2005 mai

« Oui » à la Recherche

L'important, c'est la santé Pas de Commentaire »

Pas de commentaire à chaud sur les résultats d’hier soir. Un post pour penser à tous les doctorants et chercheurs qui sont toujours dans la merde. Ainsi est-il très regrettable que la loi d’orientation et de programmation pour la recherche (LOPR), annoncée par le Président de la République pour la fin 2004, ne soit aujourd’hui qu’à l’état de « fiches », et que les principaux éléments de programmation ne soient toujours pas connus. A quelques jours de la date prévue pour le dépôt du projet de loi au conseil d’état et au conseil économique et social, SLR (Sauvons La Recherche) réitère sa demande que des négociations s’ouvrent immédiatement sur le volet programmation de la loi.
Ce retard pris par le gouvernement ne saurait justifier un nouveau report des mesures budgétaires les plus urgentes, absentes du budget 2005, qui seules permettront d’attirer de nouveau les étudiants vers les métiers de la recherche.
Depuis 18 mois, SLR n’a cessé de tirer l’alarme sur les ravages que provoquera pour le pays, à terme, le phénomène dramatique de perte de confiance des étudiants pour les études doctorales. Nous voyons dans nos universités de moins en moins d’étudiants s’inscrire en thèse, la plupart préférant s’orienter vers des carrières qui leur paraissent aujourd’hui moins aléatoires (euh…ce qui fut mon cas…). Pour qu’elles aient un véritable impact sur ce phénomène, ces mesures devront se traduire par des améliorations tangibles, dès 2006, des conditions d’accès aux métiers de la recherche et de l’enseignement supérieur et de leurs conditions d’exercice. Elles doivent donc être prioritaires dans les arbitrages budgétaires qui seront rendus prochainement pour l’année 2006. Ces mesures devront permettre :
Des allègements des services d’enseignement dès la rentrée 2007 pour tous les maîtres de conférence recrutés depuis 2005, ainsi que des possibilités d’accueil dans les organismes en nombre significatif pour les enseignants-chercheurs déjà en poste.
Une revalorisation des allocations de recherche de 15% et leur indexation sur le SMIC, l’abandon complet dès 2006 du système de libéralités. Par ailleurs, tout doctorant bénéficiant d’un financement (allocation de recherche, allocation régionale, bourse CNRS, contrat CIFRE …) devrait se voir proposer un monitorat.
Un déblocage des carrières et une revalorisation des salaires pour toutes les catégories de personnels, notamment les ITA/IATOS, avec un effort particulier en faveur des débuts de carrières.
En ce qui concerne les financements des laboratoires, là encore, le retard pris par le gouvernement dans l’élaboration de la loi ne peut justifier le renforcement en 2006 de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) au détriment des organismes et des universités, ce qui préempterait de fait les évolutions de l’organisation de la recherche qui devront être précisées par la loi.
SLR a souligné à plusieurs reprises que la mise en place d’une agence de moyens fortement dotée, dans la plus totale précipitation, était porteuse de risques importants de déstructuration du système de recherche français. Les Etats Généraux de la Recherche avaient fait un certain nombre de recommandations quant au fonctionnement, aux objectifs, et au budget d’une telle agence. Elles ont été pour l’essentiel ignorées :
