2005 juin

L’orage de la mort qui tue en tailleur

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Arrivés à l’hôtel, nous sautons sur nos valises et faisons tristement nos bagages. Nous sortons la balance de la salle de bain et pesons régulièrement nos valises afin de ne pas dépasser les 20 ou 25 kilos autorisés par AF. Les valises prêtes, nous décidons de retourner rue des fantômes chez Jin Gui Xiaoshangsheng manger notre dernière fondue, sans joie. A notre retour, la pluie commence à tomber, de plus en plus fort. L’orage est maintenant aux portes de la ville. Les éclairs tombent violemment et se fracassent au loin. L’horizon est éclairé par intermittence. C’est le déluge.

Cécile commence à paniquer. Nous allons nous crasher demain, blablabla, c’est l’apocalypse, blablabla, je ne veux par mou-ri-reuh-arg-gnéééé. Et pi nos tailleuses, et ben elles vont pas reu-veu-ni-reuh…bouh bouh. Il n’empêche, à force d’entendre les lamentations de Cécile, je commence à stresser sur le retard de nos tailleuses et à me poser des questions. Il est minuit trente, elles devaient passer à minuit pile. Un quart d’heure plus tard, elles arrivent enfin, toutes souriantes en nous disant que nous devions penser qu’elles ne reviendraient pas. Elles sont elles aussi charmantes. Nous réglons tous nos comptes. Ayant apporté un stock non négligeable de chocolat, je me permets de leur offrir. Ce n’est pas grand-chose, mais cela a l’air de leur faire bien plaisir, et moi, je suis content.

Last but not least

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Les réveils sont de plus en plus durs et la marche est dure aux miséreux.

Le jogging matinal passe à la trappe. Fuck le sport.

C’est notre dernier jour à Pékin et je souhaite en profiter un maximum. J’entrouvre délicatement les rideaux pour ne pas réveiller brutalement Céciloo et Snooze. Le temps est lourd et nuageux, comme à notre arrivée. C’est peut être un signe, celui du départ.

Nous avons décidé de joindre l’utile à l’agréable : faire nos dernier achats tout en continuant à visiter la ville. Je souhaite me rendre dans le quartier de xxx. D’après certains guides, c’est l’endroit idéal pour trouver papiers, articles de calligraphie et estampes. Je souhaite également, en bon touriste adepte du kitch, ramener un sceau à mon nom.
Nous prenons donc le taxi qui nous dépose à l’intersection xxx et yyy entre les quartiers est et ouest. Nous commençons par l’ouest et pénétrons dans une boutique à allure austère. De l’extérieur, la façade est sombre et imposante. Peu d’objets sont exposés dans les vitrines. Nous pénétrons * l’intérieur. L’endroit est décomposé en plusieurs grandes pi*ces réparties sur deux niveaux. De magnifiques estampes et calligraphies sont encadrées et exposées sur les murs. Chaque vendeur est spécialisé et est debout derrière son pupitre. Papiers rares, pinceaux, boites laquées, encre, calligraphies et estampes sont * la disposition des acheteurs. Ici, on ne marchande pas et les vendeurs ne cherchent pas * vous appâter. Au premier étages, les objets sont plus rares et deviennent hors de prix. Nous sommes véritablement dans un musée et avons envie de tout acheter. Malheureusement pour nous, le magasin accepte toutes les cartes de paiement. Nous ressortons de la place les bras chargés de magnifiques sacs en papier remplis d’estampes et autre matériel de calligraphie.

Nous rentrons ensuite dans une autre boutique. La vendeuse propose de nous faire des sceaux avec transcription phonétique de nos prénoms en chinois. Elle sort un petit dictionnaire noir et nous cherchons la correspondance de nos prénoms. Nous finissons par en prendre un chacun, mais également un pour la soeur de Snooze et son père, et un pour le père de Céciloo. Devant attendre près d’une heure pour les obtenir, nous décidons d’aller jusqu’au bout du versant ouest puis de visiter le coté est.
Nous commençons par rentrer dans un magasin d’antiquités embaumé par l’encens. Les vendeuses sont plus insistantes. Des copies de statues de toutes les tailles sont disséminées un peu partout dans la boutique. Nous ne sommes pas intéressés et l’on nous propose de visiter le premier étage ou siège des statues originales. Nous prenons un petit escalier de bois et stationnons sur le palier. Un homme tatoué à la musculature imposante arrive et sort un trousseau de clefs et nous permet de pénétrer dans une nouvelle pièce. La porte est refermée à clef derrière nous. Nous sommes en tout huit dans la pièce noyée d’une fumée parfumée. Trois vendeuses nous suivent pas à pas, une autre reste figée devant la porte de sortie et le molosse circule nerveusement derrière nous. L’atmosphère devint peu à peu stressante, nous ne nous concentrons pas sur la marchandise et cherchons un moyen de nous éclipser. Nous réussissions finalement à sortir du traquenard.

