2005 septembre (2)

Rue Saint-Sauveur

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Il y a quelque temps j’ai écris un post sur l’incroyable Fabien. Nous étions invités hier soir à la “Saint-Sauveur pride”. Fabien avait invité tous ses amis et proches chez lui pour une soirée spectacle. Son appartement est très grand. Je pensais rencontrer beaucoup de monde et je ne fus point déçu. Une petite centaine de personnes était attendue. Nous sommes arrivés un peu avant 22h00. Les invités sont arrivés jusqu’à minuit.
J’aime beaucoup Fabien. Cependant, l’idée de participer à cette réunion ne m’enchantait guère. Nous avions reçu toutes les informations pas e-mail et j’avais repéré certains noms parmi les destinataires. Fabien avait invité de nombreuses personnes rencontrées à la faculté de pharmacie. Je n’étais pas impatient de les revoir à nouveau. Les garçons devaient apporter une bouteille de Champagne, les filles un plat de leur choix (curieuse répartition).
Nous sommes arrivés dans le quartier de Montorgueil, avons monté les cinq étages menant à l’appartement de Fabien. Le bruit de la réception résonnait dans la cour. Deux inconnues nous ont ouvert.
Premier soulagement. Il y avait beaucoup de monde et je ne devais pas me présenter à l’ensemble des invités. J’ai rapidement jeté un coup d’œil. Quelques têtes me semblaient familières. Des têtes de con de la faculté que je n’aimait pas franchement (et qui ne m’aimaient pas non plus). Les gens groupes restaient dans leur coin. Les pharmaciens et les médecins étaient au fond de l’appartement. Les homos restaient à l’entrée. Les pharmaciens et médecins homos étaient entre les deux.
Snooze m’a abandonné pendant quelques minutes (une bonnes demi-heure). Je suis resté seul comme un imbécile, ne bougeant pas et ne parlant à personne. J’ai pu observer et écouter les conversations. Un délice. Une armée de trentenaire se retrouvait. C’était un peu comme dans la chanson de Bruel. On s’était donné rendez-vous dans dix ans.

-Salut chérie, ça fait longtemps
-Tu bosses ou
-Ah… tu est à l’enregistrement chez ce petit labo ? (silence)
-Peux-tu me répéter son nom ?
-De mon côté, je bosse au service marketing de Roche
-C’est un grand labo, mais l’esprit est si familial.
-Trois enfants, mais comment fais-tu ?

Autre point de satisfaction. Les ex-partenaires de faculté avaient bien grossi. Un petit double menton par-ci, un gros ventre par-là. Les bagues de mariage semblaient coincées entre deux bourrelets graisseux aux annulaires. Les femmes ressemblaient à de vieilles bourgeoises coincées. Les hommes semblaient usés. J’ai finalement rejoint Snooze. Il parlait théologie avec un curé.

Fabien nous a indiqué que le spectacle se déroulait dans la cour. Tout le petit mode est descendu. Il a commencé par interpréter trois chansons de Barbara. Il portait une longue robe et une affreuse perruque noires. Longs applaudissements. Une femme a ensuite interprété du Schubert. La belle sœur de Fabien a offert un spectacle de danse africaine. Je me faisais chier. Je suis remonté, ai pris mon sac et suis rapidement rentré à la maison.

Un truc me faisait marrer dans le metro. Snooze souhaitait initialement chanter la “fameuse” chanson de Sheila “Patrick mon chéri” devant les invités. Heureusement pour lui, il a renoncé au dernier moment. L’assistance n’aurait pas spécialement apprécié. Sauf moi peut-être.

La famille

Miam, Rencontre Pas de Commentaire »

Dimanche dernier, Paulo, le grand-père de Snooze, a fêté ses quatre-vingt-cinq ans.

Paulo a réuni toute sa famille pour cette grande occasion. Il a également convié des amis de sa génération et des amis résistants. Paulo est communiste depuis la guerre. Sa femme l’était aussi. Mamée est décédée un 24 août. C’était aussi le jour du mariage de Julien, le frère de Snooze.
J’ai été invité en tant que conjoint. Trente-deux personnes sont attendues au restaurant. L’établissement est à quelques kilomètres de la maison de Paulo.
Nous nous étions donné rendez-vous à dix heure en bas de notre immeuble. Nous sommes arrivés à 10h02. Ce retard a semblé contrarier la sœur de Snooze. Nous arrivons finalement un quart d’heure avant l’heure du rendez-vous gare Saint-Lazare. Nous devions retrouver Robert, cousin allemand, Marion, cousine de Snooze, et Manuel, le fils de la dernière compagne de l’oncle de Snooze. Nous nous retrouvons et montons dans le train. L’ambiance semble un peu tendue. Chacun semble chercher quelque chose à dire à son voisin.
Paulo et Julien nous attendent à la gare et nous conduisent directement au restaurant. La famille arrive petit à petit. Marine et Clément, les deux autres cousins, arrivent avec leurs parents. Ils sont joyeux. Marine adore son grand-père. Elle semble très protectrice. Les deux petits enfants sont taquins. Ils avaient un temps souhaité faire médecine comme leurs parents. Quand Clément était plus jeune, il voulait « faire comme Maman : se lever tard et bien gagner sa vie ». Ils n’ont pas eu la chance de passer en seconde année, mais semblent avoir trouvé leurs voies. Clément vient de passer une année en Australie. Marion est maintenant journaliste. Ce sont deux bobos. Je les aime beaucoup.

