péritel au cul. Je me souviens des après-midi passés devant la ZDF, l’ARD et RTL plus.

L’été suivant, j’ai encore changé de région et ai atterri près de Cologne chez des Ténardiers, à Hennef Gestingen. Mère et père psychopathes. 14 enfants adoptés. Tous plus ou moins débiles. Tous des connards. Nous dormions dans un dortoir. Cela sentait toujours la pisse. Ils avaient pris 3 français en même temps. Nous étions donc 17 mômes dans la baraque. Je n’ai jamais mangé une seule fois à table. Il fallait préparer sa bouffe et remonter manger dans la chambre sur son lit. Un rejeton encore plus taré que les autres travaillait dans un hôpital. Il devait être agent hospitalier. Il ramenait tout plein de trucs de l’hosto. Il nous avait emmené une fois. Il fallait pénétrer dans le local à ordures et récupérer le plus de conneries possible. Nous sommes sortis avec des sacs remplis de grosses seringues et avec un nombre considérable d’instruments venant de l’espace. Nous avons tout nettoyé une fois à la maison. C’était chouette, nous avions de nouveaux jouets. On pouvait s’arroser avec les grosses seringues de 50 ml. Cool. Quand j’y repense, j’en ai froid dans le dos. Follie ! Follie ! comme le dirait cette bonne vieille Violetta. Les normes sanitaires de l’époque n’étaient franchement pas les mêmes que celles d’aujourd’hui. Les instruments tranchants n’étaient pas déposés dans des récipients spécifiques. Se rendre en Allemagne pour quinze jours et revenir plombé par une hépatite, le HIV, ou n’importe quel virus ou sale bactérie. Trop fort.
J’ai finalement passé 15 jours avec des français et n’ai pas fait beaucoup de progrès en teuton cet été là. J’ai appelé à l’aide maman qui a débarqué au bout de 10 jours. Elle avait pris une chambre dans un hôtel près de la maison. Nous avons passé 5 jours ensemble à visiter la région.

Tous les ans à Pâques, je retournais chez Frau und Herr Schommer. Les étés, je changeais de famille. Je suis donc passé par Aachen, Hannover, Hamburg ou Bremen. J’ai rencontré à chaque fois des gens délicieux (bah, excepté à Hennef). J’étais passionné par l’Allemagne et sa culture. Je passais tous les mercredis après-midi dans les locaux de l’association pour y prendre des cours. Je partais même au ski dans le Tyrol.

Figure 1 : Impacts de Chondre en territoires germanophones (1983-1990)

Viva Germania

NDLR : Les étoiles rouges n’indiquent pas les bases militaires américaines mais les lieux de mes différents séjours entre 1983 et 1990.

En rentrant à la fac, je n’ai plus pratiqué cette belle langue. J’ai véritablement appris l’anglais en matant MTV et la BBC, et surtout en débarquant à l’INSERM ou la langue officielle du laboratoire était celle de Shakespeare. Nous parlions tous avec un accent universel. Il y avait des Indiens, des Israéliens, Brésiliens, Chinois, Allemands, Italiens. L’ambiance était formidable. Un véritable espace de tolérance et d’apprentissage.

Aujourd’hui, lorsque je souhaite m’adresser à un collègue allemand, je lui parle en anglais. C’est vraiment très con. Je comprends encore grossièrement, mais je suis plus capable d’écrire ou de parler un seul mot en allemand.

Es ist wirklich sehr traurig. Ich will wieder deutsch sprechen!

Je crois que je vais aller à la recherche de mon vieux bouquin d’allemand et retrouver mes vieux copains Rolf et Gisela.

Sarkoooooogle

Vu, lu, entendu Commentaires fermés

Faisant suite aux précédents billets de Kozlika et lu dans « Le Monde » daté de samedi dernier:

« Il était une fois, dans un beau palais, un vizir appelé Nicolas. Il était ombrageux comme un janissaire et fougueux comme un quinquagénaire (ou l’inverse). Il voulait devenir calife à la place du calife. Il était petit par la taille mais grand par l’espérance. Il était donc une fois, dans ce merveilleux palais Beauvau, loin, très loin du peuple, mais si près du château, un grand vizir ombrageux et fougueux qui semblait assuré, toutes les voyantes le prédisaient, de devenir calife un jour à son tour. Au cours d’un été, ses espoirs virent au cauchemar. Le calife se rebiffe, ayant subodoré le pot aux roses. Mais ce n’est pas tout. Le harem aussi s’en mêle. Ces dames, réputées soumises, entrent en rébellion ouverte…/… »

« Le Monde » se met-il lui aussi à jouer au google bombing et à comparer Nicolas Sarkozy à Iznogoud ?