Nous continuons notre route et finissons par rentrer dans une maison de thé qui appartient à la chaîne Ten Fu’s Tea (tenfu.com). Nous souhaitons assister à une cérémonie du thé. La vendeuse nous explique qu’une telle cérémonie est payante sauf si, bien entendu, nous achetons du thé. Ayant déjà fait nos stocks, nous lui expliquons que nous souhaitons la payer, chose qui l’étonne. Nous pénétrons finalement à l’arrière de la boutique dans une pièce à la lumière feutrée et tapissée de bois. Nous nous installons dans de grands fauteuils en bois sombre et notre charmante maîtresse de cérémonie se tient au centre. Elle se prénome Zhao Hong Xia et est choubidou tout plein. Je suis tombé sous le charme.
Nous allons déguster trois thés différents. Deux thés verts au jasmin et un oolong.
Entre deux tasses, elle nous gave de spécialités maison. Des biscuits, du chocolat, des caramels, des kumquats, des graines de citrouille, du cake au thé vert, tout y passe. On ne savait que choisir. Cécile se précipite sur les graines de citrouille et commence à dévorer le petit paquet. Notre hôtesse lui explique gentiment qu’e seul l’intérieur est mangeable. Sourire crispé de Cécile.
Nous commençons à goûter à tout ce qui nous est proposé. Il doit être autour de 14h00 et nous n’avons toujours pas déjeuné. Elle devait s’amuser à faire le truithon avec nous. Elle nous explique comment préparer le thé vert. Une eau à 85°, c’est ça le secret. Cela fait trois ans qu’elle travaille pour cette maison et arrive, rien qu’en touchant la bouilloire, à déterminer la température idéale.
Nous commençons à discuter de tout et de rien. Elle habite proche du temple du ciel et vient de temps en temps travailler en bicyclette quand le temps le permet. Je lui explique que moi aussi je vais au boulot à vélo. Elle me regarde avec des grands yeux et compatit en me disant que je ne dois pas avoir beaucoup d’argent pour avoir un tel moyen de locomotion.
Nous parlons astrologie chinoise et occidentale. Même si je déteste ce genre de conversation, je me laisse bercer par sa petite voix. Nous parlons de nos vies. Ce fut notre analyse de la semaine.
Nous finissons la cérémonie par quelques photos. Etant nouveaux diabétiques et obèses, nous finissons par nous laisser tenter et achetons gâteaux et autres spécialités au thé. Tout se termine par un sourire, comme fréquemment dans cette ville.

De retour chez notre graveur de sceaux qui nous remet nos commandes. Nous décidons de remonter jusqu’à Tien An Men est par le métro. Le prix du billet est de 3 yuans. Deux lignes sont en service. L’une est circulaire. Les rames ne passent pas au centre comme à Paris mais sur les côtés. Etant station Hepingmen sur la ligne rouge circulaire, nous ne pouvons arriver qu’à Wangfujing, quelque soit la rame choisie. Le métro est climatisé à l’intérieur et à l’extérieur de la rame (nous aurions du passer un peu plus de temps sous terre pendant la canicule). La station Wangfujing est bordée de publicités pour l’ipod. Une sortie donne directement sur l’oriental plazza, ce qui nous permet de remonter tranquillement l’avenue Wangfujing.

Le palais d’été

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Direction le palais d’été, à une vingtaine de kilomètres au nord de Pékin.

Tout le monde dit que c’est merveilleux. L’ensemble fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous partons un peu tardivement et attrapons un taxi vers 11 heures. Le temps n’est pas optimal. Il fait chaud et cela sent l’orage. La climatisation tourne à fond dans notre Citroën ZX rouge. Le compteur est baissé par le chauffeur. Nous remontons vers le nord en passant près du toujours très bobo “lotus lane”, puis près de la tour du Tambour. Nous passons le premier périphérique et nous engouffrons dans la circulation très dense. Il y a un brouillard de pollution et de chaleur. Nous sortons petit à petit de Pékin. Il y a des immeubles à perte de vue. On se croirait à la Courneuve, en pire. Les bâtiments, très marqués années 80 (probablement bâtis il y a peu), sont carrés et font une quinzaine d’étages. Ils sont rouges, verts, saumons, mais tous délavés par la pollution. La climatisation tourne à plein régime. C’est sans doute le miracle chinois. Vive le progrès.
Nous distinguons une pagode sur une colline dans la brume. Nous sommes enfin arrivés au bout de 45 minutes. Le prix de la course est ridicule, seulement 45 Yuans.
Après avoir acheté nos billets et pris un audio guide, nous pénétrons par la porte est. C’est très impressionnant. En face se déploie l’immense lac Kunming avec le fameux pont aux 17 arches reliant l’île du sud. A droite se profilent les toits recourbés des bâtiments impériaux. Au nord se dresse la colline de la longévité, coiffée des forets de pins. Au pied de l’ensemble, une galerie extérieure ornée de magnifiques peintures et longue de plus de 700 mètres. C’est la plus longue du monde et les chinois en sont fiers. L’audioguide entretient bien la propagande.
D’après notre guide, le palais fut reconstruit par Cixi à la fin du XIX è siècle, le premier palais ayant été pillé et brûlé par les Anglais et les Français en 1860 (ce premier palais est 5 Km plus loin et laissé complètement à l’abandon). Elle se fit construire un parc de détente, d’amusement et de repos personnel. Il lui servait également à gouverner mais ce fut plus son joujou. Elle s’est également servie de ce palais pour assigner à résidence son neveu Guangxu, trop réformateur à son goût. Ce fut son lieu de refuge pendant et après la révolte des boxers. Elle piqua alors dans les caisses de la marine impériale pour faire rénover ses palais. Elle a même fait construire un gigantesque bateau en marbre pour se servir de salon de thé. Chacun son Versailles. C’est délirant et gigantesque.
Seulement, avec plus de six millions de visiteurs par an, à moins d’arriver à 6 heures du matin hors saison touristique, on est vite noyé dans le flot de touristes. Malheureusement, comme pour la cité interdite et le temple du ciel, certaines pièces maîtresses (pavillon des fragrances bouddhiques, palais des nuages ordonnés, pavillon pour écouter le chant du rossignol) sont en réfection, ce qui augmente encore plus notre sentiment de frustration.
Il fait super chaud et je passe mon temps à manger des glaces. Il y a des grappes de touristes partout. Nous terminons par le fameux pont aux 17 arches et courrons pour rendre notre audio guide, car cela fait plus de 5 heures que nous marchons et nous devons le rendre avant 17 h 00. A deux minutes près, nous gardions le boîtier en souvenir.
Retour en taxi sous la pluie. Nous avions déjà senti quelques gouttes avant de quitter le palais. Nous pénétrons à nouveau dans la grisaille Pékinoise. La pluie accentue le sentiment de tristesse et de desespoir créé par cette urbanisation massive et non contrôlée.