1 - Alors que l’agence aurait dû répondre à des critères de transparence dans le choix des thématiques soutenues et l’évaluation des projets, la mise en place des programmes de l’ANR s’est faite dans une totale opacité. Outre le gâchis probable qui en résultera (l’ANR distribuant cette année 700 millions d’euros en autorisations de programme, soit 3 fois les crédits de base annuels du CNRS), ces dysfonctionnements risquent de décrédibiliser cette agence au niveau européen, cadre dans lequel elle devrait à terme s’inscrire.
2 - Alors que l’Agence aurait dû jouer un rôle complémentaire aux organismes et aux universités, l’absence d’une croissance significative et préalable des crédits de base confiés à ces derniers confère de fait à l’ANR un rôle clé dans la définition de la politique scientifique nationale. A ce titre, les propos récents du directeur général du CNRS, se félicitant de la clarification des rôles entre un CNRS « opérateur-employeur », et une ANR agence de moyens, confirment le risque de voir l’Agence restreindre fortement la capacité d’initiative des organismes.
3 - Alors qu’un contrôle attentif du recours au CDD dans le cadre des contrats offerts par l’ANR aurait dû être mis en place, en parallèle à une croissance de l’emploi statutaire, l’absence de garde-fous associée à une forte croissance des moyens contractuels distribués ne peut qu’entraîner une extension rapide de la précarité au sein de toutes les catégories de personnel.
C’est pourquoi, SLR demande pour 2006 un moratoire sur la croissance des crédits de paiements de l’ANR. Nous demandons que dès Janvier 2006 soit mis en place un audit, sous la responsabilité du Haut Conseil à la Science, qui permette d’évaluer les conditions d’attribution des crédits au regard des bonnes pratiques internationales, les conséquences de l’ANR sur l’emploi (nombre de CDD créés), sur les équilibres entre disciplines et sur la politique des organismes. Nous demandons que dans la loi de finances 2006, l’effort supplémentaire en matière de financement de la recherche publique soit intégralement consacré aux mesures évoquées ci-dessus, en faveur des doctorants, des carrières et des crédits des organismes (EPST et EPIC) et des universités. Au terme de cette première année, et en fonction des résultats de l’audit et des réformes des procédures d’évaluations, l’évolution des moyens attribués à l’ANR et ceux attribués aux organismes sera définie par le Haut Conseil à la Science pour les années 2007-2010.
L’année 2006 constituera une étape cruciale pour la mise en place d’une nouvelle dynamique pour la recherche. SLR compte bien, en parallèle aux négociations sur la LOPR, faire valoir ces propositions que nous considérons comme déterminantes pour l’avenir. L’ensemble du monde de la recherche n’acceptera pas que l’espoir, né du mouvement de ces derniers mois, d’une amélioration significative des conditions d’exercice de la recherche soit anéanti par une politique inconséquente, privilégiant les effets d’annonces sur un véritable travail de construction d’un système de recherche équilibré, respectueux des individus et des logiques de fonctionnement de ce secteur.
Et le “non” à 55 % d’hier risque de compliquer les choses si le gouvernement saute. Il faudra très certainement encore plus de temps pour qu’un nouveau gouvernement songe à s’occuper des pauvres petits chercheurs…et en plus les caisses sont vides…