Week-end de merde

Ronchonnage 1 Commentaire »

Le week-end commence très mal lorsque je me réveille après 10h00 le samedi matin. Je me lève du mauvais pied. J’ai l’impression d’avoir flingué ma journée. Ce fut le cas ce samedi.
C’est assez paradoxal. Je déteste toute forme de planification. Pourtant, mon samedi matin est calibré à la minute près. Levée de bonne heure. Footing. Lecture du journal. Bain. Marché.
Ce samedi était foutu à l’avance. Tout a commencé par une fuite d’eau. Mes connards de voisins du dessus ont laissé pisser un tuyau. Ma cuisine est maintenant inondée. Ca tombe bien, elle vient tout juste d’être repeinte. Les gros blaireaux. Deuxième fuite. Merde. Cette fois c’est le radiateur du salon qui n’est plus étanche. Je dépose un grand bol. Le plic-ploc commence à me stresser. Les plombs sautent. La télévision de la cuisine vient de rendre l’âme.

La concierge frappe à la porte. Elle m’apporte un colis. Chouette, c’est mon nouveau décodeur envoyé par Monsieur le Neuf. Cela fait plus de trois mois que j’ai demandé le dégroupage de la ligne. Ils commencent seulement à se réveiller. Après avoir dépensé une centaine d’euros sur leur hotline, j’ai cru comprendre que je n’avais pas de chance et qu’il y a eu problème sur problème. Ben aujourd’hui, le problème, c’est que je dois choisir entre la télévision et Internet. Les deux ne fonctionnent pas en même temps.

Nous finissions par nous rendre à la maison de radio France. C’est cool, nous devions retirer des places pour le concert mystère organisé par le Mouv’ au grand palais. Manque de chance, toutes les places ont été distribuées. C’est ce que l’on nous raconte. On finit par nous dire qu’il y a eu un problème à l’impression et que nous devons nous rendre directement au grand palais. Très honnêtement, le concert, je m’en battais les couilles. Je souhaitais seulement pénétrer de nuit au grand palais, n’ayant pas eu l’occasion de le visiter avant le premier octobre.

Seul point positif de la journée, le goûter organisé par Mimi Zonzon dans leur petit appartement d’amour qui ne respire pas le sexe comme Monica Belluci (bien placée celle là, hein Mimi), mais le calme, le luxe et la volupté. Gaufres à gogo et gâteau breton. 154.354.300 Kcal plus tard, nous rentrons à la maison. Problème sur la ligne 6. L’intervalle entre deux métros est de vingt minutes. On est compressé comme des vaches pendant plus de 15 stations.

Nous arrivons à la maison. Fabien a contacté Snooze pour aller ensemble aux Crazyvores après le concert du Mouv’. Nous terminons finalement la soirée comme deux grosses crêpes sur le canapé et rampons difficilement jusqu’à la chambre pour poursuivre la nuit.

Le dimanche fut plus calme. Footing puis glande avant de partir voir « Les Noces Funèbres ». J’avais lu tout et n’importe quoi sur le nouveau film d’animation de Tim Burton. En résumé, Nell et William Van Dort sont un couple de nouveaux riches à la tête d’une conserverie de poissons. Ils rêvent d’appartenir à la haute société locale. Ce rêve est sur le point de se réaliser
Leur fils Victor est sur le point de se marier avec Victoria, la fille de Maudeline et Finis Everglot, les descendants du glorieux Duc d’Everglot. Ces derniers n’ont plus un sou. Ils comptent également sur ce mariage. Un nom et une réputation contre de l’argent.
Les deux familles souhaitent répéter la cérémonie avant le mariage. Victor et Victoria se rencontrent pour la première fois, mais tombent rapidement amoureux. Cependant, Victor commet maladresse sur maladresse. Mort de honte, il s’enfuit dans la forêt voisine. Une fois seul, il prononce sans peine ses vœux. C’est alors que la terre se fend et que se dresse devant lui le corps décomposé d’une mariée en haillons. Victor vient d’épouser la Mariée Morte. Sa nouvelle femme l’emporte au pays des morts.
Je n’ai pas eu l’impression de retrouver les personnages du magnifique « Nightmare before Christmas ». On pouvait plus retrouver un côté Beetlejuice. Techniquement, rien à dire. Je me suis cependant un peu ennuyé jusqu’à la scène du mariage. L’émotion était quand même au rendez-vous. La scène montrant l’envol de la mariée morte dans un nuage de papillons vers la lune était vraiment très touchante.