L’hôtel propose certains services. Piscine, salle de sport, soins du corps, coiffeur. Nous décidons de tenter une manucure. Je n’en ai jamais fait. Nous pénétrons au troisième étage du bâtiment, accueillis par une multitude d’employés. Nous sommes seuls. On nous guide dans un salon privé. D’énormes fauteuils nous attendent. L’atmosphère est paisible, les couleurs dorées et douces, la lumière très feutrée. Une douce musique résonne. C’est le lotus bleu, il ne manque plus que les pipes à opium.
Chacun son fauteuil. Je choisis une manucure et une pédicure, Cécile rajoute un massage de 45 minutes des pieds et Snooze opte pour une manucure et un massage/nettoyage des oreilles. Un serveur nous apporte du thé au Jasmin. Je suis gêné. Personne ne s’est jamais occupé de moi comme cela. J’ai l’impression d’être Paris Hilton. Je suis bercé par l’ambiance et dorloté par mon hôtesse qui passe son temps à sourire. Je suis sous le charme et passe mon temps à lui dire « sié sié », ce qui la fait rire. Mon accent doit être à chier, elle m’explique gentiment et poliment que la bonne prononciation est « chié chié ». Si cela se trouve, cela fait 10 jours que je traite sans le savoir de grosse salope la moitié de la ville (…). Vive le luxe.

Les amis de Cécile sont arrivés à l’hôtel ce matin, et elle décide de leur rendre visite. Snooze et moi glandons dans la chambre et zappons sur HBO et V (vchinese.com), la chaîne musicale locale qui passe à la chaîne des clips asiatiques plus hallucinant les uns que les autres. Ils n’ont vraiment plus rien à apprendre. Les vidéos sont mieux torchées que celles qui passent sur MTV USA.
21h30 : On sonne à la porte. Les trois petites tailleuses débarquent dans notre chambre. Elles sont charmantes. Je vais dans la salle de bain pour essayer mon costume. La couleur, la doublure et la coupe sont magnifiques. Problème : le pantalon semble un peu court et les épaules un peu larges. Tout d’un coup, une des tailleuse explose de rire, présente ses excuses et m’indique que j’essaye le costume de Snooze. Ils avaient inversé les doublures et j’héritais de la magnifique doublure pourpre de Snooze. J’essaye enfin mon costume. Parfait, rien à dire, tout est parfait au millimètre près. Ma tailleuse me dit qu’elle aime beaucoup la doublure et que je devrais la garder…elle n’arrête pas de dire « keep it, keep it, you should keep it ! ». Je plaisante avec elle, elle n’arrête pas de sourire et ses petits yeux sont malicieux. Je lui explique que je n’ai qu’un seul regret, c’est de ne pas avoir commandé deux costumes. Elle m’explique que tout est possible et qu’un autre costume peut être prêt pour samedi minuit. Elle descend les dix étages, et remonte avec des échantillons de tissus. Elle me dit qu’elle possède un splendide deep dark red en doublure et que cela serait du meilleur effet sur mon nouveau costume. Snooze se laisse tenter et en commande lui aussi un second.
J’essaye mes deux autres pantalons en lin. Un crème et un blanc. Rien à dire. Le sur mesure, il n’y a que cela de vrai. La vie va sembler bien dure en rentrant à Paris.
Cécile passe la soirée avec ses amis et retourne au restaurant du fameux blanched chicken. Nous décidons de notre côté d’aller boire un verre du côté de Sanlitun, le quartier de la plus célèbre rue des bars qui regroupe à lui seul plus d’une centaine d’établissements. Cette rue se trouve près du parc Tuanjiehu. Le taxi comprend l’accent de Snooze (trop cool) et nous conduit au centre de Sanlitun (il y a un côté est et un côté ouest). Manque de chance, l’électricité à sauté et tous les lampions rouges qui forment un toit sur la rue sont éteints. C’est sans compter sur les propriétaires de bars qui bidouillent les fils et permettent au courant d’arriver de nouveau (c’est pas la norme NF). Nous sommes alpagués par des rabatteurs. L’endroit grouille de touristes, des néons de toutes les couleurs flashent en permanence. Il y a de la publicité pour de nombreuses boissons alcoolisées occidentales. On se croirait sur South street à Philadelphie. Un immeuble est recouvert de néons qui changent de couleur. L’immeuble est bleu, puis pourpre, puis rouge. Nous sommes maintenant sur Time square.
Nous pénétrons finalement dans un bar au hasard. Trois jeunes femmes très légèrement vêtues reprennent des standards pop occidentaux. L’établissement est cosmopolite. Derrière nous, des chinois jouent aux dés. Les prix pratiqués sont presque parisiens : 85 Yuans pour un Diet Coke tiède, une bière et des oignon rings. On est un peu sur le cul par autant d’occidentalisme. Un des serveurs nous propose le DVD piraté de “Batman et Robin 5″, Nous rions et déclinons l’offre. On trouve la même chose sur Wangfujing. En sortant, on nous propose des body massages : Y’a même des putes. C’est malheureusement le futur de la ville.
Nous prenons un taxi et lui demandons de nous conduire place Tien An Men. Nous souhaitons découvrir la place de nuit. Le taxi prend « l’ East Third Ring Road » pour tourner sur « l’East Chang An Avenue ». Cette avenue est perpendiculaire à Wangfujing. C’est le temple des grands hôtels et boutiques de luxe. Nous sommes maintenant à Las Vegas. Tous ces gigantesques bâtiments clinquants et luxueux sont impressionnants et magnifiques. Une nuée de pousse-pousses attend les touristes à la sortie des établissements. L’avenue donne sur la place Tien An Men, côté nord de la cité interdite. Nous descendons du taxi et contemplons le grand portrait de Mao. Des Chinois dorment sur la pelouse longeant la cité pourpre. Nous sommes un peu déçus car la place et la cité interdite ne sont pas mises en valeur. Tout est sombre. Seule l’avenue est éclairée par de gigantesques candélabres. Nous remontons jusqu’à l’oriental plazza pour reprendre Wangfujing, tout en étant coursés par des grappes de puputes. Nous sommes arrivés à Bangkok.