aïe.

Desactivate Code 66

Toile Pas de Commentaire »

J’ai enfin terminé ma crise post-starwarsienne en matant le dernier épisode de la première (ou de la dernière) trilogie. Dans le registre « avant c’était mieux », j’ai été fortement déçu par les trois derniers épisodes (I, II et III) proposés par Lucas, pensant que les premiers films étaient vraiment meilleurs. Cependant, même si je reste convaincu que l’Empire contre-attaque demeure la crème de la crème, l’ensemble reste cependant fade, à la limite du grotesque. Cerise sur le gâteau, Lucas à modifié la fin du Retour du Jedi en imposant notamment des scènes supplémentaires (vues sur les autres planètes après la chute de l’empire) ou en modifiant d’autres (Vision d’Anakin jeune après sa mort). En attendant les trois prochains longs métrages ?

Un jour sans fin

Vu, lu, entendu Pas de Commentaire »

Aujourd’hui, revélo. Mon cul à eu peur des séquelles laissées par l’exposition prolongée sur la selle hier, mais finalement aucune douleur. Comme quoi, tout est question d’habitude.

Ce début de journée fut très étrange. Réveil sans réveil et de très bonne heure, départ au bureau avec entrain en sifflotant. Vraiment étrange. En sortant de mon immeuble, j’ai eu la sensation de refaire la journée d’hier. Même temps, mêmes embouteillages, même chaleur, mêmes hystériques sur le chemin. Je fixe mes écouteurs et me branche sur inter afin d’écouter, tout comme hier, l’émission de Stéphane Paoli.