Tous les invités sont présents, sauf Tinh, la mère de Manu. Tinh était la compagne de Jean, le fils de Paulo et donc l’oncle de Snooze. Ils vivaient ensemble, mais Jean n’avait jamais pu divorcer. Ils est décédé il y a quelques années de cela. Les choses semblent s’être mal passées entre Marion et sa mère, et Tinh.

Le reste des convives arrive. Tout le monde se présente.

« Je te présente Chondre, l’ami de Snooze »
« Bonjour Madame »
« Ah, vous êtes un ami du petit fils de Paulo, c’est bien cela ? »
« Oui Madame, enchanté de faire votre connaissance »

Une grande table en u est dressée. Paulo est au centre, entouré de ses deux filles. Les anciens se trouvent à sa gauche, les plus jeunes à sa droite. Marine, Clément, Aurore (l’amie de Clément) et Manu se débrouillent pour être assis ensemble. Ils se retrouvent au bout de la table des vieux. Marine est assise à côté de Marius.
Je suis assis à côté de Snooze et face à Robert et Marion. Je n’ai rien à leur dire et je cherche constamment mes mots. Ils n’ont pas plus de chose à me dire. Les banalités défilent. Snooze fait des allers-retours entre notre table et celle de Marine et Clément. J’aurais bien aimé être en leur compagnie. Nous avons passé une délicieuse soirée ensemble il y a quelques mois.

Le repas est gargantuesque. Les pauses cigarette se succèdent. Il est près de 17h00 et nous passons enfin au dessert. Paulo fait un émouvant discours. Il parle de sa famille allemande, du nazisme, de son passé. Il est très fier de Robert. C’est un brillant avocat qui vient de réussir son agrégation. Il est tout jeune et déjà Professeur en droit. Tout le monde applaudit.

Nous rentrons finalement dans la maison familiale. Tout le monde prend ses aises. La chaleur est tombée. Le temps est agréable et la famille se retrouve dans le jardin. Les arrières petites filles vont à la chasse aux prunes. Les cousins semblent complices. La troupe se sépare en début de soirée. Tout le monde s’embrasse et promet de vite se revoir. J’aime bien cette ambiance. Cependant, je ne me suis pas senti à ma place. Ce fut un sentiment curieux. Je ne peux pas le décrire.
Les parents de Snooze nous ont raccompagné sur Paris. Ils ont également raccompagné Manu. Je suis très heureux d’avoir fait sa connaissance. C’est un ovni. Il est interprète pour un député finnois au parlement européen à Bruxelles. Il parle couramment le finlandais, l’anglais, le suédois, le russe, l’allemand, l’italien et bientôt le polonais. Il a une passion pour la grammaire. Il est resté boire un verre à la maison. Nous avons discuté et j’ai vraiment apprécié sa compagnie. Il est modeste, très cultivé, curieux de tout, attentionné et très calme. J’espère pouvoir avoir l’occasion de mieux le connaître.

Houlgate (II)

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Je n’ai plus trop le temps de m’occuper du blog. Je séjourne toujours à Houlgate dans l’Hôtel des blogueurs sous le nom d’XXX. J’y ai rencontré YYY. Elle loge dans la chambre à côté de la mienne. C’est Mimi Zonzon. J’ai réussi à la convaincre de vivre cette aventure. Je suis cocaïnomane, elle est alcoolique. Nous avons passé la soirée à boire. J’ai la migraine ce matin. YYY est en fait mon grand-père que je n’ai jamais connu. La femme de chambre, une dénommée Fanny, va s’en apercevoir en fouillant dans les affaires de la vieille YYY.
Nous avons mangé ce midi en compagnie d’autre résidents de l’hôtel.
J’essaye également de mettre à jour le site daske.net. J’y arrive enfin. Cela fait des années que je souhaite modifier le contenu du site et le rendre un peu attractif. Le site devrait être (enfin) complet lundi prochain.

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