Nous profitons des dernières heures et remontons lentement l’avenue. L’hôtel est devant nous, et je m’arrête pour acheter une glace. Nous arrivons à notre chambre : Les mollets de Cécile ont gonflé après le massage, elle a l’impression d’avoir une phlébite, mais elle est morte de rire. Tout le monde se couche en se marrant et en pensant à notre future journée shoping du lendemain.

Pose Taspé-Shoping

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Le jeudi, c’est ravioli. Nous n’avons pas prévu de visiter quelque chose de particulier mais de retourner dans le bâtiment de la fameuse « rue de la soie » pour tenter de se faire faire un costume sur mesure. Nous nous rendons donc en taxi à l’angle Gongrentiyuchangbei Lu-Gongtidong Lu. Le taxi nous dépose face au Beijing Workers Stadium.Nous traversons la rue et sommes immédiatement happés par des vendeurs à la sauvette qui nous proposent Rolex, chaussettes et autres polos. Nous montons directement au troisième étage où se trouvent les tailleurs. Nous prenons la température et négocions un costume pour 800 Yuans avec la « meilleure » qualité de tissus. Nous demandons à réfléchir (pas pour faire baisser les prix mais pour vraiment réfléchir) et nous promenons dans les autres étages. Je cherche une ceinture car j’ai oublié d’en prendre une avec moi. Je cherche aussi ces machins qui font de la lumière quand le téléphone sonne. J’en avais repéré des « Nightmare before Christmas». Nous achetons également des étoles pour nos parents, et du thé vert, nature ou parfumé au Jasmin. On en prend pour tout le monde, tout en sachant que le poids est limité dans l’avion.
Nous ne sommes pas en Chine pour acheter des contrefaçons. Si j’ai envie de m’acheter un polo Ralph Lauren, je vais au Galeries Lafayette ou chez Bloomy à New York (c’est mon côté pétasse snobe). Nous voyons des tas de touristes se ruer sur les fausses chaussures Puma ou Adidas, et acheter des tonnes de polos Lacoste et autres faux T-Shirts griffés. Ici, tout est faux. Les pulls, l’électronique. Je me trouve quand même une ceinture toute conne en tissu et un sac à dos kaki.
Nous remontons à l’étage des tailleurs et négocions nos costumes. Cécile décide d’en faire faire un pour Jean-Guimauve, elle a apporté ses mesures. Nous choisissons la qualité du tissu, la forme, les poches, les boutons, le col, et la couleur de la doublure. Une tailleuse prend méticuleusement toutes nos mesures. Je demande à me faire faire en plus deux pantalons en lin. Cécile demande deux pantalons, Snooze seulement un costume. Nous restons une bonne heure et déposons la moitié du prix en liquide. La tailleuse passera le lendemain à notre hôtel pour l’ajustement et les retouches. Le costume sera prêt samedi dans la journée et livré à notre chambre. On croise les doigts. Au pire, cela servira pour une soirée costumée. En passant, je commence sérieusement à me prendre au jeu du marchandage. Je cherche une belle cravate en soie. Je tombe sur un marchand qui me propose la cravate à 60 yuans. J’en aurai finalement 3 pour 45 Yuans. Au départ, je pensais que le marchandage signifiait exploitation. Cependant, d’un autre côté, pourquoi serais-je le seul crétin à payer à un prix proche de ceux pratiqués à Paris ce dont j’ai envie. De toutes les façons, il y a une marge. Tant pis pour la petite fille de moins de cinq ans qui a participé à l’élaboration de ma cravate. C’est la même fille qui a fabriqué mon pantalon H&M. Quand je l’achète en France, je ne me pose pas tant de questions, je suis égoïste et naïf.
Nous avons faim et montons au dernier étage, consacré à la restauration. Nous choisissons de manger un bouillon avec des tranches de bœuf, des nouilles, et de la coriandre. Un délice. Il est presque 16 heures et rentrons en taxi à l’hôtel. Snooze ne se sent pas bien et reste dormir dans la chambre. Cécile et moi repartons sur Wangfujing Dajie. Cécile a repéré des fringues dans une petite boutique et finit par acheter un pantalon noir et un petit haut. Nous continuons notre descente au sud. Je m’achète une chemise blanche chez Arrow (je crois que c’est une vraie), le DVD de « Ocean Twelve » et des disques de musique classique chinoise. Cécile achète trois disques bouddhiques, moi un. On est mort de rire en rentrant, c’est de la musique de supermarché. Nouvelle soirée patate, y’a un bon film sur HBO, et ça c’est cool.