Naked cow-boy (suite et fin)

Ailleurs, Rencontre 1 Commentaire »

Ouhaaa trop fort. Le naked cow boy a un site internet. On peut même le trouver en compagnie des jumelles Olsen. Je suis trop fier d’avoir rencontré une telle vedette sur Time Square.
Un livre de prières est également à la disposition des visiteurs. Avec un peu de chance, il passera bientôt par la France.

A la demande générale (enfin, à ma demande), voici deux nouvelles photographies du cow-boy le plus viril de l’ouest. Quel homme!

yeah manyeah man

Dernière minute

L'important, c'est la santé Pas de Commentaire »

Dernière minute faisant suite aux billets de ce matin et d’hier:

Dans un avis rendu public avant-hier, l’agence de sécurité sanitaire des aliments qualifie de « négligeable » le risque d’introduction directe en France, via les oiseaux migrateurs du méchant virus. Nous sommes donc en sécurité. Merci les Alpes. Samantdi, tu peux transformer tes granules en confiote et en envoyer un pot à Nonal.

Cot-cot (fin)

Ailleurs, L'important, c'est la santé, Miam Pas de Commentaire »

Quand je pense que nous étions à deux doigts de bouffer l’horrible blanched chicken que nous avions commandé dans un restaurant sordide de Pékin. Non seulement nous aurions hérité d’une superbe gastro-entérite explosive, mais en plus nous aurions été les vecteurs de la grippe aviaire en Europe et il aurait fallu nous abattre. On a eu vraiment chaud, la vache.
Pour les futurs touristes, éviter de commander cette préparation de poulet. La bête est blanchie (trempée quelques minutes dans de l’eau bouillante), coupée en deux puis en petits morceaux, et enfin reconstituée dans votre assiette. Le plat est servi froid pour mieux apprécier la finesse de la volaille.

cot cot

Cot-Cot

L'important, c'est la santé, Vu, lu, entendu 1 Commentaire »

Vu, lu et entendu tout et n’importe quoi sur la grippe aviaire. En résumé, on va tous crever, comme en 1918, avec la grippe espagnole. La pandémie va être effroyable. Samantdi, prépare tes gélules de sucre (moui…elle était facile celle-là) !

La grippe aviaire est une infection due à un virus de la famille des Orthomyxoviridae (orto mixo viridé) qui comprend plusieurs genres dont Influenzavirus A. Celui-ci est divisé en sous types parmi lesquels les sous-types H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse surtout chez les poulets et les dindes, et être susceptible d’entraîner une mortalité extrêmement élevée dans ces espèces. Le virus Influenza aviaire peut éventuellement infecter d’autres espèces animales comme le porc et/ou d’autres mammifères. Tout le monde suit ?

cot cot

Le virus de la grippe aviaire, lorsque la souche est hautement pathogène, peut se transmettre exceptionnellement à l’homme, comme cela a été observé pour le virus influenza A/H5N1 à Hong Kong en 1997 et en février 2003 ou, plus récemment, au Vietnam où des foyers de virus aviaire ont été observés fin 2003. Des cas de transmission à l’homme du virus influenza A/H7N7 ont été également été observés aux Pays-Bas au printemps 2003. La transmission s’effectue lors de contacts fréquents et intensifs avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés. En gros, évitons les gros pigeons à Paris.

Une transmission du virus aviaire à l’homme risque de favoriser des échanges de matériel génétique entre les deux virus chez une personne déjà contaminée par le virus de la grippe humaine. Un tel réassortiment génétique entre ces deux virus pourrait engendrer l’apparition d’un nouveau type de virus susceptible de s’adapter plus facilement à l’homme. Ce mécanisme faciliterait ainsi la transmission inter humaine de ce nouveau type de virus qui pourrait diffuser sur un mode épidémique voire pandémique, comme cela s’est vu dans le passé. Merde.