Alternance oblige, le “oui” était représenté ce matin par François Hollande. On lui reposait les même questions posées hier au triste sir De Villiers. Et je me suis bien rendu compte que la constitution, on en faisait bien ce que l’on voulait, et que n’importe quel crétin sous-iodé était capable de ressortir un article parmi les 448 afin de convaincre n’importe quel quidam de voter “oui” ou “non”. Je ne suis vraiment pas sensible aux diatribes de De Villiers, mais son passage était hélas mieux ficelé que celui de Hollande, qui semblait fatigué, enroué, et en colère, en colère que le « oui » paye les pots cassés, à savoir, d’après lui, les frais de la mauvaise gouvernance de la droite (l’argument tient bien la route). A la question « comment expliquez vous que le « non » soit donné comme favori et que les marchés monétaires et boursiers grimpent ? », il répondit bien embarrassé que les théoriciens de l’économie de marché agressive se foutaient de l’issue du scrutin, qu’ils avaient déjà envisagés l’option « non » et que finalement, tout cela était une bonne nouvelle car le « non » permettrait une explosion du système européen et donc une dominance massive du capitalisme sauvage, prôné en particulier par la Grande-Bretagne.

En entendant ces paroles, je me suis dit que finalement tout était question de théorie et que la constitution n’était qu’un prétexte. Nous assistons en ce moment à un débat plus profond qui semble opposer économie libérale à politique sociale libérale. Tout cela m’a fait penser à un très bon artice paru il y a quelques années dans « courrier international » et décrivant l’exemple américain et ses théories impliquant la classe moyenne…Un vrai film d’horreur!

La Moutarde qui monte au nez

Ronchonnage, Vu, lu, entendu Pas de Commentaire »

Cette journée commençait pourtant bien.

Chaleur estivale, beau temps en perspective. Je décide donc d’aller bosser en vélo.
Je mets mes écouteurs, radio branchée sur France Inter. Stéphane Paoli interviewe Philippe de Villiers qui bave sur le projet de constitution et sur Chirac et Jospin. Très bonne émission. Paoli explique que le président du Mouvement pour la France serait le grand gagnant du “non” et que dans l’optique d’un FN déstabilisé par son gériatrique président, il récupérerait toutes les voix souverainistes du FN. Il lui pose aussi la question du recrutement du chef de pub du FN pour sa campagne… pas de réponse. Les extrêmes, ça fout les boules. L’émission se termine.

Je crois que je vais voter oui.

Après avoir pris dans les poumons la moitié des pots d’échappement de paris, la belle ville de Saint-denis se dresse devant moi. Dépôt de mon vélo juste à côté de la moto de mon grand chef, montée en ascenseur, atterrissage de cul sur mon fauteuil après avoir salué ma très charmante collègue.

Elle commence la journée à pester, (et à juste titre) on nous a demandé en début de semaine de justifier notre activité en remplissant des tableaux incompréhensibles, et cela pour demain. En gros, nous devons nous taper tous les dossiers, réunions, déplacements, rapports, et autres avis de l’année 2004 en les hiérarchisant, commentant et datant précisément : un cauchemar.
Dans ces grands moments de solitude, on appelle nos collègues des autres unités en leur demandant s’ils ont à faire le même genre d’exercice. J’appelle donc Snooze, qui me confirme que nous sommes les seuls à avoir à rédiger de tels documents. Il paraît même que nous sommes une unité pilote. En gros, on teste toutes les nouvelles mesures chez nous et on observe. Nous allons finir par être l’unité “pensum”.