La grande muraille

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Aujourd’hui est le grand jour. Je réveille Cécile et Snooze avant d’aller jogger. Nous partons de bonne heure direction l’ « Arrow Tower » (Deshengmen Qiao au nord du second périphérique) ou nous souhaitons prendre le bus (climatisé) 919 direction Badaling, premier spot accessible de la grande muraille à 70 bornes de Pékin. Nous trouvons le bus, entrons dedans et partons. La climatisation est naturelle et il fait 40 degrés. Mon cul colle au siège en plastique. Les arrêts sont fréquents. Nous sortons de Pékin et mettons plus d’une heure ½ pour joindre Badaling, sorte de Disneyland hideux rempli de commerces à touriste et dédié à la muraille. Contrairement à Pékin, les vendeurs sont agressifs, et les prix sont multipliés par 3. La bouteille d’eau est à 8 yuans.
Il faut prendre un pass à 47 yuans comprenant l’entrée à la muraille, au musée et à une sorte de ciné à 360 degrés. La muraille est noire de monde et passons près de deux heure à grimper du côté est. C’est joli, impressionnant mais je ne suis pas bouleversé comme à Pékin. C’est sans doute dû à la marée humaine et aux marchands du temple. La pente est rude, les escaliers sont durs (aux miséreux), la chaleur est étouffante et le soleil se réfléchit sur les pierres polies par le temps. Nous faisons le chemin inverse et souhaitons acheter à boire car la déshydratation nous guette. La bouteille d’eau passe à 20 Yuans. La vendeuse nous réclame 100 Yuans pour 5 petites bouteilles. Nous refusons et payons finalement 30 yuans. Tout est monnayable ici, même la bouffe. On à peur que Pékin ressemble à ça dans quelques années, et ça fout les boules.
Nous cherchons un bus climatisé pour le retour. Il y a la climatisation mais pas de place. Nous ne mettons qu’une heure pour rentrer, mais sommes debout. Arrivée Arrow Tower , nous sautons dans un taxi direction l’hôtel. Sortie le soir sur Wangfujing Daije pour dîner. Je suis heureux d’avoir vu la muraille mais sans plus…

Maohlala

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Footing matinal du côté de Beiheyan Dajie. C’est une sorte de coulée verte parallèle à l’enceinte est de la cité interdite. Les Pékinois partent travailler, je suis le seul glandu à jogger. C’est assez agréable de courir sur cette allée fraîche bordée de rosiers et de Ginkos Biloba.
Nous partons très tardivement de l’hôtel. Il est presque midi. Nous cherchons un distributeur de billets, appareil rare à Beijing. Après avoir trouvé notre bonheur (commercial bank of China sur Wangfujing), nous prenons un taxi rouge en direction du temple du ciel, réputé être un des plus beau monument de la capitale. Il se situe au sud de la place Tien an Men. Le chauffeur ne déclanche pas son compteur et nous réclame 30 Yuans en haussant la voix. Nous refusons de payer et lui donnons finalement la moitié.
En pénétrant dans le parc, une affiche nous indique que le bâtiment principal du temple du ciel est fermé pour travaux (intérieur et extérieur). On a un peu les boules. Non seulement ils ont décidé de raser une partie de la ville pour les J.O. de 2008, mais en plus ils rénovent tous les monuments, et c’est assez galère pour les touristes.
Ce temple fut construit au XV e siècle, en dehors à l’époque des limites de la ville, sur une surface de près du double de la cité interdite. D’après les guides, c’est une transposition de la « cosmogonie » chinois et de la hiérarchie politique sur laquelle reposait toute la légitimité impériale. Toujours les mêmes symboles, le Yin, le Yang, le ciel et la terre, la symbolique des chiffres et l’omniprésence du 9.
Nous sommes donc un peu frustré, la salle de la prière pour de bonnes moissons étant recouverte d’échaffaudages. On ne peut même pas visiter l’intérieur. Nous nous rabattons donc sur le parc Tiantan, peuplé de plus de 4000 cyprès avec certains vieux de 800 ans, puis sur la voûte céleste impériale, temple enserré dans un enclos circulaire de pierres grises. Contrairement au reste de Beijing, les toitures sont recouvertes de tuiles bleues. Le mur d’enceinte , étant circulaire, permet de diffuser sa voix dans tout le site. Il est justement appelé echo wall. On peut également s’amuser à frapper dans ses mains sur les dalles centrales. Selon sa disposition, on obtient un écho simple, double, ou triple.
Nous terminons par l’autel du ciel. Au milieu, se trouve le trône du ciel, considéré comme centre du monde. Nous remontons au nord du parc et reprenons un taxi pour la place Tien an Men. Nous souhaitons visiter le mausolée de Mao. En arrivant à l’entrée, un type nous agrippe en nous expliquant qu’il faut déposer tous nos sacs de l’autre côté de la place. Il nous force à l’accompagner et, une fois arrivés sur place, il veut nous servir de guide et nous réclame de l’argent.Nous refusons de payer. L’entrée du Mausolée est gratuite. Par contre, il faut payer 5 Yuans par personne pour le dépôt des sacs plus 2 Yuans par caméra/appareil photo. Nous retournons au centre de la place. Il n’y a presque pas de queue. En 5 minutes, nous pénétrons au centre du bâtiment accompagnés de militaires. Nous sommes les seuls occidentaux. Nous arrivons enfin face à la dépouille de Mao gisant dans un cercueil de verre. L’ambiance est glauque, les lumières sont d’un jaune faible et on ne voit pas grand chose. On passe juste devant Mao et sortons en moins d’une minute, pour arriver dans une pièce boutique ou une multitude d’articles à l’effigie du grand timonier sont disponible. On trouve de tout. Des photos, des épingles à cravate, des montres. Il ne manque plus que le vibromasseur Mao. Cécile m’offre un briquet lumineux Mao. Lorsqu’on ouvre ce pseudo Zippo, une lumière rouge apparaît et l’hymne Chinois retenti. Lorsque la vendeuse me montre l’objet, un rire sardonique m’envahit et je suis un peu gêné face à la vendeuse qui prend son métier fort au sérieux.
Nous sortons, récupérons nos sacs et remontons la place. C’est la canicule, la chaleur est étouffante. La place est soudainement bloquée. Des militaires envahissent l’endroit. Nous n’avons plus le droit d’avancer. Apparemment, le Premier Ministre nord-Coréen est de visite à Pékin. Nous réussissons à rejoindre les début de Wangfujing Dajie, et pénétrons dans un grand Mall attirés par l’air climatisé. Cécile n’en peut plus et prend un taxi pour rentrer. Snooze et moi-même rentrons à pied pour terminer la soirée dans la chambre comme des larves.