Chaque foyer de grippe aviaire animale nouvellement identifié nécessite que soient mises en œuvre par les autorités sanitaires des pays affectés des mesures ayant pour objectifs d’éviter toute exposition au virus et d’éradiquer la maladie. Les stratégies de lutte contre l’influenza aviaire reposent essentiellement sur le diagnostic, l’hygiène, l’éducation, la quarantaine et la réduction de la taille des élevages (politique d’abattage massif).

D’après « Nature» ou le « New England Journal of Medicine », des résistances aux Tamiflu auraient été observées. C’est bien couillon, car la France n’a pour l’instant fait que des stocks de ce médicament (qui n’a par ailleurs jamais démontré une action contre cette fameuse grippe tout simplement parce que la grippe n’est pas encore passée de la volaille au porc ou à l’homme). Pour information, on aurait stocké 17 millions de traitements par Tamiflu.

D’après d’autres source, la France serait en pourparler avec un autre laboratoire afin de constituer un stock équivalent de Relenza, l’autre anti-viral ayant démontré une efficacité contre les différents virus de la grippe.
Cependant, dans l’hypothèse de l’émergence d’une pandémie grippale résultant d’une humanisation du virus H5N1, aucun vaccin ne serait disponible à court terme. Certains laboratoires français, anglais, ou américains recherchent une prophylaxie efficace. On est sauvés.

En gros, on pense que mais on n’en est pas certain. Avec un peu de chance, ce plan anti-grippe sera aussi efficace que le fameux plan anti-vieux aussi appelé plan anti-canicule. Mais surtout pas de panique. Même si des oiseaux malades ont déjà été identifiés dans certains pays d’Europe de l’Est ou même en Grèce, l’épidémie, tout comme le nuage de Tchernobyl, ne passera certainement pas les Alpes ou les Vosges.

Histoire de rassurer tout le monde, Derenne et Bricaire, deux mandarins de la Pitié Salpêtrière (et collègues de Geneviève Roudier), publient un bouquin alarmiste se plaçant dans l’hypothèse la plus dramatique du demi-million de morts en France.

New-York New-York

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Je me souviens de ce mois d’octobre 2001. Nous avions prévu d’emmener ma grand-mère à New-York pour ses 90 ans. Elle s’était laisser convaincre. Sans peine. On lui avait proposé d’émigrer aux Etats-Unis dans les années vingt. Elle était pupille de la nation. Son papa s’était fait flinguer dans le dos par un anglais qui l’avait confondu avec un allemand quelques jours avant la fin de la guerre en 1918. Pas de bol. Elle avait toujours eu envie de mettre un pied à NY.
Nous sommes arrivés face aux guichets d’enregistrement. Un policier a vérifié nos passeports. Maman ne s’était pas assurée que le passeport de mamie allait se périmer pendant notre séjour. Elle ne pouvait pas partir. Ma maman m’a alors demandé de partir et de venir les chercher le lendemain à Kennedy Airport. Cela ne devait pas poser de problème pour refaire un passeport en urgence.

Ben si, justement.

Mamie avait un passeport émis en province et il fallait un minimum de 15 jours pour en émettre un nouveau.

J’ai flippé pendant tout le trajet. J’étais assis à côté d’une hystérique. Le lexomoule ne faisait pas d’effet. Nous étions en période de bonne grosse psychose et il restait encore de nombreuses tours à shooter. Je suis resté seul pendant une semaine à cloper comme un pompier et à bouffer de bonnes grosses merdes dégoulinantes de graisse. J’en ai également profité pour me balader dans des endroits inouïs que je ne connaissais pas. J’ai notamment fait la connaissance du « naked cow-boy ». Un gars qui chantait comme une truie mais qui en avait vraiment plein le slip.