Près de deux heures après mon arrivée, mon boss finit par pointer son nez. Il est légèrement agressé par un flot de mécontentement dégoulinant de notre bureau. Et comme d’habitude, tout se termine par un « ben qu’est-ce qu’il nous fait le papy bougon, hein…il râle encore…et pourquoi, hein? il a pourtant presque terminé tous ses tableaux ». J’adôôôôre mon Boss, mais dans ces moments bien particuliers, je me retient toujours pour ne pas lui sauter à la gorge (et c’est bien parce que je l’adore que je ne lui saute pas dessus).
Tout à donc terminé par un « groumph » profond et silencieux (chez ma collègue aussi).
Pour résumer la situation, nous passons notre temps à justifier notre temps en fournissant pléthore de tableaux et notes divers et variés. Pendant nos ateliers secrétariat, les dossiers s’accumulent et nous nous faisons taper sur les doigts parce que nous ne pouvons pas traiter toutes les demandes en temps et en heure. Ca sent le pétage de plomb aigu.

Activate Code 66…Tintintin-tin-tintin-tin-tintin

Vu, lu, entendu Pas de Commentaire »

Samedi après midi, Snooze et moi-même avons glandé à la maison et maté la guerre des étoiles, ambiance oblige. Nous sommes tombés comme des enfants dans cette univers mystico-kitch et bien évidemment avons décidé à la fin d’aller voir le dernier volet de la première trilogie au cinéma. Après avoir été échaudés par les files monstrueuses avant la projection du second opus, nous avons décidé de bien faire les choses. Réservation de la place, réveil à 8 h ce dimanche (…), annulation du jogging dominical. Moins de queue que prévu, atterrissage de nos deux culs en plein milieu de la salle, bonheur intense et satisfaction.

Après vingt très grosses minutes de publicité, le générique commence enfin.

Tout débute par une bonne grosse bataille aérienne qui déchire sa mère. Des vaisseaux sifflent dans l’éther, des grosses soucoupes volantes bombardent une station spatiale, survolent la planète Coruscant en faisant des virages risqués: on comprend vaguement que la République, défendue par les Jedi, se défend contre les attaques du Comte Dooku qui a lancé ses troupes de droïdes pour prendre le pouvoir. Pendant dix bonnes minutes, on en prend plein la gueule avec en bonus des répliques frisant le « comment vas-tu yau d’poêle ? ».
Sous la houlette du maléfique Général Grievous, une sorte de robot asthmatique doté d’un vrai cœur, et surmonté d’un crâne de grosse vache, les Sith veulent racheter le Cosmos à la découpe, comme un vulgaire immeuble parisien. Ah, les saligauds!
Anakin Skywalker, avec son mentor Obi-Wan Kenobi, se bat pour défendre la démocratie. Et pourquoi tout ça ? Pour aller sauver le pauvre et onctueux Chancelier Palpatine, enlevé par le Sith Dooku (qui ressemble à mon ancien maître de thèse). Nos deux valeureux héros arrivent à pénétrer dans le vaisseau de Dooku et délivrent Palpatine (pour savoir comment il a été enlevé, prière d’acheter le DVD du dessin-animé censé faire la transition entre les opus II et III). Ce fourbe Palpatine convainc Anakin de descendre Dooku. Tout semble rentrer en ordre sauf que la grosse vache de Grievous s’est tirée. Zob ! Tout est à refaire.
En revenant à la maison et dans les bras de sa dulcinée Padmé, Anakin apprend qu’il va être papa. Cependant, il fait des terribles cauchemars et voit la mort de Padmé pendant l’accouchement, tout comme il voyait la mort de sa mère. Il a peur, il est mal, il transpire, il joue comme un pied. Palpatine le convainc que le seul moyen de sauver sa femme est d’utiliser le fameux «côté obscur de la Force». Fin de la première heure de projection. Mis à part la première scène, on s’ennuie et regarde très souvent le cadran de sa montre : première déception.
Anakin se met donc finalement au service du Seigneur des Ténèbres. Les yeux d’Anakin deviennent oranges et son sourire se fait grimaçant (gnac). Il a viré sa cuti, c’est trop tard, l’univers est cuit, fuyons. Le Sénat est conquis démocratiquement par Palpatine qui est en fait le tyran Darth Sidious, chef des Sith.
Après une belle course-poursuite avec un lézard-dragon ailé obèse hystérique pour aller débusquer Grievous, il y aura une dernière bataille (la meilleure) au-dessus d’un océan de lave en fusion sur la planète Mustafar. Obi-Wan ferraille avec Anakin: le Mal progresse. Tout se termine par un corps déchiqueté, carbonisé, récupéré, réparé, revissé: avec un léger chuintement, un casque noir couvre le crâne horriblement brûlé d’Anakin. La caméra recule: voici Dark Vador, avec son fameux pchouit, sa respiration lourde et sa voix de basso profondo à la « This is CNN headline news ». Padmé accouche, meurt, Leia et Luke sont placés, le cercle est achevé: il ne reste plus qu’à enchaîner avec la guerre des étoiles.
Ce film est un film facile, c’est un volet raccord. On a partout entendu que ce film était fantastique, bien plus sombre que les deux précédents volets lourds et niais. A croire, et sans faire d’antiaméricanisme primaire, que le côté texan rural et profond de Lucas (le côté obscur) a pris le dessus sur le marchand de rêve. La pétasse aiguë en moi notera encore une fois le côté has-been des coiffures des héros, avec une mention spéciale pour Obi-Wan, qui ne se laisse jamais décoiffer, qui pleuve ou vente.