Tartare, fais moi frais

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J’ai le courage de me lever de bonne heure et de partir jogger sous une chaleur déjà écrasante. Je retourne à la cité interdite, toujours avec de la musique pop dans mes écouteurs. Je me suis trimbalé de bonnes grosses daubes qui me donnent la pêche pour courir. Après le petit déjeuner, destination la Colline de charbon et la ville tartare. De l’hôtel, nous reprenons le chemin de l’entrée nord de la cité interdite via Wusi dajie. L’entrée de la colline de charbon est en face de la porte nord. L’ensemble ne devait faire qu’un du temps de l’empire. Nous prenons nos billets (4 Yuans) et grimpons au sommet. Nous arrivons au centre et une pagode se dresse, protégeant un immense bouddha scrutant la cité interdite. Il est midi, le soleil est au zénith. Le spectacle est inouï, instantané saisissant de la grande mutation de la ville, et offrant une vision imprenable sur la cité interdite qui brille au soleil grâce à la multitude de tuiles dorées sur les toits des pagodes et des murs. C’est également rassurant. Avant d’arriver à Pékin, nous pensions trouver une ville maculée de tours. Il restera in fine le centre historique, retapé massivement à l’arrivée des jeux olympiques.
Nous redescendons de la colline par le côté ouest. Cette colline est apparemment artificielle et fut élevée avec la terre provenant des douves lors des aménagements effectués au XV ème siècle. Tout est dicté par les impératifs de la géomancie protégeant le palais impérial au nord. En arrivant plus bas, nous trouvons une trentaine de personnes dansant en couple ou seules sur des rythmes chinois puis occidentaux. Nous sortons du parc pour nous diriger vers les lacs un peu plus à l’ouest, et commençons par l’île des Hortensias, promontoire artificiel que domine un dagoba blanc de type tibétain, emblème du lac et de ses passages. D’après nos lectures, il fut dressé au tout début des Qing (XVII ème) à l’occasion de la vite du Dalaï-lama, venu rendre hommage aux Mandchous qui remplaçaient les Mongols dans leur rôle traditionnel de suzerains. Je ne pense pas que l’actuel Dalaï-lama aurait le droit à un tel honneur de nos jours (gné). Je pense également qu’il faut éviter de porter des T-Shirt free Tibet dans Beijing. Même si nous avons l’impression d’être dans une ville comme les autres, il ne faut pas oublier que nous sommes dans une dictature communiste qui tente de se refaire une virginité en montrant son côté mercantile et clinquant occidental. Tout est fait pour endormir les habitants, et c’est bien fait. La plupart des sites historiques que nous visitons sont plus proches de Disneyland que du Louvre, car tout est retapé à l’identique. Statues, temples, parcs. Alors que sous Mao on détruisait tout ce qui était culturel, on reconstruit tout massivement, comme si rien ne s’était passé. On attribue les catastrophes culturelles aux neuf puissances colonisatrices présentes en Chine au début du XX ème siècle (UK, France, Japon…), mais on ne parle jamais des ravages du communisme et de la révolution culturelle ou tout ce qui était passé et culture était rasé ou détruit.
Après s’être baladé dans la forteresse circulaire, nous prenons le bateau pour traverser le lac Beihhai pour rejoindre la rive ouest et continuer notre visite. Nous arrivons au lac Qianhai et un panneau « Welcome to lotus Lane » nous attend. Nous le traversons et arrivons dans un endroit pseudo-branchouille débutant par un Starbuck (il y en a décidemment partout), et constitué d’une foultitude de café pour touristes bobos et Pékinois friqués. Le contraste est saisissant avec les hutongs qui subsistent encore derrière. Direction ensuite la tour du Tambour, et enfin la tour de la cloche sur Jiugulou daije. Il est 19 heures, nous sommes crevés et prenons un taxi pour rentrer à l’hôtel. Un passage salvateur par la piscine et direction le restaurant de la veille ou nous avions si bien mangé. On remange comme des porcs et roulons pour rentrer à l’hôtel.