Je me demande s’il ne bossait pas pour Ramon. Je vais poser la question à Tritinh.

et hop

Muriel

L'important, c'est la santé, Rencontre, Vu, lu, entendu 1 Commentaire »

C’était il y a quelques années. Muriel nous avait invité à son anniversaire. Muriel est la sœur de Moustic. Elle sortait encore une fois d’une crise. Nous pensions qu’elle était sur la bonne voie. Pas de la guérison. Ce n’était pas possible. Elle était en permanence sous camisole chimique. Ses grands parents lui avaient acheté ce bel appartement dans le 9ème arrondissement. Elle ne souhaitait pas être seule et le partageait avec une colocataire. Quelques mois auparavant elle avait ramené une bande de mecs du café du coin. Pendant qu’un type la pelotait sur son lit après l’avoir fait boire, les autres vidaient l’appartement. La colocataire s’était enfermée dans sa chambre. Elle a quitté l’appartement le lendemain. Affolée.

Muriel avait l’habitude d’appeler à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Si le téléphone sonnait à 4h du matin, c’était Mumu. Elle n’appelait pas suite à un problème. Elle appelait juste pour me raconter sa journée. L’argent n’avait pas de valeur pour elle. Elle était capable de claquer 20.000 balles en petites culottes. On lui avait récemment retiré son chéquier et sa carte de crédit. Qu’importe. Elle mentait et parvenait a soutirer de l’argent à n’importe qui. Sa famille avait beaucoup de moyens et elle le savait.

Le jour de son anniversaire, tous les poivrots du quartier se mêlaient à la famille et aux amis. L’appartement sentait le gros rouge qui tache. Moustic était dépité. Il ne le montrait pas. Nous avions tous l’habitude. Ils avaient organisé une grande loterie. Chacun tirait un papier au hasard. On pouvait gagner des boites de conserve de foie gras ou de confit de canard. Nous ne nous sommes pas attardés.

Le jour de l’enterrement de son père, Muriel était hystérique. Elle n’avait plus de parents. Elle était désormais orpheline, tout comme ses deux frères. Sa maman s’était suicidée lorsqu’elle était petite. Elle ne s’en était jamais remise. Elle passait entre les gens, le sourire aux lèvres. Elle était heureuse de présenter son nouvel ami, rencontré à l’hôpital quelques semaines plus tôt. Elle s’est soudain présentée devant sa grand-mère.

«Grand-mère, voici H. Je l’aime et nous allons bientôt nous fiancer ! ».

H semblait aussi dépressif que Muriel. Il était aussi vif qu’une huître mais il avait l’air gentil. Nous avons bien failli voir sa grand-mère défaillir. Deux morts dans la journée, c’était moyen.
H s’est cependant révélé être apaisant pour Muriel. J’ai cru comprendre qu’ils souhaitaient réellement se marier. Je n’ai plus de nouvelles de Muriel depuis que son connard de frère a rompu avec nous.

Cela n’a rien à voir mais j’ai lancé aujourd’hui une recherche internet sur ma Kathleen. Et d’après mes lectures, la Kathleen serait une bonne grosse salope de chez salope. Même po déçu.

Kathleen elle est bonne

Vu, lu, entendu Pas de Commentaire »

Ré-écoutée, la grande messe en ut mineur de Mozart. J’ai commencé à me mettre au classique vers la fin des années 80. Mon meilleur pote de l’époque, Yan, n’écoutait que ça. Ses parents organisaient tous les ans en septembre un concert dans l’église proche de leur maison de campagne. La vieille demeure baignait alors dans une atmosphère joyeuse et festive. Toute la famille et de nombreux amis étaient réunis et aidaient à organiser cette petite manifestation. Des disques traînaient un peu partout. J’en ai pris un au hasard. C’était cette grande messe, dans sa version Karajan/Hendricks. J’ai tout de suite été touché. J’ai découvert et acheté de nombreuses autres versions, notamment celle interprétée par Kathleen Battle. Je suis immédiatement tombé amoureux de sa voix. Elle me fait frissonner, souvent pleurer. J’ai eu la chance d’assister à plusieurs de ses récitals. Le « et incarnatus est » est très émouvant.

Mais comment fait-elle pour rester aussi longtemps sur le « Fa » du « Factus est » ?

Ca me troue toujours autant le cul.

J’éprouve un peu les mêmes sensations en écoutant son interprétation du «Pie Jesus» issu du requiem de Fauré. C’est en pensant à elle que je me suis décidé à me mettre un peu plus activement à l’opéra. Je suis tombé par hasard sur « l’enlèvement au sérail ». Cela faisait des années que je souhaitais déguster cet opéra. Je le connaissais comme tout le monde mais je n’avais jamais pris le temps de vraiment m’y attarder. Grand bonheur. Ma Kathleen d’amour y interprète le rôle de Blondine. Et elle déchire grave.