Et moi je dis bravo.

On reste cependant sur notre faim. Bien entendu, on sort tout ému du visionnage. Pas pour la manière de filmer, pas pour l’expression des acteurs, proche d’un mauvais Belmondo à la « tagada me voilà », pas pour la beauté de Padmé, pas pour les effets spéciaux, mais tout simplement parce que la boucle est bouclée, que nous connaissons enfin la genèse de Dark Vador, et que nous prenons une fois de plus conscience que nous nous sommes pris près de trente ans dans la gueule, et ça, ça fait mal.

Espèce en voie de disparition

L'important, c'est la santé, Ronchonnage Pas de Commentaire »

Depuis janvier 2004, le comité « sauvons la recherche (SLR) » a appelé à 5 reprises à participer à des journées d’action. Ces journées ont toutes été des succès, même si, avec le temps, la mobilisation s’étiole quelque peu. Ainsi, les premières manifestations ont-elles permis de sensibiliser le public à la cause (précaire) des chercheurs. Ayant été temporairement dans cette situation (pendant quatre années quand même…), j’ai rejoint tous mes amis de l’INSERM et ai participé joyeusement aux défilés. Pour mémoire, j’ai gagné pendant 3 ans 6123,50 Francs (imposables) lors de mes années de thèse. J’avais pourtant énormément de chance de toucher mon allocation, de nombreux étudiants se retrouvant sans ressource. Cependant, pendant toutes ces années, j’étais conscient que ma carrière dans la recherche allait être très brève. N’étant pas à juste titre le dauphin désigné de mon grand patron, et les places se payant très chères, il me fallait trouver une autre voie, mais laquelle ? Et un jour de mars, le téléphone sonna et l’on me proposa un remplacement de congés maternité dans une agence de santé : ce fut la fin de mes années recherches. Je passais du côté obscur dans la pharmacie, avec néanmoins d’énormes regrets et la perte de ma liberté de penser et d’agir, vraies richesses de la recherche.
SLR appelle une nouvelle fois à se mobiliser aujourd’hui, vendredi 20 mai. Certains d’entre vous pourraient considérer que cette mobilisation ne se justifie pas: François Fillon ne vient-il pas d’annoncer un ensemble de mesures qui peuvent être considérées comme très positives par rapport au projet de loi sur la recherche ? Le gouvernement essaie de présenter ce nouvel appel comme une réaction irrationnelle de notre part. La réalité, c’est qu’aujourd’hui comme hier, SLR appelle à des actions lorsque le dialogue n’avance plus, alors que persistent des enjeux essentiels pour la recherche.
SLR reconnaît et salue sans réserve les avancées, résultat du dialogue avec le gouvernement, et de la pression exercée sur lui par la mobilisation et le soutien de l’opinion publique. Ces mesures, qu’il s’agisse des 6 milliards supplémentaires pour la recherche, ou des postes statutaires créés dans la recherche et l’enseignement supérieur, ce n’est pas rien !
SLR n’est absolument pas dans une optique de surenchère, mais est inquiet car des éléments qui seront déterminants pour cette loi demeurent cachés. En particulier, pourquoi le gouvernement s’obstine-t-il à refuser de dire, quantitativement quel sera l’équilibre entre les moyens de l’ANR (Agence Nationale pour la Recherche) et ceux des organismes de recherche et des universités ? Suivant la position de ce curseur au sein des 6 milliards, on peut avoir une croissance équilibrée des deux types de structures de financement, ou bien on peut avoir une catastrophe. En effet, si l’ANR croissait au rythme encore annoncé début mai par le directeur de cabinet de François d’Aubert pour 2006 (350 millions par an), alors cet organisme rapidement surdimensionné étoufferait les organismes de recherche : il deviendrait en 2010 la première source de financement pour les laboratoires de toute la recherche publique qui serait alors assujettie à un pilotage direct par le ministère. De plus, cette croissance aboutirait en quelques années à ce que la majorité des postes créés dans la recherche le soient sur CDD. Ce n’est pas un détail !
Autre point qui n’est pas un détail, et je suis bien placé pour en parler car je n’ai pas pu continuer dans cette voie: Quid du risque que les jeunes continuent à se détourner des carrières de la recherche. Pour enrayer ce processus, il faut non seulement les propositions qualitatives mises en avant par F. Fillon, mais il faut aussi y consacrer une masse budgétaire. Laquelle ? Personne n’a eu de réponse à cette question. Or il y a urgence. Ce n’est pas dans 3 ans qu’il faudra prendre des mesures énergiques dans cette direction. Depuis des années, le leitmotiv est « courage, fuyons ».
Courage car il faut du courage pour abandonner ses rêves. Fuyons, car la seule alternative est de migrer à l’étranger, étranger qui nous attend les bras ouverts (chercheurs bien formés par l’état français).

En une phrase, soutenons les chercheurs ce jour. A Paris, le rendez-vous est à 14h30 pour une marche de Port Royal au Muséum d’Histoire Naturelle (Gare d’Austerlitz).

Tu veux ou tu veux pas

Ronchonnage Pas de Commentaire »

La question suivante trotte dans ma tête depuis quelques semaine : suis-je un bon gros facho si je vote « non » lors du prochain référendum sur la constitution ?
D’après ce que je peux lire dans les journaux, ou observer à la télévision, je me rangerais du côté de la droite et de la gauche extrême si j’introduisais un bulletin “non” dans l’urne. Ainsi, les représentants du “non” ne seraient-ils issus que de l’extrême gauche, du parti communiste ou du front national.
Quid des représentants républicains modérés ?
Pourtant, je pense être un individu démocrate méprisant les extrêmes de tout bord. Si le fait de voter non faisait de moi un hors la loi démocratique, pourquoi le président Chirac, garant des fondements de notre République, prendrait-il un tel risque ? Souhaite-t-il renouveler le coup de Mitterrand en 1992, faisant passer par les urnes la ratification du fameux traité de Maastricht, ou le coup de la dissolution ratée de 97?
Maastricht a été signé en 1992 et est entré en vigueur en novembre 1993. Il a vraiment institué une Union européenne entre les 12 Etats membres de l’époque. Il donnait alors le vrai coup d’envoi de l’Union économique et monétaire, étendait les pouvoirs du parlement européen, créait une citoyenneté européenne et renforçait l’activité intergouvernementale.