La longue marche

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J’ai pourtant mis mon réveil (ce qui signifie que je suis motivé). Impossible pourtant de me lever et aller faire ma petite course matinale. J’en ai tout plein les jambes, et le décalage horaire commence à faire petit à petit effet. Après un autre petit-déjeuner copieux, nous avons décidé de visiter le temple des lamas. Après une bonne heure de marche de notre hôtel, nous arrivons enfin au 12 Yonghegong Dajie. Ce temple est, d’après les guides, un ancien palais offert aux moines tibétains au XVIII e siècle. C’était même à une époque le lieux de culte lamaïste le plus important en dehors du grand Tibet. Il est conçu comme une mini cité interdite (comme finalement de nombreux palais à Pékin). On visite le lieu en passant de pagode en pagode. Ces pagodes contiennent de nombreux bouddhas. Il y en a même un de 18 mètres. Il y a de nombreux touristes et des habitants présents pour se recueillir. Un nuage d’encens flotte partout, et nous en sommes totalement imprégnés. On s’aperçoit bien rapidement que le temple est un endroit contrôlé par le pouvoir. Le Dalaï Lama est bien entendu persona non grata.
Le temps est lourd et la pluie ne va pas tarder à tomber. Nous quittons le temple pour nous rendre, toujours à pied, pour nous rendre rue de la soie, autrefois bordée de dizaines d’échoppes et de stands en plein air.
Nous traversons de nombreux quartiers de la ville. Tout est en construction. Des immeubles d’habitation, des centres commerciaux, des buildings qui feraient pâlir ceux de Manhattan. Tout est neuf et gigantesque. On rase tout pour reconstruire encore plus grand, plus haut et plus brillant. En jetant un œil derrière les panneaux montrant des photos des futurs nouveaux quartiers, on aperçoit des bidonvilles. Les milliers de personnes vivent dans la saleté, le manque d’hygiène et la pauvreté et sont exclus du miracle chinois. Tout empeste : odeur de merde, d’urine, de pollution, de bouffe. La chaleur rend tout pesant. On a presque envie de vomir.
On arrive finalement rue de la soie et sommes immédiatement agrippés par des vendeurs à la sauvette. Tous les marchands de la rue de la soie ont déménagé dans un horrible immeuble stalinien de 4 étages. Chaque étage est dédié à un accessoire de mode. Les chaussures, les robes, les pantalons. On trouve à l’avant-dernier étage des tailleurs. On nous propose de nous faire un costume 3 boutons dans le tissus de notre choix pour environ cent euros, en deux jours et livrable à l’hôtel. Le reste des marchandises semble tombé du camion et ce bâtiment se révèle être le temple de la contrefaçon. Game boy, puma, polo, tout est faux, et c’est épuisant de se débarrasser de tous les vendeurs qui nous agrippent. Je trouve enfin une montre Mao tout kitchounette tout plein. Nous restons cependant un peu plus longtemps dans le magasin car la pluie a fini par tomber. Nous sommes extenués car nous avons (encore) marché toute la journée, et finissons par prendre un taxi pour l’hôtel. 11 Yuans, cela ne sert vraiment à rien de se priver.
Après un plouf dans la piscine, nous trouvons un restaurant dans le guide du routard. Destination la rue des fantômes. On y trouve des dizaines de restaurants bordés d’allées cyclables envahies de lanternes rouges. On se croirait dans le voyage de Chihiro à l’endroit ou ses parents se transforment en cochon. Le ciel est rouge de lampions. On a l’impression que « no face » va arriver. Notre restaurant s’appelle Jin Gui Xiaoshangsheng et c’est le spécialiste de la fondue chinoise. Personne ne parle anglais et l’on nous parle naturellement (et sympathiquement) en chinois, comme si nous étions des locaux. Nous finissons par obtenir une carte en anglais. On doit choisir son bouillon, ses sauces, et les ingrédients à tremper. On nous amène une énorme bassine contenant deux bouillons différents. Un rouge très piquant, l’autre blanchâtre au poulet. La bassine est déposée dans un trou au milieu de la table et est mise à chauffer grâce à une espèce de butagaz. La serveuse revient et nous apporte une sauce à l’ail, l’autre au sésame. Puis virent les pâtes de riz, les nouilles chinoises, les pommes de terre, le porc et le bœuf.
On balance petit à petit tout ça dans la soupe. Le bouillon épicé est vraiment très fort, le chichi va être en fusion, et l’on se rabat sur celui au poulet. On bouffe comme des cochons, c’est royal, et l’on oublie vite le blanched chicken de la veille. Retour le ventre bien gonflé en taxi à l’hôtel pour un gros dodo.