Ecouté également le nouvel album de Katherine. Barjot et dingue.

Vues, les nouvelles aventures de Wallace et Gromit, « Le mystère du lapin garou ». Wallace et Gromit ont monté une entreprise florissante. Ils protègent la plupart des potagers de la ville en traquant l’ennemi numéro 1, le lapin hystérique bouffeur de carotte. Ils sont très ingénieux. Ils ont inventé et mis au point des petites alarmes les prévenant immédiatement de toute intrusion dans les jardins de leurs clients. Ils peuvent ainsi rapidement intervenir et capturer les rongeurs aux quenottes acérées, notamment à l’aide de leur aspilapin géant. Problème : Un Lapin Garou géant fait de la résistance et est sur le point de gâcher le Grand Concours annuel de Légumes qui se déroule quelques jours plus tard dans le jardin de la jolie »Totti ».
Des gros nichons melons de Lady Tottington à Frankenstein, en passant par les Dents de la mer et King-Kong, on est propulsé à cent à l’heure dans un univers délirant, loufoque et inventif. Ce fut un pur bonheur. Monsieur Lapin était lui aussi ravi.

et hop

Lu dans « Le Monde » daté de jeudi, la critique élogieuse de « Viol » de Botho Strauss. « Titus, c’est Gérard Desarthe qui le joue, et il est magnifique pour son grand retour après des années consacrées à la mise en scène, comme est magnifique Dörte Lyssewski (Lavinia), une jeune Allemande qui parle français sans une pointe d’accent ».

Lu dans « Le Monde » daté de samedi, l’article consacré à Harold Pinter, nouveau prix Nobel de littérature profondément engagé, et dans l’art, et en politique. Futur prix Nobel de la paix ? Lu également le papier sur le prix Nobel de la paix attribué à l’agence internationale de l’énergie atomique. Les statuts de l’agence précisent qu’elle aurait pour but d’accélérer et d’élargir la contribution de l’énergie atomique à la paix, la santé et la prospérité à travers le monde. Faut-il chercher la justification de la présence de cette agence aux côtés de Martin Luther King, Mère Teresa ou René Cassin ? Quid des survivants des bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki à l’occasion du 60 ème anniversaire des bombardements ?

Lu dans « Le Monde » daté de vendredi. Apple veut étendre au cinéma le modèle qui fait son succès dans la musique. Possibilité de télécharger et de mater « Desperate Housewives » juste après son passage télé sur son iPod video 60 Go. Tentant.

L’école (II)

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J’étais dans le métro. Nous étions en septembre 1981. J’avais passé près de deux mois en Espagne chez François. C’était le jour de la rentrée. Maman et moi avions pris la ligne 11. Il fallait changer à République puis prendre la ligne 5 en direction d’Eglise de Pantin pour rejoindre la Gare de l’est. Je m’étais fait tirer les oreilles. J’avais deux ongles sales. Il fallait faire bonne impression. Ce n’était vraiment pas admissible.
Nous sommes finalement arrivés rue de Chabrol, devant le Cours Bossuet. J’allais y passer de très longues années jusqu’au Bac. Il y avait beaucoup de monde. L’école était très grande, bien plus grande que Saint-Jean Baptiste. Il fallait longer un long et étroit chemin bordé d’arbres pour arriver devant l’école. Il y avait un joli jardin au milieu. Tous les enfants étaient réunis devant le bâtiment principal. J’ai entendu mon nom. J’étais affecté en 6ème Mauve. C’était comme à l’armée. Je n’avais pas envie de parler. J’étais très timide. Je ne me souviens pas du nom de mes camarades, sauf de celui de Bénédicte. Elle m’avait donné un cochon d’inde. C’était mon premier animal de compagnie. Je n’ai pas aimé la 6ème Mauve. Je n’avais plus de repère. Le soir, je prenais le métro ou le 26 pour rentrer à la maison. Je n’avais plus de nourrice. Maman rentrait de l’hôpital vers 23h30. J’étais endormi depuis très longtemps.

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