On nous vendait ce traité comme nouveau traité fondateur de l’Europe après celui de Rome qui semblait bien évidemment dépassé. De plus, Maastricht officialisait le principe de subsidiarité. D’après certains, ce principe limitait le champ d’action des compétences de la Communauté à tout ce qui ne peut trouver de solution à l’échelon national. Ce n’était pas tout à fait le cas…

Comme abordé ci-dessus, Mitterrand a soumis à l’époque sous forme de referendum ce texte. Le “oui” était passé d’extrême justesse. On nous avait ressorti que l’Europe était désormais un havre de paix, que les inimitiés franco-germaniques appartenaient au passé, et que ce nouveau traité fondateur permettrait pour des générations de vivre dans une communauté prospère, équitable, juste et démocratique. Bref, nous n’avions pas le choix, il fallait voter oui, sous peine de passer pour un tueur de démocratie et de paix (groumpf!) sur notre beau continent.

Dix ans plus tard, l’euro a participé massivement à l’augmentation de l’inflation, nous subissons une crise économique profonde, et l’Europe s’est cruellement déchirée il y a quelques mois au sujet de la guerre en Irak. Sans compter le bordel provoqué par l’élargissement.
L’Europe est-elle responsable de ces maux? Bien évidemment non, et il serait populiste de penser le contraire. C’est assez réducteur et très général mais c’est cependant un fait, et tous les problèmes rencontrés participent à la montée du “non”.

Aucun traité ne peut bien entendu garantir paix et prospérité, et, si nous nous retrouvons dans cette crise économique, c’est multifactoriel, en partie à cause de la politique économique américaine et du dollar faible, mais aussi à cause du prix du baril de pétrole. Cependant, il y a quelques temps, on nous disait que si crise économique il y avait, c’était à cause de l’euro faible qui était responsable de la hausse des matières premières toutes payées en dollar…gné… ?

Je ne pige plus rien.

Vint ensuite le calamiteux traité de Nice, non ratifié par les urnes. Ce traité se limitait à fixer les principes et méthodes d’évolution du système institutionnel à mesure que l’Union s’élargissait. Le nombre de sièges au parlement européen des nouveaux états membres, le nombre de voix qui leur sera attribué au Conseil, et en particulier le seuil de la majorité qualifiée applicable dans le futur, allaient alors être déterminés juridiquement dans les nouveaux traités d’adhésion. Toutes les modifications apportées par le traité de Nice à la composition de la Commission et la pondération des voix ont été applicables à partir de novembre 2004 et la nouvelle composition du Parlement européen s’est appliquée à partir des dernières élections de 2004. Il fallait alors le plus justement possible se partager le pouvoir (et les sièges) dans la nouvelle Europe élargie. Tous les pays se sont déchirés pour avoir un maximum de pouvoir, et on a vu le résultat. Et là, on nous dit que la constitution a été souhaitée pour pallier au désastreux traité de Nice ou Français et Allemands se sont bouffés le nez.
Mais revenons à la constitution. Les responsables ont voulu harmoniser tous les traités ratifiés depuis Rome, et c’est plutôt une bonne chose. Mais cette proposition, après mure lecture, ne me semble pas parfaite, et de loin. En lisant ce texte, on a l’impression que les égalités et libertés si chèrement acquise ne sont pas la priorité des rédacteurs. Pourtant, si un texte ne semble pas correspondre à notre vision de l’Europe, sommes nous obligés de le ratifier coûte que coûte et faute de mieux ?

Ne pouvons nous pas demander de revoir la copie ?

Que va-t-il vraiment se passer en cas de non Français ?

Pourquoi proposer un référendum si l’on m’oblige à voter oui?

Pourquoi ne pas avoir proposé, comme en Allemagne, un vote par nos parlementaires ?

Sommes nous réellement obligés d’entendre systématiquement des phrases du genre « Je n’oublierai jamais la dernière guerre mondiale, ou la dans les Balkans, ou alors « le nationalisme, c’est la guerre. La diversité de l’Europe, que nous aimons tellement, a un revers, qui s’appelle le nationalisme »?