Le Blanched Chicken de la mort

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Levée de bonne heure et premier footing. Mes poumons sont pris par la chaleur et la pollution. Je décide de retourner à la cité interdite. Je cours, mon ipod est branché. Contraste saisissant entre la musique pop et l’architecture environnante. Les tours nord et les remparts se dressent de façon majestueuse sous le soleil levant. C’est immense, c’est imposant, c’est beau. Des pékinois promènent leurs oiseaux en cage, la plupart part travailler, en vélo, en taxi
Le petit-déjeuner me réconcilie avec la nourriture. Une montagne de victuaille nous attend. C’est fin, c’est très fin, cela se mange sans fin. Tout le monde est heureux, nous commençons à préparer nos affaires pour la Cité interdite. Nous longeons cette fois ci le côté ouest pour rejoindre une fois de plus le côté sud, la visite se faisant du sud au nord. Après avoir pris les appareils de l’audio tour (conté par Charles Duval), nous pénétrons dans la cité. C’est merveilleux, majestueux, émouvant, grandiose. Je suis ému. Nous passons presque 5 heures dans la cité pourpre et passons de pagode en pagode du sud au nord.
Nous décidons de refaire la visite dans le sens nord-sud, sortir de la cité et prendre à nouveau les Champs-Élysées locaux. Après quelques achats, nous tombons sur une rue bordée de tentes sous lesquelles se trouvent des marchands de brochettes. Surprise ! on peut acheter des brochettes de fruits, de légumes, de viande, mais aussi d’insecte. La foule est toujours présente. Nous commençons par avoir faim et, après une séance de pataugeage dans la piscine de l’hôtel, nous tentons à nouveau un restaurant, face à celui testé la veille. La carte est en Anglais. Nous testons le poulet aux légumes, le « blanched chicken » et le cooked beef. Le blanched chicken arrive le premier. C’est en fait demi-poulet pongé quelques minutes dans l’eau bouillante et refroidi. Il est présenté avec la tête déposée sur le bord de l’assiette. rire sardonique nerveux. Seul le plat choisi par Snooze semblait appétissant. Fin de l’expérience après une heure de fou rires et de photos.

That’s hot !

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Je déborde largement de mon fauteuil. Par malchance, mon pied dépasse côté couloir et une hôtesse me réveille brusquement en écrasant mon gros orteil. C’est l ‘heure brutale du petit déjeuner. Encore vaseux, je dévisage Céciloo et Snooze. Nous sommes tous les trois excités, nous arrivons dans environ une heure. C’est l’atterrissage, la descente de l’appareil, les douanes, et enfin la sortie.
Miracle : la première chose aperçue en sortant de l’aéroport fut un Starbuck Coffee. Nous sommes devenus des spécialistes de cette chaîne après avoir écumé tous ceux de New-York et de Montréal. En bons touristes, nous commençons notre séjour par un Cappucino. Nous sommes vraiment des gros blaireaux. Dès notre sortie de l’aéroport, nous sommes poursuivis et harcelés par une armée de chauffeurs de tous poils. Nous décidons de prendre un taxi, et surtout de suivre les recommandations du guide du routard, toujours prendre un Taxi officiel sinon gare à l’addition. Les taxis refusent de nous prendre à trois. Nous devons nous séparer. Des policiers remettent une carte et une notice dès la montée dans un taxi pour toute réclamation éventuelle. Nous nous faisons chopper nos valises par un type qui nous propose de nous prendre tous les trois. Nous refusons,mais il continue à accélérer avec nos valises. Nous les récupérons finalement et finissons par prendre le premier taxi venu. Snooze en prend un, Céciloo et moi un autre. Nous voyons la voiture de Snooze s’éloigner et nous perdons dans le flux continu du trafic Pékinois.
Destination « Prime Hotel Beijing », hôtel choisi pour sa proximité avec la cité interdite sur travelnow.com, un des meilleur site de réservation de chambre (ce n’est pas de la publicité déguisée, c’est vrai). Nous arrivons à notre hôtel en une vingtaine de minutes. Après nous avoir proposé de nous promener dans Pékin, le chauffeur nous réclame 150 Yuans. Nous n’avons que 200 et comme il n’a pas de monnaie, il ne nous rend que 30. Le portier de l’hôtel gueule un bon coup et la course ne nous est comptée que 100 yuans, soient environ 10 Euros. Nous n’étions pas dans un taxi officiel, nous nous sommes fait avoir par surprise, Snooze a payé 65 Yuans. Merci monsieur le portier.
Nos bagages sont portés à la réception. Nous passons du temps devant le front desk car ils ne retrouvent pas notre réservation. Tout se termine bien et nous arrivons au dernier étage de l’hôtel, la chambre est spacieuse et très confortable, le bonheur. Une douche plus tard et nous voilà enfin dans les rues de Pékin.
Etant à proximité de la cité interdite, nous longeons le côté est. La chaleur est moite et étouffante. Nous arrivons enfin au sud de la cité, passons sous d’immenses porches rouges pour rejoindre des cours intérieures remplies de marchands de boissons et de bibelots à l’effigie de Mao. Nous finissons par arriver place Tien an Men et faisons face au gigantesque portrait de Mao.
Retour à l’hôtel. Notre rue est bordée de magasins. Nous découvrons un Pékin gigantesque et moderne. Nous sommes dans une ville entre New York et Montréal. Attirés par la fraîcheur, nous rentrons dans un Mall et pénétrons dans une sorte de Tesco. On trouve de tout. De la bouffe Européenne, chinoise…Mieux qu’à la grande épicerie du Bon Marché, à des prix imbattables. Bonheur perceptible sur nos visages.
Nous finissons par rentrer à l’hôtel pour ressortir dîner. Choix du restaurant au hasard. C’est une grosse erreur car nous tombons sur une carte biohazard et choisissons fort mal nos plats. Des nouilles gluantes, du poulet à l’huile et du poulet baignant dans une sauce saindoux marmelade de citron. Nous savions déjà que la nourriture chinoise était différente de celle proposée dans les panda-express parisiens, nous avons eu confirmation. Mauvaise pioche.

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