Depuis quelque semaine, j’ai l’impression de vivre dans une République Bananière ou l’on impose aux votants un choix. Matraquage télévisuel et radiophonique, envoi tardif du texte sans toutes les annexes, culpabilisation intense, assimilations douteuses (dans les deux camps), pressions de nos voisins européens et de Bruxelles.

Faut-il alors être taxé de xénophobe ou de passéiste, ou de faire le jeu des conservateurs britanniques ou américains dans le cas du choix du « non » ?
La question reste ouverte.

Je ne sais pas encore quel sera mon bulletin de vote.

C’est une chance de voter pour ou contre une constitution.

Des idées reçues et autres clichés

Vu, lu, entendu Pas de Commentaire »

Envie de miniposter aujourd’hui. Pour rester dans le cliché si cher à nos amis anglais, il semble interessant de lire ce mauvais article publié dans le Figaro aujourd’hui. Mauvais pour plusieurs raisons: (i) c’est une publication Dassault, et (ii) l’article lui-même est cliché.

J’ai pourtant toujours été sidéré par le contraste entre la charmante population d’outre Manche et les dégoulinantes feuilles de choux conservatrices publiées au Royaume-Uni.

Nuit de Chine

Ailleurs Pas de Commentaire »

Je vais tester aujourd’hui le mini post.

Snooze et moi-même avons fait un truc assez dingue aujourd’hui. On a pris un Billet d’avion pour Pékin, et nous partons d’ici un mois en Chine. En général, nous passons pas mal de temps à programmer nos voyages, surtout aussi loin, et ben la, hop, l’affaire était dans le sac en quelques minutes. Il nous reste à rechercher un hôtel et planifier quand même les modalités de notre petit séjour. J’ai l’impression que nous allons nous faire des vacances de pure Taspé et ça fait du bien parfois, tout comme notre séjour à l’hôtel Frontenac à Québec. En attendant, les douces volutes chinoises commencent à me faire rêver. La grande muraille, la cité interdite, le palais d’été, découvrir les habitants, me perdre dans les rues de la capitale, essayer de se fondre dans le décor (bon, cela ne va pas être facile). En bons touristes, nous avons commencé par acheter le guide du routard et un guide bleu. Je suis tout content et commence à frétiller comme un gardon.

Cela va m’aider à patienter jusqu’au mois de juin et faciliter mes activités journalières à l’agence en m’aidant à mieux supporter mes collègues gorgées d’hormones.

Dancing Queen

Groovy, Shaggy, Wizz 1 Commentaire »

Ayé, j’ai fait ma pétasse pendant une semaine. Cela fait maintenant huit jours que je me suis mis au step intensif. Pas à cette machine de salle de sport qui permet de dégouliner à la maison et faire de grosses cuisses…non, ben le step, les cours collectifs, tout ça tout ça. Il faut reconnaître que je reviens de loin.
Premièrement, je déteste le sport. Je déteste aussi l’ambiance des salles de gym. Et puis je n’ai pas spécialement le sens du rythme, et ma grâce naturelle est proche de celle de l’hippopotame dans le dessin animé « Fantasia ». Pourtant, je suis passionné par cette activité de pétasse et je manque rarement ces cours qui me procurent un mélange d’excitation, de satisfaction, de plaisir et d’amusement. J’ai parfois d’être un derviche tourneur en transe lors de la chorégraphie finale, et, telle une reine du disco, j’effectue tous ces pas difficilement mémorisés.

Cela fait maintenant plus d’une année que, semaine après semaine, je mémorise les pas et tente d’augmenter la cadence. J’arrive maintenant à suivre en cours de step intermédiaire et je suis très fier de moi, hi hi hi.

Snooze n’est malheureusement pas captivé par ce genre d’activité et préfère soulever de la fonte, chose dont j’ai horreur.

Theme Groovy Shaggy Wizz par T2 après bidouillage extrême de GlossyBlue
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